Exposition Paris

Exposition Albrecht Dürer

Né et mort à Nuremberg (1471-1528), Albrecht Dürer est le peintre-graveur qui a fait passer l’art allemand du gothique tardif à la Renaissance.

Qui est Albrecht Dürer ?

Deuxième fils de l’orfèvre Albrecht Dürer l’Ancien, venu de Hongrie s’installer à Nuremberg en 1455, et de Barbara Holper, il apprend le dessin dans l’atelier d’orfèvrerie paternel.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Albrecht Dürer dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Un fils d’orfèvre formé à Nuremberg

Deuxième fils de l’orfèvre Albrecht Dürer l’Ancien, venu de Hongrie s’installer à Nuremberg en 1455, et de Barbara Holper, il apprend le dessin dans l’atelier d’orfèvrerie paternel. Un autoportrait tracé à treize ans, en 1484, atteste déjà d’une main hors norme. En 1486, son père le place en apprentissage chez le peintre et illustrateur de livres Michael Wolgemut, dont il fera le portrait trente ans plus tard; il y reste trois ans avant de partir pour ses années de compagnonnage.

Années de compagnonnage et premier autoportrait peint

Son tour de compagnon le conduit vraisemblablement aux Pays-Bas, en Alsace et à Bâle, où il grave son premier bois authentifié. Il séjourne brièvement à Strasbourg en 1493 ou 1494. C’est de ce moment que date le «  Portrait de l’artiste tenant un chardon », peint sur parchemin collé sur toile et daté 1493, aujourd’hui au musée du Louvre: l’inscription en haut de la feuille, «  My sach die gat / Als es oben schtat », se traduit «  Les choses m’arrivent comme il est établi là-haut ».

Les deux séjours vénitiens

Rentré à Nuremberg fin mai 1494, il épouse Agnes Frey, fille de marchand, puis part à l’automne pour l’Italie, où il reste jusqu’au printemps 1495; les aquarelles de paysages alpins du Tyrol du Sud naissent de ce trajet. Il repart à l’automne 1505 et demeure à Venise jusqu’à l’hiver 1507, admirant alors Giovanni Bellini et achevant en 1506, pour la chapelle funéraire des Allemands de l’église Saint-Barthélemy, le retable de «  La Fête du Rosaire ».

Le burin porté à son point de perfection

Entre 1507 et 1513, Dürer mène une Passion entière au burin, puis grave entre 1509 et 1511 une Petite Passion sur bois. En 1513 et 1514 paraissent les trois planches que la tradition réunit sous le nom d’estampes de maître: «  Le Chevalier, la Mort et le Diable », «  Saint Jérôme dans son cabinet » et «  Melencolia I », de format quasi identique — la planche de «  Melencolia I » mesure 23,8 sur 18,9 centimètrès. Leur iconographie énigmatique nourrit depuis une littérature considérable.

Peintre de l’empereur, lecteur de Luther

En 1512, à Nuremberg, l’empereur Maximilien Ier l’attache à son service; Dürer travaille principalement pour lui jusqu’en 1519, participant aux dessins marginaux de son livre de prières et signant pour lui de monumentaux bois panégyriques. Entre 1515 et 1518 il expérimente l’eau-forte sur fer. À Augsbourg, durant l’été 1518, il rencontre Martin Luther, dont il deviendra un partisan convaincu; dès 1515 il échangeait déjà des œuvres avec Raphaël.

Le voyage aux Pays-Bas et les dernières années

En juillet 1520, Dürer part avec sa femme pour les Pays-Bas. Il assiste le 23 octobre au couronnement de Charles Quint à Aix-la-Chapelle, gagne Anvers, visite la Zélande en décembre 1520, puis Bruges et Gand en avril 1521, où il découvre les primitifs flamands. De retour à Nuremberg, sa santé décline et il consacre l’essentiel de ses forces à ses écrits théoriques; «  Les Quatre Apôtrès », peints en 1526, closent son œuvre de peintre. Il meurt en 1528 et est inhumé au Johanniskirchhof.

