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Cette page sert surtout à situer Bridget Riley dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à Londres en 1931, Bridget Riley construit depuis le début des années 1960 une peinture abstraite entièrement fondée sur ce que l’œil éprouve: rayures, ovales, courbes et bandes de couleur y produisent une vibration physique que le spectateur ressent avant de la comprendre.
Fille d’un homme d’affaires, Bridget Riley naît à Norwood, dans le sud de Londres, en 1931, et passe son enfance en Cornouailles puis dans le Lincolnshire.
Cette page sert surtout à situer Bridget Riley dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Fille d’un homme d’affaires, Bridget Riley naît à Norwood, dans le sud de Londres, en 1931, et passe son enfance en Cornouailles puis dans le Lincolnshire. Elle étudie au Goldsmiths’ College de 1949 à 1952, puis au Royal College of Art de 1952 à 1955. Elle peint d’abord des figures dans une manière semi-impressionniste avant de passer au pointillisme vers 1958, principalement pour des paysages. Elle enseigne, ouvre en 1959 un cours de design fondamental à la Loughborough School of Art, puis enseigne à Hornsey et, à partir de 1962, à la Croydon School of Art, tout en travaillant depuis 1960 pour l’agence de publicité J. Walter Thompson. Elle abandonne enseignement et publicité en 1963-1964, au moment précis où sa peinture s’impose.
En 1949, à la National Gallery de Londres, Riley découvre Une baignade à Asnières de Georges Seurat. Dix ans plus tard, en 1959, elle décide de copier Le Pont de Courbevoie d’après une reproduction imprimée publiée chez Faber & Faber, sans avoir jamais vu l’original, pour comprendre par quels moyens le peintre obtient une lumière aussi saisissante. Ce n’est pas l’iconographie sociale de Seurat qui l’intéresse, mais sa méthode: juxtaposer des couleurs pour produire une vibration optique. Selon ses propres mots, copier Seurat lui a permis de comprendre la pensée picturale, et l’idée de donner à la peinture impressionniste une base méthodique a répondu à son besoin du moment. Ce geste d’atelier reste, plus de soixante ans après, la clé que l’artiste donne elle-même de son travail.
Movement in Squares, peint en 1961, marque selon l’artiste elle-même le début de son passage à l’abstraction pure. Suivent les grands noir et blanc comme Fall en 1963, qui produisent sur l’œil un effet physiquement désorientant. Riley expose au sein de la nouvelle génération britannique — Young Contemporaries, The New Generation à la Whitechapel Gallery en 1964, Painting and Sculpture of a Decade 1954-1964 à la Tate — et sa première exposition personnelle a lieu à la Gallery One en 1962. Sa participation à The Responsive Eye, au Museum of Modern Art de New York en 1965, la propulse au centre d’un phénomène de mode dont elle refusera l’étiquette: elle a toujours marqué une distance vis-à-vis de l’Op art, préférant se situer dans la tradition postimpressionniste.
En 1968, Bridget Riley représente la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise, dans le pavillon britannique aux côtés du sculpteur Phillip King, et y reçoit le prix international de peinture: elle est la première artiste britannique à l’obtenir. Elle avait déjà été distinguée en 1963 par le prix de la critique de l’AICA et par un prix de la section ouverte du John Moores de Liverpool, puis en 1964 par une bourse de voyage aux États-Unis de la Peter Stuyvesant Foundation. Suivent les grandes rétrospectives institutionnelles, de la Hayward Gallery de Londres à la Galerie nationale de Prague en 1971, puis à la Kunsthalle de Nuremberg en 1992. Le Praemium Imperiale, catégorie peinture, la distingue plus tard comme l’une des plus fines représentantes de l’art optique.
Après la période des noir et blanc, Riley engage sa peinture dans une exploration systématique de la couleur, avec des bandes verticales puis des courbes, des losanges et des disques. Elle travaille de plus en plus à l’échelle du bâtiment: ses peintures murales, exécutées in situ, épousent l’architecture qui les accueille. La National Gallery de Londres lui consacre en 2010-2011 une exposition dans la Sunley Room, centrée sur ses peintures récentes et sur la manière dont son œuvre dialogue avec la collection du musée; deux des travaux y sont réalisés directement sur le mur. Le Centre Pompidou a acquis en 2011 le triptyque Red with Red, une huile sur lin de près de six mètrès de large, puis en 2026 une peinture murale acrylique de 2024, Ascent 2 Dark Colour.
Médiums: peinture à l’huile sur lin, peinture acrylique, émulsion sur panneau, dessin, peinture murale in situ, estampe.
Techniques: juxtaposition de couleurs héritée de la méthode divisionniste de Seurat, répétition et déformation progressive d’une unité géométrique (carré, ovale, courbe), peinture murale exécutée directement sur l’architecture, à dimensions variables, travail préparatoire par études et cartons avant exécution.
Motifs récurrents: la perception optique comme sujet même du tableau, la vibration et l’instabilité produites par la couleur, le rythme et la cadence, souvent rapprochés de la musique, l’héritage postimpressionniste revendiqué contre l’étiquette Op art.
Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente du 12 juin au 14 septembre 2008 la première rétrospective française consacrée à Bridget Riley. Le musée souligne alors que l’œuvre de l’artiste, saluée aux États-Unis, en Australie et ailleurs en Europe, reste peu connue en France. Le parcours s’ouvre sur ses premières toiles inspirées de Seurat et se referme sur des œuvres récentes, pour la plupart inédites en Europe, en remettant en perspective les peintures noir et blanc popularisées par l’Op art. Deux œuvres monumentales et éphémères sont conçues pour l’occasion: un dessin mural, Composition with Circles, et une Wall Painting.
