Exposition Paris

Exposition Barthélémy Toguo

Né en 1967 à M’Balmayo au Cameroun, formé successivement à Abidjan, à Grenoble et à la Kunstakademie de Düsseldorf, Barthélémy Toguo partage sa vie entre Paris et Bandjoun.

Qui est Barthélémy Toguo ?

Barthélémy Toguo naît en 1967 à M’Balmayo, dans le sud du Cameroun.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Barthélémy Toguo dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une formation répartie sur trois écoles

Barthélémy Toguo naît en 1967 à M’Balmayo, dans le sud du Cameroun. Entre 1989 et 1993, il suit un cursus d’arts plastiques éclaté sur trois établissements: l’École des beaux-arts d’Abidjan en Côte d’Ivoire, l’École des beaux-arts de Grenoble en France, puis la Kunstakademie de Düsseldorf en Allemagne, où il travaille auprès de Tony Cragg, Jannis Kounellis et Konrad Klapheck. Le Centre Pompidou rappelle qu’il a côtoyé à Grenoble une génération dont sont issus Pierre Huyghe et Philippe Parreno. Ce parcours en trois langues et trois écoles nourrit une œuvre qui n’a jamais choisi entre les continents: il vit et travaille aujourd’hui entre Paris et Bandjoun, dans l’ouest camerounais, et a acquis la nationalité française.

L’exil, la frontière et le bagage

Le déplacement forcé traverse l’ensemble du travail de Toguo, qui en emprunte les objets plutôt que les images. Dans «  Rédemption », installation créée en 2012 pour l’exposition «  We Face Forward » à Manchester puis achetée par le Musée national d’art moderne en 2014, deux chaises monumentales se font face, entourées de valises de bois, de ballots de wax, de chaussures alignées et de tampons sculptés portant les mots «  Exil », «  Slavery », «  Triangular Trade » ou «  Shame on you ». En 2022, sous la Pyramide du Louvre, «  Le Pilier des migrants disparus » empile autour d’un mât central une centaine de balluchons de tissus africains, à la fois échelle de sauvetage et compte des disparus des routes de la migration.

Le tampon, l’aquarelle et la terre

Toguo passe sans hiérarchie du papier à la matière lourde. L’aquarelle et le dessin, où les corps se dissolvent en coulures, cohabitent avec la sculpture sur bois d’iroko, la gravure, la tapisserie et la céramique. Le tampon administratif — objet de contrôle aux guichets et aux frontières — devient chez lui une sculpture retournée contre son usage: pour «  Urban Requiem », présenté à la 56e Biennale de Venise en 2015 dans l’exposition «  All the World’s Futures » d’Okwui Enwezor, il taille une centaine de bustes à taille humaine dont les socles portent, gravés en creux, les slogans de mouvements de protestation contemporains. Il travaille aussi la porcelaine et le grès, jusqu’à la commande publique.

Bandjoun Station, un lieu construit au Cameroun

Toguo n’a pas seulement produit des œuvres sur le rapport Nord-Sud: il a bâti une institution. Bandjoun Station, implantée dans les hauts plateaux de l’Ouest camerounais, associe des ateliers de résidence pour artistes et chercheurs internationaux, une collection permanente d’art contemporain réunie par l’artiste et une exploitation agricole pensée dans une logique de souveraineté alimentaire. Le Centre Pompidou date sa création de 2008 et décrit une emprise de trois hectares, tandis que la Galerie Lelong retient 2013 comme année d’ouverture au public: les deux sources divergent sur la date, qui recouvre vraisemblablement un chantier long. Le projet est constant sur son principe: produire au Cameroun, et pas seulement y revenir.

Une reconnaissance française par les institutions

La trajectoire française de Toguo se lit dans une succession d’invitations publiques. Il est nommé en 2016 pour le Prix Marcel Duchamp aux côtés de Kader Attia, Yto Barrada et Ulla von Brandenburg, lors de l’édition qui inaugure l’exposition collective des quatre nommés au Centre Pompidou. En 2021, le musée du quai Branly - Jacques Chirac lui consacre une monographie, «  Désir d’humanité. Les univers de Barthélémy Toguo », carte blanche confiée à la Fondation Dapper, où ses pièces dialoguent avec des arts africains anciens. En 2024-2025, la Bibliothèque nationale de France l’invite comme artiste dans le musée de son site Richelieu. Il est représenté par la Galerie Lelong & Co. à Paris.

