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Cette page sert surtout à situer Anselm Kiefer dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né en 1945 à Donaueschingen, Anselm Kiefer a fait de la peinture un chantier de mémoire: le plomb, la paille, la cendre et la terre y remplacent souvent le pigment.
Anselm Kiefer naît en 1945 à Donaueschingen, dans le Bade-Wurtemberg.
Cette page sert surtout à situer Anselm Kiefer dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Anselm Kiefer naît en 1945 à Donaueschingen, dans le Bade-Wurtemberg. Il commence par étudier le droit ainsi que les langues et littératures romanes, avant de bifurquer vers l’art en fréquentant les écoles des beaux-arts de Fribourg-en-Brisgau puis de Karlsruhe. Cette formation littéraire explique la place qu’occupent chez lui la citation écrite, l’inscription manuscrite et la référence poétique, présentes dès ses premières œuvres. Jeune artiste, il rend visite à Joseph Beuys et prend part à certaines de ses « actions ».
Dès 1969, Kiefer produit la série photographique « Heroic Symbols » (Heroische Sinnbilder), dont la Tate conserve plusieurs épreuves. Sa démarche part alors d’une interrogation que le Collège de France résume ainsi: comment, après la Shoah, être un artiste qui s’inscrit dans la tradition allemande Ce travail de mémoire ne restera jamais purement historique — il s’élargira vers une quête spirituelle nourrie des grands mythes et de la mystique kabbalistique, la Kabbale devenant chez lui un motif aussi insistant que la germanité.
Sélectionné pour le pavillon ouest-allemand de la 39e Biennale de Venise en 1980, Kiefer accède à une visibilité internationale que confirme ensuite une suite d’expositions personnelles institutionnelles: Städtische Kunsthalle de Düsseldorf en 1984, Art Institute of Chicago en 1987, Nationalgalerie de Berlin en 1991, Metropolitan Museum of Art de New York en 1998, Fondation Beyeler à Bâle en 2001. Ses toiles de cette période, comme « Palette » (1981), « The Rhine » (1981) ou « Urd, Verdandi, Skuld (The Norns) » (1983), entrent dans les collections publiques.
Après avoir travaillé à Buchen, dans le Bade-Wurtemberg, Kiefer s’installe en France: sa galerie date ce départ de 1992, tandis que le Collège de France situe à partir de 1993 son travail à Barjac, dans le Gard, où l’artiste aménage un vaste site de production. Depuis 2007, il travaille également à Paris. Ce double ancrage français n’est pas un détail biographique: il coïncide avec la période où les institutions parisiennes lui passent commande, du Louvre au Panthéon.
Anselm Kiefer reçoit le Praemium Imperiale à Tokyo en 1999, puis est désigné lauréat du prix de la Paix des libraires et éditeurs allemands pour l’année 2008 — une distinction qui récompense d’ordinaire des écrivains et des penseurs, et qui salue ici la dimension littéraire et morale de son œuvre. En 2010-2011, le Collège de France lui confie sa chaire annuelle de Création artistique, rattachée à la section Lettres, arts, langage, philosophie.
Médiums: peinture, sculpture, installation, livre d’artiste et livre de plomb, photographie, décors et costumes de scène.
Techniques: empâtements très épais et surfaces en relief accumulant les strates, incorporation de matériaux non picturaux: plomb, fil de fer barbelé, ciment, cuivre, corde, bois, caoutchouc, exposition volontaire des toiles aux intempéries (pluie, chaleur, froid), projection d’acide, de terre ou d’eau, feuille d’or appliquée en trames régulières, notamment dans les vues de villes récentes, inscription manuscrite de vers, de citations et de noms à même la surface.
Motifs récurrents: mémoire allemande d’après-guerre et impossibilité de peindre naïvement après la Shoah, la poésie comme point d’appui: Paul Celan, Ingeborg Bachmann, mystique juive et Kabbale, alchimie et transmutation de la matière, conservation du savoir: bibliothèques, livres, archives, mythologie classique et cycles naturels.
En octobre 2007, trois pièces de Kiefer entrent dans les collections du Louvre: « Athanor », une peinture de onze mètrès de haut, et deux sculptures, « Danaé » et « Hortus conclusus ». Le site des collections du musée les localise sur le palier de l’escalier nord, aile Sully, niveau 1, sous les numéros INV 20902 pour la peinture, ENT 2007.10 et ENT 2007.11 pour les sculptures rattachées au Service de l’Histoire du Louvre. « Athanor » montre un gisant nu — autoportrait de l’artiste — surmonté d’une voûte criblée d’aspérités; le titre reprend le nom du four des alchimistes. « Danaé » figure un tournesol fané poussé dans une pile de livres, ses graines dorées évoquant la pluie qui féconda la Danaé mythologique.
Kiefer inaugure en 2007 le programme Monumenta du Grand Palais, avec un ensemble qui rend hommage à Paul Celan et Ingeborg Bachmann autant qu’à Céline. Quinze ans plus tard, il est le premier artiste invité par la Rmn — Grand Palais à s’emparer de la totalité du Grand Palais Éphémère: « Pour Paul Celan », du 16 décembre 2021 au 11 janvier 2022, réunit sculptures, installations et dix-neuf toiles de très grand format en dialogue avec la poésie du poète de langue allemande. L’artiste y déclare, en juin 2021, que Celan ne contemple pas le néant mais l’a vécu.
