Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Cai Guo-Qiang dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Cai Guo-Qiang fait de la poudre à canon un pinceau.
Cai Guo-Qiang naît le 8 décembre 1957 à Quanzhou, port de la province du Fujian. Il n’est pas formé à la peinture mais à la scénographie: il étudie le décor de théâtre à l’Académie de théâtre de Shanghai, de 1981 à 1985 selon Art21.
Cette page sert surtout à situer Cai Guo-Qiang dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Cai Guo-Qiang naît le 8 décembre 1957 à Quanzhou, port de la province du Fujian. Il n’est pas formé à la peinture mais à la scénographie: il étudie le décor de théâtre à l’Académie de théâtre de Shanghai, de 1981 à 1985 selon Art21. Cette origine scénique explique la structure de ses œuvres ultérieures, pensées en actes et en durées plutôt qu’en tableaux. Sa ville natale lui transmet par ailleurs un fonds culturel qu’il n’a jamais abandonné: la médecine traditionnelle chinoise et la pensée taoïste de la transformation et de l’énergie, que le Centre Pompidou identifie comme la matrice de son rapport à la matière.
De décembre 1986 à septembre 1995, Cai Guo-Qiang séjourne au Japon. C’est là qu’il explore systématiquement les propriétés de la poudre à canon dans ses dessins, une recherche qui le conduit à passer de la feuille à l’échelle du paysage et à inventer ses « événements d’explosion ». Art21 précise le mobile de ce choix: recourir à la poudre pour introduire de la spontanéité et prendre le contre-pied d’une tradition artistique et d’un climat social chinois très contrôlés. En 1995, muni d’une bourse de l’Asian Cultural Council, il s’installe à New York, où il vit et travaille depuis.
La consécration vient en 1999 avec le Lion d’or de la 48e Biennale de Venise. Suivent des invitations que peu d’artistes vivants cumulent: le Metropolitan Museum of Art en 2006, une rétrospective au Solomon R. Guggenheim Museum de New York en 2008 — première consacrée par ce musée à un artiste chinois —, le musée Pouchkine de Moscou et le musée national du Prado à Madrid en 2017, les Galeries des Offices de Florence en 2018, le Musée archéologique national de Naples et le parc archéologique de Pompéi en 2019, enfin le musée du Palais à Pékin en 2020. Son atelier recense, en décembre 2025, plus de 653 expositions et projets sur cinq continents, dont environ 122 expositions personnelles et 85 événements pyrotechniques.
Cai Guo-Qiang assure la direction des effets visuels et pyrotechniques des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux olympiques d’été de Pékin en 2008. En 2015, il réalise dans sa ville natale de Quanzhou l’événement Sky Ladder, une échelle de feu de plusieurs centaines de mètrès dressée dans le ciel, dont le film éponyme réalisé par Kevin Macdonald, oscarisé, sera diffusé mondialement sur Netflix. La dernière décennie l’a vu élargir sa palette aux technologies émergentes — réalité virtuelle et augmentée, chaîne de blocs, intelligence artificielle — jusqu’à concevoir cAI™, un modèle d’IA sur mesure présenté comme son double algorithmique et associé à ses projets récents.
La notoriété de Cai Guo-Qiang s’accompagne d’un examen critique croissant. ARTnews rappelle qu’en 2024, le spectacle donné pour l’ouverture du festival PST ART de la fondation Getty à Los Angeles a vu des débris pierreux retomber sur le public, plusieurs spectateurs ayant dû recevoir les premiers soins. La même publication rapporte qu’un projet mené au Tibet a suscité un appel au boycott de l’artiste, et que des militants ont dénoncé la performance parisienne d’octobre 2025 devant le Centre Pompidou. Ces controverses portent moins sur la forme des œuvres que sur leur empreinte matérielle et sur les cadres politiques dans lesquels elles sont produites.
Médiums: poudre à canon sur papier, poudre à canon sur toile, feux d’artifice diurnes, installation, encre de Chine traditionnelle, plantes médicinales chinoises, vidéo et performance, réalité virtuelle et augmentée, intelligence artificielle.
Techniques: dessin par combustion contrôlée: la poudre est disposée sur le support puis enflammée, la trace de la déflagration devient l’image, « événement d’explosion »: tir pyrotechnique conçu comme une œuvre éphémère à l’échelle d’un site, feu d’artifice diurne, où la couleur des fumées remplace la lumière nocturne, estampage à l’encre noire (ink rubbing) à partir de moules de stèles, collaboration avec un géomancien et un chamane taoïste du Sichuan pour la conception de certaines installations, génération assistée par un modèle d’IA sur mesure, cAI™.
Motifs récurrents: création par la destruction: l’explosion comme geste plastique, hasard maîtrisé et abandon au non-contrôlé, cosmologie et rapport de l’humain à l’univers, feng shui, taoïsme et médecine traditionnelle chinoise, tensions entre Orient et Occident, frontières et histoire géopolitique, communication avec des interlocuteurs invisibles ou extraterrestres.
La Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261 boulevard Raspail dans le 14e arrondissement, consacre à Cai Guo-Qiang une exposition du mercredi 5 avril au dimanche 28 mai 2000. La notice de l’institution décrit une œuvre « souvent éphémère et monumentale » qui prolonge une tradition religieuse, philosophique et esthétique ancienne: dessins à la poudre sur papier, recours aux plantes médicinales chinoises, travail avec un géomancien reconnu, collaboration avec un chamane taoïste du Sichuan, références au feng shui. Le 20 avril 2000, l’artiste réalise sur place une performance consistant à faire exploser le catalogue même de l’exposition, dont la Fondation conserve la photographie de Marie Clérin.