Du 21 octobre 2025 au 25 janvier 2026, le musée d’Orsay consacre à l’artiste l’exposition Bridget Riley. Point de départ, qui explore la manière dont l’étude de Georges Seurat a constitué l’impulsion fondatrice de sa démarche. Le titre renvoie au moment de 1959 où Riley copie Le Pont de Courbevoie d’après une reproduction imprimée et apprend, ce faisant, à placer et juxtaposer les couleurs pour créer des effets de vibration optique. C’est le rapprochement le plus explicite jamais organisé à Paris entre la peintre britannique et la source française qu’elle revendique depuis sa formation.
Le Musée national d’art moderne conserve quatre œuvres de Bridget Riley. Deux pièces sans titre datées de 1970 y côtoient Red with Red Triptych, huile sur lin de 169,4 sur 570 centimètrès réalisée en 2010, acquise en 2011 avec la participation de la Clarence Westbury Foundation et d’une fondation privée anonyme, et inventoriée AM 2011-303. S’y ajoute Ascent 2 Dark Colour (Wall Painting), peinture acrylique murale réalisée in situ en 2024, à dimensions variables, achetée en 2026 sous le numéro AM 2026-125. La présence parisienne de Riley n’est donc pas seulement événementielle: elle est aussi patrimoniale.
Musée d’Orsay (Paris) — Exposition monographique Bridget Riley. Point de départ, du 21 octobre 2025 au 25 janvier 2026, consacrée à l’influence de Seurat.
Musée d’Art moderne de Paris (Paris) — Première rétrospective française de l’artiste, du 12 juin au 14 septembre 2008, avec deux œuvres murales éphémères créées sur place.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve quatre œuvres de l’artiste, dont Red with Red Triptych (2010) et la peinture murale Ascent 2 Dark Colour (2024).
Tate (Londres) — Conserve plusieurs œuvres de Riley, dont Fall (1963, T00616), et un fonds d’œuvres graphiques consultable sur rendez-vous.
1931 — Naissance à Norwood, dans le sud de Londres; enfance en Cornouailles puis dans le Lincolnshire.
1949 — Découverte d’Une baignade à Asnières de Georges Seurat à la National Gallery de Londres.
1949-1952 — Études au Goldsmiths’ College de Londres, avant le Royal College of Art.
1952-1955 — Études au Royal College of Art de Londres, période de formation décisive.
1959 — Copie du Pont de Courbevoie de Seurat d’après une reproduction imprimée, geste fondateur.
1961 — Movement in Squares, premier jalon de son passage à l’abstraction pure, Arts Council Collection.
1962 — Première exposition personnelle à la Gallery One, à Londres, suivie d’une seconde l’année d’après.
1963 — Fall, peinture noir et blanc entrée dans la collection de la Tate sous le numéro T00616.
1965-02-23 — Ouverture de The Responsive Eye au Museum of Modern Art de New York, exposition dirigée par William C. Seitz.
1968 — Pavillon britannique de la Biennale de Venise et prix international de peinture, une première pour un artiste britannique.
2008-06-12 — Ouverture de la première rétrospective française au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.
2010-11-24 — Ouverture de Bridget Riley: Paintings and Related Work dans la Sunley Room de la National Gallery de Londres.
2011 — Acquisition de Red with Red Triptych par le Centre Pompidou, avec le concours de la Clarence Westbury Foundation.
2025-10-21 — Ouverture de Bridget Riley. Point de départ au musée d’Orsay, consacrée à l’influence de Seurat.
2026 — Achat par le Centre Pompidou de la peinture murale Ascent 2 Dark Colour, réalisée en 2024.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Bridget Riley à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Le Musée d'Art moderne de Paris rappelle que l'artiste a toujours marqué une distance vis-à-vis de ce mouvement et préfère se situer dans la tradition du postimpressionnisme, malgré la popularité de ses peintures noir et blanc auprès du public de l'Op art des années 1960.
Un rôle fondateur. Riley découvre Une baignade à Asnières à la National Gallery de Londres en 1949, puis copie en 1959 Le Pont de Courbevoie d'après une reproduction imprimée, sans avoir vu l'original, pour comprendre comment Seurat obtient sa lumière. Elle en tire un principe de juxtaposition des couleurs qui nourrit encore sa peinture.
Movement in Squares, peint en 1961 et conservé dans l'Arts Council Collection, mesure 123,2 sur 121,2 centimètrès. La notice précise que l'artiste voit elle-même dans ce tableau le début de sa percée vers l'abstraction pure et un exemple précoce de son style mature.
Oui. Riley représente la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise en 1968, dans le pavillon britannique partagé avec le sculpteur Phillip King, et y reçoit le prix international de peinture : elle est la première artiste britannique à obtenir cette distinction.
Le Centre Pompidou conserve quatre œuvres de l'artiste : deux pièces sans titre de 1970, le triptyque Red with Red de 2010 acquis en 2011, et la peinture murale Ascent 2 Dark Colour de 2024, achetée en 2026. Leur présentation dépend toutefois de la programmation et de l'accrochage du musée.
Deux monographies principales : la première rétrospective française au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, du 12 juin au 14 septembre 2008, puis Bridget Riley. Point de départ au musée d'Orsay, du 21 octobre 2025 au 25 janvier 2026, centrée sur son rapport à Seurat.