Exposition Paris

Exposition Bernard Frize

Peintre français né à Saint-Mandé, Bernard Frize construit depuis 1977 une abstraction qui ne raconte rien d’autre que ses propres règles: avant chaque nouvel ensemble de toiles, il fixe un protocole — un outil, une manière de charger la brosse, un ordre de passage — puis s’y tient.

Qui est Bernard Frize ?

Le Centre Pompidou fait débuter l’œuvre de Bernard Frize en 1977.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Bernard Frize dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Un commencement en 1977, sur la trame de la toile

Le Centre Pompidou fait débuter l’œuvre de Bernard Frize en 1977. L’artiste raconte lui-même à Angela Lampe qu’il a alors repris son activité en couvrant la trame de la toile de traits colorés horizontaux et verticaux, «  de manière mécanique ». Il qualifie ce geste d’«  idiot » et le compare au travail d’un moine appliqué à répéter ses traits: il ne s’agissait pas de décrire un monde sans raison, mais un monde dont on cherche la raison. La notice du musée situe au milieu des années 1970 une première série de tableaux abstraits exécutés au «  traînard », ce pinceau à ligne très mince habituellement réservé aux détails infimes, dont les touches serrées imitent le tissu du support.

Villa Médicis, puis l’entrée dans les collections publiques

Un rapport du Sénat consacré à la Villa Médicis recense Bernard Frize, peintre, parmi les pensionnaires de l’Académie de France à Rome pour la période 1984-1986. Le retour en France coïncide avec la reconnaissance institutionnelle: le Musée national d’art moderne achète «  Ni fait, ni à faire » en 1988, l’année même où le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris lui offre sa première exposition personnelle, puis «  Sans titre (squelette) » en 1990. Le Centre national des arts plastiques conserve pour sa part quatre œuvres, et les Fonds régionaux d’art contemporain vingt-cinq.

«  Aplat », 2003: une centaine de tableaux au Musée d’Art moderne

Le communiqué de presse repris par le Cnap détaille l’exposition «  Aplat », présentée du 6 juin au 28 septembre 2003 au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris: une centaine de peintures des dix dernières années, ponctuées de pièces de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Le parcours, conçu par l’artiste lui-même, refusait l’ordre chronologique au profit d’affinités, d’enchaînements et de parentés entre les tableaux. Le visiteur y découvrait d’abord des agrandissements numériques de «  Heawood », puis les séries «  Suite automatique » (1996), «  Marine » et «  Forêt » (1997), «  Solitaire » (1999) ou encore «  Rosta » (2002).

«  Sans repentir », 2019: six paradoxes au Centre Pompidou

Du 29 mai au 26 août 2019, la Galerie 3 du Centre Pompidou a accueilli «  Bernard Frize. Sans repentir », soit une soixantaine d’œuvres réunies par Angela Lampe, conservatrice au Musée national d’art moderne, en collaboration étroite avec l’artiste. Le parcours, d’inspiration oulipienne et volontairement paradoxal, brouillait l’approche sérielle du peintre autour de six thèmes: Avec déraison, Sans effort, Avec système, Sans système, Avec maîtrise, Sans arrêt. Le musée présentait l’exposition comme une entrée dans l’acte même de création, révélant les stratégies et les défis intellectuels qui sous-tendent les tableaux.

Une fidélité de trente ans à la galerie Perrotin

Le site de l’artiste indique qu’il est représenté par la galerie Emmanuel Perrotin à Paris, la Marian Goodman Gallery à New York et la Galerie Nächst St. Stephan à Vienne. Connaissance des Arts rappelle que Frize a compté parmi les tout premiers peintres de renom à faire confiance à Emmanuel Perrotin lorsque celui-ci s’est lancé, il y a plus de trente ans. «  Les 26 », présentée avenue Matignon du 8 avril au 30 mai 2026, était sa dixième exposition chez Perrotin à Paris: de grands formats bâtis sur un vocabulaire élémentaire de carrés et de rectangles, accrochés de façon épurée sur quatre niveaux.

La pratique en bref

Médiums: peinture acrylique et résine sur toile, sérigraphie, feutre à gouache sur papier, photographie, sculpture.

Techniques: protocole fixé avant la réalisation d’un corpus de tableaux, recours au «  traînard », pinceau à ligne très fine, peinture au rouleau, tracés floutés réalisés au pistolet, brosse très large chargée de plusieurs couleurs, scellement de la couche picturale sous une résine acrylique glacée, recours à des assistants pour l’exécution.

Motifs récurrents: la règle comme moteur, non comme contrainte, la part laissée au hasard et son éventuelle simulation, la neutralité assumée devant la couleur, la loyauté envers le spectateur, contre l’immersion, la mise en abyme du support et du geste.

Né aux portes de Paris, exposé au Musée d’Art moderne dès 1988

Le Getty Research Institute situe la naissance de Bernard Frize à Saint-Mandé, en Île-de-France, commune limitrophe du bois de Vincennes. C’est le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris qui lui donne sa première exposition personnelle en 1988, comme le rappelle le communiqué de presse diffusé quinze ans plus tard par le musée: «  Après la présentation d’une première exposition personnelle en 1988… ». Le même musée revient à son œuvre en 2003 avec «  Aplat », dont le catalogue paraît chez Paris-Musées sous la direction de Suzanne Pagé et Béatrice Parent, avec un texte de Patricia Falguières et un entretien d’Irmeline Lebeer avec l’artiste.

