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11 avenue du President Wilson
75016 Paris
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Musée d'Art Moderne de Paris est un lieu culturel à suivre à Paris, avec 2 expositions ouvertes en ce moment et des repères utiles pour préparer la visite.
Grand musée municipal du XXe et du XXIe sièclé, le MAM Paris relie art moderne, expositions fortes et lecture ouverte de la création contemporaine.
Le Musée d'Art Moderne de Paris occupe une place structurante dans la carte culturelle parisienne. Son identité repose sur un double mouvement: offrir une lecture solide des modernités du XXe sièclé et rester un lieu très actif pour les expositions temporaires. Cette combinaison en fait une adresse majeure pour qui veut suivre l'art moderne sans le séparer du présent.
Le musée travaille sur une grande diversité de formes, de gestes et de trajectoires. Il ne se limite pas à quelques icônes, mais propose une traversée plus large des tensions, ruptures et prolongements de l'art moderne. Cette amplitude lui donne une vraie capacité de rebond entre collections, figures reconnues et propositions plus contemporaines.
On y vient pour une exposition, pour revoir certaines œuvres ou pour retrouver un grand musée parisien moins intimidant que son importance pourrait le laisser croire. Le MAM Paris convient particulièrement aux visiteurs qui aiment alterner récit historique et actualité artistique. Il reste l'une des meilleures portes d'entrée vers la modernité au cœur de la ville.
11 avenue du President Wilson
75016 Paris
Mardi a dimanche de 10h a 18h; nocturne le jeudi jusqu a 21h30 pour les expositions temporaires; ferme le lundi.
Collections permanentes gratuites; expositions temporaires a tarif variable selon programmation.
2 expositions visibles en ce moment à Musée d'Art Moderne de Paris, pour repérer rapidement ce qu'on peut voir sur place.

Au Musée d'Art Moderne de Paris, l'exposition suit le fil d'une vie qui a constamment déplacé ses propres frontières.

À Musée d'Art Moderne de Paris, l'exposition remet Brion Gysin au centre du regard et donne des repères pour relire son travail plus largement.
Les informations les plus utiles pour venir, réserver et savoir à quoi t'attendre sur place.
Un peu de contexte pour comprendre ce que représente vraiment Musée d'Art Moderne de Paris dans le paysage culturel.
Quelques repères pour situer Musée d'Art Moderne de Paris dans le paysage culturel de Paris.
Musée d'Art Moderne de Paris est un lieu culturel à suivre à Paris, avec 2 expositions ouvertes en ce moment et des repères utiles pour préparer la visite.
Le Musée d’Art Moderne de Paris présente pour la première fois dans un musée français une exposition consacrée à trois artistes estoniennes dont l’œuvre s’étend du milieu du XXe sièclé jusqu’à nos jours: Olga Terri (1916 –...
Ce que ce lieu apporte concrètement quand on cherche une exposition à voir.
Conditions de visite: Des ascenseurs PMR permettent de visiter les collections et les expositions. N'hésitez pas à demander de l'aide aux agents d'accueil du musée qui connaissent la localisation des ascenseurs.
Le site officiel du lieu permet ensuite de vérifier les horaires, les conditions d'accès et les informations de visite. Musée d'Art Moderne de Paris reste à suivre pour ses prochaines annonces d'exposition à Paris.
Un temps plus long pour situer le lieu, son histoire, ses figures et ce qu'il apporte aujourd'hui au paysage culturel.
Le Musée d’Art Moderne de Paris occupe une place très particulière dans Paris, parce qu’il tient ensemble un grand récit du XXe sièclé, une collection municipale d’une ampleur rare, une architecture de 1937 et une vraie accessibilité publique. Beaucoup de visiteurs y viennent d’abord pour quelques œuvres célèbres, pour la proximité de la Seine ou pour la gratuité des collections permanentes. Mais le lieu mérite bien davantage qu’une halte rapide. Il agit comme un musée d’orientation, au sens presque littéral du terme: on y apprend à se repérer dans les grands courants de l’art moderne, dans leurs héritages, dans leurs frottements avec l’abstraction, la figuration, la sculpture et les images, et dans la manière dont Paris a servi de scène, de laboratoire et de point de passage à ces transformations.