La pratique en bref

Médiums: aquarelle, dessin, peinture, sculpture sur bois, céramique et porcelaine, grès émaillé, installation, performance, photographie, vidéo, estampe, tapisserie.

Techniques: tampons sculptés dans le bois d’iroko, gravés en creux de slogans, assemblage de ballots de tissu wax, valises de bois et chaussures, peinture sur carreaux de grès cuits à la Manufacture nationale de Sèvres, aquarelle de grand format aux coulures assumées.

Motifs récurrents: exil et migration, frontières et contrôle administratif des corps, mémoire de la traite et du fait colonial, rapports Nord-Sud, épidémies et recherche médicale, écologie et souveraineté alimentaire, violences politiques et abus de pouvoir.

Paris, base de travail et première scène

Paris est l’un des deux pôles déclarés de l’artiste, qui partage son activité entre la capitale française et Bandjoun au Cameroun. Sa première exposition personnelle parisienne remonte à 1999, avec «  Migrateurs » à l’ARC, programme d’invitation conduit par Hans Ulrich Obrist. Il est depuis représenté par la Galerie Lelong & Co., dont le siège parisien figurait déjà comme sa galerie de référence lorsque l’ADIAF a annoncé sa nomination au Prix Marcel Duchamp en 2016. Cette double implantation n’a rien d’une résidence de confort: elle structure un travail qui met en regard, pièce après pièce, les guichets du Nord et les routes du Sud.

Deux interventions dans l’espace public parisien

Toguo a laissé à Paris deux marques d’échelle très différente. En 2017, la RATP lui confie le décor de la station Château-Rouge, sur la ligne 4, dans le 18e arrondissement: une frise de bustes vus de profil, d’où jaillissent de hautes tiges à larges feuilles, peinte sur grès à la Manufacture nationale de Sèvres. Le bleu mis au point pour cette commande a par la suite été désigné comme «  bleu Toguo ». En 2022, c’est le hall Napoléon du Louvre qui accueille «  Le Pilier des migrants disparus », dressé le long de la colonne centrale sous la Pyramide de Ieoh Ming Pei pendant toute la durée de l’exposition «  Les Choses ».

Les grands rendez-vous institutionnels parisiens

Trois établissements nationaux ont successivement pris en charge son œuvre. Le Centre Pompidou l’a fait entrer dans la collection du Musée national d’art moderne en 2014, puis l’a exposé en 2016 parmi les nommés du Prix Marcel Duchamp, dans le nouveau format collectif inauguré cette année-là. Le musée du quai Branly - Jacques Chirac lui a consacré du 19 mai au 5 décembre 2021 la monographie «  Désir d’humanité », conçue en carte blanche avec la Fondation Dapper. Enfin, la Bibliothèque nationale de France l’a invité du 21 septembre 2024 au 31 août 2025 à parcourir le musée de son site Richelieu et à répondre aux collections de monnaies, médailles et antiques.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou - Musée national d’art moderne (Paris) — conserve «  Rédemption » (achat 2014, inv. AM 2014-684); a exposé l’artiste parmi les nommés du Prix Marcel Duchamp 2016

Musée du Louvre (Paris) — a présenté «  Le Pilier des migrants disparus » sous la Pyramide du 21 septembre 2022 au 23 janvier 2023

Musée du quai Branly - Jacques Chirac (Paris) — monographie «  Désir d’humanité. Les univers de Barthélémy Toguo », 19 mai - 5 décembre 2021, carte blanche à la Fondation Dapper

Musée de la BnF, site Richelieu (Paris) — artiste invité du 21 septembre 2024 au 31 août 2025, avec l’installation «  A Book is my Hope » dans l’escalier

Station de métro Château-Rouge (ligne 4) (Paris) — décor pérenne «  Célébrations », grès peint à la Manufacture nationale de Sèvres, 2017

Galerie Lelong & Co. (Paris) — galerie qui représente l’artiste

Bandjoun Station (Bandjoun (Cameroun)) — lieu de résidence, collection et agriculture fondé par l’artiste

Repères chronologiques

1967 — Naissance de Barthélémy Toguo à M’Balmayo, dans le sud du Cameroun.

