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Cette page sert surtout à situer Bharti Kher dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à Londres en 1969 et installée en Inde au début des années 1990, Bharti Kher a fait du bindi — la pastille adhésive portée sur le front en Inde — un matériau de sculpture et de peinture à part entière.
Bharti Kher naît à Londres en 1969.
Cette page sert surtout à situer Bharti Kher dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Bharti Kher naît à Londres en 1969. Elle suit une année de mise à niveau en art et design au Middlesex Polytechnic de Londres, puis obtient un BA honours de beaux-arts, mention peinture, au Newcastle Polytechnic, dont elle sort diplômée en 1991. Elle part ensuite pour l’Inde et s’y établit: le Public Art Fund date son installation de 1992, la notice française d’AWARE de 1993 — cette divergence d’un an entre sources sérieuses n’est pas tranchée ici. Elle vit et travaille depuis lors entre New Delhi et Londres, position d’entre-deux que le Public Art Fund décrit comme le socle même de son travail.
En 1995, Bharti Kher tombe sur des bindis manufacturés en forme de spermatozoïde; la pastille adhésive, signe à la fois religieux, social et conjugal porté par les femmes en Inde et lue comme le troisième œil reliant le spirituel au matériel, devient sa matière première. Elle en couvre des panneaux entiers pour des compositions abstraites qu’elle nomme peintures, et en recouvre ses sculptures en fibre de verre. Le Tate rappelle que Kher recourt régulièrement à des matériaux issus du quotidien des femmes d’Asie du Sud, dont le sari et le bindi, pour construire ses figures.
L’œuvre de Kher est peuplée de créatures composites. Hungry Dogs Eat Dirty Pudding (2004) greffe une tête animale sur un aspirateur; An Absence of Assignable Cause (2007) donne à voir un cœur de baleine grandeur nature en fibre de verre, criblé de bindis et posé à même le sol. À partir des marchés d’occasion indiens, elle rassemble des figurines de terre peintes qu’elle brise puis recompose: c’est la série des Intermediaries, matrice d’une mythologie personnelle où l’animal, l’humain et l’objet ne se distinguent plus. Perrotin résume cette méthode par un mot: le contrepoint.
En 2016, la Vancouver Art Gallery consacre à Kher, du 9 juillet au 10 octobre, sa première grande rétrospective nord-américaine sous le titre Matter, réunissant peinture, photographie et sculpture. Six ans plus tard, le Public Art Fund installe Ancestor sur la Doris C. Freedman Plaza, à l’entrée de Central Park, du 8 septembre 2022 au 27 août 2023: une figure maternelle universelle en bronze de près de dix-huit pieds, agrandissement méticuleux d’une statuette des Intermediaries, et l’œuvre la plus ambitieuse de l’artiste à cette date selon l’institution.
Invitée par le Tate St Ives du 1er février au 5 mai 2025, en écho à l’exposition consacrée à Ithell Colquhoun, Kher présente sculptures, peintures et dessins dans une salle unique. Le musée souligne qu’elle puise dans des philosophies, théologies et mythologies de plusieurs cultures, et qu’elle compare elle-même sa pratique à l’alchimie — philosophie naturelle de la transformation matérielle et spirituelle — pour activer le potentiel magique des objets. Ses figures y jouent de l’équilibre précaire entre le corps et ce qui l’entoure.
Après une longue période essentiellement consacrée à la sculpture, Bharti Kher revient à la peinture. Sa septième exposition personnelle à la galerie Perrotin, The Sun Splitting Stones, présentée à Paris du 18 octobre au 20 décembre 2025, est explicitement construite autour de ce retour: le site de l’artiste décrit un médium à la fois intime et puissant, dont elle explore les dimensions symbolique et spirituelle, au terme de plus de vingt ans d’une pratique nourrie par le corps, la mémoire et le mythe.
Médiums: sculpture, peinture, installation, dessin, objet trouvé.
Techniques: application de bindis manufacturés sur panneau, carte ou sculpture, moulage et modelage en fibre de verre, fonte de bronze à grande échelle, sari durci à la résine, cire et plâtre, bris puis recomposition de figurines de terre cuite.
Motifs récurrents: identité interculturelle et migration, condition féminine, hybridation entre l’humain et l’animal, mythologies et récits, transformation et alchimie, corps, mémoire et domesticité, violence et mort.
La relation de Bharti Kher avec Paris passe d’abord par la galerie Perrotin, qui la représente. Quatre de ses expositions personnelles y ont été montrées rue de Turenne et alentour: Sing to them that will listen en 2008, Leave your smell en 2011, The Laws of Reversed Effort en 2016, puis The Sun Splitting Stones du 18 octobre au 20 décembre 2025, présentée par la galerie comme sa septième exposition personnelle chez Perrotin toutes villes confondues. Elle a également figuré à Paris dans l’accrochage collectif Girl, réuni par Pharrell Williams en 2014.
