Exposition Paris

Exposition Arthur Jafa

Arthur Jafa est né en 1960 à Tupelo, dans le Mississippi, et vit à Los Angeles.

Qui est Arthur Jafa ?

Né en 1960 à Tupelo, Arthur Jafa grandit à Clarksdale, dans un Mississippi encore fortement ségrégué; ses deux parents sont enseignants et il reçoit une éducation catholique.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Arthur Jafa dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Du Mississippi à Howard University

Né en 1960 à Tupelo, Arthur Jafa grandit à Clarksdale, dans un Mississippi encore fortement ségrégué; ses deux parents sont enseignants et il reçoit une éducation catholique. Enfant, il constitue déjà des classeurs d’images trouvées qu’il appelle «  the books ». Il étudie ensuite l’architecture et le cinéma à Howard University, à Washington, avant de s’installer à Atlanta. Le musée Moderna Museet retient de cette formation le double ancrage, spatial et cinématographique, qui structure encore ses installations.

Le chef opérateur de «  Daughters of the Dust »

Jafa se fait d’abord un nom derrière la caméra: il est directeur de la photographie de «  Daughters of the Dust » (1991), de Julie Dash, premier long métrage d’une réalisatrice afro-américaine distribué dans tous les États-Unis, qui lui vaut la récompense de photographie du festival de Sundance. Il travaille ensuite avec Spike Lee sur «  Crooklyn » (1994), collabore au dernier film de Stanley Kubrick, «  Eyes Wide Shut » (1999), et à des projets d’Isaac Julien et de John Akomfrah.

Les carnets d’images, matrice de l’œuvre

Depuis les années 1980, l’artiste accumule des photographies découpées dans des livres et des magazines et les réorganise en constellations à l’intérieur de carnets; YouTube, les images d’information et les vidéos amateur ont rejoint ce réservoir. Le montage procède par ressemblance formelle ou résonance affective plutôt que par récit linéaire. Le BAMPFA a d’ailleurs ouvert ces carnets au public lors d’heures de consultation dédiées pendant l’exposition MATRIX 272.

2016: «  Love Is the Message » et le basculement vers l’art

La reconnaissance dans le champ de l’art vient avec un film de sept minutes monté sur «  Ultralight Beam », morceau d’inspiration gospel de Kanye West, présenté quelques jours après l’élection présidentielle américaine de 2016. Le MOCA de Los Angeles le montre dès avril 2017 au Geffen Contemporary, y voyant une convergence d’images trouvées qui va des dirigeants des droits civiques tamponnés d’un filigrane d’agence aux vues aériennes des émeutes de Los Angeles. En juin 2020, treize musées de sept pays le diffusent gratuitement en ligne pendant quarante-huit heures.

Une trajectoire d’expositions internationales

En 2017, la Serpentine de Londres lui consacre «  A Series of Utterly Improbable, Yet Extraordinary Renditions », installation conçue pour le lieu et associée aux travaux de Ming Smith, Frida Orupabo et Missylanyus; l’exposition circule ensuite à la Julia Stoschek Collection de Berlin, à la Galerie Rudolfinum de Prague, puis au Moderna Museet de Stockholm en 2019. «  The White Album », commande du BAMPFA présentée fin 2018 à Berkeley, est montrée l’année suivante à la 58e Biennale de Venise. En 2023, Jafa figure parmi les nommés du prix de photographie de la Deutsche Börse pour son exposition «  Live Evil » à LUMA Arles.

La pratique en bref

Médiums: installation vidéo à canal unique, film et documentaire, tirages numériques grand format contrecollés sur aluminium, carnets et assemblages d’images imprimées, conférences-performances.

Techniques: montage d’images trouvées (found footage) issues de la télévision, du cinéma et de plateformes en ligne, association par ressemblance formelle et résonance affective plutôt que par récit, synchronisation d’un montage sur une pièce musicale existante, tirage jet d’encre contrecollé Diasec sur panneau d’aluminium, à l’échelle architecturale, direction de la photographie de fiction.

Motifs récurrents: recherche d’une esthétique visuelle noire équivalente à la puissance de la musique noire américaine, iconographie de la culture noire américaine, du gospel à la pop, circulation des images de violence policière et de leur consommation médiatique, absence, perte et héritages impossibles, science-fiction et imaginaires spéculatifs.

2025, première apparition parisienne à la Bourse de Commerce

La Bourse de Commerce indique explicitement que deux films de l’artiste appartenant à la Collection Pinault y ont été «  présentés pour la première fois à Paris », dans le cadre de l’exposition collective «  Corps et âmes » (5 mars – 25 août 2025), qui réunissait une quarantaine d’artistes autour des liens entre le corps et l’esprit, de Rodin à Ali Cherri. «  AGHDRA » occupait la Galerie 2 et «  Love Is the Message, The Message Is Death » était projeté dans le Studio. La page consacrée à l’artiste affiche toutefois une fenêtre de dates légèrement différente de celle de l’exposition, ce que nous signalons plutôt que de trancher.

