Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Bruce Nauman dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Sculpteur et vidéaste américain né en 1941 à Fort Wayne, dans l’Indiana, Bruce Nauman a fait de l’atelier lui-même un sujet d’art: ce que fabrique l’artiste quand il ne fabrique rien devient l’œuvre.
À l’université du Wisconsin à Madison, Bruce Nauman étudie les mathématiques et la physique autant que l’art, une combinaison de logique et de création que le SFMOMA décrit comme le carburant de toute sa pratique ultérieure.
Cette page sert surtout à situer Bruce Nauman dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
À l’université du Wisconsin à Madison, Bruce Nauman étudie les mathématiques et la physique autant que l’art, une combinaison de logique et de création que le SFMOMA décrit comme le carburant de toute sa pratique ultérieure. Il obtient un Bachelor of Science en 1964, puis rejoint la Californie du Nord pour un Master of Fine Arts à l’université de Californie à Davis, achevé en 1966. Sa première exposition personnelle en galerie a lieu la même année: à vingt-cinq ans, il quitte donc l’école avec un vocabulaire déjà formé, où la démonstration et le protocole comptent autant que la forme finale.
Le SFMOMA résume ainsi le pari initial de Nauman: l’art est le produit de l’action que l’artiste accomplit dans son atelier, le processus de fabrication valant autant que l’objet achevé. Les quatre films seize millimètrès couleur et muets réunis sous le titre « Art Make Up » (1967-1968), acquis par le Musée national d’art moderne dès 1974 sous le numéro d’inventaire AM 1974-F0239, en donnent la formule la plus nue: l’artiste s’enduit le buste de couches successives de maquillage, sans récit ni public. Le même geste se retrouve dans « Stamping in the Studio » (1968), « Manipulating a Fluorescent Tube » (1968) ou « Bouncing in the Corner 1 and 2 (Upside Down) » (1968-1969), tous conservés à Paris.
Dès 1967, Nauman inscrit une phrase en néon spiralé: « The True Artist Helps the World by Revealing Mystic Truths (Window or Wall Sign) », entrée depuis au Philadelphia Museum of Art sous le numéro 2007-44-1. La déclaration est trop grandiloquente pour être crue, trop sérieuse pour être seulement drôle: c’est le régime d’ironie que le Praemium Imperiale décrit comme sa manière d’aborder l’aliénation par le jeu de mots. Le procédé culmine dans « 100 Live and Die » (1984), mur de cent phrases lumineuses conservé au Benesse Art Site Naoshima, et se prolonge dans les têtes parlantes de « Good Boy, Bad Boy » (1985-1986), au Centre Pompidou.
À partir des années 1970, l’installation prend le relais de la performance filmée et c’est le visiteur qui exécute le protocole. La Tate conserve « Changing Light Corridor with Rooms » (1971), et son exposition de 2020 réunissait « Double Steel Cage Piece » (1974), « Anthro/Socio (Rinde Spinning) » et « Clown Torture » (1987) pour montrer comment l’artiste revient sans cesse sur les mêmes obsessions sans jamais se répéter. Le Centre Pompidou décrit de son côté un parcours organisé autour de l’évolution du processus de participation du spectateur: entrer dans une pièce de Nauman, c’est accepter d’y être observé et contraint.
Une première synthèse est organisée en 1972-1973 par le Los Angeles County Museum of Art et le Whitney Museum of American Art. En 1986-1987, la Whitechapel Art Gallery de Londres en présente une deuxième, montée avec la Kunsthalle de Bâle et le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. La troisième, coproduite par le Walker Art Center et le Hirshhorn Museum, part du Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía de Madrid en 1993 et passe par le MOCA de Los Angeles, le Museum of Modern Art de New York et la Kunsthaus de Zurich jusqu’en 1995. Le Lion d’or de la Biennale de Venise lui est décerné en 1999.
En 2004, Nauman investit la Turbine Hall de la Tate Modern avec « Raw Materials », présentée du 12 octobre 2004 au 28 mars 2005, et reçoit la même année le Praemium Imperiale de sculpture en tant que seizième lauréat. En 2009, « Bruce Nauman: Topological Gardens », déployée sur trois lieux vénitiens par le Philadelphia Museum of Art du 7 juin au 22 novembre, représente les États-Unis à la 53e Biennale de Venise et remporte le Lion d’or de la meilleure participation nationale. Suivent les « Contrapposto Studies, i through vii » (2015/2016), puis la rétrospective « Disappearing Acts » ouverte au Schaulager de Bâle en 2018 avant le MoMA et le MoMA PS1.