La pratique en bref

Médiums: Gravure au burin sur cuivre, Gravure sur bois, Eau-forte sur fer, Peinture à l’huile sur bois (tilleul), Peinture sur parchemin marouflé sur toile, Dessin à la plume et au pinceau sur papier préparé, Aquarelle et gouache.

Techniques: Rehauts de blanc sur papier préparé coloré (vert, gris), Pinceau et tempera, plume et encre noire, lavis, Étude de la proportion du corps humain par construction géométrique, Perspective et construction à la règle et au compas, Diffusion de l’œuvre par l’édition d’estampes en séries.

Motifs récurrents: Autoportrait et statut de l’artiste, Apocalypse et Passion du Christ, Vierge à l’Enfant et sujets mariaux, Nu et proportion idéale, Mélancolie et savoir, Portrait d’humanistes et de contemporains, Étude d’après nature (paysages, animaux, drapés).

Le premier autoportrait peint de Dürer est au Louvre

Le musée du Louvre conserve le «  Portrait de l’artiste tenant un chardon », daté 1493, peint sur parchemin collé sur toile (0,565 × 0,445 m), inventaire RF 2382, département des Peintures. La notice du musée y voit le premier autoportrait peint de Dürer, peut-être un portrait de fiançailles, le chardon ou panicaut valant symbole de fidélité conjugale. Le tableau a été acquis par achat en 1922; il est actuellement signalé comme non exposé.

Une provenance parisienne avant l’entrée dans les collections nationales

L’historique de l’œuvre publié par le Louvre suit un parcours européen mouvementé: collection Habel à Baden bei Wien dans les années 1840, examen par Heinrich Gustav Hotho en 1847, refus d’achat conseillé à Berlin par Wilhelm Bode en 1873 puis en 1897, collection Eugen Felix à Leipzig à partir de 1882, vente par la galerie Agnew en 1900 au banquier Léopold Goldschmidt à Paris, transmission à son petit-fils Nicolas de Villeroy, également à Paris, avant l’achat par le musée en 1922.

Des feuilles de Dürer au département des Arts graphiques

Le cabinet des dessins du Louvre conserve des feuilles données à Dürer en attribution actuelle, parmi lesquelles la «  Draperie pour un Christ en gloire » datée 1508 (INV 18597), au pinceau, plume et encre noire avec rehauts de blanc sur papier préparé vert, et la «  Vierge à l’Enfant entourée d’anges musiciens » (INV 18647), plume et encre brune, lavis et aquarelle, située entre 1490 et 1494: deux techniques très différentes du même artiste.

Les suites gravées à la Bibliothèque nationale de France

Le catalogue général de la BnF signale sous le nom de Dürer plusieurs des grandes suites gravées: «  La Grande Passion sur bois » (1496-1510), «  La Vie de la Vierge » (1502-1511), «  La Petite Passion sur bois » (1508-1511), ainsi que les planches du «  Freydal » (1517-1518) et les illustrations de l’«  Underweysung der Messung » imprimée à Nuremberg en 1525. Une édition parisienne de 1557 des quatre livres de la proportion y figure également.

Où voir ses œuvres

Musée du Louvre, département des Peintures (Paris) — Conserve le «  Portrait de l’artiste tenant un chardon » (1493, RF 2382), signalé non exposé lors de la consultation; l’œuvre a été présentée du 26 septembre 2019 au 30 juin 2021 dans la Petite Galerie «  Figure de l’artiste », aile Richelieu, salle 101.

Musée du Louvre, département des Arts graphiques (Paris) — Conserve des dessins de Dürer (INV 18597, INV 18647) au fonds des dessins et miniatures, consultables sur autorisation et non exposés en permanence.

Bibliothèque nationale de France (Paris) — Le catalogue général recense sous le nom de Dürer les grandes suites gravées et des éditions illustrées de ses traités.

Repères chronologiques

1471 — Naissance à Nuremberg, deuxième fils de l’orfèvre Albrecht Dürer l’Ancien et de Barbara Holper.

