Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Aristide Maillol dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Aristide Maillol (1861-1944) est né et mort en pays catalan, mais c’est à Paris qu’il est devenu sculpteur.
Né à Banyuls-sur-Mer en 1861, Maillol étudie au lycée Saint-Louis de Gonzague de Perpignan avant de monter à Paris en 1882.
Cette page sert surtout à situer Aristide Maillol dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Banyuls-sur-Mer en 1861, Maillol étudie au lycée Saint-Louis de Gonzague de Perpignan avant de monter à Paris en 1882. Il y fréquente le cours de Jean-Léon Gérôme puis, à partir de 1885, l’École nationale supérieure des beaux-arts, où il suit l’enseignement d’Antoine Bourdelle; ce dernier l’accueille en 1889 alors qu’il traverse de graves difficultés financières. Ces années parisiennes le mettent en contact direct avec l’Antiquité, qu’il découvre par les cours de l’école et par ses visites répétées aux collections du musée du Louvre. La fiche d’autorité du musée d’Orsay résume cette trajectoire en une ligne: élève de Gérôme et de Cabanel, artiste actif à Paris.
Avant d’être sculpteur, Maillol peint et tisse. En 1892 il rencontre Paul Gauguin, qui l’encourage à poursuivre, et découvre au musée de Cluny des arts décoratifs dont les techniques ne cesseront de le nourrir; il monte un atelier de tissage à Banyuls. Le musée d’Orsay souligne combien cette première partie de carrière reste mal connue: l’artiste y regarde du côté de Gauguin et de Puvis de Chavannes et noue des liens étroits avec les Nabis, en quête des principes de la décoration murale. « La Vague », conservée au Petit Palais, montre une baigneuse fondue dans l’écume selon un schéma spatial sans horizon hérité du japonisme.
Maillol ne découvre la sculpture que vers 1895, d’abord sur bois et en petites dimensions; Octave Mirbeau et Ambroise Vollard en reconnaissent aussitôt les qualités. Du 15 au 30 juin 1902, il organise sa première grande exposition à la galerie Vollard, à Paris. La carrière bascule en 1905, lorsque « La Méditerranée » obtient un franc succès au Salon d’automne. Les échanges d’œuvres avec Maurice Denis, Édouard Vuillard et Auguste Rodin témoignent du réseau qui se constitue alors autour de lui et qui comptera tout au long de sa vie d’artiste.
La rencontre avec le comte Harry Kessler est décisive: mécène et ami, il commande à Maillol « Le Désir » et « Le Cycliste » et l’emmène en Grèce du 25 avril au 3 juin 1908. L’artiste a alors quarante-sept ans, mais son regard est déjà profondément formé par l’Antiquité. Le musée d’Orsay présente la seconde « Méditerranée », commandée dix-huit ans après la première par l’État français, comme le manifeste du retour à l’ordre: écartant toute recherche d’expression, Maillol y instaure un nouveau classicisme et inscrit des corps féminins à l’anatomie charpentée dans des formes géométriques simples.
En 1908, Maillol exécute pour la commune de Puget-Théniers le monument à Auguste Blanqui, très contesté en raison de la nudité du personnage. Il faut attendre 1923 pour qu’il honore sa première commande de l’État: une « Méditerranée » de marbre, exécutée entre 1923 et 1927 et conservée au musée d’Orsay. Le collectionneur russe Ivan Morozov lui demande « Les Quatre Saisons ». En 1937, deux commandes publiques aboutissent la même année: « Montagne », statue de pierre acquise après commande de l’État, et « Pomone », marbre blanc commandé par la Ville de Paris. Maillol meurt en 1944.
Médiums: sculpture en bronze, sculpture en pierre et en marbre, sculpture en plomb, terre cuite et plâtre, bois sculpté, peinture à l’huile, tapisserie, dessin, estampe et illustration.
Techniques: sculpture sur bois de petit format à ses débuts, vers 1895, tissage dans un atelier monté à Banyuls après la découverte des arts décoratifs au musée de Cluny, statuettes de bronze, terre cuite et plâtre travaillées par sujets d’étude et déclinées d’un matériau à l’autre, passage de l’esquisse au monument, jusqu’aux grands formats de pierre et de marbre, tirage d’une version en plomb pour remplacer en plein air un marbre rose du Canigou trop poreux.
