Exposition Paris

Exposition Anish Kapoor

Sculpteur britannique né à Bombay en 1954, Anish Kapoor a bâti une œuvre entière sur ce que le regard n’arrive pas à mesurer: des monticules de pigment pur posés à même le sol dans les années 1980, puis des creusements de pierre, des miroirs d’acier concaves et des rouges organiques qui avalent la lumière.

Qui est Anish Kapoor ?

Anish Kapoor naît à Bombay le 12 mars 1954 et grandit en Inde.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Anish Kapoor dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De Bombay à Londres, une formation d’école d’art britannique

Anish Kapoor naît à Bombay le 12 mars 1954 et grandit en Inde. Il gagne Londres pour suivre les cours du Hornsey College of Art puis de la Chelsea School of Art and Design; la Tate rappelle qu’il est installé à Londres depuis le début des années 1970. Cette double appartenance ne relève pas de l’anecdote biographique: le Centre Pompidou décrit une œuvre qui articule un vocabulaire issu du système de pensée et de la culture indiens — surgissement des forces naturelles, engendrement des formes, miroir du monde — à des références conceptuelles ancrées dans l’histoire de l’art occidentale. L’artiste vit et travaille aujourd’hui entre Londres et Venise.

Les années de pigment pur

Le premier Kapoor est un sculpteur de poudre. Dès les années 1980, il recourt au pigment pur, dont il recouvre les volumes et le sol qui les entoure, au point que la couleur cesse d’être un revêtement pour devenir la substance même de la pièce. La Tate conserve de cette période «  As if to Celebrate, I Discovered a Mountain Blooming with Red Flowers », datée de 1981, dont le titre à rallonge dit assez la charge narrative de ces reliefs poudrés. Sa toute première exposition personnelle a eu lieu à Paris en 1980, chez Patrice Alexandre, avant que la Lisson Gallery de Londres n’accueille ses expositions successives à partir de 1982.

Venise 1990, Turner Prize 1991: la consécration

En 1990, Anish Kapoor représente la Grande-Bretagne au pavillon britannique de la XLIVe Biennale de Venise, où il reçoit le Premio Duemila. L’année suivante, il remporte le Turner Prize 1991. La Tate le situe alors parmi «  une génération de sculpteurs installés en Grande-Bretagne qui se sont imposés sur la scène internationale dans les années 1980 », en soulignant chez lui une qualité de lyrisme hermétique qui le distingue de ses contemporains. «  A Wing at the Heart of Things » (1990), entrée dans la collection de la Tate, appartient à ce moment charnière, immédiatement suivi d’expositions personnelles au Palacio de Velázquez du Centro de Arte Reina Sofía à Madrid et au Kunstverein de Hanovre en 1991.

Le vide, le creux et le miroir

À partir de la fin des années 1980, la sculpture de Kapoor se retourne: il en repense conjointement l’intérieur et l’extérieur, creuse la pierre et fabrique des cavités qui semblent absorber le regard — «  Void Field » est présenté à la Lisson Gallery en 1989. La Tate formule ces polarités métaphysiques comme un jeu entre présence et absence, être et non-être, lieu et non-lieu, solide et intangible. Vient ensuite la famille des surfaces réfléchissantes, du «  Sky Mirror » de 2001 au «  Cloud Gate » de 2004 installé dans le Millennium Park de Chicago: le poli miroir ne montre plus l’objet mais le spectateur et son environnement, déformés.

Commandes monumentales, honneurs et polémiques

Le XXIe siècle est celui de l’échelle architecturale. En 2002, la troisième commande de la série Unilever lui confie le Turbine Hall de la Tate Modern, du 9 octobre 2002 au 23 mars 2003, avec un budget de 1,25 million de livres apporté par le mécène; en 2012, l’«  Orbit » se dresse dans le parc olympique de Londres. L’artiste reçoit le Praemium Imperiale de sculpture décerné par la Japan Art Association en 2011 ainsi que l’ordre des Arts et des Lettres en France la même année, puis est fait chevalier au Royaume-Uni en 2013. En 2016, l’exclusivité artistique qu’il obtient sur le Vantablack, présenté comme le noir le plus absorbant, déclenche une controverse durable dans le milieu de l’art.

