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Exposition Chiharu Shiota

Née en 1972 à Kishiwada, dans la préfecture d’Osaka, et installée à Berlin, Chiharu Shiota tend depuis le milieu des années 1990 des kilomètrès de fil de laine rouge, noir ou blanc à travers des salles entières, y suspendant clés, valises, robes, lits, barques ou pianos.

Qui est Chiharu Shiota ?

Chiharu Shiota se forme d’abord à la peinture occidentale à l’université Seika de Kyoto.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Chiharu Shiota dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

D’Osaka à Berlin, une peintre qui quitte la toile

Chiharu Shiota se forme d’abord à la peinture occidentale à l’université Seika de Kyoto. Un séjour à la faculté des beaux-arts de l’Australian National University, à Canberra, en 1994, l’amène à sortir du tableau pour la performance et l’installation. Elle gagne l’Allemagne en 1996: après la Kunsthochschule de Hambourg, elle travaille auprès de Marina Abramović à la Hochschule für Bildende Künste de Brunswick, puis auprès de Rebecca Horn à l’Université des arts de Berlin. Elle vit et travaille à Berlin depuis lors.

Le fil comme prolongement du corps

Le dossier de presse du Grand Palais décrit une démarche qui combine performance, art corporel et installation dans un processus centré sur le corps. Depuis le milieu des années 1990, Shiota produit des enchevêtrements de fils de laine qui forment des réseaux graphiques spectaculaires, au sein desquels le visiteur doit trouver son chemin et sa place. Le musée Guimet formule la même idée autrement: le fil apparaît comme une extension de son corps, de sa pensée, de sa mémoire, de son inconscient et de son imagination.

Venise 2015: les clés et les deux barques

En 2015, Chiharu Shiota est choisie pour représenter le Japon au pavillon japonais de la 56e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise, avec un projet intitulé The Key in the Hand, commissionné par Hitoshi Nakano et organisé par la Japan Foundation. L’installation associe des dizaines de milliers de clés collectées suspendues à du fil rouge et deux barques traversant ce nuage, doublées d’une projection vidéo dans laquelle de jeunes enfants évoquent leur souvenir de la naissance. Le commissaire situe alors le travail dans le prolongement direct des deuils vécus par l’artiste.

Une reconnaissance institutionnelle sur quatre continents

Le parcours d’exposition de Shiota court du National Museum of Art d’Osaka (2008) au Smithsonian Arthur M. Sackler Gallery de Washington (2014), du K21 de Düsseldorf (2015) au Mori Art Museum de Tokyo et au Gropius Bau de Berlin (2019), puis à la Queensland Art Gallery of Modern Art de Brisbane (2022), au Hammer Museum de Los Angeles (2023) et au Nakanoshima Museum of Art d’Osaka (2024). Le Japon lui a décerné le prix d’encouragement des arts du ministre de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie comme jeune artiste en 2008, puis de nouveau en 2024.

Une rétrospective itinérante née à Tokyo

Conçue par le Mori Art Museum de Tokyo, la rétrospective The Soul Trembles a d’abord été montrée à Tokyo du 20 juin au 17 octobre 2019, puis reprise à Busan, Taipei, Shanghai, Brisbane, Jakarta et Shenzhen avant son étape parisienne. Le service de presse du Grand Palais recense sept étapes antérieures au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, en Australie, en Indonésie et en Chine, et annonce une reprise au musée d’Art oriental de Turin d’octobre 2025 à l’été 2026. Le site de l’artiste confirme cette étape turinoise en 2025.

La pratique en bref

Médiums: fil de laine, installation in situ, sculpture, dessin, photographie, vidéo de performance, toile, bronze, cuir.

Techniques: tissage et nouage de fils tendus d’un mur à l’autre de la salle, suspension d’objets collectés dans le réseau de fils, palette limitée au rouge, au noir et au blanc, environnements éphémères conçus pour un lieu précis.

Motifs récurrents: la vie et la mort, la mémoire et la conscience, la «  présence dans l’absence », les relations invisibles entre les êtrès, le vêtement comme «  seconde peau », le voyage et la migration, le confinement et la solitude.

Grand Palais, 2024-2025: la plus grande exposition Shiota en France

Du 11 décembre 2024 au 19 mars 2025, le Grand Palais a présenté The Soul Trembles, coorganisée avec le Mori Art Museum de Tokyo, en avant-première de la réouverture complète de ses galeries en juin 2025. L’institution la décrit comme la plus importante exposition jamais consacrée à l’artiste en France: plus de 1 200 mètrès carrés, sept installations à grande échelle, des sculptures, des photographies, des dessins, des vidéos de performance et des documents d’archives liés à son travail de mise en scène. L’accès se faisait par la porte H, galeries 9 et 10.2, avec une ouverture prolongée en soirée à partir du 15 février.

Guimet, 2022: une carte blanche née du confinement

Le musée national des arts asiatiques – Guimet a confié à Chiharu Shiota sa carte blanche pour Living Inside, dont il a publié le catalogue en 2022 avec la Rmn-Grand Palais. L’artiste y aborde l’anxiété du confinement du printemps 2020 lié à la Covid, en tissant un réseau protecteur inextricable autour d’un quotidien devenu minuscule — un mobilier miniature posé sur une plateforme circulaire et relié par un enchevêtrement continu. Le musée présente l’œuvre comme une invitation à une introspection à la fois intime et collective.

Le Bon Marché et la galerie Templon: Paris hors les murs des musées

En 2017, Shiota investit Le Bon Marché Rive Gauche avec Where are we going?: cent cinquante barques sculptées suspendues sous la verrière centrale du magasin, la vague de mailles blanches Memory of the Ocean au rez-de-chaussée et dix vitrines tissées en façade. La galerie Templon, rue du Grenier-Saint-Lazare, l’a montrée à plusieurs reprises, notamment avec Memory Under the Skin du 24 mai au 22 juillet 2023: trois installations in situ et une série de sculptures de fils autour du vêtement comme «  seconde peau ».

