Exposition Paris

Exposition Ai Weiwei

Né à Pékin en 1957, Ai Weiwei est à la fois sculpteur, photographe, architecte, cinéaste et polémiste.

Qui est Ai Weiwei ?

Ai Weiwei est le fils d’Ai Qing (1910-1996), que le Mucem présente comme l’un des grands poètes de la modernité chinoise: débarqué à Marseille en 1929, celui-ci découvre l’Occident puis fréquente les idées de l’avant-garde à Paris.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Ai Weiwei dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Fils du poète Ai Qing, une enfance déplacée

Ai Weiwei est le fils d’Ai Qing (1910-1996), que le Mucem présente comme l’un des grands poètes de la modernité chinoise: débarqué à Marseille en 1929, celui-ci découvre l’Occident puis fréquente les idées de l’avant-garde à Paris. De retour en Chine, le poète subit vingt années d’exil forcé et de travaux subalternes pendant la Révolution culturelle; c’est dans cette période que grandit son fils, la famille étant assignée au Xinjiang du début des années 1960 jusqu’au milieu des années 1970. Cette filiation, faite de reconnaissance littéraire et de relégation politique, traverse toute l’œuvre postérieure.

New York, une décennie d’images quotidiennes

Au début des années 1980, rappelle le Jeu de Paume, Ai Weiwei choisit New York comme terrain d’expression et y photographie chaque jour le monde qui l’entoure. Cette pratique de la prise de vue continue, sans hiérarchie entre l’événement et le détail banal, constitue un fonds documentaire considérable, longtemps resté privé, qui sera exposé bien plus tard comme une œuvre à part entière. Elle installe durablement chez lui l’idée que l’enregistrement du réel, plutôt que la fabrication d’objets, peut être le geste artistique principal.

Pékin depuis 1993: chantiers, blog et enquêtes

Rentré à Pékin en 1993, Ai Weiwei documente les mutations du paysage urbain chinois et ce que le Jeu de Paume nomme le capitalisme anarchique qui s’y développe. Architecte autant que plasticien, blogueur et utilisateur intensif des nouveaux médias, il devient une figure centrale de la scène indépendante chinoise. Après le séisme du Sichuan de 2008, il tire de cette pratique d’enquête deux œuvres majeures: «  Remembering », mur de neuf mille cartables sur la façade de la Haus der Kunst, et «  Straight », faite d’armatures d’acier récupérées dans les ruines des écoles et patiemment redressées.

Après 2011: la reconnaissance des grandes institutions

L’artiste est détenu quatre-vingt-un jours en 2011, épisode dont il tirera l’ensemble «  S.A.C.R.E.D. » (2011-2013), présenté à la Royal Academy of Arts. Il quitte la Chine en 2015 et travaille depuis l’Europe, entre Berlin, Cambridge puis le Portugal. La même année, la Royal Academy lui consacre à Londres une rétrospective de ses galeries principales, où «  Straight » devient la sculpture la plus lourde jamais montrée dans l’institution; en 2023, le Design Museum de Londres relit sa pratique sous l’angle du design et de la valeur des objets.

une œuvre qui déborde vers le film et le livre

Ai Weiwei ne sépare pas les supports: son site officiel réunit ses longs métrages documentaires, parmi lesquels «  Coronation », «  Cockroach » et «  Rohingya », ainsi que ses livres, du récit familial «  1000 Years of Joys and Sorrows » au mémoire dessiné «  ZODIAC: A Graphic Memoir ». Le Design Museum souligne de son côté que sa pratique circule sans rupture entre art, architecture, design, film, collection et commissariat — une manière de traiter chaque médium comme un moyen de publication plutôt que comme une discipline séparée.

La pratique en bref

Médiums: porcelaine peinte à la main, acier d’armature récupéré, objets et matériaux du quotidien détournés, photographie argentique et numérique, architecture et pavillons temporaires, cinéma documentaire, savon de Marseille.

Techniques: recours aux ateliers artisanaux chinois pour une production en très grande série, récupération et redressement d’éléments de bâtiments détruits, peinture sur porcelaine bleu et blanc reprenant les codes traditionnels, installation urbaine dispersée sur de nombreux sites, collecte et enquête documentaire préalables à l’œuvre.

Motifs récurrents: mémoire des victimes du séisme du Sichuan de 2008, liberté d’expression et contrôle politique, exil, frontières et migrations, valeur, authenticité et destin des objets anciens, artisanat chinois face à la production de masse, filiation et héritage paternel.

Jeu de Paume, 2012: la première grande exposition française

Du 21 février au 29 avril 2012, le Jeu de Paume présente «  Ai Weiwei: Entrelacs », centrée sur ses photographies — celles de New York au début des années 1980, puis celles du paysage urbain et social chinois après son retour à Pékin en 1993. L’institution parisienne accompagne l’exposition d’un colloque, le samedi 17 mars 2012, réunissant Pierre Haski, l’artiste Wang Keping, le sinologue Emmanuel Lincot et le commissaire Urs Stahel, autour du positionnement à la fois artistique et politique de l’artiste dans le contexte chinois et international.

Un héritage familial passé par Paris

Le lien d’Ai Weiwei avec la France précède son œuvre: son père, le poète Ai Qing, débarque à Marseille en 1929 avant de fréquenter les idées de l’avant-garde à Paris, comme le rappelle le Mucem. C’est explicitement sur cette filiation que l’artiste construit en 2018 l’exposition «  Ai Weiwei, Fan-Tan », voyage à travers son art relié à sa lignée paternelle, où il présente notamment «  Colored House » (2015), pièce associant savons de Marseille, Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791.