1486 — Entrée en apprentissage chez le peintre et illustrateur Michael Wolgemut, pour trois années.

1490 — Achèvement de sa plus ancienne peinture connue, le portrait de son père.

1493 — Exécution du «  Portrait de l’artiste tenant un chardon », sur parchemin, aujourd’hui au Louvre.

1494 — Retour à Nuremberg fin mai, mariage avec Agnes Frey, puis premier départ pour l’Italie à l’automne.

1498 — Publication de la suite gravée sur bois de l’Apocalypse, encore marquée par le gothique tardif.

1504 — Gravure au burin d’«  Adam et Ève », recherche d’une beauté humaine calculée.

1505-1507 — Second séjour en Italie, principalement à Venise, avec «  La Fête du Rosaire » en 1506.

1512 — Entrée au service de l’empereur Maximilien Ier, pour qui il travaille jusqu’en 1519.

1513-1514 — Réalisation des trois estampes de maître, dont «  Melencolia I » gravée en 1514.

1520-1521 — Voyage aux Pays-Bas avec sa femme, couronnement de Charles Quint à Aix-la-Chapelle.

1526 — Achèvement des «  Quatre Apôtrès », dernier grand accomplissement de peintre.

1528 — Mort à Nuremberg et inhumation au cimetière du Johanniskirchhof.

1922 — Achat par le musée du Louvre du «  Portrait de l’artiste tenant un chardon ».

2019-2021 — Présentation du tableau dans la Petite Galerie «  Figure de l’artiste », aile Richelieu.

Albrecht Dürer & Paris

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Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Peut-on voir une œuvre d'Albrecht Dürer à Paris ?

Oui, mais pas en permanence. Le Louvre conserve le « Portrait de l'artiste tenant un chardon » (1493, RF 2382), signalé comme non exposé lors de la consultation, ainsi que des dessins au département des Arts graphiques, conservés en réserve. La BnF détient des suites gravées, consultables selon ses règles.

Que signifie le chardon que Dürer tient dans son autoportrait de 1493 ?

La notice du Louvre indique que ce tableau pourrait être un portrait de fiançailles : dans cette hypothèse, le chardon — ou panicaut, eryngium — que Dürer tient à la main serait un symbole de fidélité conjugale. L'inscription portée sur la feuille, « My sach die gat / Als es oben schtat », signifie « Les choses m'arrivent comme il est établi là-haut ».

Quelles sont les trois « estampes de maître » de Dürer ?

Ce sont trois burins de format presque identique gravés en 1513 et 1514 : « Le Chevalier, la Mort et le Diable » (1513), « Saint Jérôme dans son cabinet » et « Melencolia I » (1514). La planche de « Melencolia I » mesure 23,8 sur 18,9 centimètrès. Il est généralement admis qu'elles étaient destinées à être interprétées ensemble.

Combien de fois Dürer est-il allé en Italie et pourquoi ?

Deux fois. À l'automne 1494 il part une première fois et reste jusqu'au printemps 1495, rapportant des aquarelles de paysages alpins. À l'automne 1505 il repart et demeure à Venise jusqu'à l'hiver 1507, où il admire Giovanni Bellini et exécute en 1506 le retable de « La Fête du Rosaire » pour la chapelle funéraire des Allemands.

Albrecht Dürer a-t-il travaillé pour un souverain ?

Oui. En 1512, à Nuremberg, l'empereur Maximilien Ier l'attache à son service, et Dürer travaille principalement pour lui jusqu'en 1519 : dessins marginaux du livre de prières impérial et grands bois de célébration dynastique. En octobre 1520, il assiste à Aix-la-Chapelle au couronnement de son successeur Charles Quint.

Dürer a-t-il écrit des livres sur l'art ?

Oui, et ces livres ont circulé en France. Le catalogue de la BnF signale les illustrations de l'« Underweysung der Messung », imprimée à Nuremberg en 1525, ainsi qu'une édition parisienne de 1557 des « Quatre livres de la proportion des parties et pourtraicts des corps humains », dessinés et gravés par Dürer.