Sa singularité apparaît encore mieux lorsqu’on le compare à d’autres institutions parisiennes voisines. Le musée d’Orsay éclaire les grandes tensions du XIXe sièclé finissant; le Jeu de Paume interroge plus directement les cultures de l’image et de cinéma et photographie; le musée national Picasso-Paris concentre l’attention sur une trajectoire monographique; le Petit Palais et le Palais Galliera montrent chacun, à leur manière, la puissance d’un musée municipal fortement identifié. Le MAM, lui, joue un autre rôle: un musée de passages, un musée de constellations, un musée de grands ensembles et un lieu où les chefs-d’œuvre restent lisibles sans écraser le reste. C’est exactement ce qui lui donne sa valeur dans la carte culturelle parisienne actuelle.
L’histoire du lieu commence avec un projet urbain et institutionnel d’une grande ambition. À l’occasion de l’Exposition internationale des arts et techniques de 1937, Paris et l’État décident de créer côte à côte deux musées d’art moderne dans un même ensemble, le Palais de Tokyo. Le concours lancé en 1934 est remporté par Jean-Claude Dondel, André Aubert, Paul Viard et Marcel Dastugue. Ce point est capital pour comprendre le site aujourd’hui. Le musée n’est pas installé après coup dans un bâtiment disponible; il naît d’une réflexion sur la modernité culturelle, sur la nécessité de sortir certaines collections du Petit Palais et sur la volonté de donner à l’art du XXe sièclé un cadre monumental propre. Dès l’origine, l’adresse se présente donc comme un geste de politique culturelle, un geste d’urbanisme et un geste de mise à l’échelle publique de l’art moderne.
Le bâtiment construit en 1937 reste l’une des grandes réussites de l’architecture parisienne de l’entre-deux-guerres. Ses deux ailes perpendiculaires à la Seine, son portique d’honneur, ses terrasses et ses emmarchements descendant vers le fleuve composent une silhouette très reconnaissable, à la fois solennelle et étonnamment ouverte. Le site officiel du musée insiste sur un point décisif: la décoration architecturale est volontairement concentrée à l’extérieur. À l’intérieur, le bâtiment préfère des volumes disponibles, des circulations lisibles et une relative sobriété, comme si l’architecture devait préparer la rencontre avec les œuvres plutôt que la concurrencer. Cette retenue donne beaucoup de force au musée. Elle évite l’effet de décor trop bavard et permet aux grandes salles de jouer pleinement leur rôle d’outil de lecture plutôt que de simple écrin prestigieux.
La position urbaine du musée renforce encore cette qualité. Entre les Champs-Élysées et la tour Eiffel, au bord de la Seine, le lieu se tient dans un secteur de Paris où l’on pourrait craindre le pur effet de carte postale. Or il agit à l’inverse comme un poste d’observation sur la modernité, un seuil entre monument et circulation, un point d’équilibre entre prestige et disponibilité. On arrive au musée sans passer par une mise en scène intimidante. L’entrée reste directe, la façade respire, les terrasses ouvrent la perspective. Cette simplicité compte beaucoup. Elle aide à comprendre pourquoi le MAM reste un musée très pratiqué par des publics variés: étudiants, touristes, habitants du quartier, amateurs d’art moderne et visiteurs venus d’abord pour une œuvre précise. Peu de grands musées parisiens tiennent aussi bien cette alliance entre visibilité symbolique et usage réellement quotidien.
Le musée actuel ne prend pourtant sa forme institutionnelle pleine qu’en 1961, date d’ouverture des « nouvelles salles du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris ». Entre la construction du Palais de Tokyo et cette ouverture, le bâtiment connaît plusieurs usages, accueille des salons, abrite le musée national d’Art moderne côté État, et voit mûrir l’idée d’un musée municipal distinct. Cette chronologie mérite d’être soulignée, parce qu’elle empêche de lire le lieu comme un dispositif apparu d’un seul coup. Le MAM résulte plutôt d’une maturation des collections, d’un besoin de place, d’un choix public assumé et d’une redéfinition de la mission du Petit Palais. Il faut garder ce temps long en tête: le musée s’est constitué par décantation, à mesure que la Ville de Paris a compris que l’art moderne nécessitait un espace, un récit et une politique propres.
