Exposition Paris

Exposition Antoine Bourdelle

Fils d’un menuisier-ébéniste de Montauban, Antoine Bourdelle (1861-1929) loue en janvier 1885 un atelier au 16 impasse du Maine et ne quittera plus ce fond de cité d’artistes montparnassienne, devenu le musée Bourdelle.

Qui est Antoine Bourdelle ?

Émile Antoine Bourdelle naît le 30 octobre 1861 à Montauban, unique enfant d’Émilie Reille et d’Antoine Bourdelle, menuisier-ébéniste. À quatorze ans, en 1876, une bourse lui ouvre l’École des beaux-arts de Toulouse.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Antoine Bourdelle dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De Montauban à l’atelier Falguière

Émile Antoine Bourdelle naît le 30 octobre 1861 à Montauban, unique enfant d’Émilie Reille et d’Antoine Bourdelle, menuisier-ébéniste. À quatorze ans, en 1876, une bourse lui ouvre l’École des beaux-arts de Toulouse. Reçu second au concours d’admission de l’École des Beaux-Arts de Paris en 1884, il fréquente pendant deux ans l’atelier du sculpteur Alexandre Falguière. Dès janvier 1885 il loue un atelier au 16 impasse du Maine, à Montparnasse; ses parents l’y rejoignent l’année suivante.

Praticien de Rodin, puis affranchi

De 1893 à 1908, Bourdelle est engagé comme praticien par Auguste Rodin, pour qui il exécute des marbres. Le lien dépasse l’atelier: lorsqu’il épouse Stéphanie Van Parys en 1904, mère de son fils Pierre né en 1901, Rodin est son témoin. La rupture esthétique se joue pourtant sur le terrain de la forme. Le musée Bourdelle décrit une sculpture «  nette, dépouillée et sans nuance », repensée en masses et en plans, affranchie autant de l’esthétique rodinienne que des canons académiques et des conventions du réalisme.

1909-1914: Héraklès, Pénélope, le Centaure

En 1909, Bourdelle achève Héraklès archer et la Tête d’Apollon. Pour donner corps au héros, il fait poser le commandant Doyen-Parigot, militaire rencontré aux «  samedis de Rodin »; huit petites études modelées entre 1906 et 1908 mènent du modèle vivant à l’architecture définitive. Présenté en bronze au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1910, l’Héraklès assure sa fortune critique. Le même Salon accueille Pénélope en 1912, puis il met la dernière main au Centaure mourant en 1914, l’année où trente de ses pièces sont exposées à la Biennale de Venise.

Le sculpteur du monumental

À partir du Théâtre des Champs-Élysées, Bourdelle devient le sculpteur du monumental: des œuvres conçues pour habiter l’espace où elles se déploient, aux dimensions colossales. Le musée en donne l’échelle: Vierge à l’offrande (1917-1922, 6 m), La France (1925, 9 m), Monument à Alvear (1912-1926, 19 m avec le piédestal), Monument à Mickiewicz (1909-1928, 12,60 m), Monument de Montceau-les-Mines (1919-1930, 11,50 m). Les commandes viennent des États argentin, tchèque et polonais.

Une consécration internationale, puis le musée

Bourdelle connaît la célébrité de son vivant: exposition monographique à la galerie Manes de Prague dès 1909, participation à l’Armory Show en 1913, inauguration du Monument au général Alvear à Buenos Aires en 1926, et en 1928 une rétrospective de 218 œuvres au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles bâti par Victor Horta, qui dépasse 20 000 visiteurs. Malade, il s’éteint en 1929 au Vésinet chez son ami le fondeur Eugène Rudier. Dès 1922 il envisageait un musée: ses ateliers ouvrent à la visite en 1938, le musée est inauguré en 1949.

La pratique en bref

Médiums: bronze, plâtre, marbre blanc, fresque, dessin, peinture, pastel.

