Exposition Paris

Exposition Adrian Ghenie

Né en 1977 à Baia Mare, en Roumanie, Adrian Ghenie construit une peinture qui passe l’histoire du XXe siècle au filtre du burlesque et de la matière.

Qui est Adrian Ghenie ?

Adrian Ghenie naît en 1977 à Baia Mare, dans le nord de la Roumanie. Il sort diplômé de l’Université d’art et de design de Cluj en 2001.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Adrian Ghenie dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De Baia Mare à Cluj, une formation dans la Roumanie de l’après-Ceaușescu

Adrian Ghenie naît en 1977 à Baia Mare, dans le nord de la Roumanie. Il sort diplômé de l’Université d’art et de design de Cluj en 2001. Après deux années passées à Vienne, entre 2002 et 2004, il revient s’installer à Cluj en 2005. Sa peinture des débuts s’attache à des mises en scène d’espaces quotidiens, durement éclairés, comme «  Basement Feelings » et «  Memories », toutes deux datées de 2007.

Galeria Plan B, une scène roumaine construite de l’intérieur

De retour à Cluj en 2005, Ghenie cofonde avec l’artiste et commissaire Mihai Pop un espace de production et d’exposition, la Galeria Plan B, qui devient un lieu déterminant pour la visibilité des artistes roumains. C’est là qu’il présente sa première exposition personnelle, «  If You Open It You Get Dirty », en octobre 2006. En 2008, Plan B ouvre une antenne à Berlin: le peintre partage dès lors son temps entre les deux villes.

Bourreaux, burlesque et pellicule rayée

À partir de la fin des années 2000, Ghenie fait entrer dans ses toiles les figures et les décors du totalitarisme européen, souvent traités comme des vignettes cinématographiques. Il y greffe les codes du slapstick: dans la série des «  Pie Fight », des visages historiques reçoivent la tarte à la crème des Trois Stooges. Le Centre Pompidou décrit ainsi «  Pie Fight Interior 11 » (2014) comme le montage de deux sources — une scène d’un film de 1941 et des cartes postales de la nouvelle chancellerie du Reich bâtie en 1939 — brouillé par des traits de pinceau semblables à des éraflures de pellicule.

Les chambres: du Dada Room au Darwin Room

Parallèlement aux toiles, Ghenie conçoit des installations pensées comme une «  pièce dans la pièce ». «  The Dada Room » (2010) est aujourd’hui dans la collection permanente du S.M.A.K. de Gand. «  The Darwin Room » (2013-2014), tableau construit en trois dimensions dont l’éclairage doré reprend le clair-obscur du «  Philosophe en méditation » de Rembrandt, mesure 350 × 435 × 735 cm et appartient au Centre Pompidou. L’artiste y cherche, selon la galerie Pace, l’idée d’un cocon vidé de la présence humaine mais qui la suggère.

2015, le pavillon roumain et l’entrée dans les collections

En 2015, Adrian Ghenie représente la Roumanie à la 56e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise avec «  Darwin’s Room », dont le commissariat est assuré par Mihai Pop. La même année, la Tate acquiert «  The Black Flag » (2015) et la galerie Thaddaeus Ropac lui consacre sa première exposition personnelle parisienne, du 22 octobre au 26 novembre. Suivront des expositions personnelles au Musée de l’Ermitage et au Palazzo Cini en 2019, puis à l’Albertina de Vienne et au Kupferstich-Kabinett de Dresde en 2024.

Rome et le tournant du paysage

Installé à Rome, l’artiste engage à partir de 2026 une série qui prend le paysage pour sujet et pour forme. Peintes après son déménagement, ces toiles montrent des silhouettes pressées sur les pavés d’un tronçon bien conservé de la voie Appienne, où il vit désormais. Ghenie y convoque Nicolas Poussin et Claude Lorrain, ainsi que la tradition du capriccio, et accroche ses scènes au présent par des détails nets — baskets, sacs à dos, parapluies, bâtons de marche — qu’il appelle des «  ancres ».

La pratique en bref

Médiums: huile sur toile, fusain sur papier, collage sur toile, installation en techniques mixtes.

Techniques: composition par collage découpé puis reportée en peinture, application au couteau à palette pour épaissir la surface, fusain effacé puis réappliqué, ensuite repris au pinceau fin sur toile, clair-obscur d’ascendance baroque associé à un geste d’expressionnisme abstrait.

Motifs récurrents: mémoire personnelle et mémoire collective, figures et décors du totalitarisme européen, burlesque et slapstick appliqués à l’histoire, histoire des sciences et figure de Darwin, paysage et capriccio romain.

Trois expositions personnelles dans le Marais

La relation d’Adrian Ghenie à Paris passe d’abord par la galerie Thaddaeus Ropac. Sa première exposition personnelle parisienne, «  New Paintings », se tient du 22 octobre au 26 novembre 2015 dans l’espace du Marais, alors qu’il représente au même moment la Roumanie à Venise. Suit «  Jungles in Paris », du 28 avril au 16 juin 2018, toujours dans le Marais. Puis «  Roman Campagna. New Paintings and Drawings », du 18 avril au 30 mai 2026, au même endroit.

