Exposition Paris

Exposition Cyprien Gaillard

Né à Paris en 1980, Cyprien Gaillard fait de l’entropie une matière première.

Qui est Cyprien Gaillard ?

Cyprien Gaillard naît à Paris en 1980. Son enfance se déroule en partie en Californie, où son père travaille pour Atari, et c’est en skate-board, dans les architectures délaissées, qu’il rencontre ses premières ruines.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Cyprien Gaillard dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une enfance entre la Californie et les terrains vagues

Cyprien Gaillard naît à Paris en 1980. Son enfance se déroule en partie en Californie, où son père travaille pour Atari, et c’est en skate-board, dans les architectures délaissées, qu’il rencontre ses premières ruines. Revenu à Paris adolescent, il se forme ensuite à l’École cantonale d’art de Lausanne (ECAL). Les sources consultées divergent sur l’année exacte d’entrée à l’ECAL: elle n’est donc pas affirmée ici.

Les extincteurs comme premier vocabulaire

Entre 2003 et 2008, Gaillard déclenche des extincteurs dans des paysages et sur des monuments, et enregistre en film 35 mm et en photographie les nuages blancs qui envahissent lentement le cadre. Cette série en six volets, «  Real Remnants of Fictive Wars », passe notamment par la Spiral Jetty que Robert Smithson a construite en 1970 sur le Grand Lac Salé. Le sixième épisode, une bande vidéo silencieuse de 1’40", est entré dans la collection du Centre Pompidou par achat en 2009.

Déterrer, faire tomber, laisser boire

La deuxième décennie de son travail est celle du geste à grande échelle. En 2009, sur la côte néerlandaise, il fait excaver un bunker militaire allemand enfoui sous une dune pour le rendre de nouveau accessible: une sculpture obtenue en creux, par retrait de matière. En 2011, «  The Recovery of Discovery » propose au public d’un musée berlinois d’escalader une pyramide de caisses de bière turque Efes et de la vider pendant plusieurs semaines, jusqu’à l’effondrement — une allégorie de l’appropriation coloniale des vestiges architecturaux.

Le Polaroid comme archéologie du présent

Pendant quatre ans, Gaillard parcourt le monde à la recherche de ruines contemporaines et rapporte neuf cents Polaroid, de l’île de Pâques à La Courneuve, de Rome au Bronx, d’Angkor Vat à Bagdad. Regroupées par neuf en losange sous vitrine, ces images composent «  Geographical Analogies », conservée au Centre Pompidou: le rapprochement par analogie visuelle y annule la hiérarchie entre vestige antique et grand ensemble menacé de démolition.

Une reconnaissance institutionnelle rapide

Le prix Marcel Duchamp, décerné par l’ADIAF, lui revient en 2010, suivi en 2011 du Preis der Nationalgalerie für junge Kunst au Hamburger Bahnhof de Berlin. Ses expositions personnelles se succèdent ensuite dans les institutions internationales — MoMA PS1 et le Hammer Museum en 2013, la K20 de Düsseldorf en 2016, le Mori Art Museum de Tokyo en 2021, la Haus der Kunst de Munich en 2025 — avant le Kunsthaus Bregenz en 2026.

La pratique en bref

Médiums: film 35 mm, vidéo et installation vidéo, photographie Polaroid, gravure et eau-forte, sculpture et installation, performance et intervention dans l’espace public.

Techniques: excavation et terrassement comme sculpture en creux, projection stéréoscopique 3D avec bande-son samplée, mise sous vitrine et sérialisation de Polaroid, sculpture participative destinée à être consommée puis détruite, restauration d’un objet mécanique existant intégrée à l’œuvre, assemblage d’éléments de chantier récupérés.

Motifs récurrents: entropie et forces de désordre, ruine de l’architecture moderne et des grands ensembles, héritage du land art et de Robert Smithson, colonialisme culturel et statut des vestiges au musée, conservation, restauration et lutte contre l’usure, marges urbaines, vandalisme et dissidence.

Quatre œuvres dans la collection du Centre Pompidou

Le Musée national d’art moderne conserve quatre pièces de l’artiste. Deux sont anciennes — «  Real Remnants of Fictive Wars VI », bande vidéo silencieuse acquise en 2009, et l’ensemble de Polaroid «  Geographical Analogies ». Deux sont récentes et datent de 2022: «  Formation », installation vidéo réalisée à Düsseldorf et achetée en 2023, et «  Love Locks », cinq sacs de gravats en nylon de 120 × 120 × 80 cm remplis de cadenas déposés par des visiteurs sur le pont de l’Archevêché et le pont des Arts. Cette dernière fait littéralement entrer un déchet parisien dans une collection nationale.

«  HUMPTY \ DUMPTY », une exposition tenue dans deux institutions parisiennes

Du 19 octobre 2022 au 8 janvier 2023, Cyprien Gaillard occupe simultanément le Palais de Tokyo et Lafayette Anticipations avec un projet en deux chapitres. Le titre vient du personnage en forme d’œuf de «  De l’autre côté du miroir » de Lewis Carroll, tombé d’un mur et impossible à recoller. Le point de départ est parisien: alors que la ville restaure ses monuments les plus prestigieux et en efface les marques d’usure avant les Jeux olympiques, l’artiste montre la capitale comme un terrain d’expression privilégié de l’entropie.

