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Cette page sert surtout à situer Camille Claudel dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Camille Claudel (Fère-en-Tardenois, 1864 – Montfavet, 1943) modèle ses premières figures de terre à Nogent-sur-Seine avant de gagner Paris en 1881, où l’École des beaux-arts reste fermée aux femmes.
Camille Claudel naît le 8 décembre 1864 à Fère-en-Tardenois, dans l’Aisne, où son père Louis-Prosper Claudel est fonctionnaire de l’administration fiscale. Elle est l’aînée de trois enfants: Louise naît en 1866, Paul en 1868.
Cette page sert surtout à situer Camille Claudel dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Camille Claudel naît le 8 décembre 1864 à Fère-en-Tardenois, dans l’Aisne, où son père Louis-Prosper Claudel est fonctionnaire de l’administration fiscale. Elle est l’aînée de trois enfants: Louise naît en 1866, Paul en 1868. À l’automne 1876, la mutation du père comme conservateur des hypothèques installe la famille pour trois ans à Nogent-sur-Seine, dans une maison bourgeoise du XVIIIe siècle qui abrite aujourd’hui une partie des collections du musée qui porte son nom. C’est là qu’elle modèle ses premières figures de terre — David et Goliath, Bismarck, Napoléon — toutes disparues, et qu’elle reçoit les conseils du sculpteur Alfred Boucher, alors second prix de Rome, qui décèle ses aptitudes et l’encourage.
En 1881, Louise-Athanaïse Claudel s’installe avec ses trois enfants à Paris, au 135, boulevard du Montparnasse. L’École nationale des beaux-arts étant interdite aux femmes jusqu’en 1897, Camille Claudel suit des cours à l’académie Colarossi, rue de la Grande-Chaumière. En 1882 elle loue un atelier au 117, rue Notre-Dame-des-Champs, dont elle partage le loyer avec d’autres jeunes sculptrices — Madeleine Jouvray, Sigrid af Forselles, puis les Anglaises Amy Singer, Emily Fawcett et Jessie Lipscomb. Alfred Boucher vient corriger leurs travaux une fois par semaine; partant pour Florence à l’automne 1882, il confie ses élèves à son ami Auguste Rodin. De cette période date le buste de La Vieille Hélène, d’une facture naturaliste qui révèle déjà la portraitiste.
Vers 1884, Camille Claudel entre comme assistante dans l’équipe réunie par Rodin autour de ses premières grandes commandes, La Porte de l’Enfer puis Les Bourgeois de Calais. Le musée Rodin indique qu’elle y travaille surtout des morceaux difficiles — mains et pieds des figures monumentales — tout en poursuivant ses propres recherches et en exposant régulièrement bustes et portraits au Salon des artistes français entre 1882 et 1889. L’échange est réciproque: sa Jeune Fille à la gerbe précède la Galatée de Rodin, et les têtes de L’Esclave et du Rieur, signées par Rodin lors de leur fonte, ont été modelées par elle. En 1886, elle exige de lui un engagement écrit; il le signe le 12 octobre, sans suite.
Exaspre par les critiques qui ramnent son travail celui de Rodin, la sculptrice cherche partir des annes 1890 une voie propre. Elle expose La Valse et Clotho au Salon de la Socit nationale des beaux-arts en 1893, puis dveloppe ses croquis daprs nature Les Causeuses, La Vague, Rve au coin du feu petites scnes du quotidien nourries de lart japonais dcouvert lExposition universelle de 1889. En janvier 1895 elle reoit la commande dun Clotho en marbre, en juillet sa premire commande de ltat, Lge mr, que celui-ci nhonorera finalement pas. La comtesse de Maigret devient sa principale mcne jusquen 1905 et lui commande Perse et la Gorgone, son unique marbre monumental. En dcembre 1905, le marchand Eugne Blot lui consacre une exposition personnelle.