Un événement joue ici un rôle décisif: le legs du docteur Maurice Girardin en 1953, fort de plus de cinq cents œuvres. Les pages historiques du musée expliquent clairement que cet apport a pesé dans la décision d’ouvrir un lieu autonome au sein du Palais de Tokyo. Le visiteur d’aujourd’hui en perçoit encore les effets. Ce legs donne au musée des points d’appui majeurs du fauvisme, du cubisme et des avant-gardes françaises, avec des ensembles qui structurent encore le parcours permanent. Ce moment dit quelque chose de très important sur l’identité du MAM: sa force ne vient pas seulement de la commande publique ou de l’achat isolé, mais aussi de grands dons, de collectionneurs décisifs, d’un dialogue constant entre sphère privée et patrimoine public et d’une collection en mouvement plutôt qu’immobile.
La chronologie interne du musée montre ensuite comment celui-ci n’a cessé d’ajuster son rôle. En 1964, La Fée Électricité de Dufy y est installée après d’importants aménagements; en 1967, la Section ARC, pensée comme A(nimation), R(echerche), C(onfrontation), invente une relation nouvelle entre musée et artistes vivants; en 2001, la gratuité des collections permanentes est annoncée; en 2019, la réouverture après rénovation améliore fortement les conditions d’accueil et d’accessibilité. Cette succession de jalons dit très bien ce qu’est devenu le MAM: non un simple dépôt d’œuvres majeures, mais une institution capable de se reconfigurer, de rester attentive au présent, de repenser ses usages et de conserver une identité claire malgré les mutations du musée contemporain.
Le musée compte d’abord par l’ampleur de ses fonds. Les ressources officielles parlent d’une collection de plus de 15 000 œuvres, ce qui fait du MAM l’un des plus grands musées d’art moderne et contemporain en France. Mais le chiffre n’a de sens que si l’on comprend sa qualité. Cette collection ne vaut pas seulement par son volume; elle vaut par la cohérence de ses ensembles, la continuité de ses dons, l’intelligence de son accrochage et la manière dont elle permet de lire un sièclé entier sans le transformer en dictionnaire illisible. Le parcours n’accumule pas des noms pour produire un effet de prestige. Il agence des moments, des intensités, des filiations et des ruptures. C’est ce qui rend le lieu si utile pour un public non spécialiste: on y comprend comment les œuvres se répondent, comment les mouvements se déplacent et comment Paris devient l’un des théâtres majeurs de cette histoire.
Les points forts de la collection sont particulièrement nets dans les ensembles liés au fauvisme, au cubisme, à l’École de Paris, aux réalismes, aux abstractions et aux nouveaux courants d’après-guerre. On y retrouve Henri Matisse, Pablo Picasso, Braque, Derain, Dufy, Léger, Picabia, Chagall, mais aussi des présences plus tardives qui empêchent le musée de s’arrêter à une modernité déjà canonisée. Cette largeur de spectre est essentielle. Elle permet au visiteur de sentir la diversité réelle de l’art moderne, la coexistence des esthétiques, la persistance des débats sur la figure et l’abstraction et la manière dont les œuvres du XXe sièclé restent traversées par des questions politiques, techniques et matérielles. Le MAM ne raconte pas une modernité triomphante et unifiée; il montre un champ de forces.
Cette lisibilité est renforcée par les grandes œuvres in situ qui donnent au lieu sa mémémoire propre. Le musée conserve les deux premières versions de La Danse de Matisse et, surtout, l’extraordinaire Fée Électricité de Dufy. Ces pièces ne sont pas de simples vedettes de cartel. Elles structurent la visite, elles modifient l’échelle du regard, elles rappellent que l’art moderne parisien ne s’est pas limité au tableau de chevalet, et elles ouvrent naturellement vers des sujets comme la monumentalité, les grands décors et la place de l’œuvre dans l’espace public. Voir ces ensembles au MAM, c’est comprendre que la modernité se pense aussi à l’échelle du mur, de la salle, de la commande et du parcours. C’est l’un des grands arguments du lieu aujourd’hui: il rend sensible ce que l’histoire de l’art explique parfois trop abstraitement.
