Exposition Paris

Exposition Cindy Sherman

Cindy Sherman, née en 1954 à Glen Ridge dans le New Jersey, photographie presque exclusivement une seule personne: elle-même, déguisée en quelqu’un d’autre.

Qui est Cindy Sherman ?

Le Museum of Modern Art enregistre Cindy Sherman comme artiste américaine née en 1954; The Broad, qui conserve l’un des plus vastes ensembles au monde de ses photographies, précise le lieu de naissance: Glen Ridge, dans le New Jersey.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Cindy Sherman dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une Américaine née en 1954, révélée par la mise en scène de soi

Le Museum of Modern Art enregistre Cindy Sherman comme artiste américaine née en 1954; The Broad, qui conserve l’un des plus vastes ensembles au monde de ses photographies, précise le lieu de naissance: Glen Ridge, dans le New Jersey. Sa pratique se résume à un protocole tenu sur plusieurs décennies: se photographier elle-même sous des identités successives. La fondation MacArthur, qui l’a distinguée en 1995, décrit une œuvre «  centrale dans la discussion critique sur les arts », faite de photographies où l’artiste, costumée et posée, met en question l’identité, les stéréotypes sociaux et les mécanismes de la représentation.

Les «  Untitled Film Stills », 1977-1980

Le MoMA décrit les «  Untitled Film Stills » comme une suite de soixante-dix photographies en noir et blanc réalisées sur trois ans, où l’artiste prend les traits de personnages féminins génériques: l’ingénue, la travailleuse, la vamp, la ménagère solitaire. Les images sont composées pour ressembler à des scènes de Hollywood des années 1950 et 1960, de film noir, de séries B et de cinéma d’auteur européen, et imitent le format, l’échelle et la qualité des photographies de plateau servant à promouvoir les films. Le musée souligne que l’ambiguïté est délibérée: aucune scène précise n’est reconstituée, décors, gestes et expressions restant volontairement indéterminés.

Les années 1980: la couleur, le grand format, le malaise

La décennie suivante fait basculer l’œuvre dans la couleur et les dimensions monumentales. Le Centre Pompidou conserve «  Untitled #95 » (1981), tirage horizontal de 71 × 133,5 cm, et «  Untitled, #141 » (1985), un Cibachrome de 180 × 122 cm acquis dès 1986. La fondation MacArthur résume la trajectoire de ces années: Sherman y satirise la mode dans des images aux éclairages crus, au maquillage outrancier et aux poses forcées, avant d’expérimenter le portrait en s’incarnant, imperfections exagérées à l’appui, dans des compositions qui évoquent la peinture classique, de David à Goya.

Une œuvre par séries, des mannequins aux «  Society Portraits »

La Fondation Louis Vuitton, qui a rassemblé cent soixante-dix œuvres couvrant 1975 à 2020, en donne la structure par séries: «  Untitled film stills », «  Rear Screen Projections », «  Fashion », «  History Portraits », «  Disasters », «  Headshots », «  Clowns », «  Society Portraits », «  Murals », «  Flappers », auxquelles s’ajoutait alors un ensemble inédit consacré à des figures masculines et à des couples. La fondation MacArthur note de son côté le recours aux mannequins dans les travaux plus tardifs pour interroger la représentation. Le Jeu de Paume voyait dans cet ensemble «  une des œuvres majeures de notre époque », l’une des premières à être entièrement réalisée avec la photographie pour support.

Une reconnaissance institutionnelle continue

Cindy Sherman a reçu une bourse de la fondation MacArthur au titre de la promotion 1995, dans la catégorie photographie. La Japan Art Association l’a distinguée comme lauréate du Praemium Imperiale dans la catégorie peinture, lors de la 28e édition du prix, en saluant des séries élaborées après de longues recherches de lieux et de costumes et une œuvre rattachée à l’art conceptuel. Ses tirages figurent dans les collections publiques de part et d’autre de l’Atlantique: Tate conserve «  Untitled #320 » (1996), le SFMOMA plusieurs «  Untitled Film Stills » et «  Untitled #258 » (1992), le Centre Pompidou deux tirages des années 1980.

La pratique en bref

Médiums: photographie argentique noir et blanc, photographie couleur grand format (Cibachrome), épreuve à jet d’encre pigmentaire, photographie numérique.

Techniques: mise en scène de soi en studio, maquillage, costume et prothèses, rétroprojection de décors («  Rear Screen Projections »), usage de mannequins et de poupées, travail en série.

Motifs récurrents: stéréotypes de la représentation féminine, identité et travestissement, cinéma et imagerie populaire, mode et consumérisme, portrait social et vieillissement, grotesque et malaise.

Deux rétrospectives parisiennes, 2006 puis 2020

Paris a montré l’œuvre en deux temps. Le Jeu de Paume a présenté «  Cindy Sherman. Rétrospective » du 16 mai au 3 septembre 2006, avec des pièces de 1975 à 2005, avec le soutien d’Olympus France et de la manufacture Jaeger-LeCoultre. Quatorze ans plus tard, la Fondation Louis Vuitton a accueilli «  Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton », du 23 septembre 2020 au 3 janvier 2021 — dates repoussées, l’exposition étant initialement prévue du 2 avril au 31 août 2020. La Fondation la présentait comme le premier événement consacré à l’artiste en France depuis le Jeu de Paume, avec une scénographie conçue en étroite collaboration avec Cindy Sherman.

