Exposition Paris

Exposition Christopher Wool

Né à Chicago en 1955, Christopher Wool est un peintre américain qui a fait de la panne, du raté et de l’effacement des méthodes de travail.

Qui est Christopher Wool ?

Christopher Wool naît en 1955 et grandit à Chicago. En 1972, il s’inscrit au Sarah Lawrence College de Bronxville, dans l’État de New York, où il suit l’enseignement du peintre Richard Pousette-Dart.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Christopher Wool dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De Chicago au downtown new-yorkais

Christopher Wool naît en 1955 et grandit à Chicago. En 1972, il s’inscrit au Sarah Lawrence College de Bronxville, dans l’État de New York, où il suit l’enseignement du peintre Richard Pousette-Dart. Il quitte le collège au bout d’un an pour Manhattan et suit des cours à la New York Studio School. Happé par les scènes underground du cinéma et de la musique du sud de Manhattan, il interrompt brièvement la peinture pour étudier le cinéma à la New York University à la fin des années 1970, avant de revenir au tableau tout en travaillant comme assistant d’atelier du sculpteur Joel Shapiro.

Le rouleau, le tampon et les peintures de mots

Wool tient ses premières expositions personnelles à la Cable Gallery de New York, en 1984 puis en 1986. Au seuil de sa maturité artistique, il renonce à l’expressionnisme séduisant de la couleur et de la touche gestuelle au profit de compositions monochromes sèches, obtenues avec des outils du commerce et des images empruntées à la culture de masse: rouleaux et tampons déposent des motifs décoratifs en émail noir sur fond blanc. Parallèlement, ses peintures de mots traitent le langage comme image et confrontent le spectateur à des injonctions énigmatiques dont les lettres au pochoir se désagrègent en géométries abstraites.

Une lisibilité contrariée

Dans les peintures de mots, une phrase est frappée au pochoir en lettres noires de près de soixante centimètrès de haut sur un panneau d’aluminium. L’absence de ponctuation, d’espacement régulier et d’articles évoque la langue réduite des panneaux de danger et des télégrammes. Les caractères ressemblent à ceux des pochoirs commerciaux servant à marquer les caisses d’expédition, mais l’artiste a découpé les siens à la main pour atteindre l’échelle voulue. En dérangeant l’espacement, Wool oblige le regard à reconstituer lentement le sens: la lecture devient un travail, jamais une évidence.

L’effacement devient une méthode de production d’images

À partir des années 2000, la construction picturale change profondément. Des éléments appauvris — détails de toiles antérieures, agrandissements photographiques — sont enfouis sous des couches de peinture blanche, puis celle-ci est partiellement retirée, comme si l’œuvre tendait à s’annuler elle-même. L’effacement devient un procédé de fabrication à part entière. Le musée parisien résume la tension à l’œuvre: entre la peinture et sa disparition, le geste et le retrait, la profondeur et la planéité, le rythme et le silence. Les toiles les plus récentes introduisent parfois des couleurs vives mêlant taches et lignes entrelacées.

Reconnaissance internationale et rétrospective

Après une présentation institutionnelle au San Francisco Museum of Modern Art en 1989, son travail circule dans les institutions du monde entier: Museum Boijmans Van Beuningen à Rotterdam et Kunsthalle Bern en 1991, Museum of Contemporary Art de Los Angeles en 1998, Museu de Arte Contemporânea de Serralves à Porto puis Museum Ludwig de Cologne. Il participe à la Biennale du Whitney en 1989, à la Documenta de Kassel en 1992, à la Biennale de Lyon en 2003 et à la Biennale de Venise en 2011. La rétrospective du Solomon R. Guggenheim Museum a fait étape à l’Art Institute of Chicago du 23 février au 11 mai 2014. Wool vit et travaille entre New York et Marfa, au Texas.

La pratique en bref

Médiums: peinture à l’émail sur aluminium, peinture à l’émail sur lin, encres de sérigraphie sur toile, photographie, estampe et sérigraphie, livre d’artiste, sculpture.

Techniques: rouleau à motifs décoratifs, tampon, pochoir découpé à la main, aérographe et peinture en bombe, encres de sérigraphie et solvants, recouvrement puis effacement partiel, agrandissement et traitement numérique d’images, reprise d’un détail d’une toile antérieure.

Motifs récurrents: le langage traité comme image, la lisibilité contrariée, l’accident et la panne du système formel, l’effacement comme production, la tension entre profondeur et planéité, l’emprunt à l’imagerie industrielle et décorative.