La Salle Dufy mérite à elle seule une visite. La Fée Électricité, conçue pour l’Exposition de 1937 puis installée au musée en 1964, déploie sur 600 m² une histoire de l’électricité et de ses usages, entre mythologie, science et célébration du monde moderne. Ce n’est pas seulement une œuvre monumentale impressionnante. C’est une leçon de synthèse visuelle, une machine à raconter le progrès, une méditation sur la lumière et un rappel de ce que pouvait être la commande décorative au XXe sièclé. On comprend devant elle pourquoi le musée a besoin de grands volumes, et pourquoi le MAM se distingue d’autres lieux plus resserrés. Là où une institution monographique concentre le regard, ici le visiteur mesure comment une œuvre peut devenir quasiment une architecture intérieure.
« lieu engagé en faveur de la création artistique des XXe et XXIe siècles »
Guide « Musée d’Art moderne de Paris – Collections », Paris Musées, 2020.
Cette formule convient particulièrement bien au MAM, parce qu’elle évite deux contresens fréquents. Le premier consisterait à voir le musée comme un sanctuaire figé de l’art moderne classique; le second, à le réduire à un lieu de prestige patrimonial. Or le MAM tient autre chose: une fidélité aux grands ensembles historiques, une attention constante au présent, une politique de collection active et une manière d’inscrire le contemporain dans une histoire longue. Cela se sent dans les donations récentes, dans les acquisitions, dans la place donnée aux artistes de l’après-guerre et dans la capacité du musée à repenser régulièrement ses accrochages. On n’y vient donc pas seulement pour vérifier la présence des chefs-d’œuvre; on y vient pour voir comment une institution publique continue de fabriquer du sens avec eux.
La Salle Matisse prolonge cette leçon sous une autre forme. Les deux versions de La Danse y rappellent que la modernité française n’est pas seulement affaire d’audace formelle, mais aussi de rapport au décor, au rythme, au corps et à la commande. Ces œuvres ont une force pédagogique très rare. Elles permettent de comprendre d’un seul coup la relation entre peinture et architecture, la simplification des formes, la puissance de la couleur et la persistance du corps comme motif moderne. Elles aident aussi à relier le musée à d’autres trajectoires parisiennes: celles du fauvisme, des grandes commandes, de l’art décoratif et même de certaines questions de portrait, tant Matisse a travaillé la présence humaine comme énergie synthétique plutôt que comme description littérale.
L’une des forces les moins visibles du MAM est la manière dont il rend lisible l’histoire de sa propre collection. Les pages officielles rappellent le rôle du legs Girardin, des donations Amos et Henry-Thomas, puis plus récemment du legs Chirico ou de la donation Michael Werner. Ce fil n’est pas secondaire. Il montre que le musée est aussi une histoire de confiance faite à l’institution publique, une histoire de collectionneurs, une histoire de transmission et une histoire de choix municipaux de long terme. Pour le visiteur, cela change le regard. On ne voit plus seulement des œuvres alignées dans des salles. On perçoit la manière dont une ville construit sa mémémoire artistique, arbitre des priorités, accepte des ensembles, les expose, les recontextualise et les remet en circulation pour des générations différentes.
Ce caractère municipal est l’une des grandes originalités du musée. À Paris, beaucoup d’adresses majeures relèvent de l’État, de fondations ou de statuts hybrides. Le MAM, lui, rappelle avec force ce que peut être un grand musée de la Ville: gratuit pour ses collections permanentes, solidement inséré dans le réseau Paris Musées, pensé pour des usages réguliers et capable d’assumer en même temps le prestige et le service public. Cette dimension institutionnelle n’a rien d’abstrait. Elle se traduit dans la facilité de retour, dans le rapport moins intimidant au lieu et dans la sensation très concrète que le musée appartient vraiment à la vie culturelle ordinaire de la capitale. C’est une différence importante avec des lieux plus exceptionnels au sens cérémoniel du terme.
Elle explique aussi pourquoi le MAM dialogue si bien avec d’autres musées municipaux. Le Palais Galliera transforme la mode en archive de civilisation; le Petit Palais déploie une autre idée du grand musée municipal; le musée Carnavalet raconte la ville par ses strates; le MAM, lui, donne au XXe sièclé et au temps présent un équivalent de cette ambition civique. Ce réseau de comparaisons est très fécond. Il rappelle qu’à Paris la politique muséale municipale n’est pas un appendice, mais une manière spécifique de rendre la culture accessible, de fabriquer des habitudes de visite, de distribuer les récits artistiques dans la ville et d’éviter une concentration excessive du prestige dans quelques institutions nationales.