À l’occasion de l’entrée de Maurice Genevoix au Panthéon et de l’hommage à « Ceux de 14 », le 11 novembre 2020, une commande publique est passée à Kiefer, aux côtés du compositeur Pascal Dusapin. L’artiste installe six ensembles monumentaux placés dans de hautes vitrines de verre et d’acier, disposées dans les transepts du monument. Fil de fer barbelé rouillé, livres de plomb, fleurs rouges, épis de blé dorés et bicyclettes usées y composent des scènes inspirées de la Première Guerre mondiale, portant des phrases transcrites de Genevoix et de Celan. C’est la première fois depuis près d’un siècle que des œuvres neuves sont intégrées à demeure au parcours de visite du Panthéon.
Le Collège de France indique que Kiefer travaille à Paris depuis 2007. Cet ancrage se traduit par des commandes scénographiques et par un enseignement: en 2009, pour les vingt ans de l’Opéra Bastille, l’institution lui commande « Am Anfang », spectacle musical avec récitant dont il signe le concept, la mise en scène, les décors et les costumes, sur des textes bibliques de l’Ancien Testament. En 2010-2011, il occupe la chaire annuelle de Création artistique du Collège de France, rattachée à la section Lettres, arts, langage, philosophie.
Musée du Louvre (Paris) — Conserve et expose en permanence « Athanor », « Hortus conclusus » et « Danaé » (2007), sur le palier de l’escalier nord, aile Sully, niveau 1.
Panthéon (Paris) — Accueille depuis 2020 une installation permanente en six ensembles, intégrée au parcours de visite du monument.
Grand Palais / Grand Palais Éphémère (Paris) — Monumenta en 2007, puis l’exposition « Pour Paul Celan » du 16 décembre 2021 au 11 janvier 2022.
Thaddaeus Ropac Paris Pantin (Pantin) — Galerie qui représente l’artiste et présente « Nymphäum » du 25 avril au 25 octobre 2026.
Opéra Bastille (Paris) — Commande à Kiefer le spectacle « Am Anfang » en 2009, pour les vingt ans de la salle.
Collège de France (Paris) — Chaire annuelle de Création artistique confiée à l’artiste en 2010-2011.
1945 — Naissance à Donaueschingen, dans le Bade-Wurtemberg, en Allemagne.
1969 — Réalisation de la série photographique « Heroic Symbols » (Heroische Sinnbilder), dont la Tate conserve plusieurs épreuves.
1973 — Peint le cycle « Parsifal », dont « Parsifal II » et « Parsifal III » entrés dans la collection de la Tate.
1980 — Sélectionné pour le pavillon ouest-allemand de la 39e Biennale de Venise.
1993 — Installe son travail à Barjac, dans le Gard, après son départ d’Allemagne.
1999 — Reçoit le Praemium Imperiale à Tokyo.
2007 — Inaugure le programme Monumenta au Grand Palais et voit trois de ses œuvres entrer au Louvre en octobre.
2008 — Lauréat du prix de la Paix des libraires et éditeurs allemands.
2009 — Conçoit « Am Anfang » pour les vingt ans de l’Opéra Bastille: mise en scène, décors et costumes.
2010-2011 — Titulaire de la chaire annuelle de Création artistique du Collège de France.
2020-11-11 — Installation permanente dévoilée au Panthéon lors de l’entrée de Maurice Genevoix, avec Pascal Dusapin.
2021-12 — Ouverture de « Pour Paul Celan » au Grand Palais Éphémère, jusqu’au 11 janvier 2022.
2026-04 — Ouverture de « Nymphäum » chez Thaddaeus Ropac Paris Pantin, jusqu’au 25 octobre 2026.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Anselm Kiefer à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Deux lieux publics parisiens en présentent en permanence : le Louvre, sur le palier de l'escalier nord de l'aile Sully au niveau 1, avec « Athanor », « Hortus conclusus » et « Danaé » ; et le Panthéon, dont le parcours de visite intègre depuis 2020 six ensembles placés en vitrines.
La galerie Thaddaeus Ropac Paris Pantin présente « Nymphäum » du 25 avril au 25 octobre 2026 : plus de vingt peintures inédites consacrées aux nymphes, entre paysages bucoliques et façades urbaines rehaussées à la feuille d'or, avec un catalogue introduit par la commissaire Corinna Thierolf.
Celan traverse son travail parisien de bout en bout : hommage explicite lors de Monumenta au Grand Palais en 2007, exposition entière intitulée « Pour Paul Celan » au Grand Palais Éphémère en 2021, et vers du poète transcrits parmi les inscriptions de l'installation du Panthéon.
Oui. Le Collège de France lui a confié sa chaire annuelle de Création artistique pour l'année 2010-2011, au sein de la section Lettres, arts, langage, philosophie ; il y figure aujourd'hui parmi les anciens professeurs sur chaire annuelle.
En 2009, pour les vingt ans de l'Opéra Bastille, l'institution lui commande « Am Anfang », un spectacle musical avec récitant construit sur des textes bibliques de l'Ancien Testament, dont Kiefer signe à la fois le concept, la mise en scène, les décors et les costumes.
Bien au-delà du pigment : plomb, ciment, fil de fer barbelé, cuivre, corde, bois, caoutchouc, épis de blé, feuille d'or. Il laisse aussi certaines toiles dehors pour qu'elles vieillissent sous la pluie, et leur jette acide, terre ou eau ; l'usure fait partie de l'œuvre.