Une présence parisienne portée par sa galerie

Ai Weiwei figure parmi les artistes représentés par Galleria Continua, qui compte deux espaces à Paris en plus de ses implantations italiennes, brésilienne et chinoises. Ses œuvres y sont montrées régulièrement dans des accrochages collectifs: à l’été 2026, la galerie l’inscrit dans son exposition de groupe «  Plein Soleil », aux côtés notamment d’Adel Abdessemed, Nikhil Chopra et Hans Op de Beeck. C’est aujourd’hui, à Paris, le canal le plus régulier pour voir ses pièces hors des rendez-vous muséaux ponctuels.

Où voir ses œuvres

Jeu de Paume (Paris) — A présenté «  Ai Weiwei: Entrelacs » du 21 février au 29 avril 2012, avec un colloque le 17 mars 2012.

Galleria Continua (Paris) — Galerie qui représente l’artiste et montre ses œuvres dans ses espaces parisiens, notamment dans l’exposition collective «  Plein Soleil » en 2026.

Mucem (Marseille) — A consacré à l’artiste l’exposition «  Ai Weiwei, Fan-Tan », du 20 juin au 12 novembre 2018, commissariat de Judith Benhamou-Huet.

Tate Modern (Londres) — A accueilli «  Sunflower Seeds » dans la Turbine Hall du 12 octobre 2010 au 2 mai 2011; la Tate conserve des œuvres de l’artiste.

Royal Academy of Arts (Londres) — A présenté l’exposition monographique «  Ai Weiwei » du 19 septembre au 13 décembre 2015 dans les Main Galleries de Burlington House.

Repères chronologiques

1957 — Naissance d’Ai Weiwei à Pékin, dans la famille du poète Ai Qing.

1960-1974 — Enfance passée au Xinjiang, où la famille est reléguée pendant l’exil imposé au père.

1981 — Installation à New York, où il photographie quotidiennement son environnement.

1993 — Retour à Pékin et bascule du regard vers la réalité urbaine et sociale chinoise.

2009-10-12 — Ouverture de «  Ai Weiwei. So Sorry » à la Haus der Kunst de Munich, avec «  Remembering » en façade.

2010-10-12 — «  Sunflower Seeds » investit la Turbine Hall de la Tate Modern jusqu’au 2 mai 2011.

2011 — Détention de quatre-vingt-un jours en Chine, à l’origine de l’ensemble «  S.A.C.R.E.D. ».

2012-02-21 — Ouverture d’«  Ai Weiwei: Entrelacs » au Jeu de Paume, à Paris, jusqu’au 29 avril.

2012-06-01 — Inauguration du pavillon des Serpentine Galleries conçu avec Herzog & de Meuron.

2015-09-19 — Rétrospective «  Ai Weiwei » dans les Main Galleries de la Royal Academy of Arts, à Londres.

2017-10-12 — «  Good Fences Make Good Neighbors » se déploie sur plus de trois cents sites new-yorkais.

2018-06-20 — Ouverture d’«  Ai Weiwei, Fan-Tan » au Mucem, à Marseille, jusqu’au 12 novembre 2018.

2023-04-07 — «  Ai Weiwei: Making Sense » au Design Museum de Londres, jusqu’au 30 juillet 2023.

Ai Weiwei & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Ai Weiwei à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Ai Weiwei a-t-il recouvert la Turbine Hall de graines de tournesol en porcelaine ?

Présentée à la Tate Modern du 12 octobre 2010 au 2 mai 2011 dans le cadre de The Unilever Series, « Sunflower Seeds » est faite de millions de petites pièces en apparence identiques mais toutes uniques, façonnées et peintes à la main : l'œuvre confronte le geste artisanal individuel à la production de masse chinoise.

Que représentent les fers à béton de l'œuvre « Straight » ?

« Straight » (2008-2012) est constituée de barres d'armature en acier récupérées dans les ruines du séisme du Sichuan de 2008 puis redressées une à une. La Royal Academy of Arts, qui l'a exposée en 2015, en fait la sculpture la plus lourde jamais montrée dans ses murs.

Quel lien Ai Weiwei entretient-il avec la France ?

Son père, le poète Ai Qing (1910-1996), débarque à Marseille en 1929 et fréquente ensuite les idées de l'avant-garde à Paris. C'est sur cette lignée que l'artiste bâtit « Fan-Tan » au Mucem en 2018, exposition où il fait dialoguer ses œuvres avec les collections du musée et l'histoire du port marseillais.

Ai Weiwei a-t-il déjà été exposé à Paris ?

Oui : le Jeu de Paume lui a consacré « Ai Weiwei : Entrelacs » du 21 février au 29 avril 2012, exposition centrée sur ses photographies et prolongée par un colloque le 17 mars 2012. Ses pièces sont par ailleurs visibles dans les espaces parisiens de Galleria Continua, qui le représente.

Ai Weiwei est-il aussi architecte ?

L'architecture fait partie intégrante de sa pratique. Avec Herzog & de Meuron, il signe le pavillon 2012 des Serpentine Galleries à Londres, ouvert du 1er juin au 14 octobre 2012 : une structure creusée sous le sol, habillée de liège, dont onze colonnes évoquent les pavillons précédents sous un toit-plateforme flottant.

Que sont les neuf mille cartables de « Remembering » ?

Pour l'exposition « Ai Weiwei. So Sorry » à la Haus der Kunst de Munich (12 octobre 2009 – 17 janvier 2010), l'artiste a couvert la façade du musée de neuf mille sacs à dos de cinq couleurs formant, en caractères chinois, la phrase d'une mère dont la fille est morte dans le séisme du Sichuan.