Deux œuvres dans la collection du Centre Pompidou

Le Musée national d’art moderne conserve deux pièces de l’artiste. «  Pie Fight Interior 11 », huile sur toile de 280 × 230 cm datée de 2014, y est entrée la même année par don privé et porte le numéro d’inventaire AM 2014-575. «  The Darwin Room », installation en techniques mixtes de 2013-2014, est arrivée en 2018 par don privé avec le soutien de Rodica Balaban Seward. Le musée classe l’artiste comme peintre et photographe de nationalité roumaine.

Paris comme motif: le détour par le Douanier Rousseau

En 2018, Ghenie emprunte le titre de son exposition parisienne, «  Jungles in Paris », à la rétrospective Henri Rousseau présentée à la Tate Modern en 2005-2006, puis au Grand Palais à Paris et à la National Gallery de Washington. La tension entre le Paris urbain et la jungle imaginaire sert de socle à cet ensemble de toiles; le peintre voit dans Rousseau, qu’il qualifie de «  premier peintre abstrait », un précurseur du modernisme.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou (Paris) — conserve deux œuvres de l’artiste, «  Pie Fight Interior 11 » (2014) et «  The Darwin Room » (2013-2014)

Galerie Thaddaeus Ropac — Paris Marais (Paris) — galerie représentant l’artiste; trois expositions personnelles parisiennes en 2015, 2018 et 2026

Tate (Londres) — conserve «  The Black Flag » (2015)

S.M.A.K. (Gand) — conserve l’installation «  The Dada Room » (2010) dans sa collection permanente

Repères chronologiques

1977 — Naissance à Baia Mare, dans le nord de la Roumanie

2001 — Diplôme de l’Université d’art et de design de Cluj

2002-2004 — Séjour de deux années à Vienne avant le retour en Roumanie

2005 — Retour à Cluj et cofondation de la Galeria Plan B avec Mihai Pop

2006-10 — Première exposition personnelle, «  If You Open It You Get Dirty », à Cluj

2008 — Ouverture d’une antenne berlinoise de la Galeria Plan B

2014 — «  Pie Fight Interior 11 » entre au Centre Pompidou par don privé

2015 — Représente la Roumanie à la 56e Biennale de Venise avec «  Darwin’s Room »

2015-10 — Première exposition personnelle parisienne, «  New Paintings », dans le Marais

2018-04 — Exposition «  Jungles in Paris » à la galerie Thaddaeus Ropac, Marais

2018 — «  The Darwin Room » rejoint la collection du Centre Pompidou

2026-04 — Exposition «  Roman Campagna » à Paris, tournant vers le paysage

Adrian Ghenie & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Adrian Ghenie à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Où voir une œuvre d’Adrian Ghenie à Paris ?

Le Centre Pompidou conserve deux œuvres de l’artiste : « Pie Fight Interior 11 », huile sur toile de 2014 (280 × 230 cm, inventaire AM 2014-575), et « The Darwin Room », installation de 2013-2014 entrée dans la collection en 2018. Leur présentation dépend de l’accrochage en cours.

Qu’est-ce que « The Darwin Room » ?

C’est une installation en techniques mixtes de 2013-2014, de 350 × 435 × 735 cm, faite de bois, plastique, métal, miroir, verre, laine, peinture acrylique, pigments, peau animale, linoléum et néon. Montrée au pavillon roumain de Venise en 2015, elle appartient au Centre Pompidou.

Pourquoi Adrian Ghenie peint-il des tartes à la crème ?

La série des « Pie Fight » applique le comique du slapstick à des figures historiques. Le Centre Pompidou détaille la recette de « Pie Fight Interior 11 » : une femme entartée reprise d’un film de 1941 des Trois Stooges, posée dans un décor imaginé d’après des cartes postales de la chancellerie du Reich de 1939.

Qu’a-t-il présenté à la Biennale de Venise en 2015 ?

Adrian Ghenie a représenté la Roumanie au pavillon national de la 56e Exposition internationale d’art, du 9 mai au 22 novembre 2015, avec « Darwin’s Room ». Le projet, dont le commissariat revenait à Mihai Pop, était articulé autour de l’installation « The Darwin Room ».

Comment Adrian Ghenie fabrique-t-il ses images ?

Il a longtemps composé par collage : des images découpées et recomposées sont reportées sur la toile au couteau à palette, ce qui donne des surfaces très matiérées. Plus récemment, il construit ses images au fusain qu’il efface et réapplique sur papier, avant de les rejouer à la toile au pinceau fin.

Quels peintres cite-t-il dans son travail ?

Sa galerie signale des références à Otto Dix, Willem de Kooning et Vincent van Gogh, ainsi qu’un clair-obscur d’ascendance baroque emprunté à Rembrandt. Pour sa série romaine, il invoque explicitement Nicolas Poussin et Claude Lorrain, et pour son exposition parisienne de 2018 le Douanier Rousseau.