Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Leandro Erlich dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Leandro Erlich, né en 1973 à Buenos Aires, construit des architectures du quotidien — une piscine, un ascenseur, une salle de classe, une façade d’immeuble — qui cessent d’obéir aux lois de la physique dès qu’on y entre.
Leandro Erlich naît en 1973 à Buenos Aires, ville où il continue de vivre et de travailler.
Cette page sert surtout à situer Leandro Erlich dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Leandro Erlich naît en 1973 à Buenos Aires, ville où il continue de vivre et de travailler. Sa carrière professionnelle commence très tôt: à dix-huit ans, il présente une exposition personnelle au Centro Cultural Recoleta de Buenos Aires, institution qu’il retrouve en 1993 et où se joue sa première reconnaissance locale. Plusieurs bourses argentines — celles du Fondo Nacional de las Artes et de la Fundación Antorchas — accompagnent ensuite ces premières années, avant le départ pour les États-Unis qui va donner à son travail sa forme définitive.
En 1998, Erlich rejoint le Core Program, la résidence d’artistes de la Glassell School of Art à Houston, au Texas. C’est là qu’il met au point les deux installations qui fondent son vocabulaire: Swimming Pool et Living Room. Le principe est déjà entier — un dispositif architectural grandeur nature, un double fond, une lame d’eau, et un visiteur qui se retrouve à circuler au fond d’une piscine sans être mouillé, sous le regard de ceux restés au bord. La séparation entre celui qui regarde et celui qui est regardé devient le sujet même de l’œuvre.
L’année 2000 le voit participer à la Whitney Biennial de New York avec l’œuvre Rain. En 2001, il est choisi pour représenter l’Argentine à la 49e Biennale de Venise, où il présente Swimming Pool: la pièce devient l’une des installations les plus reconnaissables de l’art contemporain et rejoint ensuite les collections permanentes du 21st Century Museum of Contemporary Art de Kanazawa, au Japon, et du Museum Voorlinden, aux Pays-Bas. La même année, il expose Neighbors à El Museo del Barrio, à New York.
À partir des années 2010, Erlich enchaîne les monographies muséales de grande ampleur: Seeing and Believing au Mori Art Museum de Tokyo en 2017, Construction of Reality au HOW Art Museum de Shanghai en 2018, Liminal au MALBA de Buenos Aires du 5 juillet au 26 octobre 2019, puis The Confines of the Great Void au CAFA Museum de Pékin, où il devient le premier artiste non chinois à occuper la totalité de l’espace du musée. Suivent la version nord-américaine de Liminal au Pérez Art Museum Miami, du 29 novembre 2022 au 4 septembre 2023, et la rétrospective Oltre la soglia au Palazzo Reale de Milan en 2023.
Une part croissante de son œuvre quitte le musée pour la ville. En 2015, La Democracia del Símbolo fait disparaître la pointe de l’Obélisque de Buenos Aires, réapparue au MALBA: une intervention conjointe sur le monument et sur le musée. En 2018, le Comité international olympique lui commande Ball Game pour les Jeux olympiques de la Jeunesse de Buenos Aires. En 2025, il installe Pixel Tree à Fukuoka et Concrete Coral dans le parc de sculptures immergé ReefLine de Miami Beach, deux œuvres pérennes, tandis qu’Infinite Garden – The Joy of Diversity est présentée à l’Exposition universelle d’Osaka.
La saison 2025-2026 est particulièrement dense. Amos Rex, à Helsinki, lui consacre du 8 octobre 2025 au 6 avril 2026 sa première exposition en Finlande, articulée autour de The Cloud, Sidewalk, Lost Garden, Elevator Maze et d’une version de Bâtiment inspirée d’une façade Art nouveau helsinkienne. En 2026, le Grand Palais présente à Paris sa première grande exposition en France, tandis que le Santa Mònica Arts Center de Barcelone annonce The Assault on Illusion du 18 mars au 27 septembre 2026.
Médiums: installation immersive, sculpture, installation in situ, art public pérenne, vidéo-sculpture, photographie.
Techniques: trompe-l’œil architectural à l’échelle 1, miroir incliné à 45 degrés créant un plan vertical apparemment horizontal, double fond et lame d’eau (dispositif de Swimming Pool), procédés empruntés à la prestidigitation, mécanismes laissés visibles, jeux d’échelle et de perspective sur des éléments du quotidien.
Motifs récurrents: la perception mise en doute, l’architecture domestique et le familier, le spectateur devenu acteur du dispositif, le seuil et le liminal, la fragilité des constructions humaines et l’urgence climatique.
L’œuvre la plus reproduite d’Erlich est née à Paris. Bâtiment a été construite en 2004 pour la Nuit Blanche, la manifestation nocturne qui investit la capitale le temps d’une seule nuit. L’artiste explique avoir conçu le projet ample et accessible précisément parce que la foule déambule dans les rues ce soir-là: une façade couchée au sol, un miroir incliné, et chacun se voit suspendu à sa propre ville. Chaque version ultérieure reprend l’architecture du lieu où elle est installée, et le prototype parisien a essaimé en France, au Royaume-Uni, en Australie, au Japon, en Argentine, en Ukraine et en Autriche. Le Grand Palais date et documente la pièce sous la forme montrée au Centquatre, à Paris, en 2011.
En 2015, Erlich installe Maison Fond devant la gare du Nord, l’une des gares les plus fréquentées de Paris, à l’occasion de la Nuit Blanche et de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques accueillie par la ville. L’installation donne à voir une maison en train de fondre: l’artiste transforme les données du réchauffement en une image simple et frontale, et choisit délibérément d’interrompre le trajet quotidien des voyageurs par un rappel de ce qui vient. Le site officiel de l’artiste range l’œuvre parmi ses interventions parisiennes pérennes.
