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Cette page sert surtout à situer Alex Katz dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Peintre américain né à Brooklyn en 1927, Alex Katz a bâti depuis les années 1950 une figuration délibérée à l’heure où New York ne jurait que par l’expressionnisme abstrait: visages agrandis comme des panneaux publicitaires, aplats de couleur sans modélé, cadrages empruntés au cinéma.
Formé à la Cooper Union School of Art puis à la Skowhegan School of Painting and Sculpture, Katz tient sa première exposition en 1954, en plein règne de l’expressionnisme abstrait.
Cette page sert surtout à situer Alex Katz dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Formé à la Cooper Union School of Art puis à la Skowhegan School of Painting and Sculpture, Katz tient sa première exposition en 1954, en plein règne de l’expressionnisme abstrait. Plutôt que de suivre le geste all-over, il met au point une représentation d’après nature qui emprunte à l’abstraction son échelle et sa frontalité: au milieu des années 1950, sa touche devient plus plate, plus réductive, et le fond se change en surface colorée uniforme. Le Whitney Museum souligne cette fidélité à la figure maintenue pendant plus de soixante ans malgré la domination de l’abstraction dans l’après-guerre.
Katz rencontre Ada Del Moro en 1957 et l’épouse l’année suivante; elle devient le sujet le plus fréquent de sa peinture et le reste sur plus de soixante ans de vie commune. Le Whitney décrit une figure reconnaissable entre toutes — teint clair, cheveux et sourcils sombres — aussi identifiable que les grandes plages de couleur nettement délimitées qui la portent. The Red Smile, peint en 1963 et conservé au Whitney, en donne la formule: un profil d’Ada sur fond rouge lisse, porté à 200,3 × 292,1 cm, préparé par plusieurs dessins et versions réduites avant l’exécution finale.
En 1960, Katz commence à travailler avec le chorégraphe Paul Taylor, pour lequel il conçoit costumes et décors; de cette collaboration naît un intérêt durable pour la représentation du mouvement, poursuivi ensuite dans ses figures de modèles et de danseurs. La gravure suit un chemin comparable: des essais dispersés dans les années 1950 — eaux-fortes, linogravures, pochoirs — puis un abandon d’une décennie, avant un retour dans les années 1960, au moment où le pop art élargit la définition même de l’œuvre à la reproduction mécanique.
Le Whitney Museum of American Art organise en 1986 la première rétrospective muséale de l’artiste. En 2022, le Solomon R. Guggenheim Museum lui consacre « Alex Katz: Gathering », préparée avec l’artiste et installée dans la rotonde de Frank Lloyd Wright, sous le commissariat de Katherine Brinson. Le parcours part des croquis de passagers du métro new-yorkais de la fin des années 1940 et s’achève sur les paysages immersifs récents, en réunissant peintures, esquisses à l’huile, collages, dessins, estampes et figures découpées autoportantes.
Aux visages répond une production de paysages nourrie par les séjours dans le Maine et par le quartier new-yorkais de l’artiste. La Tate conserve ainsi Pansies (1967), West Window (1979), Young Trees (1989) et Winter Branch (1993), où la fleur, la branche et la lumière reçoivent le même traitement frontal que les portraits. L’eau constitue un fil à part: marines, études de lumière et reflets peints entre 1989 et 2020 ont fait l’objet d’un accrochage thématique en 2021, qui interrogeait la frontière entre réalité et illusion dans ces formats souvent monumentaux.
Médiums: huile sur toile et sur lin, estampe (eau-forte, linogravure, pochoir, sérigraphie), dessin et esquisse à l’huile, collage, figures découpées autoportantes (cutouts), costumes et décors de scène.
Techniques: grands formats peints d’après nature, préparés par des dessins et des versions réduites, aplats de couleur non modulés résistant à toute lecture en trois dimensions, cadrage serré tête et épaules, d’inspiration publicitaire et cinématographique, sérigraphie à très grand nombre de couleurs (Late Summer Flowers, 2013, trente-huit couleurs), découpe de la figure hors du plan du tableau (cutouts).
Motifs récurrents: portrait du cercle proche: famille, poètes, artistes, critiques, danseurs, Ada, modèle récurrent depuis 1957, danse et représentation du mouvement, paysages et étés du Maine, fleurs, branches et feuillages, eau, lumière et reflets.
Le Centre national des arts plastiques conserve Sandra, huile sur toile de 1986 mesurant 114 × 176 cm, acquise en 2001 auprès de la Galerie Thaddaeus Ropac et inventoriée FNAC 01-005. La notice publique du Cnap indique que le tableau a figuré dans le « Nouvel accrochage des salles d’art contemporain » présenté à Paris au Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle du 25 mars 2002 au 31 décembre 2003, avant d’être mis en dépôt au Musée de Grenoble le 1er avril 2008. Les droits de reproduction de l’artiste sont administrés en France par l’Adagp, à Paris.
La présence parisienne d’Alex Katz passe d’abord par la galerie Thaddaeus Ropac. Dès le printemps 1998, l’espace du Marais montre « Œuvres Récentes », du 11 mars au 15 avril. En 2021, l’espace de Pantin accueille « Mondes flottants / Floating Worlds », accrochage conçu autour de l’eau par Éric de Chassey, directeur de l’Institut national d’histoire de l’art. Le Marais présente ensuite « Purple Splits » du 6 juin au 26 juillet 2023, série de portraits fragmentés montrée dans la foulée de la rétrospective du Guggenheim.