La pratique en bref

Médiums: pigment pur, fibre de verre, résine et peinture, acier inoxydable poli miroir, pierre taillée et creusée, membranes de PVC gonflées, ciment.

Techniques: recouvrement d’un volume et du sol environnant par du pigment répandu, ponçage et polissage minutieux de surfaces convexes ou concaves, percement d’ouvertures et creusement de la masse (aperture), structures gonflables de très grande portée conçues pour un bâtiment donné, usage assisté par l’outil numérique pour des formes d’apparence artisanale.

Motifs récurrents: perception et échelle, présence et absence, être et non-être, lieu et non-lieu, solide et intangible, dualités terre-ciel, matière-esprit, corps-esprit, couleur comme matière plutôt que comme surface, intériorité organique et matricielle.

Paris, ville de sa première exposition personnelle

La chronologie publiée par l’artiste fait remonter sa toute première exposition personnelle à 1980, chez Patrice Alexandre, à Paris — avant Londres, avant New York. La capitale française réapparaît ensuite par intermittence: une exposition à la galerie Lucien Durand en 1997, puis «  Her Blood » à la chapelle de la Salpêtrière en 1998, dans un lieu de culte désaffecté dont la coupole se prête aux dispositifs d’absorption et de réflexion qu’il travaille alors. Le dossier de MONUMENTA soulignait d’ailleurs, en 2011, que l’artiste revenait dans la capitale française trente ans après cette première exposition parisienne.

MONUMENTA 2011: «  Leviathan » sous la nef du Grand Palais

Pour la quatrième édition de MONUMENTA, le ministère de la Culture invite Anish Kapoor à occuper la nef du Grand Palais. «  Leviathan » y est visible du 11 mai au 23 juin 2011: trois ballons interconnectés de trente-cinq mètrès de haut, à la peau violet sombre et à l’intérieur rouge translucide, dans lesquels le public pénètre — depuis l’intérieur, la silhouette de la verrière reste perceptible à travers la membrane. Le même printemps, l’artiste montrait à Paris «  Between Shit and Architecture », des sculptures de ciment installées par la galerie Kamel Mennour dans la chapelle des Petits-Augustins des Beaux-Arts de Paris, du 12 mai au 11 juin 2011.

Une présence continue: collection nationale, galerie et espace public

Deux pièces de l’artiste figurent dans la collection du Musée national d’art moderne: «  Sans titre » (2008), en fibre de verre, résine et peinture, entrée grâce à la Société des amis du Mnam, et «  Hain » (2011). Côté marché, la galerie Kamel Mennour le représente depuis 2011 et lui a consacré «  Another (M)other » en 2018. La ville elle-même a servi de cadre: «  Ascension » chez Follia Continua en 2015, puis «  Descension » présenté sur la Seine lors de la Nuit Blanche 2016. En Île-de-France, «  Anish Kapoor Versailles » a par ailleurs investi les jardins du château en 2015.

Où voir ses œuvres

Grand Palais (Paris) — Nef occupée par «  Leviathan » pour MONUMENTA 2011, du 11 mai au 23 juin 2011.

Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve «  Sans titre » (2008) et «  Hain » (2011) dans sa collection.

Beaux-Arts de Paris, chapelle des Petits-Augustins (Paris) — Exposition «  Between Shit and Architecture », sculptures de ciment, du 12 mai au 11 juin 2011.

Mennour (Paris) — Galerie qui représente l’artiste depuis 2011; exposition «  Another (M)other » en 2018.

Château de Versailles (Versailles) — «  Anish Kapoor Versailles » dans les jardins du domaine en 2015.

Repères chronologiques

1954-03-12 — Naissance d’Anish Kapoor à Bombay (Mumbai), en Inde, où il passe son enfance.

1973-1978 — Installation à Londres et études d’art au Hornsey College of Art puis à la Chelsea School of Art and Design.

1980 — Première exposition personnelle de l’artiste, à Paris, chez Patrice Alexandre.