1989-1993 — Études d’arts plastiques à Abidjan, puis à l’École des beaux-arts de Grenoble et à la Kunstakademie de Düsseldorf.

1999 — Première exposition personnelle parisienne dans le cadre du programme «  Migrateurs » à l’ARC.

2014 — Achat de l’installation «  Rédemption » par le Musée national d’art moderne, Centre Pompidou (inv. AM 2014-684).

2015 — Présentation d’«  Urban Requiem » à la Biennale de Venise, dans «  All the World’s Futures » d’Okwui Enwezor.

2016-02-04 — Annonce par l’ADIAF de sa nomination au Prix Marcel Duchamp 2016 avec trois autres artistes.

2017 — Installation du décor «  Célébrations » à la station de métro Château-Rouge, ligne 4, à Paris.

2021-05-19 — Ouverture de «  Désir d’humanité » au musée du quai Branly - Jacques Chirac, jusqu’au 5 décembre 2021.

2022-09-21 — Érection du «  Pilier des migrants disparus » sous la Pyramide du Louvre, jusqu’au 23 janvier 2023.

2024-09-21 — Début de son invitation comme artiste au musée de la BnF, site Richelieu, jusqu’au 31 août 2025.

Barthélémy Toguo & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Barthélémy Toguo à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Où peut-on voir une œuvre de Barthélémy Toguo à Paris de façon permanente ?

Deux points d'ancrage permanents existent. La station de métro Château-Rouge, sur la ligne 4, conserve depuis 2017 « Célébrations », frise de bustes et de végétaux peinte sur grès à la Manufacture nationale de Sèvres. Et le Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou, a acquis en 2014 l'installation « Rédemption », visible selon les accrochages de la collection.

Qu'est-ce que « Le Pilier des migrants disparus » présenté au Louvre ?

C'est une installation monumentale de 2022 dressée le long de la colonne centrale du hall, sous la Pyramide du Louvre, dans le cadre de l'exposition « Les Choses. Une histoire de la nature morte » présentée du 12 octobre 2022 au 23 janvier 2023. Une centaine de balluchons de tissus africains y sont accrochés à un mât, évoquant à la fois une échelle de sauvetage et le décompte des vies perdues sur les routes de l'exil.

Pourquoi Barthélémy Toguo sculpte-t-il des tampons ?

Le tampon est l'outil du guichet, du visa et du contrôle aux frontières : en le taillant à taille humaine dans le bois d'iroko, Toguo retourne un instrument administratif en sculpture. Dans « Urban Requiem », présenté à la Biennale de Venise en 2015, les socles de ces bustes portent gravés les slogans de mouvements de protestation contemporains, prêts à être imprimés.

Qu'est-ce que Bandjoun Station ?

C'est le lieu fondé par l'artiste dans l'ouest du Cameroun : ateliers de résidence pour artistes et chercheurs venus du monde entier, collection permanente d'art contemporain réunie par Toguo, et exploitation agricole tournée vers la souveraineté alimentaire. Le Centre Pompidou situe sa création en 2008 sur trois hectares, la Galerie Lelong retient 2013 comme date d'ouverture.

Barthélémy Toguo a-t-il reçu le Prix Marcel Duchamp ?

Non. Il a été nommé pour l'édition 2016 du prix, aux côtés de Kader Attia, Yto Barrada et Ulla von Brandenburg, lors de la seizième édition, la première à exposer les quatre nommés ensemble au Centre Pompidou plutôt que le seul lauréat. C'est à cette occasion qu'il réalise l'ensemble de vases de porcelaine « Vaincre le virus ! ».

Quelle exposition la BnF lui a-t-elle consacrée ?

La Bibliothèque nationale de France l'a invité comme artiste dans le musée de son site Richelieu, du 21 septembre 2024 au 31 août 2025, en écho à la thématique « Le monde pour horizon ». L'installation « A Book is my Hope », montrée pour la première fois en France, occupait l'escalier, tandis que céramiques et médailles répondaient au département des Monnaies, médailles et antiques.