À partir de 1911, l’artiste ne sculpte plus, vit barricadée et détruit une part de sa production: une lettre adressée vers 1912 à sa cousine Henriette Thierry décrit les cires jetées au feu et « un monceau de plâtras » au milieu de l’atelier. Son père meurt le 3 mars 1913; le 7 mars le docteur Michaux rédige un certificat, et le 10 mars elle est internée à Ville-Évrard sur demande de sa mère. Transférée en septembre 1914 à l’asile de Montdevergues, à Montfavet, elle y reste jusqu’à sa mort, le 19 octobre 1943. Son frère Paul lui rend une douzaine de visites; son amie Jessie Lipscomb vient la voir en 1929. La reconnaissance est lente: c’est Paul Claudel lui-même qui sollicite le musée Rodin en 1949 pour une rétrospective.
Médiums: bronze, marbre, plâtre, terre cuite, onyx, grès émaillé flambé, dessin et fusain.
Techniques: modelage d’après modèle vivant, portrait sculpté et buste, groupe en plusieurs figures, réemploi et isolement d’une figure d’un groupe pour en faire une œuvre autonome, assemblage de matériaux polychromes (onyx et bronze), petit format destiné à l’intérieur.
Motifs récurrents: destin et fatalité humaine, âges de la vie, enfance et vieillesse, scènes observées du quotidien, mythologie gréco-romaine et légende hindoue, portrait de proches.
L’installation parisienne de 1881 au 135, boulevard du Montparnasse répond à un objectif précis: permettre à Camille Claudel d’apprendre la sculpture. L’École nationale des beaux-arts n’admettant pas les femmes avant 1897, elle passe par l’académie Colarossi, rue de la Grande-Chaumière, filière privée du quartier Montparnasse. En 1882, la famille s’installe rue Notre-Dame-des-Champs et l’artiste loue au numéro 117 un atelier partagé avec d’autres jeunes femmes sculptrices. Le musée Rodin souligne la difficulté propre à cette trajectoire: préjugés moraux, restrictions dans la formation artistique et domination masculine dans les jurys de Salon comme au ministère des Beaux-Arts.
La carrière parisienne de Camille Claudel se lit dans ses adresses successives d’atelier. Sakountala est commencée rue Notre-Dame-des-Champs puis achevée au 113, boulevard d’Italie, où elle s’installe en janvier 1888. Après la publication en 1898 de la biographie que lui consacre Mathias Morhardt dans le Mercure de France, elle rompt définitivement avec Rodin et change d’atelier pour le 63, rue de Turenne, puis, peu après, pour le quai de Bourbon, sur l’île Saint-Louis. C’est de cet atelier du quai de Bourbon, où elle vit recluse, qu’elle est emmenée en 1913. Rodin, de son côté, avait loué la Folie Neufbourg pour se rapprocher d’elle après son retour à Paris en octobre 1891.
Deux institutions parisiennes portent lessentiel de sa prsence publique. Le muse Rodin, htel Biron, dtient le plus grand ensemble dSuvres de Camille Claudel qui existe: quatre pices majeures donnes en 1952 par Paul Claudel Vertumne et Pomone, les deux versions de Lge mr et Clotho , compltes par des achats du muse, dont Jeune Fille la gerbe. En 2013, pour le soixante-dixime anniversaire de la mort de lartiste, le muse a prsent la totalit de son fonds Claudel, soit une vingtaine dSuvres. Le muse dOrsay conserve pour sa part le bronze de Lge mr, achet en 1982, ainsi que des tudes prparatoires et de la correspondance lies ce groupe.
Musée Rodin (Paris) — Conserve le plus grand ensemble existant d’œuvres de Camille Claudel, issu de la donation de Paul Claudel en 1952 et d’acquisitions du musée.
Muse dOrsay (Paris) Conserve le bronze de Lge mr, achet en 1982, ainsi que des tudes et documents lis ce groupe.
Musée Camille Claudel (Nogent-sur-Seine) — Musée monographique ouvert le 26 mars 2017 dans la ville où l’artiste a vécu de 1876 à 1879; sa collection dépasse 250 œuvres et comprend Persée et la Gorgone.
Musée de Pont-Aven (Pont-Aven) — Présente du 27 juin au 8 novembre 2026 l’exposition itinérante « Au temps de Camille Claudel, être sculptrice à Paris », coproduite avec le musée Camille Claudel et le musée des Beaux-Arts de Tours.
