Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Antony Gormley dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Antony Gormley, né à Londres en 1950, fait du corps humain l’unité de mesure de toute sa sculpture: il moule le sien, le coule en plomb puis en fonte, le multiplie par dizaines et le disperse dans le paysage ou dans l’architecture.
Le parcours de Gormley ne commence pas dans un atelier. Il passe d’abord par un diplôme d’archéologie, d’anthropologie et d’histoire de l’art à l’université de Cambridge, suivi de trois années passées en Inde à étudier le bouddhisme.
Cette page sert surtout à situer Antony Gormley dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Le parcours de Gormley ne commence pas dans un atelier. Il passe d’abord par un diplôme d’archéologie, d’anthropologie et d’histoire de l’art à l’université de Cambridge, suivi de trois années passées en Inde à étudier le bouddhisme. Ce n’est qu’à son retour à Londres qu’il entre dans les écoles d’art: la Central School of Arts and Crafts, Goldsmiths College, puis la Slade School of Fine Art. Cette formation inversée éclaire la place que tiennent chez lui la durée et l’immobilité.
Ses premiers moulages du corps en plomb datent de 1981, année de Three Ways: Mould, Hole and Passage, première pièce où il coule son corps entier. La méthode ne changera plus: l’artiste se fait mouler, la coque obtenue est habillée de feuilles de plomb soudées, et l’objet garde de l’homme une enveloppe close plutôt qu’une ressemblance. La Tate conserve plusieurs de ces pièces fondatrices, parmi lesquelles Bed (1980-1981), Natural Sélection (1981), Untitled (for Francis) (1985) et A Case for an Angel III (1990).
À la fin des années 1980, Gormley délaisse provisoirement son propre corps pour la multitude. Le premier Field, en 1989, ne compte que cent cinquante figurines façonnées par l’artiste et ses assistants. En 1993, Field for the British Isles est modelé avec cent volontaires dans une école de St Helens et atteint quarante mille figurines de terre cuite; l’artiste parle de vingt-cinq tonnes d’argile. D’autres versions suivront en Australie, au Mexique, en Suède, au Brésil et en Chine, où Asian Field dépasse deux cent mille figures.
Field for the British Isles vaut à Gormley le Turner Prize en 1994, et l’œuvre entre en 1996 dans l’Arts Council Collection avec le soutien de la Henry Moore Foundation et du National Art Fund. La consécration coïncide avec un basculement vers l’espace public: l’Angel of the North, haut de vingt mètrès, est réalisé en 1997 sur la Tyneside, et la même année Another Place installe cent figures de fonte moulées sur son corps sur une plage proche de Liverpool, tournées vers le large.
La carrière d’exposition de Gormley se lit comme une liste d’institutions: Louisiana à Humlebæk en 1989, Malmö Konsthall en 1993, Hayward Gallery à Londres en 2007, Kunsthaus Bregenz en 2010, musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg en 2011, galerie des Offices à Florence et Royal Academy of Arts en 2019, musée Rodin à Paris en 2023, KMSKA à Anvers en 2026. En 2013, la Japan Art Association lui décerne le 25e Praemium Imperiale pour la sculpture; la Tate le désigne aujourd’hui sous le nom de Sir Antony Gormley OBE RA.
Médiums: plomb, fonte et fer, terre cuite, aluminium, acier, dessin sur papier.
Techniques: moulage direct sur le corps de l’artiste, coque de plomb soudée autour du moule, fonte de figures grandeur nature en série, modelage collectif de figurines d’argile, dessin à la terre mêlée de colle de peau de lapin.
Motifs récurrents: le corps comme lieu habité plutôt que comme objet, l’espace bâti comme second corps, la multitude et la collectivité, l’horizon, la mer et le paysage comme socle, l’héritage de la méditation bouddhique.
Le Centre Pompidou conserve cinq feuilles intitulées Drawn from life, numérotées I à V et toutes datées de 1995 à Londres. Drawn from life I mesure 20 x 28,5 cm et associe une matière inhabituelle: de la terre mêlée à de la colle de peau de lapin, posée sur papier. L’ensemble a été acheté par l’État en 1996, puis attribué en 2008 au Centre Pompidou, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle, où la première feuille porte le numéro d’inventaire AM 2009-399.
Du 17 octobre 2023 au 3 mars 2024, le musée Rodin a confié à Gormley l’ensemble de ses espaces: salle d’exposition temporaire, galerie des marbres, collections permanentes de l’hôtel Biron et jardin. Le cœur du parcours était Critical Mass II (1995), soixante sculptures grandeur nature nées de douze positions fondamentales du corps, chacune moulée cinq fois. Dans le jardin, la ligne des douze positions s’achevait devant La Porte de l’Enfer de Rodin; à l’intérieur, un amas dense de corps de fonte semblait avoir été renversé au sol.
