À venir

Un vestiaire à soi. Féminités dissidentes au 19e siècle

Galliera explore les emprunts des femmes au vestiaire masculin au XIXe siècle, entre sport, luttes sociales et identités dissidentes.

l'exposition

Galliera explore les emprunts des femmes au vestiaire masculin au XIXe siècle, entre sport, luttes sociales et identités dissidentes.

Le parcours rassemble plus de trois cent cinquante œuvres: costumes d’amazone, pantalons, costumes tailleurs, cravates, nœuds, hauts-de-forme, accessoires, peintures, photographies et affiches de mode. Le Palais Galliera y observe l’appropriation progressive des codes masculins par les femmes du XIXe siècle, en France comme dans le monde anglo-saxon. George Sand, Rosa Bonheur, Natalie Clifford Barney et des anonymes issues de photographies amateur donnent des visages très différents à cette histoire vestimentaire.

L’exposition est construite pour montrer que ces emprunts ne sont pas de simples effets de style. Ils accompagnent la pratique sportive, les luttes sociales, le travestissement, le cross-dressing et les cultures du Paris-Lesbos autour de 1900. Le dialogue entre vêtements, images et archives renouvelle la lecture de la mode féminine du XIXe siècle. Le commissariat mené par Marine Kisiel, sous la direction d’Émilie Hammen, inscrit le sujet dans une histoire de genre, de corps et de liberté sociale.

Le geste curatorial est important parce qu’il met les binarités de genre à l’épreuve sans perdre la précision des objets. Un pantalon, une cravate ou un costume tailleur deviennent des outils de transformation, de protection, d’affirmation ou de provocation. La visite montre que la garde-robe féminine moderne s’est construite aussi par dissidence, par emprunt et par négociation avec les normes. Elle donne à la mode une portée politique très lisible.

le lieu

Palais Galliera

10 avenue Pierre 1er de Serbie, 75016 Paris

Accès
Metro 9 Alma-Marceau · Metros 6 et 9 Trocadero · Metros 1 et 9 Franklin D. Roosevelt
Horaires
Mardi a dimanche 10h-18h; nocturne le vendredi jusqu’a 21h; ferme le lundi.
Tarifs
Collections permanentes gratuites; expositions temporaires plein tarif 14 EUR, tarif reduit 12 EUR.

le contexte

Le lieu et son horizon culturel

En décembre 2025, le Palais Galliera inaugure une série d’expositions consacrées aux savoir-faire.

Le cadre culturel

Après «  Une Histoire de la mode » et «  La Mode en mouvement », le Palais Galliera propose une nouvelle série d’expositions consacrée aux savoir-faire de la mode. Au cours de trois.

Ce que l’exposition remet en perspective

Lire un vestiaire d’époque comme un document social autant qu’un objet de mode. Repérer les coutures, matières et silhouettes qui datent une pièce avec précision. Distinguer la série, l’éditing et le tirage qui font la singularité d’un photographe. Comparer plusieurs cadrages d’un même sujet pour comprendre une démarche d’auteur.

Pourquoi ce sujet parle encore aujourd’hui

Visible du 26 septembre 2026 au 14 fevrier 2027, l’exposition suit un pan essentiel de l’histoire de la mode trop souvent marginalise: l’appropriation progressive des codes masculins par les femmes au XIXe siècle, en France comme dans le monde anglo-saxon. Costumes, accessoires, peintures, photographies et affiches y montrent comment ces gestes vestimentaires accompagnent des transformations sociales et symboliques plus larges.

Des repères pour situer le parcours

Cette exposition se comprend aussi à travers mode et histoire et cultures, ce qui aide à replacer le parcours dans un contexte culturel et artistique plus large.

Une lecture par les techniques

Les techniques mises en avant, comme textile, donnent un angle de lecture concret pour comprendre comment le sujet prend forme visuellement.

Focus sur les œuvres

Costume d’amazone

Costume d’amazone, réalisé par un atelier anonyme au XIXe siècle, est un vêtement de sport et de représentation conservé dans les collections mobilisées par le Palais Galliera pour Un vestiaire à soi. Le musée annonce ce type de pièce parmi les éléments emblématiques du parcours, avec pantalons, costumes tailleurs, cravates, nœuds et hauts-de-forme. Sa technique relève de la confection textile et de la coupe équestre, pensée pour permettre la pratique de l’équitation tout en respectant, ou en déplaçant, les codes sociaux de la féminité.

Le costume d’amazone est central parce qu’il montre que la dissidence vestimentaire peut commencer dans un cadre apparemment acceptable. L’équitation autorise certaines adaptations fonctionnelles, mais ces adaptations rapprochent le vêtement féminin de lignes, de gestes et d’accessoires associés au masculin. Dans l’exposition, il faut regarder la pièce comme une négociation. Elle né rompt pas forcément tous les codes, mais elle ouvre une brèche: le corps féminin peut se déplacer, pratiquer un sport, occuper l’espace autrement. La coupe, la sobriété, la relation à la veste ou au chapeau composent une silhouette d’autorité. Le parcours du Palais Galliera relie ces formes aux luttes sociales, aux pratiques de travestissement, au cross-dressing et aux identités minoritaires. Le costume d’amazone devient alors plus qu’un vêtement spécialisé. Il montre comment une transformation pratique peut produire une transformation symbolique. Regarde ce que la tenue permet au corps de faire, mais aussi ce qu’elle permet à la société d’imaginer ou de craindre: une femme mobile, visible, techniquement équipée, moins assignée à l’ornement.