Médiums: film 16 mm, vidéo, néon, son et voix enregistrée, sculpture, installation architecturale, dessin, estampe, photographie, hologramme.
Techniques: performance filmée en plan fixe dans l’atelier, sans public, répétition d’un geste simple jusqu’à épuisement de sa lisibilité, enseigne au néon à texte, allumée en séquence, couloir ou cage construits aux dimensions du corps du visiteur, circuit vidéo en direct désynchronisant l’image de soi et le mouvement, boucle sonore et vocalise diffusées dans un espace vide.
Motifs récurrents: l’atelier et le travail de l’artiste comme sujet, le corps soumis à une contrainte physique, le langage, le jeu de mots et l’échec de la communication, l’aliénation et la violence sous couvert de comique, la surveillance et la place assignée au spectateur, la contradiction assumée de la condition humaine.
Le Musée national d’art moderne référence Bruce Nauman comme sculpteur et vidéaste de nationalité américaine, né en 1941 à Fort Wayne, et conserve un ensemble d’œuvres inhabituellement dense pour un artiste américain vivant: « Untitled » (1965), « Art Make Up » (1967-1968), « Manipulating a Fluorescent Tube » (1968), « Stamping in the Studio » (1968), « Bouncing in the Corner 1 and 2 (Upside Down) » (1968-1969), « Lip Sync » (1969), « Pulling Mouth » (1969), « Gauze » (1969), « Elke Allowing The Floor to Rise Up Over Her, Face Up » (1973), « Tony Sinking into the Floor, Face Up and Face Down » (1974) et « Good Boy, Bad Boy » (1985-1986). L’achat d’« Art Make Up » remonte à 1974, soit six ans après la réalisation des films. Les crédits du musée mentionnent l’Adagp, Paris, comme société de gestion des droits de l’artiste en France.
Du 17 décembre 1997 au 9 mars 1998, le Centre Georges Pompidou consacre à Bruce Nauman une traversée thématique de trente années de travail. Plus de soixante pièces sont réunies: quinze installations audiovisuelles, deux installations sonores, deux sculptures, six néons, onze dessins, neuf estampes, quatre photographies et dix-sept films et vidéos. Le parcours est bâti sur deux axes, d’une part la déclinaison des usages du langage entre textes et images et la progression d’une certaine « musicalité » sonore et visuelle, d’autre part l’évolution du processus de participation du spectateur. C’est à ce jour la manifestation parisienne la plus complète consacrée à l’artiste.
Du 14 mars au 21 juin 2015, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente, dans son bâtiment du 261 boulevard Raspail, dans le 14e arrondissement, la première exposition majeure de Bruce Nauman à Paris depuis plus de quinze ans. L’artiste y sélectionne lui-même une série d’œuvres récentes montrées pour la première fois en France, aux côtés d’installations plus anciennes; « Pencil Lift/Mr. Rogers » (2013) figure dans les vues d’exposition publiées par l’institution. Conçue spécialement pour le lieu, la présentation relie ses pièces les plus abstraites, vidéos et travaux sonores centrés sur la voix et le corps, à ses installations monumentales. La Fondation Cartier maintient depuis une page d’artiste consacrée à Nauman dans la section Collection de son site.
Avant ces deux jalons, Paris apparaît une première fois dans la trajectoire institutionnelle de l’artiste. La rétrospective organisée en 1986-1987 par la Whitechapel Art Gallery de Londres est montée en collaboration avec la Kunsthalle de Bâle et le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, d’après la notice biographique publiée par sa galerie new-yorkaise Sperone Westwater. Cette coproduction inscrit le musée du palais de Tokyo parmi les institutions qui ont porté la reconnaissance européenne de Nauman, une dizaine d’années avant l’exposition du Centre Pompidou. Aucune notice institutionnelle parisienne consultée ne détaille les dates de cette étape.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve une douzaine d’œuvres de l’artiste, dont les quatre films « Art Make Up » achetés en 1974, et lui a consacré l’exposition « Image/Texte 1966-1996 » en 1997-1998.
Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris) — A présenté du 14 mars au 21 juin 2015 la première exposition majeure de Bruce Nauman à Paris depuis plus de quinze ans, conçue avec l’artiste.
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (Paris) — Coproducteur, avec la Whitechapel Art Gallery et la Kunsthalle de Bâle, de la rétrospective de 1986-1987.
Tate Modern (Londres) — Commande de « Raw Materials » pour la Turbine Hall en 2004, puis rétrospective du 7 octobre 2020 au 21 février 2021; la Tate conserve quarante-six œuvres de l’artiste.