Pour marquer la fermeture du Centre Pompidou avant cinq ans de travaux, Cai Guo-Qiang réalise le 22 octobre 2025 The Last Carnival, en français Le Dernier Carnaval. Pendant près de vingt minutes, la façade de Beaubourg devient une toile tridimensionnelle de feux d’artifice, en trois actes intitulés The Banquet, The Dawn of AI et The Last Carnival. L’œuvre a été développée avec cAI™, le modèle d’intelligence artificielle sur mesure de l’artiste, et présentée par le musée comme un hommage à sa collection. Le Centre Pompidou indique une collaboration avec Art Basel Paris; ARTnews situe la performance pendant la semaine de l’art parisienne et mentionne le concours de la galerie White Cube.
Le lien de Cai Guo-Qiang avec la France ne se limite pas à la capitale. Le calendrier officiel de l’artiste consigne The Birth of Tragedy, réalisé en 2020 sur la Charente à Cognac. En 2026, il est l’invité de Normandie Impressionniste pour le centenaire de la mort de Claude Monet: son exposition personnelle Radiance of Spring ouvre le 29 mai à l’abbaye du Mont-Saint-Michel, sous le commissariat de Philippe Platel, et il tire le 31 mai à 18 h 30 un feu d’artifice diurne du même nom au-dessus de la Seine à Vernon, devant plus de 15 000 personnes massées sur les berges et sur le pont Clemenceau.
Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris) — Exposition personnelle de Cai Guo-Qiang du 5 avril au 28 mai 2000, 261 boulevard Raspail; performance d’explosion sur le catalogue le 20 avril 2000.
Centre Pompidou (Paris) — Commande de The Last Carnival, feu d’artifice diurne tiré sur la façade le 22 octobre 2025 pour marquer la fermeture du bâtiment avant travaux.
Abbaye du Mont-Saint-Michel (Le Mont-Saint-Michel) — Exposition personnelle Radiance of Spring du 29 mai au 27 septembre 2026, commande de Normandie Impressionniste, commissariat de Philippe Platel.
The Metropolitan Museum of Art (New York) — Conserve plusieurs œuvres de l’artiste, dont un paravent à la poudre de 1991 et deux estampages de 2006.
1957-12-08 — Naissance à Quanzhou, province du Fujian, dans le sud-est de la Chine.
1981-1985 — Études de scénographie et de décor de théâtre à l’Académie de théâtre de Shanghai.
1986-1995 — Séjour au Japon, de décembre 1986 à septembre 1995: mise au point du dessin à la poudre à canon.
1995 — Installation à New York grâce à une bourse de l’Asian Cultural Council; il y vit et travaille depuis.
1999 — Lion d’or de la 48e Biennale de Venise, première grande consécration internationale.
2000 — Exposition personnelle à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris, du 5 avril au 28 mai.
2004 — Installation Inopportune: Stage One et Stage Two au MASS MoCA: neuf voitures suspendues, neuf tigres.
2008 — Rétrospective I Want to Believe au Guggenheim de New York et direction pyrotechnique des Jeux de Pékin.
2015 — Événement d’explosion Sky Ladder à Quanzhou, à l’origine du documentaire de Kevin Macdonald.
2025-10-22 — Le Dernier Carnaval: feu d’artifice diurne sur la façade du Centre Pompidou avant sa fermeture pour travaux.
2026-05-29 — Ouverture de l’exposition personnelle Radiance of Spring à l’abbaye du Mont-Saint-Michel.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Cai Guo-Qiang à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Il a commencé à utiliser la poudre pendant son séjour au Japon, entre 1986 et 1995, pour introduire de la spontanéité dans son travail et prendre le contre-pied d'une tradition artistique et d'un climat social chinois très contrôlés. Il précise lui-même que ce ne sont pas les feux d'artifice qui l'intéressent, mais l'énergie et l'impact que libère l'explosion.
C'est un feu d'artifice diurne tiré le 22 octobre 2025 sur la façade du Centre Pompidou pour marquer sa fermeture avant cinq ans de travaux. Pendant près de vingt minutes, le bâtiment sert de toile en trois dimensions, en trois actes : The Banquet, The Dawn of AI et The Last Carnival. L'œuvre a été conçue avec cAI™, le modèle d'intelligence artificielle de l'artiste.
Oui. La Fondation Cartier pour l'art contemporain, au 261 boulevard Raspail, lui a consacré une exposition personnelle du 5 avril au 28 mai 2000. Le 20 avril de cette même année, il y a réalisé une performance en faisant exploser le catalogue de l'exposition, dont la Fondation conserve la trace photographique signée Marie Clérin.
cAI™, pour « AI Cai », est un modèle d'intelligence artificielle développé sur mesure par l'atelier de l'artiste et présenté comme son double algorithmique. Il a participé à la conception du Dernier Carnaval au Centre Pompidou en 2025 et donne son nom à une série de projets récents, dont cAI™ Lab et cAI™: Soul Scan à Macao.
Il a occupé la fonction de directeur des effets visuels et des feux d'artifice pour les cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux olympiques d'été de Pékin en 2008. La même année, le Solomon R. Guggenheim Museum de New York lui consacrait sa rétrospective I Want to Believe, une première pour un artiste chinois dans ce musée.
Oui, notamment au Metropolitan Museum of Art de New York, qui conserve Bigfoot's Footprints: Project for Extraterrestrials No. 6, paravent à huit panneaux réalisé à la poudre et à l'encre en 1991, ainsi que deux estampages à l'encre noire de 2006, Nontransparent Monument et Nontransparent Museum (Stele 7).