Avant le musée Rodin, Paris avait vu Gormley deux fois en galerie. Du 1er mars au 18 juillet 2015, Second Body occupait les vastes halles de Pantin, anciennes fonderies dont l’artiste a exploité l’échelle pour organiser ses œuvres en champs. Du 12 mai au 20 juin 2020, In Habit réunissait dans l’espace du Marais des sculptures et des dessins récents autour de Run II, tube d’aluminium carré courant d’un mur à l’autre par angles droits, aux hauteurs familières de la chaise, du plan de travail et du plafond.
Le jeudi 1er février 2024, alors que Critical Mass était encore visible au musée Rodin, Antony Gormley a été reçu dans l’Amphithéâtre d’Honneur des Beaux-Arts de Paris, en entrée libre, pour la rencontre « Penser le Présent ». Il y a dialogué avec Guitemie Maldonado, historienne de l’art et professeure de l’école, sur son travail de sculpteur. Ce passage inscrit sa présence parisienne dans le champ de l’enseignement artistique, et pas seulement dans celui de l’exposition.
Musée Rodin (Paris) — A accueilli l’exposition « Critical Mass » du 17 octobre 2023 au 3 mars 2024, dans tous les espaces du musée et dans le jardin.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve cinq dessins « Drawn from life » (1995), achetés par l’État en 1996 et attribués au musée en 2008.
Galerie Thaddaeus Ropac, Paris Pantin et Paris Marais (Paris et Pantin) — Galerie qui représente l’artiste et lui a consacré « Second Body » en 2015 à Pantin, puis « In Habit » en 2020 dans le Marais.
Beaux-Arts de Paris (Paris) — A reçu l’artiste le 1er février 2024 pour la rencontre publique « Penser le Présent », dans l’Amphithéâtre d’Honneur.
1950 — Naissance à Londres, ville où l’artiste vit et travaille toujours.
1981 — Premiers moulages du corps en plomb, avec Three Ways: Mould, Hole and Passage.
1989 — Premier Field: cent cinquante figurines modelées par l’artiste et ses assistants.
1993 — Field for the British Isles, quarante mille figurines façonnées à St Helens.
1994 — Turner Prize décerné à Antony Gormley pour ses installations de figures.
1995 — Critical Mass II et la série de dessins Drawn from life, réalisés à Londres.
1996 — L’État français achète les dessins Drawn from life, attribués au Centre Pompidou en 2008.
1997 — Angel of the North sur la Tyneside et Another Place sur une plage près de Liverpool.
2013 — Vingt-cinquième Praemium Imperiale, catégorie sculpture, décerné à l’artiste.
2015-03-01 — Ouverture de Second Body dans les halles de la galerie Thaddaeus Ropac à Pantin.
2020-05-12 — Ouverture de In Habit, autour de Run II, dans l’espace parisien du Marais.
2023-10-17 — Ouverture de Critical Mass au musée Rodin, exposition tenue jusqu’au 3 mars 2024.
2024-02-01 — Rencontre « Penser le Présent » avec Guitemie Maldonado aux Beaux-Arts de Paris.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Antony Gormley à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce qu'il tient, selon sa propre formule, que le corps n'est pas un objet mais un lieu où l'on vit. Ses premiers moulages en plomb datent de 1981 et il emploie depuis son existence physique comme matériau, comme outil et comme sujet, afin de donner une forme extérieure à des états intérieurs.
Quarante mille figurines de terre cuite, hautes de quelques centimètrès, modelées en 1993 par cent volontaires réunis dans une école de St Helens. C'est la plus grande œuvre unique de l'Arts Council Collection, qui l'a acquise en 1996 ; Gormley l'a décrite comme vingt-cinq tonnes d'argile.
Oui : le Centre Pompidou conserve les cinq dessins « Drawn from life I à V », réalisés à Londres en 1995 avec de la terre et de la colle de peau de lapin sur papier. Achetés par l'État en 1996, ils ont été attribués au Musée national d'art moderne en 2008. Leur présentation dépend de la programmation du musée.
Une installation de 1995 composée de soixante sculptures grandeur nature. Gormley y isole douze positions fondamentales du corps humain — ramper, s'accroupir, s'agenouiller, se tenir debout — moule chacune cinq fois, puis les redispose. À Paris, la ligne des douze positions s'achevait dans le jardin, devant La Porte de l'Enfer de Rodin.
L'ange haut de vingt mètrès réalisé en 1997 sur la Tyneside est rattaché par les National Galleries of Scotland au même travail sur le corps que ses moulages, et il est présenté comme la plus grande sculpture jamais réalisée en Grande-Bretagne. Il marque le passage de l'artiste à l'échelle du paysage.
Aucune exposition de l'artiste n'est à l'affiche à Paris au 2 août 2026. Le programme parisien de sa galerie, Thaddaeus Ropac, n'annonce aucun accrochage Gormley à Pantin ni dans le Marais pour 2026, et sa seule exposition institutionnelle de l'année se tient au KMSKA, à Anvers.