Des tirages dans les collections publiques parisiennes

Le Centre Pompidou conserve au moins deux photographies de l’artiste au Cabinet de la photographie du Musée national d’art moderne. «  Untitled, #141 » (1985), Cibachrome de 180 × 122 cm signé et daté en bas à droite, a été acheté en 1986 et porte le numéro d’inventaire AM 1986-264. «  Untitled #95 » (1981), épreuve à jet d’encre pigmentaire de 71 × 133,5 cm, est entrée plus récemment par la collection Jean Chatelus, donation de la Fondation Antoine de Galbert, en 2023. Une fiche artiste parisienne peut donc renvoyer vers une présence réelle dans les collections nationales, indépendamment des expositions temporaires.

Un dialogue avec une collection privée parisienne

En 2020, parallèlement à la rétrospective, la Fondation Louis Vuitton a présenté «  Crossing Views », un nouvel accrochage de sa Collection choisi en dialogue avec Cindy Sherman elle-même. Déployé sur deux niveaux, le parcours prenait pour fil le portrait et ses interprétations à travers la peinture, la photographie, la sculpture, la vidéo et l’installation, réunissant une soixantaine d’œuvres d’une vingtaine d’artistes français et internationaux, parmi lesquels Marina Abramović, Louise Bourgeois, Christian Boltanski, Annette Messager, Samuel Fosso ou Zanele Muholi.

Où voir ses œuvres

Jeu de Paume (Paris) — a présenté la rétrospective «  Cindy Sherman. Rétrospective » du 16 mai au 3 septembre 2006

Fondation Louis Vuitton (Paris) — a présenté «  Cindy Sherman à la Fondation Louis Vuitton », rétrospective de 170 œuvres (1975-2020), du 23 septembre 2020 au 3 janvier 2021

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — conserve «  Untitled, #141 » (1985, achat 1986) et «  Untitled #95 » (1981, entrée en 2023) au Cabinet de la photographie

Repères chronologiques

1954 — Naissance de Cindy Sherman à Glen Ridge, dans le New Jersey, aux États-Unis.

1977-1980 — Réalisation des «  Untitled Film Stills », suite de soixante-dix photographies en noir et blanc menée sur trois ans.

1981 — «  Untitled #95 », tirage horizontal de 71 × 133,5 cm aujourd’hui conservé au Centre Pompidou.

1986 — Le Musée national d’art moderne achète «  Untitled, #141 » (1985), Cibachrome inventorié AM 1986-264.

1995 — Cindy Sherman figure dans la promotion des boursiers de la fondation MacArthur, catégorie photographie.

2006 — Rétrospective au Jeu de Paume à Paris, du 16 mai au 3 septembre, avec des œuvres de 1975 à 2005.

2012 — Rétrospective au Museum of Modern Art de New York, du 26 février au 11 juin, avant une tournée américaine.

2020 — Rétrospective de 170 œuvres à la Fondation Louis Vuitton, du 23 septembre 2020 au 3 janvier 2021.

2023 — «  Untitled #95 » entre au Centre Pompidou avec la collection Jean Chatelus, donation de la Fondation Antoine de Galbert.

Cindy Sherman & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Cindy Sherman à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qui est Cindy Sherman ?

Artiste américaine née en 1954 à Glen Ridge, dans le New Jersey, Cindy Sherman photographie presque exclusivement elle-même, costumée et maquillée, pour incarner des personnages inventés. La fondation MacArthur, qui l'a distinguée en 1995, décrit une œuvre devenue centrale dans la discussion critique sur les arts.

Que sont les « Untitled Film Stills » ?

C'est la série qui l'a révélée : selon le MoMA, une suite de soixante-dix photographies en noir et blanc réalisées sur trois ans, à partir de 1977, où l'artiste incarne des personnages féminins génériques — ingénue, travailleuse, vamp, ménagère solitaire — dans des images imitant le format et la texture des photographies de plateau utilisées pour promouvoir les films.

Ces photographies sont-elles des autoportraits ?

Pas au sens habituel. Le MoMA rappelle que l'ambiguïté est voulue : aucune scène précise n'est reconstituée et l'artiste s'insère dans un débat sur les représentations stéréotypées des femmes. The Broad cite sa formule : « J'essaie de faire en sorte que les autres reconnaissent quelque chose d'eux-mêmes plutôt que moi. »

Peut-on voir des œuvres de Cindy Sherman à Paris ?

Oui, dans les collections nationales : le Centre Pompidou conserve « Untitled, #141 » (1985), Cibachrome de 180 × 122 cm acheté en 1986, et « Untitled #95 » (1981), entrée en 2023 par la collection Jean Chatelus. Comme toute pièce photographique, leur présentation en salle dépend des accrochages et n'est pas permanente.

Quelles expositions lui ont été consacrées à Paris ?

Deux grandes rétrospectives. Le Jeu de Paume a montré des œuvres de 1975 à 2005 du 16 mai au 3 septembre 2006. La Fondation Louis Vuitton a réuni 170 œuvres de 1975 à 2020, soit plus de 300 images, du 23 septembre 2020 au 3 janvier 2021, en présentant l'événement comme le premier consacré à l'artiste en France depuis 2006.

Quelles sont ses principales séries après 1980 ?

La Fondation Louis Vuitton les a articulées ainsi : « Rear Screen Projections », « Fashion », « History Portraits », « Disasters », « Headshots », « Clowns », « Society Portraits », « Murals » et « Flappers », auxquelles s'ajoutait en 2020 un ensemble inédit consacré à des figures masculines et à des couples.