Costume tailleur féminin

Costume tailleur féminin, réalisé par un atelier anonyme à la fin du XIXe siècle, est une pièce de confection textile présentée dans le cadre de Un vestiaire à soi au Palais Galliera. Le musée indique que l’exposition met en regard costumes tailleurs, pantalons, cravates, nœuds et hauts-de-forme pour étudier l’appropriation des codes masculins par les femmes. La technique repose sur la coupe structurée, l’assemblage de veste et jupe ou pantalon selon les modèles, et une grammaire empruntée au vestiaire masculin.

Cette pièce est essentielle parce qu’elle déplace la dissidence vers le quotidien. Le travestissement spectaculaire attire facilement l’attention, mais le costume tailleur agit souvent de manière plus durable: il transforme la silhouette de travail, de déplacement et de représentation. Dans l’exposition, il faut observer la ligne de la veste, la construction des épaules, la sobriété des matières, la réduction de l’ornement. Ces choix né sont pas neutres. Ils donnent au corps féminin une autorité visuelle traditionnellement réservée aux hommes, tout en restant négociables dans l’espace social. Le Palais Galliera montre ainsi que la masculinisation de la mode féminine met les binarités de genre à l’épreuve. Le costume tailleur devient une zone de passage entre respectabilité et émancipation. Il peut accompagner l’accès aux espaces publics, aux activités professionnelles, aux sociabilités nouvelles ou aux identités lesbiennes du Paris-Lesbos de 1900. Sa force tient à cette ambiguïté: il semble rationnel et élégant, mais il porte une contestation profonde de la place assignée aux femmes.

Photographies amateur de femmes en habit masculin

Photographies amateur de femmes en habit masculin, réalisées par des auteurs anonymes à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, forment un corpus photographique inédit annoncé par le Palais Galliera dans Un vestiaire à soi. Leur technique relève du tirage photographique amateur, souvent lié à des pratiques privées ou semi-privées. Le musée les présente en complément des vêtements, peintures et affiches de mode, afin de faire apparaître des anonymes aux côtés de figures comme George Sand, Rosa Bonheur ou Natalie Clifford Barney.

Ces photographies sont décisives parce qu’elles déplacent l’histoire hors des seules grandes figures. Les vêtements dissidents né sont pas portés uniquement par des célébrités littéraires ou artistiques; ils existent aussi dans des images modestes, parfois ludiques, parfois intimes, où des femmes expérimentent d’autres apparences. Il faut regarder ces photographies pour ce qu’elles permettent: une preuve fragile de pratiques ordinaires, une trace de jeu, de désir, d’affirmation ou de complicité. Dans l’exposition, elles enrichissent la compréhension du cross-dressing. Une photographie amateur n’a pas le même statut qu’un vêtement conservé ou qu’un portrait officiel. Elle peut saisir un moment de liberté brève, une pose entre proches, une identité essayée devant l’objectif. Cette fragilité fait sa valeur. Elle montre que la mode dissidente n’est pas seulement une évolution stylistique; c’est une pratique sociale, affective et parfois risquée. Le corpus annoncé par Galliera aide donc à voir les anonymes comme actrices de l’histoire du vêtement, pas comme simples illustrations d’un phénomèné défini par d’autres.

les œuvres clés à repérer

Une sélection courte pour identifier les pieces et repères visuels qui structurent la visite.

Tailleur parisien

Costume tailleur feminin

fin XIXe siècle

Piece-type pour comprendre l appropriation des codes masculins.

Technique
Laine et textile
Collection
Palais Galliera
Consulter la source publique

Edouard Dubufe

Portrait de Rosa Bonheur

1857

Figure importante des femininites dissidentes et du vêtement.

Technique
Huile sur toile
Collection
Musée de Versailles
Consulter la source publique

Atelier francais

Robe de bicyclette

vers 1895

Vetement clé autour de mobilite et emancipation.

Technique
Textile
Collection
Palais Galliera
Consulter la source publique

Atelier anglo-americain

Bloomer costume

milieu XIXe siècle

Reference internationale de reforme vestimentaire.

Technique
Textile
Collection
Collections costume
Consulter la source publique

Atelier photographique

Photographie de Sarah Bernhardt en pantalon

XIXe siècle

Image utile pour scène, role et transgression des apparences.

Technique
Photographie
Collection
Collections publiques
Consulter la source publique
Explorer

autour de l'exposition

Disciplines

questions pratiques.

Que signifie féminités dissidentes au Palais Galliera

L’exposition étudie l’appropriation par les femmes du XIXe siècle des codes de la mode masculine, en France et dans le monde anglo-saxon. Elle relie ces pratiques au sport, aux luttes sociales, au travestissement et au cross-dressing.

Quelles pièces composent Un vestiaire à soi

Le parcours met en regard costumes d’amazone, pantalons, costumes tailleurs, cravates, nœuds et hauts-de-forme. Il ajoute peintures, photographies et affiches de mode pour éclairer les significations culturelles de ces vêtements.

Combien d’œuvres et quelles figures historiques vas-tu croiser

Le Palais Galliera annonce plus de 350 œuvres. Le parcours va de Marie-Antoinette à Natalie Clifford Barney, en passant par George Sand, Rosa Bonheur et des anonymes révélées par des photographies amateur.

Pourquoi le vêtement devient-il un outil d’émancipation dans ce parcours

En empruntant certains codes masculins, des femmes du XIXe siècle modifient leur manière d’occuper l’espace public, de travailler, de se déplacer ou de se représenter. Le vêtement devient alors un geste social et politique.

ne ratez pas l'expo.

26 septembre 2026 — 14 février 2027 · Palais Galliera

🎟️ Réserver