Le Défenseur du Temps, un automate parisien remis en marche

Le chapitre présenté à Lafayette Anticipations tourne autour d’une sculpture oubliée: Le Défenseur du Temps, automate-horloge de Jacques Monestier installé au cœur de Paris depuis 1979, dont les derniers mouvements remontent à 2003. Gaillard en organise la renaissance, place sa restauration au centre d’un opéra dont l’automate est l’acteur principal, et la met en regard de la disparition d’un ami. La fondation indique qu’à l’issue de l’exposition l’automate rénové devait retrouver son emplacement d’origine.

Où voir ses œuvres

Palais de Tokyo (Paris) — a présenté le chapitre HUMPTY de l’exposition en deux volets, du 19 octobre 2022 au 8 janvier 2023

Lafayette Anticipations (Paris) — a présenté le chapitre DUMPTY, consacré à la restauration de l’automate Le Défenseur du Temps, aux mêmes dates

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — conserve quatre œuvres de l’artiste; le bâtiment de Beaubourg est fermé depuis l’automne 2025 pour une rénovation courant jusqu’en 2030

Kunsthaus Bregenz (Bregenz) — présente l’exposition personnelle «  When you expect flutes, it’s whistles » du 13 juin au 4 octobre 2026

Repères chronologiques

1980 — Naissance à Paris; le Centre Pompidou l’identifie dans ses notices comme artiste français né en 1980.

2003-2008 — Réalisation de «  Real Remnants of Fictive Wars », série en six volets tournée à l’extincteur, jusqu’à la Spiral Jetty de Robert Smithson.

2009 — Excavation d’un bunker allemand enfoui sur la côte néerlandaise; le Centre Pompidou achète «  Real Remnants of Fictive Wars VI ».

2010 — Lauréat du prix Marcel Duchamp, décerné par l’ADIAF, qui le range parmi les grandes figures de la scène française.

2011 — «  The Recovery of Discovery » à Berlin et attribution du Preis der Nationalgalerie für junge Kunst au Hamburger Bahnhof.

2022 — Exposition en deux chapitres «  HUMPTY \ DUMPTY » au Palais de Tokyo et à Lafayette Anticipations, du 19 octobre 2022 au 8 janvier 2023.

2023 — Entrée au Centre Pompidou de «  Formation » par achat, sous le numéro d’inventaire AM 2023-850.

2026 — Exposition personnelle «  When you expect flutes, it’s whistles » au Kunsthaus Bregenz, du 13 juin au 4 octobre.

Cyprien Gaillard & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Cyprien Gaillard à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qui est Cyprien Gaillard et que fait-il ?

Plasticien français né à Paris en 1980, il travaille entre Paris et Berlin avec le film, la vidéo, la photographie, le collage, la sculpture, l'installation et la performance. Sa matière est la dégradation : ruines de l'architecture moderne, chantiers, objets abîmés par le temps.

Pourquoi son travail est-il associé à la notion d'entropie ?

Parce qu'il traite l'érosion et l'accumulation comme des traces plutôt que comme de simples signes de perte. Le Palais de Tokyo décrit la ville comme un terrain privilégié d'expression de l'entropie ; le Kunsthaus Bregenz précise qu'il en fait un outil de création et refuse d'y lire une leçon de résilience.

Quelles œuvres de Cyprien Gaillard peut-on voir dans une collection publique parisienne ?

Le Centre Pompidou en conserve quatre : « Real Remnants of Fictive Wars VI » (2008), « Geographical Analogies » (2006-2010), et deux pièces de 2022, l'installation vidéo « Formation » et la sculpture « Love Locks », faite de cadenas retirés du pont de l'Archevêché et du pont des Arts.

En quoi consistait l'exposition « HUMPTY \ DUMPTY » de 2022 ?

Un projet inédit en deux chapitres montrés au même moment au Palais de Tokyo et à Lafayette Anticipations, du 19 octobre 2022 au 8 janvier 2023. Le titre renvoie au personnage en forme d'œuf de Lewis Carroll, tombé d'un mur et que rien ne peut remettre dans son état initial.

Quel lien Cyprien Gaillard entretient-il avec Le Défenseur du Temps ?

Cet automate-horloge de Jacques Monestier, installé dans Paris depuis 1979, était immobile depuis 2003. Gaillard a fait de sa restauration le cœur de son chapitre à Lafayette Anticipations, sous la forme d'un opéra dont la machine est l'acteur principal, avant son retour annoncé à son emplacement d'origine.

Quels prix Cyprien Gaillard a-t-il reçus ?

Il obtient le prix Marcel Duchamp, décerné par l'ADIAF, en 2010, puis le Preis der Nationalgalerie für junge Kunst au Hamburger Bahnhof de Berlin en 2011. Sa galerie mentionne également l'Arken Art Prize et une récompense au Melbourne International Film Festival en 2016.