Du 25 mai au 23 juillet 2024, la galerie Thaddaeus Ropac Paris Pantin consacre à Katz « 60 Years of Printmaking », première exposition qu’elle dédie à sa pratique de l’estampe. L’accrochage relie les gravures de début de parcours aux tirages réalisés dans l’année précédant l’exposition, dont Late Summer Flowers (2013), sérigraphie en trente-huit couleurs. L’artiste y résume son goût du procédé d’une phrase: entailler un morceau de linóleum et en obtenir une œuvre tenait pour lui de la magie.
Thaddaeus Ropac Paris Marais (Paris) — Galerie qui expose Alex Katz à Paris depuis 1998 (« Œuvres Récentes », 1998; « Purple Splits », 2023), 7 rue Debelleyme, 75003.
Thaddaeus Ropac Paris Pantin (Pantin) — Espace ayant accueilli « Mondes flottants / Floating Worlds » (2021) et « 60 Years of Printmaking » (2024), 69 avenue du Général Leclerc, 93500.
Musée de Grenoble (Grenoble) — Dépositaire depuis le 1er avril 2008 de Sandra (1986), peinture d’Alex Katz appartenant au Cnap.
Whitney Museum of American Art (New York) — Conserve The Red Smile (1963) et 83 œuvres de l’artiste; organisateur de sa première rétrospective muséale en 1986.
1927 — Naissance d’Alex Katz à Brooklyn, New York.
1954 — Première exposition de l’artiste, point de départ de sept décennies de carrière.
1957 — Rencontre avec Ada Del Moro, qui deviendra son modèle le plus constant.
1958 — Mariage avec Ada Del Moro, épouse et sujet de peinture pendant plus de soixante ans.
1960 — Début de la collaboration avec le chorégraphe Paul Taylor: costumes et décors de scène.
1963 — Peinture de The Red Smile, portrait d’Ada de 200,3 × 292,1 cm aujourd’hui au Whitney Museum.
1986 — Première rétrospective muséale, au Whitney Museum of American Art de New York.
1998 — Exposition « Œuvres Récentes » à la galerie Thaddaeus Ropac Paris Marais, du 11 mars au 15 avril.
2001 — Acquisition de Sandra (1986) par le Centre national des arts plastiques auprès de la Galerie Thaddaeus Ropac.
2002-2003 — Sandra figure au « Nouvel accrochage des salles d’art contemporain » du Musée national d’art moderne, à Paris.
2008-04-01 — Mise en dépôt de Sandra au Musée de Grenoble par le Cnap.
2021 — Exposition « Mondes flottants / Floating Worlds » à Pantin, conçue par Éric de Chassey autour du thème de l’eau.
2022 — Rétrospective « Alex Katz: Gathering » au Solomon R. Guggenheim Museum de New York.
2024 — Exposition « 60 Years of Printmaking » à Thaddaeus Ropac Paris Pantin, du 25 mai au 23 juillet.
2026 — Exposition « Studies » à Thaddaeus Ropac Seoul Fort Hill, du 22 mai au 1er août.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Alex Katz à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Ada Del Moro, rencontrée par Katz en 1957 et épousée l’année suivante, est devenue le sujet le plus fréquent de sa peinture pendant plus de soixante ans. Le Whitney décrit un visage rendu immédiatement reconnaissable par son teint clair, ses cheveux et ses sourcils sombres, comme dans The Red Smile de 1963.
Oui : le Centre national des arts plastiques conserve Sandra, huile sur toile de 1986 achetée en 2001 à la Galerie Thaddaeus Ropac sous le numéro FNAC 01-005. Le tableau est en dépôt au Musée de Grenoble depuis le 1er avril 2008 ; sa présentation dépend donc des accrochages de ce musée.
Il en est plutôt un précurseur. Sa figuration à grande échelle, ses aplats et ses cadrages d’affiche précèdent le pop art, mouvement auquel sa galerie le rattache comme contributeur ; le Guggenheim souligne de son côté la fusion opérée entre l’énergie de l’expressionnisme abstrait et les imageries du magazine, du panneau publicitaire et de l’écran de cinéma.
Une place continue depuis les années 1950, avec des eaux-fortes, des linogravures et des pochoirs, un abandon d’une décennie, puis un retour dans les années 1960. L’exposition « 60 Years of Printmaking », à Pantin en 2024, en a donné le panorama, jusqu’à des sérigraphies aussi complexes que Late Summer Flowers (2013), tirée en trente-huit couleurs.
Principalement chez Thaddaeus Ropac : « Œuvres Récentes » au Marais en mars-avril 1998, « Mondes flottants / Floating Worlds » à Pantin en 2021 sous le commissariat d’Éric de Chassey, « Purple Splits » au Marais à l’été 2023, puis « 60 Years of Printmaking » à Pantin en 2024.
« Alex Katz: Gathering », au Solomon R. Guggenheim Museum de New York en 2022, sous le commissariat de Katherine Brinson. Préparée avec l’artiste, elle occupait la rotonde de Frank Lloyd Wright et allait des croquis de passagers du métro de la fin des années 1940 aux vastes paysages immersifs des dernières années.