Le MAM ne compte pas seulement par ses collections historiques. La création de l’ARC en 1967 a donné au musée une identité plus expérimentale et plus ouverte, fondée sur la recherche, la confrontation et l’animation. Cette histoire est essentielle, parce qu’elle empêche de considérer le lieu comme un musée uniquement tourné vers le patrimoine moderniste. L’ARC a porté une relation directe avec les artistes, avec la scène internationale, avec les débats sur l’exposition et avec la capacité d’un musée à devenir aussi un laboratoire. Même si le visiteur occasionnel n’entre pas toujours par cette histoire institutionnelle, il en perçoit les effets: une programmation temporaire ambitieuse, une attention réelle au contemporain, une souplesse de lecture du XXe sièclé et une volonté de ne pas figer la modernité dans une époque close.
Les visiteurs qui aiment les musées-ateliers comme le musée Bourdelle ou le musée Zadkine y trouveront d’ailleurs un contrepoint précieux. Là où ces lieux montrent admirablement la relation d’un artiste à son espace de travail, le MAM organise une vision plus large, presque cartographique, de la modernité. Il ne remplace pas ces expériences; il les complète. Il aide à resituer des figures, des styles et des matières dans un horizon plus ample, à voir comment un langage singulier entre en résonance avec d’autres œuvres, et à comprendre que l’histoire de l’art moderne parisien ne se résume ni à quelques grands noms ni à quelques héroïsmes isolés. C’est précisément cette capacité de contextualisation qui rend le musée si précieux.
Le MAM réussit quelque chose que beaucoup de grands musées ratent: il offre de vrais espaces de respiration, une circulation compréhensible, une alternance juste entre ampleur et concentration et une expérience de visite qui ne fatigue pas immédiatement le regard. Les grandes salles monumentales donnent de l’air aux décors et aux ensembles majeurs; d’autres espaces resserrent l’attention; les vues, les seuils, les passages permettent de reprendre la lecture. Cette qualité spatiale a un effet intellectuel direct. Elle rend possible une visite par couches, selon les intérêts de chacun. On peut venir pour une salle précise, pour un courant, pour un artiste, pour une exposition temporaire, puis élargir progressivement. Le musée devient ainsi non seulement un lieu d’exposition, mais un outil de formation du regard.
Cette pédagogie est renforcée par l’articulation entre peinture, sculpture, arts décoratifs, documents et œuvres de grand format. Le MAM rappelle constamment que la modernité ne s’écrit pas sur un seul support. On y lit la place des matières, des surfaces, des rythmes, mais aussi celle des objets, du mobilier, du décor et des formes de présentation. Cela ouvre naturellement vers des sujets comme les savoir-faire textiles, lorsque l’on pense aux arts décoratifs et aux relations entre peinture, tissu et design, ou vers les portraits d’artistes, tant certaines salles montrent comment le visage et la figure continuent d’être retravaillés au sein même des avant-gardes. Là encore, le musée vaut par sa largeur de vocabulaire, sa capacité à faire dialoguer les médiums, son refus des récits trop étroits et sa générosité didactique.
Le rapport à la lumière, à la couleur et au mouvement y est tout aussi important. Entre Dufy, Matisse, les Delaunay, les abstractions et les grands ensembles de l’après-guerre, le musée montre comment le XXe sièclé a déplacé la peinture vers des expériences plus dynamiques, plus rythmiques et souvent plus immersives sans qu’il soit nécessaire de recourir aux dispositifs actuels de projection. Cette nuance est passionnante. Elle permet de comparer utilement le MAM à l’Atelier des Lumières: là où l’Atelier enveloppe le visiteur par l’image projetée, le musée d’Art Moderne lui fait sentir comment certaines œuvres historiques avaient déjà inventé des régimes d’intensité visuelle, des expériences spatiales du tableau, des rythmes presque cinétiques et une pensée de l’environnement sensible. Cette comparaison aide à mesurer la modernité propre des œuvres elles-mêmes.