Techniques: modelage d’après le modèle vivant puis synthèse en masses et en plans, taille directe du marbre (pratique acquise comme praticien de Rodin), agrandissement du modèle grandeur d’exécution puis moulage et fonte au bronze, études préparatoires en série avant la version définitive, décor sculpté intégré à l’architecture (frise, bas-reliefs, fresque murale).

Motifs récurrents: mythologie gréco-romaine (Héraklès, Apollon, Pallas Athénée, Pénélope, centaures et bacchantes), figures hybrides et cortège dionysiaque, attente et fidélité (cycle de Pénélope), monument commémoratif et hommage national, portrait de créateurs et d’hommes illustres.

L’impasse du Maine, quarante ans d’atelier

En janvier 1885, Bourdelle loue son premier atelier au 16 impasse du Maine, future rue Antoine-Bourdelle, dans une cité d’artistes où peintres, graveurs et sculpteurs se côtoient. Il y reste fidèle jusqu’à sa mort et en investit la plupart des ateliers au fil des commandes. Le docteur Julia décrit en 1930 «  une impasse mal pavée, au sol boueux, dénivelé », dans un quartier «  très faubourg de Paris ». C’est ce lieu de travail, et non un bâtiment construit pour lui, qui devient le musée Bourdelle en 1949.

Avenue Montaigne: la façade du Théâtre des Champs-Élysées

Appelé en janvier 1910 par son mécène Gabriel Thomas, Bourdelle est d’abord chargé du décor puis associé à l’élaboration architecturale conduite par Auguste Perret. En trois semaines et treize esquisses, il reprend l’élévation sur l’avenue Montaigne que le conseil d’administration avait récusée. Il taille dans le marbre une frise monumentale et cinq bas-reliefs, et couvre l’atrium d’un cycle de fresques — une quarantaine selon le musée Bourdelle, trente-trois selon le théâtre, qui les compte avec les pourtours de la corbeille.

Montparnasse comme salle de cours

De 1909 à 1929, Bourdelle enseigne à l’académie de la Grande Chaumière, école libre du cœur de Montparnasse, où il dispense des cours de dessin et de sculpture autour d’un modèle nu. Il forme également des élèves dans ses ateliers de l’impasse du Maine et à l’école de dessin de la manufacture des Gobelins. Plus de cinq cents élèves venus du monde entier, dont de nombreuses femmes, passent par son enseignement; Alberto Giacometti et Germaine Richier comptent parmi les plus notoires.

Salons parisiens, place de l’Alma et l’Orangerie

Paris est aussi la scène de sa réception publique: première exposition personnelle en 1905 dans la galerie du fondeur Adrien Hébrard, révélation d’Héraklès archer au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1910, révolution plastique de Pénélope au Salon de 1912, apothéose au Salon des Tuileries de 1923. En 1929, l’année de sa mort, le Monument à Mickiewicz est inauguré place de l’Alma. Deux ans plus tard, le musée de l’Orangerie lui consacre une rétrospective de 200 sculptures et 128 peintures, dessins et aquarelles.

Où voir ses œuvres

Musée Bourdelle (Paris) — Ancien atelier et logement de l’artiste, 18 rue Antoine-Bourdelle (15e); ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h, accès gratuit aux collections permanentes.

Théâtre des Champs-Élysées (Paris) — Façade, frise et bas-reliefs de marbre blanc, fresques de l’atrium et des pourtours de la corbeille, réalisés par Bourdelle entre 1911 et 1913.

Musée d’Orsay (Paris) — Conserve la statuette en bronze de Pénélope, vers 1907, achetée en 1926.

Petit Palais (Paris) — Conserve la Pénélope de 1909, bronze d’après le modèle plâtre (H. 173 cm, inv. PPS1524), entrée par cession en 1938.

Repères chronologiques

1861-10-30 — Naissance d’Émile Antoine Bourdelle à Montauban, unique enfant d’un menuisier-ébéniste.

1876 — À quatorze ans, il obtient une bourse et entre à l’École des beaux-arts de Toulouse.