Sa première exposition parisienne, au Musée d’Art moderne (2012)

Du 30 mars au 19 août 2012, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 11 avenue du Président-Wilson, présente la première exposition de Christopher Wool à Paris. Conçue en étroite collaboration avec l’artiste, elle rassemble trente et une œuvres de grand format peintes entre 2000 et 2011, peintures sur toile et sur papier. Le musée décrit un univers formel volontairement restreint — taches, traces, coulures, badigeons, lignes, motifs — servi par un jeu d’outils tout aussi limité: émail, encres de sérigraphie, solvants, support aluminium, aérographe, logiciel de traitement d’image.

Une toile au Centre Pompidou

Le Musée national d’art moderne, au Centre Pompidou, conserve une œuvre intitulée Untitled datée de 2002. La notice du musée situe l’artiste dans un questionnement continu de la peinture par le procédé et la technique et souligne que ses compositions des années 2000, faites de lignes noires ou d’images sérigraphiées, deviennent plus complexes et plus diffuses. Paris figure ainsi, avec le Museum of Modern Art de New York et la Tate Modern de Londres, parmi les institutions qui détiennent son travail en collection permanente.

Où voir ses œuvres

Musée d’Art moderne de Paris (Paris) — A présenté du 30 mars au 19 août 2012 la première exposition personnelle de l’artiste à Paris, trente et une œuvres peintes entre 2000 et 2011.

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve en collection une œuvre de l’artiste, Untitled, 2002.

Solomon R. Guggenheim Museum (New York) — Organisateur de la rétrospective consacrée à l’artiste, dont le site dédié documente la biographie et le parcours.

Art Institute of Chicago (Chicago) — Étape de la rétrospective, du 23 février au 11 mai 2014.

Repères chronologiques

1955 — Naissance à Chicago, dans l’Illinois, où il passe son enfance.

1972 — Entrée au Sarah Lawrence College de Bronxville, où il étudie la peinture auprès de Richard Pousette-Dart.

1984 — Première exposition personnelle à la Cable Gallery de New York, suivie d’une seconde en 1986.

1989 — Première présentation institutionnelle au San Francisco Museum of Modern Art et participation à la Biennale du Whitney.

1992 — Participation à la Documenta de Kassel, qui installe son travail dans le circuit international.

2011 — Participation à la Biennale de Venise, la même année que les dernières toiles montrées ensuite à Paris.

2012-03-30 — Ouverture au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris de sa première exposition parisienne, jusqu’au 19 août.

2014-02-23 — Étape de la rétrospective à l’Art Institute of Chicago, jusqu’au 11 mai 2014.

Christopher Wool & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Christopher Wool à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Christopher Wool a-t-il déjà exposé à Paris ?

Oui. Le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris lui a consacré du 30 mars au 19 août 2012 sa première exposition parisienne, conçue avec lui et centrée sur trente et une œuvres de grand format peintes entre 2000 et 2011.

Peut-on voir une œuvre de Christopher Wool dans une collection publique parisienne ?

Le Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, conserve une toile intitulée Untitled et datée de 2002. Sa présentation en salle dépend des accrochages en cours : mieux vaut vérifier la disponibilité de l'œuvre avant de se déplacer.

Que sont les « peintures de mots » de Christopher Wool ?

Ce sont des tableaux en noir et blanc où une phrase est frappée au pochoir en très grandes lettres. Sans ponctuation ni espacement régulier, le texte se rapproche de la langue des panneaux de danger et oblige le regard à reconstituer le sens.

Quelles techniques Christopher Wool emploie-t-il ?

Le musée parisien recense la peinture à l'émail, les encres de sérigraphie, les solvants, le support aluminium, l'aérographe et le logiciel de traitement d'image ; le Guggenheim ajoute les rouleaux et tampons à motifs de ses débuts, ainsi que le pochoir découpé main.

Pourquoi parle-t-on d'effacement dans son travail ?

Parce qu'à partir des années 2000 il enfouit des éléments picturaux sous des couches de peinture blanche, puis retire partiellement cette couche. Ôter devient un moyen de fabriquer l'image, comme si le tableau cherchait à s'annuler lui-même.

Où Christopher Wool vit-il et travaille-t-il ?

Le Guggenheim indique qu'il partage sa vie et son activité entre New York et Marfa, au Texas, où son atelier est documenté depuis 2008. Le Centre Pompidou le rattache également à New York comme lieu d'activité principal.