Motifs récurrents: le nu féminin traité en volumes pleins et contours nets, la Méditerranée et l’Antiquité grecque, la fécondité et les saisons, le monument commémoratif et politique, la baigneuse et l’élément marin, le paysage et les maisons du Roussillon.
Le lien de Maillol avec Paris commence par l’apprentissage. Il s’y installe en 1882, suit le cours de Jean-Léon Gérôme, entre en 1885 à l’École nationale supérieure des beaux-arts et y reçoit l’enseignement d’Antoine Bourdelle, qui l’héberge en 1889 quand l’argent manque. Le musée Maillol insiste sur un point souvent oublié: c’est pendant ces années parisiennes, entre les cours de l’école et les fréquentes visites aux collections du Louvre, que son regard se nourrit de l’Antiquité, bien avant le voyage en Grèce de 1908. La fiche d’autorité du musée d’Orsay le classe d’ailleurs comme artiste actif à Paris.
Maillol fait partie du paysage des Tuileries depuis 1929, année où le « Monument à Cézanne » y est installé entre deux volées de marches, près du musée de l’Orangerie. Le marbre rose du Canigou, poreux, se dégrade; en 1959, Dina Vierny propose d’en tirer une version en plomb pour le remplacer et d’envoyer le marbre au Musée d’art moderne de Paris, alors dirigé par Jean Cassou. Pour débloquer le dossier, elle obtient un rendez-vous avec André Malraux, qui lui répond selon le musée Maillol: « Vous me donnez l’œuvre, je vous donne les Tuileries! » L’espace étant trop vaste, on s’en tient au jardin du Carrousel, où les sculptures résident depuis 1964; quatre d’entre elles en ont été retirées temporairement en 2022.
La Fondation Dina Vierny - Musée Maillol, reconnue d’utilité publique par l’État, est un musée privé ouvert le 20 janvier 1995 grâce à la détermination de Dina Vierny, muse de l’artiste. Sur quelque 4 250 mètrès carrés, il abrite la plus grande collection d’œuvres de Maillol au monde, aux côtés des collections d’art du XXe siècle réunies par sa fondatrice. La collection permanente occupe le second étage, mais les circulations du rez-de-chaussée et du premier restent jalonnées de statues grandeur nature. Le parcours va des premières peintures et bois sculptés (1880-1900) à la tapisserie (1895-1900), puis aux statuettes et aux grands formats.
Deux institutions parisiennes conservent des pièces majeures. Le musée d’Orsay détient la « Méditerranée » de marbre issue de la commande d’État de 1923 et la « Montagne » de pierre acquise en 1937, ainsi que le marbre rose du « Monument à Cézanne ». Le Petit Palais possède « La Vague », offerte par Ambroise Vollard en 1937, et la « Pomone » de marbre blanc commandée par la Ville de Paris la même année. Côté expositions, le Musée national d’art moderne avait organisé en 1961 un Hommage à Maillol pour le centenaire de sa naissance; il fallut attendre le musée d’Orsay, du 12 avril au 21 août 2022, pour qu’une véritable rétrospective monographique parisienne lui soit de nouveau consacrée.
Musée Maillol - Fondation Dina Vierny (Paris) — Musée privé ouvert le 20 janvier 1995 au 59-61 rue de Grenelle; il conserve la plus grande collection d’œuvres de Maillol au monde et présente une collection permanente au second étage. Sa programmation temporaire est consacrée à l’art des XXe et XXIe siècles: à l’été 2026, elle accueille une rétrospective Gianni Versace, sans lien avec le sculpteur.
Musée d’Orsay (Paris) — Conserve la « Méditerranée » de marbre issue de la commande d’État de 1923, la « Montagne » de pierre de 1937 et le marbre rose du « Monument à Cézanne »; a organisé en 2022 la première rétrospective monographique parisienne depuis 1961.
Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (Paris) — Conserve « La Vague » (don Ambroise Vollard, 1937, inv. PPP2279) et la « Pomone » de marbre blanc commandée par la Ville de Paris en 1937 (inv. PPS1672), cette dernière signalée comme non exposée sur la notice du musée au jour de la consultation.
Jardin du Carrousel et jardin des Tuileries (Paris) — Sculptures de Maillol installées au jardin du Carrousel depuis 1964, à la suite de l’accord entre Dina Vierny et André Malraux; le « Monument à Cézanne » y était présent dès 1929, remplacé en plein air par une version en plomb.