1981 — «  As if to Celebrate, I Discovered a Mountain Blooming with Red Flowers », pièce de pigment aujourd’hui conservée à la Tate.

1990 — Représente la Grande-Bretagne au pavillon britannique de la XLIVe Biennale de Venise et y reçoit le Premio Duemila.

1991 — Remporte le Turner Prize, décerné par la Tate, et expose au Palacio de Velázquez à Madrid.

2002-10-09 — Ouverture de sa commande pour The Unilever Series dans le Turbine Hall de la Tate Modern, jusqu’au 23 mars 2003.

2004 — Installation de «  Cloud Gate » dans le Millennium Park de Chicago, sculpture d’acier inoxydable poli.

2011-05-11 — Ouverture de «  Leviathan » pour MONUMENTA 2011 dans la nef du Grand Palais, à Paris, jusqu’au 23 juin.

2011 — Praemium Imperiale de sculpture décerné par la Japan Art Association et ordre des Arts et des Lettres en France.

2013 — Anish Kapoor est fait chevalier au Royaume-Uni, distinction rappelée par sa galerie parisienne.

2016 — Obtention de l’exclusivité artistique du Vantablack et présentation de «  Descension » sur la Seine pour la Nuit Blanche.

Anish Kapoor & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Anish Kapoor à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi « Leviathan » a-t-il marqué le Grand Palais en 2011 ?

Parce que l'œuvre ne s'installait pas dans la nef : elle l'occupait. Trois ballons reliés de trente-cinq mètrès de haut, peau violet sombre à l'extérieur, rouge translucide à l'intérieur, dans lesquels le public entrait pour se retrouver enveloppé, la verrière du Grand Palais restant devinable à travers la membrane. La pièce fut visible du 11 mai au 23 juin 2011 pour la quatrième MONUMENTA.

Peut-on voir une œuvre d'Anish Kapoor dans une collection publique parisienne ?

Oui : le Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou, possède « Sans titre » (2008), en fibre de verre, résine et peinture, acquise avec le concours de la Société des amis du Mnam, ainsi que « Hain » (2011). Leur présentation dépend toutefois de l'accrochage du moment, la collection étant tournante.

Quel est le lien d'Anish Kapoor avec Paris et la France ?

Il est ancien et continu : sa première exposition personnelle s'est tenue à Paris en 1980 chez Patrice Alexandre, suivie de la galerie Lucien Durand en 1997 et de « Her Blood » à la chapelle de la Salpêtrière en 1998. Ont suivi MONUMENTA au Grand Palais et les Beaux-Arts de Paris en 2011, les jardins de Versailles en 2015, la Nuit Blanche 2016 sur la Seine, puis « Another (M)other » chez Mennour en 2018.

Qu'est-ce que le Vantablack et pourquoi Kapoor a-t-il fait polémique ?

Le Vantablack est un revêtement réputé pour être le noir le plus absorbant qui soit. En 2016, Anish Kapoor en a obtenu l'exclusivité artistique, autrement dit le droit d'être le seul artiste à pouvoir l'employer. Cette exclusivité, inhabituelle pour un matériau, a provoqué une controverse durable dans le milieu de l'art.

Quelles distinctions Anish Kapoor a-t-il reçues ?

Il a représenté la Grande-Bretagne à la XLIVe Biennale de Venise en 1990, où il a obtenu le Premio Duemila, puis a remporté le Turner Prize en 1991. En 2011, il reçoit le Praemium Imperiale de sculpture décerné par la Japan Art Association et, en France, l'ordre des Arts et des Lettres. Il est fait chevalier au Royaume-Uni en 2013.

Avec quels matériaux Anish Kapoor travaille-t-il ?

Il a commencé par le pigment pur, répandu sur ses volumes et sur le sol alentour, avant de passer à la fibre de verre et à la résine, à la pierre taillée puis à l'acier inoxydable poli en miroir. Le Centre Pompidou insiste sur le travail minutieux de ponçage et de polissage des surfaces convexes ou concaves ; à l'échelle monumentale, il a aussi employé le PVC gonflé et le ciment.