Six tableaux dans la collection du Musée national d’art moderne

La collection du Centre Pompidou compte six œuvres de Bernard Frize, échelonnées de 1980 à 2007: «  Suite Segond 100 N°3 » (1980), «  Sans titre » (1985), «  Ni fait, ni à faire » (1988), «  Sans titre (squelette) » (1990), «  Suite au rouleau » (1993) et «  Oma » (2007). Les modes d’entrée disent la durée de la relation: achat en 1988, achat en 1990, achat en 2003, puis don de l’artiste en 2024. Toutes sont rattachées au secteur Arts plastiques - Contemporain du musée.

Trente ans d’expositions parisiennes en galerie

La galerie Emmanuel Perrotin, 76 rue de Turenne dans le Marais, figure parmi les représentants de l’artiste sur son propre site. Connaissance des Arts souligne que Frize a été l’un des premiers peintres reconnus à rejoindre Emmanuel Perrotin à ses débuts, plus de trente ans plus tôt, et que «  Les 26 » constituait en 2026 sa dixième exposition parisienne dans cette galerie, cette fois dans l’espace de l’avenue Matignon. L’agenda Slash Paris recense par ailleurs «  Hello, My Name is Bernard Frize » en 2014 et «  Ad Nauseam » en 2011 chez le même galeriste.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve six œuvres de l’artiste et lui a consacré la rétrospective «  Sans repentir » du 29 mai au 26 août 2019, en Galerie 3.

Musée d’Art moderne de Paris (Paris) — Première exposition personnelle de l’artiste en 1988, puis exposition «  Aplat » du 6 juin au 28 septembre 2003.

Galerie Perrotin (Paris) — Galerie représentante à Paris; dixième exposition personnelle de l’artiste, «  Les 26 », du 8 avril au 30 mai 2026 avenue Matignon.

Repères chronologiques

1977 — Reprise de l’activité de peintre: la trame de la toile est couverte de traits colorés horizontaux et verticaux, appliqués mécaniquement.

1980 — Réalisation de «  Suite Segond 100 N°3 », acrylique et résine sur toile de 130 x 162 cm, aujourd’hui au Musée national d’art moderne.

1984-1986 — Pensionnaire de la Villa Médicis, Académie de France à Rome, au titre de la peinture, selon le recensement publié par le Sénat.

1988 — Première exposition personnelle au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris; le Musée national d’art moderne achète «  Ni fait, ni à faire ».

1990 — Achat par le Musée national d’art moderne de «  Sans titre (squelette) », entrée au secteur Arts plastiques - Contemporain.

2003 — Exposition «  Aplat » au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, du 6 juin au 28 septembre, avec une centaine de peintures.

2015 — Lauréat du prix Käthe-Kollwitz décerné par l’Akademie der Künste de Berlin, selon la notice encyclopédique de référence.

2019 — Rétrospective «  Bernard Frize. Sans repentir » en Galerie 3 du Centre Pompidou, du 29 mai au 26 août, commissariat d’Angela Lampe.

2024 — Don de l’artiste au Musée national d’art moderne: «  Suite Segond 100 N°3 » entre en collection sous le numéro AM 2024-827.

2026 — «  Les 26 », dixième exposition personnelle chez Perrotin à Paris, avenue Matignon, du 8 avril au 30 mai 2026.

Bernard Frize & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Bernard Frize à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

En quelle année Bernard Frize est-il né ?

Les notices divergent. Les six fiches d'œuvres du Centre Pompidou indiquent « Bernard Frize (1954, France) », date également retenue par Connaissance des Arts en 2026. Le Getty ULAN et le MoMA retiennent au contraire 1949. Le lieu de naissance, Saint-Mandé en Île-de-France, fait en revanche consensus.

Où voir des œuvres de Bernard Frize à Paris ?

Le Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou, conserve six peintures de l'artiste, de « Suite Segond 100 N°3 » (1980) à « Oma » (2007). Le Centre national des arts plastiques en conserve quatre et les Fonds régionaux d'art contemporain vingt-cinq. La présentation en salle dépend des accrochages en cours.

Que montrait l'exposition « Sans repentir » au Centre Pompidou ?

Une soixantaine d'œuvres réunies en Galerie 3 du 29 mai au 26 août 2019, sous le commissariat d'Angela Lampe, conservatrice au Musée national d'art moderne. Le parcours, d'inspiration oulipienne, se déployait en six thèmes paradoxaux : Avec déraison, Sans effort, Avec système, Sans système, Avec maîtrise, Sans arrêt.

Comment Bernard Frize fabrique-t-il un tableau ?

Il fixe d'abord une règle, puis l'applique. Le Cnap décrit une œuvre bâtie sur ses éléments constitutifs — format du tableau, taille des brosses, couleurs disponibles — dans la plus grande neutralité possible. Les outils changent d'une série à l'autre : « traînard » à ligne très fine, rouleau, ou pistolet pour les tracés floutés d'« Oma ».

Pourquoi ses surfaces paraissent-elles lisses et presque cirées ?

Parce qu'elles sont scellées sous résine. Frize l'explique à Angela Lampe : il a voulu « sceller la peinture dans une matière quasi photographique » pour qu'elle reste lointaine et que le spectateur ne se sente pas dominé par la toile. Les notices du Centre Pompidou décrivent d'ailleurs la technique comme « peinture acrylique et résine sur toile ».

Qu'était l'exposition « Aplat » au Musée d'Art moderne de Paris ?

Une exposition présentée du 6 juin au 28 septembre 2003, réunissant une centaine de peintures des dix années précédentes avec quelques ponctuations plus anciennes. L'artiste en avait conçu lui-même le parcours, sans ordre chronologique, en suivant des affinités entre les œuvres. Le catalogue a paru chez Paris-Musées.