Philadelphia Museum of Art (Philadelphie) — Organisateur de « Topological Gardens » au pavillon des États-Unis de la 53e Biennale de Venise en 2009 et propriétaire du néon de 1967 « The True Artist Helps the World by Revealing Mystic Truths ».
1941 — Naissance de Bruce Nauman à Fort Wayne, dans l’Indiana, aux États-Unis.
1964 — Bachelor of Science de l’université du Wisconsin à Madison, où il étudie aussi mathématiques et physique.
1966 — Master of Fine Arts de l’université de Californie à Davis et première exposition personnelle en galerie.
1967 — Réalisation du néon « The True Artist Helps the World by Revealing Mystic Truths », aujourd’hui au Philadelphia Museum of Art.
1974 — Le Musée national d’art moderne achète les quatre films « Art Make Up » (inv. AM 1974-F0239).
1986-1987 — Rétrospective de la Whitechapel Art Gallery montée avec la Kunsthalle de Bâle et le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.
1993-1995 — Rétrospective Walker Art Center et Hirshhorn, du Reina Sofía de Madrid au MOCA, au MoMA puis à la Kunsthaus de Zurich.
1997-1998 — Exposition « Bruce Nauman — Image/Texte 1966-1996 » au Centre Georges Pompidou, du 17 décembre 1997 au 9 mars 1998.
1999 — Lion d’or de la Biennale de Venise décerné à Bruce Nauman.
2004-10-12 — Ouverture de « Raw Materials » dans la Turbine Hall de la Tate Modern, jusqu’au 28 mars 2005.
2004 — Seizième lauréat du Praemium Imperiale dans la catégorie sculpture.
2009-06-07 — Ouverture de « Topological Gardens » au pavillon des États-Unis de la 53e Biennale de Venise, jusqu’au 22 novembre, Lion d’or de la meilleure participation nationale.
2015-03-14 — Ouverture de l’exposition Bruce Nauman à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris, jusqu’au 21 juin.
2018 — Lancement de la rétrospective « Bruce Nauman: Disappearing Acts » au Schaulager de Bâle, avant le MoMA et le MoMA PS1.
2020-10-07 — Ouverture de la rétrospective de la Tate Modern, présentée jusqu’au 21 février 2021.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Bruce Nauman à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Le Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, est le principal dépositaire français : il conserve notamment les quatre films « Art Make Up » (1967-1968) achetés en 1974 sous l'inventaire AM 1974-F0239, ainsi que « Lip Sync » (1969) et « Good Boy, Bad Boy » (1985-1986). La Fondation Cartier pour l'art contemporain consacre par ailleurs une page d'artiste à Nauman dans la section Collection de son site.
Oui, à trois reprises documentées. Le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris coproduit la rétrospective itinérante de 1986-1987 ; le Centre Georges Pompidou présente « Image/Texte 1966-1996 » du 17 décembre 1997 au 9 mars 1998 ; la Fondation Cartier pour l'art contemporain organise du 14 mars au 21 juin 2015 la première exposition majeure de l'artiste dans la capitale depuis plus de quinze ans.
Parce qu'il défend l'idée que l'art est le produit de l'action accomplie par l'artiste dans son atelier : le SFMOMA souligne que ses premières œuvres posent l'équivalence entre le processus de fabrication et l'objet fini. Les films muets « Art Make Up » (1967-1968), où il s'enduit le buste de maquillage sans spectateur, appliquent cette règle à la lettre, et le musée note que son travail revient ensuite sans cesse mettre cette affirmation en doute.
Réalisé en 1967 et conservé au Philadelphia Museum of Art sous le numéro 2007-44-1, ce néon en spirale affiche une déclaration sur la vocation de l'artiste dont l'emphase même fait vaciller le sens. Le Praemium Imperiale rattache ce procédé à un usage régulier de l'ironie et du jeu de mots destiné à poser des questions d'aliénation, sans trancher entre profession de foi et enseigne publicitaire.
Il obtient le Lion d'or de la Biennale de Venise en 1999, puis le Praemium Imperiale de sculpture en tant que seizième lauréat, en 2004. En 2009, l'exposition « Topological Gardens » qu'il présente au pavillon des États-Unis de la 53e Biennale de Venise, organisée par le Philadelphia Museum of Art, reçoit le Lion d'or de la meilleure participation nationale.
Le Centre Pompidou le référence à la fois comme sculpteur et comme vidéaste, ce qui reflète bien l'impasse de l'étiquette unique. Le SFMOMA précise qu'il a délibérément évité de se fixer un style reconnaissable et que ses médiums de prédilection vont de la sculpture de cire à la vidéo, tandis que sa galerie le décrit comme un catalyseur du tournant conceptuel et performatif de l'art international.