1884 — Reçu second à l’École des Beaux-Arts de Paris, il fréquente l’atelier d’Alexandre Falguière.

1885 — Il loue un atelier au 16 impasse du Maine, à Montparnasse, où il travaillera jusqu’à sa mort.

1893-1908 — Il est engagé comme praticien par Auguste Rodin et exécute des marbres pour lui.

1905 — Première exposition personnelle dans la galerie du fondeur Adrien Hébrard, à Paris.

1909 — Il achève Héraklès archer et la Tête d’Apollon, et commence à enseigner à la Grande Chaumière.

1910 — Héraklès archer, en bronze au Salon de la Société nationale des beaux-arts, le consacre à cinquante ans.

1913 — Inauguration du Théâtre des Champs-Élysées, dont il a livré façade, bas-reliefs et fresques.

1928 — Rétrospective de 218 œuvres au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, plus de 20 000 visiteurs.

1929 — Le Monument à Mickiewicz est inauguré place de l’Alma; Bourdelle meurt au Vésinet.

1949 — Inauguration du musée Bourdelle dans les ateliers de l’impasse du Maine.

Galerie

Antoine Bourdelle & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Antoine Bourdelle à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Où voir des œuvres d'Antoine Bourdelle à Paris ?

Au musée Bourdelle, installé dans son atelier du 18 rue Antoine-Bourdelle, dont les collections permanentes sont d'accès gratuit ; sur la façade et dans l'atrium du Théâtre des Champs-Élysées, avenue Montaigne ; au musée d'Orsay, qui conserve la Pénélope en bronze acquise en 1926 ; au Petit Palais, avec la Pénélope de 1909 ; et place de l'Alma, devant le Monument à Adam Mickiewicz.

Quel a été le rôle de Bourdelle auprès d'Auguste Rodin ?

Entre 1893 et 1908, Bourdelle est engagé comme praticien par Rodin : il exécute pour lui des marbres. La relation est aussi personnelle, Rodin étant témoin de son mariage avec Stéphanie Van Parys en 1904. Bourdelle s'affranchit ensuite de cette esthétique au profit d'un travail « net, dépouillé et sans nuance », repensé en masses et en plans.

Pourquoi Héraklès archer a-t-il marqué l'histoire de la sculpture ?

Présenté en bronze au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1910, il fait selon le musée Bourdelle une entrée triomphale dans la sculpture moderne : sa combinatoire entre tension et déploiement annonce le géométrisme et le monumental des œuvres suivantes. Bourdelle, alors âgé de cinquante ans, y gagne à la fois la fortune critique et l'aisance financière.

Qui a servi de modèle pour Héraklès archer ?

Le commandant Doyen-Parigot, militaire que Bourdelle avait rencontré aux « samedis de Rodin » et qui vint exhiber sa musculature athlétique à l'atelier. Huit petites études modelées entre 1906 et 1908 documentent le passage du travail d'après le modèle vivant à l'architecture plastique définitive de 1909.

Qu'a exactement réalisé Bourdelle au Théâtre des Champs-Élysées ?

Appelé en 1910 par le mécène Gabriel Thomas, il reprend le dessin de la façade sur l'avenue Montaigne en treize esquisses, taille dans le marbre une frise monumentale et cinq bas-reliefs, puis couvre l'atrium et les pourtours de la corbeille d'un vaste cycle de fresques, aux côtés de Maurice Denis pour le plafond et de Jacqueline Marval pour le Foyer de la Danse.

Quels artistes ont été formés par Bourdelle ?

Professeur à l'académie de la Grande Chaumière de 1909 à 1929, ainsi que dans ses ateliers de l'impasse du Maine et à l'école de dessin des Gobelins, il a formé plus de cinq cents élèves venus du monde entier, dont de nombreuses femmes. Alberto Giacometti et Germaine Richier sont les plus célèbres d'entre eux. Sa devise pédagogique : « Le seul système, c'est de n'en pas avoir. »