Une œuvre entrée dans une collection publique parisienne

Le Centre Pompidou répertorie Chiharu Shiota parmi les artistes de sa collection, avec deux œuvres: Untitled (2010) et Out of my Body (2023). Cette dernière, en cuir de vache et bronze, a rejoint le musée national d’art moderne en décembre 2024 par une donation d’Olivier Varenne et de Guillaume Levy-Lambert, au moment même de la rétrospective du Grand Palais; elle a alors été installée dans une salle dédiée des collections contemporaines, au niveau 4 du bâtiment parisien.

Où voir ses œuvres

Grand Palais (Paris) — A présenté la rétrospective The Soul Trembles du 11 décembre 2024 au 19 mars 2025, coorganisée avec le Mori Art Museum de Tokyo.

Musée national des arts asiatiques – Guimet (Paris) — Lui a confié une carte blanche pour Living Inside, dont il a coédité le catalogue en 2022.

Centre Pompidou – Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve deux œuvres de l’artiste, Untitled (2010) et Out of my Body (2023), cette dernière entrée par donation en décembre 2024.

Templon (Paris) — Galerie parisienne qui l’expose, notamment avec Memory Under the Skin (24 mai – 22 juillet 2023) rue du Grenier-Saint-Lazare.

Le Bon Marché Rive Gauche (Paris) — A accueilli en 2017 l’installation Where are we going?, avec 150 barques suspendues sous la verrière centrale.

Repères chronologiques

1972 — Naissance à Kishiwada, dans la préfecture d’Osaka, au Japon.

1994 — Séjour d’études à la faculté des beaux-arts de l’Australian National University, à Canberra, où elle passe de la peinture à la performance.

1996 — Départ pour l’Allemagne: Kunsthochschule de Hambourg, puis Brunswick auprès de Marina Abramović et Berlin auprès de Rebecca Horn.

2008 — Prix d’encouragement des arts du ministre japonais de la Culture, catégorie nouvel artiste; exposition au National Museum of Art d’Osaka.

2014 — Exposition Perspectives: Chiharu Shiota à la Arthur M. Sackler Gallery du Smithsonian, à Washington, du 30 août 2014 au 7 juin 2015.

2015 — Représente le Japon au pavillon japonais de la 56e Biennale de Venise avec The Key in the Hand.

2017 — Installation Where are we going au Bon Marché Rive Gauche, à Paris, avec 150 barques suspendues sous la verrière.

2019 — Création de la rétrospective The Soul Trembles au Mori Art Museum de Tokyo, du 20 juin au 17 octobre.

2022 — Carte blanche Living Inside au musée national des arts asiatiques – Guimet, à Paris, et publication du catalogue.

2023 — Exposition Memory Under the Skin à la galerie Templon, à Paris, du 24 mai au 22 juillet.

2024-12-11 — Ouverture de The Soul Trembles au Grand Palais, à Paris, jusqu’au 19 mars 2025.

2024 — L’œuvre Out of my Body entre dans la collection du musée national d’art moderne, au Centre Pompidou, par donation.

Chiharu Shiota & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Chiharu Shiota à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Chiharu Shiota travaille-t-elle avec du fil ?

Le musée Guimet décrit le fil comme une extension de son corps, de sa pensée, de sa mémoire, de son inconscient et de son imagination. Le Grand Palais souligne de son côté un processus centré sur le corps, où les réseaux de laine entrelacée obligent le visiteur à trouver physiquement son chemin et sa place dans la salle.

Que représentait « The Key in the Hand » à la Biennale de Venise ?

Présentée au pavillon du Japon lors de la 56e Biennale de Venise en 2015, cette installation suspendait des dizaines de milliers de clés collectées à des fils rouges, traversés par deux barques, et s'accompagnait d'une vidéo où de jeunes enfants racontent leur souvenir de la naissance. Le projet était organisé par la Japan Foundation.

Peut-on voir une œuvre de Chiharu Shiota à Paris de façon permanente ?

Le Centre Pompidou compte deux œuvres de l'artiste dans sa collection : Untitled, de 2010, et Out of my Body, de 2023, cette dernière entrée par donation en décembre 2024 et installée dans une salle dédiée des collections contemporaines. La présentation d'une œuvre reste toutefois soumise à l'accrochage du moment et aux travaux du bâtiment.

Quelle était l'ampleur de l'exposition du Grand Palais en 2024-2025 ?

Coorganisée avec le Mori Art Museum de Tokyo, The Soul Trembles occupait plus de 1 200 mètrès carrés avec sept installations à grande échelle, des sculptures, des photographies, des dessins, des vidéos de performance et des documents d'archives liés à son travail de mise en scène. Le Grand Palais la présentait comme la plus importante jamais consacrée à l'artiste en France.

Auprès de quels artistes Chiharu Shiota s'est-elle formée ?

Après un cursus de peinture occidentale à l'université Seika de Kyoto et un passage par l'Australian National University de Canberra en 1994, elle part en Allemagne en 1996 : elle étudie à la Kunsthochschule de Hambourg, puis auprès de Marina Abramović à Brunswick et de Rebecca Horn à l'Université des arts de Berlin.

Chiharu Shiota a-t-elle reçu des distinctions au Japon ?

Oui. Son site officiel indique qu'elle a reçu en 2008 le prix d'encouragement des arts du ministre japonais de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie dans la catégorie nouvel artiste, puis de nouveau ce même prix en 2024.