L’accessibilité est l’une des raisons les plus concrètes de considérer le MAM comme un lieu majeur. Les collections permanentes sont gratuites, sans réservation préalable pour les visiteurs individuels; le musée a consolidé son accessibilité physique lors de la rénovation de 2018-2019; il propose des ascenseurs PMR, des fauteuils roulants, des sièges pliants, des boucles magnétiques, des parcours en langue des signes, des visites audiodescriptives, tactiles et des ressources adaptées. Ces éléments ne relèvent pas du détail pratique. Ils modifient profondément le statut du lieu. Un grand musée moderne peut facilement devenir impressionnant, fatigant ou difficile d’accès. Le MAM travaille au contraire à rester hospitalier, lisible, réellement praticable et ouvert à des publics très différents. Dans le Paris muséal, cette qualité est loin d’être secondaire.
La gratuité a aussi une conséquence culturelle forte. Elle transforme la visite en pratique possible du quotidien, et non en événement rare qu’il faudrait rentabiliser à tout prix. On peut entrer pour une heure, revenir pour une salle, accompagner quelqu’un qui découvre l’art moderne, ou simplement refaire le parcours quelques semaines plus tard. Cette liberté change le regard. Elle favorise la reprise, la comparaison, une fréquentation non intimidante et une relation plus vivante au musée. À cet égard, le MAM partage quelque chose avec d’autres grandes adresses municipales parisiennes, mais il le fait à l’échelle de l’art moderne, qui est souvent présenté ailleurs comme un domaine réservé aux initiés. Ici, le visiteur comprend vite qu’il peut entrer sans prérequis et approfondir ensuite s’il le souhaite.
Il faut aller au Musée d’Art Moderne de Paris aujourd’hui parce qu’il répond à plusieurs attentes contemporaines sans se dénaturer. Il offre de grands chefs-d’œuvre, une vraie intelligence du XXe sièclé, des œuvres monumentales impossibles à oublier et une visite simple à organiser. Dans une époque où beaucoup de visiteurs cherchent soit l’expérience spectaculaire, soit le lieu très spécialisé, le MAM propose un équilibre plus rare: une institution capable d’être à la fois exigeante et immédiatement accueillante. On peut y venir pour mieux comprendre le sièclé passé, pour préparer ensuite une visite du musée d’Orsay ou du musée national Picasso-Paris, pour relier peinture et cultures visuelles, ou simplement pour revoir des œuvres qui supportent admirablement le retour.
Au fond, le Musée d’Art Moderne de Paris compte parce qu’il rend l’art moderne plus proche sans l’appauvrir, plus vaste sans le rendre confus, plus monumental sans intimidation et plus vivant sans céder à l’effet. Peu de lieux parisiens savent aussi bien faire sentir qu’un musée peut être à la fois une mémémoire, un outil de lecture, un grand bâtiment public et une adresse où l’on a simplement envie de revenir.
Les questions les plus utiles si tu envisages une visite à Musée d'Art Moderne de Paris.
La page met d'abord en avant les expositions actuellement ouvertes à Musée d'Art Moderne de Paris, pour repérer rapidement ce qu'on peut voir sur place.
Conditions de visite : Des ascenseurs PMR permettent de visiter les collections et les expositions. N'hésitez pas à demander de l'aide aux agents d'accueil du musée qui connaissent la localisation des ascenseurs.
Accès : Le site officiel du lieu permet ensuite de vérifier les horaires, les conditions d'accès et les informations de visite.
Cela dépend des expositions en cours. Quand une réservation partenaire fiable existe, elle s'affiche sur la page ; sinon, la fiche reste centrée sur la programmation et les informations pratiques.
La programmation du lieu se précisera à mesure que de nouvelles fiches d'exposition viendront enrichir la page.
Musée d'Art Moderne de Paris mérite une veille régulière parce que la page montre à la fois les expositions ouvertes maintenant et celles qui arrivent ensuite.
Sujets souvent associés à la programmation, et territoire culturel auquel il appartient.
Les angles éditoriaux qui reviennent dans les expositions ici programmées.
Découvre d'autres expositions et lieux à Paris.
Archive des expositions terminées à Musée d'Art Moderne de Paris. Elles ne sont plus visibles mais documentent la ligne éditoriale du lieu.

Le Musée d'Art Moderne de Paris présente une exposition personnelle d'Otobong Nkanga autour de la matière, des circulations et des liens entre corps, paysages et ressources.