1864-12-08 — Naissance à Fère-en-Tardenois (Aisne), aînée des trois enfants Claudel.
1876 — Installation de la famille à Nogent-sur-Seine; premières leçons de sculpture avec Alfred Boucher.
1881 — Arrivée à Paris, boulevard du Montparnasse, et cours de sculpture à l’académie Colarossi.
1882 — Location de l’atelier du 117, rue Notre-Dame-des-Champs, partagé avec d’autres sculptrices.
1884 — Entrée comme assistante dans l’atelier d’Auguste Rodin, alors chargé de grandes commandes.
1886-10-12 — Rodin signe l’engagement écrit par lequel il promet de n’avoir d’autre élève qu’elle.
1888-01 — Installation dans l’atelier du 113, boulevard d’Italie, où Sakountala est achevée.
1893 — Présentation de La Valse et de Clotho au Salon de la Société nationale des beaux-arts.
1895-07 Premire commande de ltat franais pour Lge mr, qui ne sera finalement pas honore.
1898-03 — Mathias Morhardt publie dans le Mercure de France la première biographie de l’artiste.
1905-12 — Exposition personnelle chez le marchand Eugène Blot, qui édite ses bronzes.
1913-03-10 — Internement à l’hôpital de Ville-Évrard, en placement volontaire demandé par sa mère.
1914-09 — Transfert à l’asile de Montdevergues, à Montfavet dans le Vaucluse, en raison de la guerre.
1943-10-19 — Mort à Montdevergues, à l’âge de soixante-dix-huit ans.
1952 — Paul Claudel donne au musée Rodin quatre œuvres majeures de sa sœur.
1982 Le muse dOrsay achte le groupe en bronze de Lge mr.
2017-03-26 — Ouverture du musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine, premier musée monographique.


Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Camille Claudel à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce que l'École nationale des beaux-arts est restée interdite aux femmes jusqu'en 1897. Arrivée à Paris en 1881, Camille Claudel s'est donc formée à l'académie Colarossi, rue de la Grande-Chaumière, puis dans un atelier privé de la rue Notre-Dame-des-Champs partagé avec d'autres sculptrices et corrigé par Alfred Boucher.
Le sculpteur Alfred Boucher, originaire de la région de Nogent-sur-Seine et alors second prix de Rome. Consulté par Louis-Prosper Claudel, il enseigne à l'adolescente les rudiments du modelage, la conseille et la pousse à convaincre ses parents de partir pour Paris. C'est lui qui, en partant pour Florence, confie ses élèves à Auguste Rodin.
Un groupe de trois figures : un homme vieillissant entraîné par une vieille femme, tandis qu'une jeune femme agenouillée le supplie. Les critiques y ont d'abord vu une représentation symbolique du Destin ; l'assimilation des trois figures à Claudel, Rodin et Rose Beuret est postérieure à la première présentation de l'œuvre. Le musée d'Orsay en conserve le bronze, acheté en 1982.
Vers 1893 elle change de direction et explore ce qu'elle appelle de « nouvelles petites choses » : des scènes du quotidien traitées sur le mode narratif, souvent modelées à petite échelle. Les Causeuses ou La Vague, où l'onyx joue avec le bronze, relèvent de cette sculpture d'intérieur que Paul Claudel a décrite en 1913 comme une invention propre à sa sœur.
Elles ont disparu. Une lettre écrite vers 1912 à sa cousine Henriette Thierry raconte qu'elle a jeté au feu ses esquisses de cire et brisé au marteau plusieurs pièces, laissant « un monceau de plâtras » au milieu de son atelier. Le musée Camille Claudel signale par ailleurs que très peu des petites sculptures des années 1890 nous sont parvenues, malgré leur abondance attestée à l'époque.
Trente ans. Internée le 10 mars 1913 à l'hôpital de Ville-Évrard sous la procédure du placement volontaire demandé par sa mère, elle est transférée en septembre 1914 à l'asile de Montdevergues, à Montfavet dans le Vaucluse, où elle meurt le 19 octobre 1943. Elle n'y sculpte plus et ne reçoit ni sa mère ni sa sœur.