Une hirondelle ne fait pas le printemps. Annette Messager
Annette Messager investit le Musée de la Chasse et de la Nature avec plus de quatre-vingts œuvres, autour de l'animalité et des passions humaines, en dialogue avec les collections.
Musée de la Chasse et de la Nature est un lieu culturel à suivre à Paris, avec des ouvertures déjà annoncées et des repères utiles pour organiser une visite.
62 rue des Archives, 75003 Paris
Avant d'y allerLe Musée de la Chasse et de la Nature occupe à Paris une place très singulière parce qu’il n’est ni un simple musée d’histoire naturelle, ni un musée d’arts décoratifs classique, ni un sanctuaire réservé aux amateurs de chasse. Il tient plutôt ensemble une réflexion sur le vivant, une maison de collectionneur, une scénographie volontairement déroutante et une manière très française d’enchevêtrer patrimoine, récit et imaginaire. Peu de lieux parisiens assument avec autant de netteté cette position inconfortable mais féconde: parler des animaux, des paysages, des trophées, des armes, des mythes, des peurs et des fantasmes sans réduire le sujet à un plaidoyer simpliste ni à une célébration mondaine. Cette tension explique sa force. Elle donne au musée une densité intellectuelle et sensible rare, d’autant plus précieuse dans une ville où la culture animale est souvent dispersée entre sciences, beaux-arts et représentations sociales.
Sa vraie singularité apparaît dès qu’on le compare à d’autres institutions parisiennes. Le Musée de l’Homme éclaire les sociétés humaines et leur rapport au vivant par la science et l’anthropologie; le musée de la Chasse et de la Nature travaille davantage la mémoire visuelle, l’ambivalence morale et la puissance symbolique de l’animal. Là où un lieu purement patrimonial classerait les objets par époque ou par technique, ici la muséographie préfère les frictions, les surprises et les rapprochements qui obligent à penser. C’est précisément ce qui fait du musée une adresse importante pour qui s’intéresse au sujet Animal et société. On n’y vient pas pour confirmer des certitudes déjà propres; on y vient pour éprouver comment l’art, l’ornement, le décor et l’histoire longue compliquent notre manière de regarder les bêtes, la chasse, la forêt et les gestes humains qui s’y rattachent.
L’histoire du lieu commence avec François Sommer et Jacqueline Sommer, fondateurs d’un projet qui veut tenir ensemble amour de la nature, collection d’art et interrogation sur la chasse comme pratique culturelle. La Fondation François Sommer est reconnue d’utilité publique en 1966; le musée, lui, est inauguré le 21 février 1967 par André Malraux dans l’hôtel de Guénégaud. Cette chronologie compte beaucoup. Elle rappelle que le musée n’est pas né comme une simple accumulation d’objets pittoresques, mais comme une institution pensée et destinée d’emblée à produire un cadre interprétatif. Le fait qu’il s’agisse d’un musée privé, bénéficiant néanmoins du label « Musée de France », ajoute une nuance décisive: le lieu n’appartient pas au grand modèle administratif des musées nationaux, mais il a acquis une légitimité patrimoniale pleine.
Cette histoire a pris une inflexion majeure en 2007, lorsque le musée s’est étendu à l’hôtel de Mongelas, voisin de l’hôtel de Guénégaud. L’institution a alors clarifié ce qu’elle voulait montrer: non plus seulement un univers cynégétique au sens étroit, mais le rapport de l’homme à l’animal à travers des collections d’art ancien, moderne et contemporain continuellement enrichies. Sous la longue direction de Claude d’Anthenaise, le musée a déplacé son centre de gravité sans renier son origine. C’est un point essentiel pour comprendre sa valeur actuelle. Le musée compte aujourd’hui parce qu’il a su transformer un héritage potentiellement daté en question culturelle active, où se croisent l’histoire des sensibilités, l’écologie humaniste, la représentation du sauvage et les formes artistiques les plus contemporaines.
Le bâtiment participe directement à l’expérience. L’hôtel de Guénégaud, monument historique dessiné par François Mansart, et l’hôtel de Mongelas ne servent pas seulement d’écrin chic à des collections insolites. Ils fabriquent un rapport très particulier entre l’intime et l’inquiétante familiarité. On avance de pièce en pièce comme dans une demeure habitée par des souvenirs, des trophées, des bêtes arrêtées dans leur élan et des œuvres d’art qui brouillent les catégories. Cette qualité spatiale explique pourquoi le musée ne ressemble ni à une galerie blanche ni à un musée encyclopédique. L’architecture impose au visiteur un rythme de salon, de cabinet, de seuil, parfois même de piège visuel. Elle transforme la visite en promenade mentale autant qu’en parcours d’exposition.
Le quartier du Marais renforce encore cette lecture. Entre Carnavalet et d’autres hôtels particuliers chargés de mémoire, le musée de la Chasse et de la Nature s’inscrit dans un tissu parisien où l’histoire architecturale reste très présente. Mais il introduit une tonalité différente: moins civique que Carnavalet, moins strictement XVIIIe que le musée Cognacq-Jay, plus trouble et plus théâtral dans sa manière de faire parler les objets. C’est une comparaison utile, parce qu’elle montre que le musée n’est pas intéressant malgré sa dimension décorative; il l’est précisément parce qu’il convertit l’hôtel particulier en machine narrative. Dans ce cadre, les boiseries, les enfilades, les salons et les surprises de circulation ne sont jamais neutres: ils contribuent à faire sentir que la relation entre l’humain et l’animal a toujours été aussi une affaire de mise en scène, de domination, d’admiration et de désir de possession.
La page met d'abord en avant les expositions actuellement ouvertes à Musée de la Chasse et de la Nature, pour repérer rapidement ce qu'on peut voir sur place.
Les poussettes ne sont pas autorisées dans les salles du musée et devront rester à l'accueil.
PMR : Fermeture: Lundi et jours fériés Tarifs: Plein 13€ (exposition) / 11€ (hors exposition); réduit 11€ / 9€; gratuit pour tous le 1er dimanche du mois, -18 ans,...
Cela dépend des expositions en cours. Quand une réservation partenaire fiable existe, elle s'affiche sur la page ; sinon, la fiche reste centrée sur la programmation et les informations pratiques.
La programmation du lieu se précisera à mesure que de nouvelles fiches d'exposition viendront enrichir la page.
Musée de la Chasse et de la Nature mérite une veille régulière parce que la page montre à la fois les expositions ouvertes maintenant et celles qui arrivent ensuite.
Musée de la Chasse et de la Nature est un lieu culturel à suivre à Paris, avec des ouvertures déjà annoncées et des repères utiles pour organiser une visite.
Horaires, tarifs, accès, expositions en cours et collections : tout pour organiser votre venue au Musée de la Chasse et de la Nature.