Musée Maillol de Banyuls-sur-Mer (Banyuls-sur-Mer) — Antenne de la fondation dans le village natal de l’artiste; elle présente du 11 juin au 31 décembre 2026 l’exposition « Maillol et la Grèce, des marbres au soleil », bâtie autour du voyage de 1908 avec Harry Kessler.
1861 — Naissance d’Aristide Maillol à Banyuls-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales.
1882 — Installation à Paris, où il fréquente le cours de Jean-Léon Gérôme.
1885 — Entrée à l’École nationale supérieure des beaux-arts, où il suit l’enseignement d’Antoine Bourdelle.
1892 — Rencontre avec Paul Gauguin et découverte des arts décoratifs au musée de Cluny.
1902-06 — Première grande exposition personnelle à la galerie Vollard, à Paris, du 15 au 30 juin.
1905 — Franc succès de « La Méditerranée » au Salon d’automne de Paris, qui impose Maillol comme sculpteur.
1908 — Voyage en Grèce avec le comte Harry Kessler, du 25 avril au 3 juin, et exécution du monument à Auguste Blanqui.
1923 — Première commande de l’État honorée: une « Méditerranée » de marbre, achevée en 1927 et conservée au musée d’Orsay.
1929 — Installation du « Monument à Cézanne » dans le jardin des Tuileries, près du musée de l’Orangerie.
1937 — Deux commandes publiques aboutissent: « Montagne » pour l’État et « Pomone » pour la Ville de Paris.
1944 — Mort d’Aristide Maillol, à quatre-vingt-trois ans, en pays catalan.
1961 — Hommage à Maillol organisé au Musée national d’art moderne pour le centenaire de sa naissance.
1964 — Installation des sculptures de Maillol au jardin du Carrousel, après l’accord entre Dina Vierny et André Malraux.
1995-01-20 — Ouverture du musée Maillol au 59-61 rue de Grenelle, sous l’égide de la Fondation Dina Vierny.
2022 — Rétrospective « Aristide Maillol, la quête de l’harmonie » au musée d’Orsay, du 12 avril au 21 août.




Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Aristide Maillol à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Dans les jardins du Louvre. Le « Monument à Cézanne » y avait été installé dès 1929, près du musée de l'Orangerie, et un ensemble de sculptures réside au jardin du Carrousel depuis 1964, à la suite de l'accord passé entre Dina Vierny et André Malraux. Quatre d'entre elles en ont été retirées temporairement en 2022, selon le musée Maillol.
Parce qu'il a d'abord été peintre, puis lissier. Le musée d'Orsay rappelle qu'il ne découvre la sculpture que vers 1895, d'abord sur bois et en petites dimensions, après une première carrière consacrée à la peinture, à la tapisserie et aux arts décoratifs, pendant laquelle il regardait du côté de Gauguin et de Puvis de Chavannes.
Muse de l'artiste, elle est la fondatrice du musée Maillol, ouvert le 20 janvier 1995 au 59-61 rue de Grenelle et reconnu d'utilité publique. C'est aussi elle qui, dès 1959, défend le remplacement du marbre dégradé du « Monument à Cézanne » et obtient d'André Malraux l'installation des sculptures dans les jardins du Louvre.
« La Méditerranée ». Présentée au Salon d'automne de 1905, elle y remporte un franc succès. Le musée d'Orsay la décrit comme le manifeste du retour à l'ordre : Maillol y écarte toute recherche d'expression et rend le corps féminin dans des formes géométriques simples. Le musée conserve la version de marbre exécutée entre 1923 et 1927.
Oui. Le Petit Palais conserve une « Pomone » de marbre blanc de 173 centimètrès de haut, commandée par la Ville de Paris en 1937 et portant le numéro d'inventaire PPS1672. Le musée précise que Maillol avait présenté un premier modèle de cette figure au Salon d'automne de 1910, avant une version de bronze commandée par le collectionneur russe Ivan Morozov.
Celui de mécène décisif. Il lui commande « Le Désir » et « Le Cycliste », ainsi que la première « Méditerranée » en 1905, et l'emmène en Grèce du 25 avril au 3 juin 1908 : un voyage dont le musée Maillol a fait le cœur de son exposition « Maillol et la Grèce », présentée à Banyuls-sur-Mer en 2026.