Une réception française passée d’abord par Arles

Avant cette date, l’œuvre de Jafa circule surtout à Londres, Berlin, Prague, Stockholm et aux États-Unis, sans étape parisienne repérée dans les sources institutionnelles consultées. En France, c’est LUMA Arles qui l’accueille la première avec «  Live Evil », du 14 avril au 13 novembre 2022 — exposition pour laquelle il sera nommé au prix de photographie de la Deutsche Börse en 2023. Aucune acquisition par une collection publique parisienne n’apparaît dans les notices institutionnelles que nous avons ouvertes: cette absence est constatée, non affirmée.

Où voir ses œuvres

Bourse de Commerce — Pinault Collection (Paris) — A présenté «  AGHDRA » et «  Love Is the Message, The Message Is Death » en 2025 dans «  Corps et âmes » — première monstration parisienne de l’artiste selon l’institution.

Hammer Museum (Los Angeles) — Présente «  Arthur Jafa: The White Album » du 14 mars au 30 août 2026.

LUMA Arles (Arles) — A montré l’exposition «  Live Evil » du 14 avril au 13 novembre 2022, seule étape française repérée avant Paris.

Repères chronologiques

1960 — Naissance à Tupelo (Mississippi); il grandit à Clarksdale, dans un État alors ségrégué.

1991 — Directeur de la photographie de «  Daughters of the Dust », de Julie Dash.

1992 — Récompense de photographie au festival de Sundance pour «  Daughters of the Dust ».

2013 — Réalisation du documentaire «  Dreams Are Colder Than Death », sur l’héritage de Martin Luther King.

2016 — «  Love Is the Message, The Message Is Death », présenté juste après l’élection présidentielle américaine.

2017-04 — Exposition personnelle au Geffen Contemporary du MOCA, à Los Angeles.

2017-06 — «  A Series of Utterly Improbable, Yet Extraordinary Renditions » à la Serpentine North Gallery, Londres.

2018-12 — «  Arthur Jafa / MATRIX 272 » au BAMPFA de Berkeley, qui commande «  The White Album ».

2019 — «  The White Album » est installé à la 58e Biennale de Venise, dirigée par Ralph Rugoff.

2022 — Exposition «  Live Evil » à LUMA Arles, du 14 avril au 13 novembre.

2023 — Nomination au prix de photographie de la Deutsche Börse pour «  Live Evil ».

2025 — Deux de ses films entrent pour la première fois dans une salle parisienne, à la Bourse de Commerce.

2026 — «  Arthur Jafa: The White Album » au Hammer Museum de Los Angeles, du 14 mars au 30 août.

Arthur Jafa & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Arthur Jafa à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qui est Arthur Jafa ?

Artiste et cinéaste américain né en 1960 à Tupelo, dans le Mississippi, installé à Los Angeles. Formé à l'architecture et au cinéma à Howard University, il a d'abord exercé comme directeur de la photographie avant de développer une œuvre d'installations et de films fondée sur le montage d'images collectées.

Qu'est-ce que « Love Is the Message, The Message Is Death » ?

Un film de sept minutes réalisé en 2016, monté sur « Ultralight Beam » de Kanye West et composé d'images trouvées qui traversent l'histoire afro-américaine, des icônes des droits civiques aux scènes de danse et aux vues d'émeutes. Le MOCA de Los Angeles l'a présenté dès avril 2017.

Arthur Jafa a-t-il déjà été exposé à Paris ?

Oui, mais tardivement : la Bourse de Commerce — Pinault Collection a montré en 2025 « AGHDRA » et « Love Is the Message, The Message Is Death » dans l'exposition « Corps et âmes », en précisant qu'il s'agissait de la première présentation parisienne de ces deux films de la Collection Pinault.

Quels films de cinéma Arthur Jafa a-t-il photographiés ?

Il a signé la photographie de « Daughters of the Dust » de Julie Dash (1991), récompensée à Sundance, puis travaillé sur « Crooklyn » de Spike Lee (1994) et collaboré au dernier film de Stanley Kubrick, « Eyes Wide Shut » (1999), ainsi qu'à des projets d'Isaac Julien et John Akomfrah.

Qu'est-ce que « The White Album » ?

Un film d'une trentaine de minutes achevé en 2018, commandé par le BAMPFA de Berkeley, qui examine la manière dont la culture blanche s'approprie le travail et les productions culturelles noires. Il a été montré à la 58e Biennale de Venise en 2019 et le Hammer Museum le présente en 2026.

Que sont les carnets d'images d'Arthur Jafa ?

Depuis les années 1980, l'artiste découpe et rassemble des images de livres, de magazines et d'archives filmées dans des carnets où il les associe par affinité visuelle. Ce fonds nourrit ses installations ; le BAMPFA en a proposé la consultation publique lors de son exposition MATRIX 272.