Bharti Kher figure parmi les artistes de Paris-Delhi-Bombay… L’Inde vue par des artistes indiens et français, présentée au Centre Pompidou du 25 mai au 19 septembre 2011 dans la Galerie 1, au niveau 6. Le dossier pédagogique du musée l’inscrit dans la sélection de la scène indienne, avec la mention « Née en 1969 à Londres. Vit à New Delhi ». L’exposition, placée sous le commissariat de Sophie Duplaix et Fabrice Bousteau, s’organisait autour de six thèmes — politique, urbanisme et environnement, religion, foyer, identité, artisanat.
L’artiste dispose d’une notice française de référence chez AWARE, Archives of Women Artists, Research and Exhibitions, association établie à Paris, dans le 3e arrondissement. Cette notice, soutenue par la galerie Emmanuel Perrotin, décrit précisément l’entrée du bindi dans son vocabulaire à partir de 1995 et recense les publications monographiques disponibles, dont le catalogue Bharti Kher Matter de la Vancouver Art Gallery et This Breathing House publié par Hauser & Wirth Publishers en 2016.
Perrotin Paris (Paris) — Galerie représentant l’artiste; quatre expositions personnelles parisiennes en 2008, 2011, 2016 et 2025
Centre Pompidou (Paris) — Artiste exposée dans Paris-Delhi-Bombay…, du 25 mai au 19 septembre 2011
Tate (Londres) — Détient l’œuvre confess (2009-2010) et a présenté un accrochage personnel au Tate St Ives en 2025
Vancouver Art Gallery (Vancouver) — Première grande rétrospective nord-américaine, Matter, du 9 juillet au 10 octobre 2016
1969 — Naissance à Londres, au Royaume-Uni.
1991 — Diplôme de beaux-arts, mention peinture, du Newcastle Polytechnic.
1995 — Découverte de bindis manufacturés en forme de spermatozoïde, point de départ de son matériau signature.
2008 — Première exposition personnelle parisienne, Sing to them that will listen, chez Perrotin.
2011 — Participation à Paris-Delhi-Bombay… au Centre Pompidou, du 25 mai au 19 septembre.
2016 — Rétrospective Matter à la Vancouver Art Gallery, du 9 juillet au 10 octobre, première grande synthèse nord-américaine.
2022 — Ancestor installée par le Public Art Fund à la Doris C. Freedman Plaza, New York, à partir du 8 septembre.
2025-02 — Accrochage personnel au Tate St Ives, du 1er février au 5 mai, en écho à Ithell Colquhoun.
2025-10 — The Sun Splitting Stones chez Perrotin Paris, du 18 octobre au 20 décembre, marquant son retour à la peinture.
2026 — Exposition annoncée au Victoria & Albert Museum de Londres dans le calendrier de la galerie.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Bharti Kher à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce qu'elle en a découvert en 1995 des versions manufacturées en forme de spermatozoïde. Signe religieux, social et conjugal porté par les femmes en Inde, lu comme le troisième œil reliant le spirituel au matériel, le bindi lui sert depuis à composer des panneaux abstraits et à recouvrir ses sculptures.
Une figure maternelle universelle en bronze de près de dix-huit pieds, agrandie à partir d'une statuette de la série Intermediaries. Le Public Art Fund l'a présentée sur la Doris C. Freedman Plaza du 8 septembre 2022 au 27 août 2023 comme un monument allégorique, à rebours de la statuaire commémorative.
Un ensemble de figures composites obtenues en brisant puis en recomposant des figurines de terre peinte achetées sur les marchés d'occasion indiens. De ces fragments réassemblés naissent des créatures hybrides, mi-animales mi-humaines, qui ont ensuite servi de matrice à des sculptures monumentales.
Oui : confess, réalisée en 2009-2010, appartient à la collection de la Tate. Il s'agit d'une structure de bois close dont le titre et l'apparence évoquent, selon le musée, un confessionnal, une chambre ou une cellule ; elle a été montrée au Tate Modern face à une œuvre de Yasmin Jahan Nupur.
Quatre à ce jour, toutes chez Perrotin : Sing to them that will listen en 2008, Leave your smell en 2011, The Laws of Reversed Effort en 2016 et The Sun Splitting Stones du 18 octobre au 20 décembre 2025. Aucune institution parisienne ne lui a consacré de monographie à ce jour.
Les deux répondent en partie. Elle naît à Londres en 1969, y grandit et y étudie jusqu'à son diplôme de Newcastle en 1991, puis s'installe en Inde au début des années 1990. Le Public Art Fund date ce départ de 1992, AWARE de 1993 ; elle partage aujourd'hui sa vie entre New Delhi et Londres.