Paris jalonne toute la carrière d’Erlich. Il y tient une exposition personnelle à la galerie Gabrielle Maubrie dès 2002, montre Bâtiment au Centquatre en 2011, investit Le Bon Marché Rive Gauche avec Sous le Ciel en 2018, participe à la Foire Foraine d’Art Contemporain du 104 en 2022, puis à Demain est annulé à la Fondation groupe EDF en 2024, et à Pièces à vivre comme à Couleur Lumière chez Galleria Continua Paris en 2025. Le Grand Palais souligne pourtant que son exposition de 2026 est la première grande exposition consacrée à l’artiste en France.
Grand Palais (Paris) — Accueille du 2 juin au 6 septembre 2026 la première grande exposition consacrée à Leandro Erlich en France, conçue avec le commissaire Fabrice Bousteau autour de quatorze installations monumentales.
Gare du Nord (Paris) — Site de l’installation Maison Fond en 2015, présentée à l’occasion de la Nuit Blanche et de la conférence des Nations unies sur le climat tenue à Paris.
Le Centquatre-Paris (Paris) — Lieu de présentation de Bâtiment en 2011, selon la notice d’œuvre publiée par le Grand Palais, puis de la Foire Foraine d’Art Contemporain à laquelle l’artiste participe en 2022.
Le Bon Marché Rive Gauche (Paris) — Hôte de l’exposition Sous le Ciel en 2018, d’après la liste officielle des expositions personnelles de l’artiste.
21st Century Museum of Contemporary Art (Kanazawa) — Conserve Swimming Pool dans sa collection permanente et a présenté une exposition personnelle de l’artiste en 2014.
Museum Voorlinden (Wassenaar) — Conserve une Swimming Pool ainsi que The Cloud, installée de façon permanente depuis 2020.
1973 — Naissance de Leandro Erlich à Buenos Aires, en Argentine.
1991 — Première exposition personnelle au Centro Cultural Recoleta de Buenos Aires, à dix-huit ans.
1998 — Résidence au Core Program de la Glassell School of Art à Houston, où il met au point Swimming Pool et Living Room.
2000 — Participation à la Whitney Biennial de New York avec l’œuvre Rain.
2001 — Représente l’Argentine à la 49e Biennale de Venise avec Swimming Pool.
2004 — Création de Bâtiment pour la Nuit Blanche de Paris, point de départ de toutes les versions ultérieures.
2015 — Installation de Maison Fond devant la gare du Nord à Paris, pendant la conférence climat des Nations unies.
2018 — Exposition Sous le Ciel au Bon Marché Rive Gauche, à Paris.
2019 — Rétrospective Liminal au MALBA de Buenos Aires, du 5 juillet au 26 octobre.
2022-11 — Ouverture de Liminal au Pérez Art Museum Miami, première monographie nord-américaine, jusqu’au 4 septembre 2023.
2025-10 — Ouverture de sa première exposition en Finlande à Amos Rex, Helsinki, jusqu’au 6 avril 2026.
2026-06-02 — Ouverture de l’exposition Leandro Erlich au Grand Palais, à Paris, jusqu’au 6 septembre 2026.
Cette page replace Leandro Erlich dans le contexte de Paris, même quand la relation à la ville passe d’abord par les expositions et les lieux qui le montrent aujourd’hui.
Bâtiment couche au sol une façade d'immeuble et l'associe à un grand miroir incliné : les visiteurs s'allongent, s'accrochent ou s'assoient sur la façade horizontale, et le miroir renvoie l'image de corps suspendus dans le vide. L'œuvre a été conçue en 2004 pour la Nuit Blanche parisienne, l'artiste la voulant assez vaste pour que la foule puisse l'investir librement.
Swimming Pool, présentée à la 49e Biennale de Venise en 2001 lorsque Leandro Erlich représentait l'Argentine, fait aujourd'hui partie des collections permanentes du 21st Century Museum of Contemporary Art de Kanazawa, au Japon, et du Museum Voorlinden, à Wassenaar aux Pays-Bas. L'installation avait été mise au point en 1998 pendant sa résidence à Houston.
Maison Fond montre une maison en train de fondre. Installée en 2015 devant la gare du Nord pendant la conférence des Nations unies sur le climat organisée à Paris, elle traduit les données du réchauffement en une image immédiatement lisible, et joue sur l'idée que même les habitations que nous laissons derrière nous finiront par disparaître.
Paris est la ville de naissance de son œuvre la plus diffusée, Bâtiment, créée pour la Nuit Blanche 2004. Il y a exposé à la galerie Gabrielle Maubrie en 2002, montré Bâtiment au Centquatre en 2011, installé Maison Fond devant la gare du Nord en 2015, investi Le Bon Marché Rive Gauche en 2018, et il est présenté au Grand Palais en 2026.
Conçue avec le commissaire Fabrice Bousteau, l'exposition réunit quatorze installations monumentales : bateaux en lévitation, nuages en apesanteur, architectures modernistes transformées en labyrinthes, et un immeuble haussmannien basculé à l'horizontale que le public peut escalader. Plusieurs pièces créées pour l'occasion jouent sur l'inversion du point de vue entre l'extérieur et l'intérieur.
Non, et c'est le cœur de sa démarche. Le Grand Palais souligne que les mécanismes sont visibles et assumés : le visiteur est invité à comprendre, tester et traverser les œuvres. Amos Rex décrit de la même façon des installations qui ressemblent à des décors de scène et dans lesquelles le spectateur n'est pas un témoin mais une composante nécessaire.