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Cette page sert surtout à situer Daido Moriyama dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né le 10 octobre 1938 à Ikeda, dans la préfecture d’Osaka, Daido Moriyama est la figure la plus célèbre issue de la revue japonaise Provoke, qu’il rejoint en 1968.
Daido (Hiromichi) Moriyama naît le 10 octobre 1938 à Ikeda-cho, dans la préfecture d’Osaka.
Cette page sert surtout à situer Daido Moriyama dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Daido (Hiromichi) Moriyama naît le 10 octobre 1938 à Ikeda-cho, dans la préfecture d’Osaka. Après des études de graphisme à Osaka, il gagne Tokyo en 1961 pour rejoindre en mars le groupe de photographes VIVO — dont Shomei Tomatsu est membre — au moment précis où celui-ci se dissout. Eikoh Hosoe le prend alors comme assistant, et Moriyama participe l’année suivante à la fabrication de la série Ordeal by Roses, consacrée à Yukio Mishima. De Hosoe il retient le goût de la théâtralisation et de l’érotisme; de Tomatsu, la fascination pour la rue.
En 1964, Moriyama entame une carrière de photographe indépendant et photographie fréquemment les abords de la base américaine de Yokosuka; c’est aussi l’époque où naît son amitié avec Takuma Nakahira. Le SFMOMA rappelle qu’il vivait alors à Zushi, à proximité de bases où stationnaient les militaires américains engagés au Vietnam, et qu’il fut attiré par le jazz, les bars et l’hétérogénéité de leur clientèle. Ce terrain fournit la matière d’un regard sur un Japon d’après-guerre soumis à l’occupation puis emporté par l’expansion économique. Un prix du nouvel artiste de la Japan Photo Critics Association vient saluer ce travail en 1967.
Moriyama rejoint en 1968 la revue Provoke, aventure brève mais décisive dont il devient la figure la plus reconnue: la Fondation Hasselblad souligne le rôle de ce mouvement dans la libération de la photographie à l’égard de la tradition et dans la mise en question du médium lui-même. La même année paraît son premier livre, Japan: A Photo Theater, accompagné d’un texte de Shuji Terayama. En 1972, Shashin yo sayonara — Adieu la photographie — rompt avec les règles de la « bonne » photographie; la même année paraît Hunter. Ses images transgressives et instinctives inventent un langage visuel frénétique et tourmenté.
Dès 1974, Moriyama figure dans l’exposition collective New Japanese Photography au Museum of Modern Art de New York, montrée ensuite à Saint-Louis, Minneapolis, Winnipeg et San Francisco. En 1999, le San Francisco Museum of Modern Art lui consacre l’exposition Daido Moriyama: Stray Dog, qui circule ensuite vers New York, Winterthur et Essen. En 2012, la Tate Modern le confronte à William Klein dans une exposition d’environ 300 pièces — tirages d’époque, planches-contact, photogrammes de films, matériel d’archives. En 2019, la Fondation Hasselblad lui décerne son prix international, doté d’un million de couronnes suédoises, remis à Göteborg le 13 octobre.
Longtemps identifié au noir et blanc contrasté, Moriyama pratique aussi la couleur de façon continue depuis deux décennies au moins, dimension que la Fondation Cartier qualifie de méconnue et pourtant essentielle. C’est le sujet de Daido Tokyo, présentée à Paris du 6 février au 5 juin 2016, où l’ensemble des photographies en couleur dialoguait avec Dog and Mesh Tights, un diaporama en noir et blanc conçu spécialement pour l’exposition. La Fondation Cartier conserve par ailleurs des tirages argentiques de grand format, comme Goshogawara (1976) et Osaka (1996), tous deux en 100 × 150 cm.
Médiums: Photographie argentique noir et blanc, Photographie couleur, Livre de photographie et revue, Diaporama et installation photographique.
Techniques: Prise de vue à hauteur de hanche, appareil compact tenu comme un prolongement du corps, Sous-exposition et tirage très contrasté, grain apparent, Flou de bougé et cadrages penchés assumés, Recadrages serrés et reproduction sérielle héritées de l’imprimé, Autoédition et fabrication de livres comme forme d’œuvre à part entière.
Motifs récurrents: La rue et la ville: Tokyo, Shinjuku, Osaka, Paris, New York, Le Japon d’après-guerre, l’occupation et les bases américaines, Le chien errant comme figure de l’artiste, Le désir, les bars, la nuit et l’érotisme, La photographie elle-même: le médium retourné en miroir.
La Maison européenne de la photographie rappelle que Moriyama a vécu un an à Paris en 1988-1989: de ce séjour est né un corpus qu’il montre dès 1989 à Tokyo sous le titre Paris, à la galerie FOTO DAIDO, puis en 1997 à la galerie Agathe Gaillard, à Paris. Le Centre Pompidou conserve plusieurs tirages issus de la série Paris, 1988-1989 ainsi que A Tale of Two Cities, III, daté de 1989: la capitale française n’est donc pas pour lui un simple lieu d’exposition, mais un terrain de prise de vue documenté et entré dans une collection publique parisienne.
La Fondation Cartier pour l’art contemporain est l’institution parisienne qui a le plus durablement accompagné l’artiste. Elle organise du 31 octobre 2003 au 11 janvier 2004 sa première grande exposition d’œuvres en noir et blanc en France, puis lui consacre Daido Tokyo du 6 février au 5 juin 2016 autour de son travail en couleur. Moriyama figure également dans deux expositions collectives de la Fondation, Mémoires vives en 2014 et Autophoto en 2017, et des tirages de grand format sont entrés dans sa collection.
Du 19 mai au 24 octobre 2021, la Maison européenne de la photographie présente Moriyama – Tomatsu: Tokyo, exposition conçue à l’origine par les deux photographes eux-mêmes et restée irréalisée du vivant de Shomei Tomatsu, disparu en 2012; chaque artiste occupe un étage des galeries principales, la scénographie consacrée à Moriyama étant la plus dense. En écho, la Ville de Paris et la MEP installent du 10 juillet au 22 août 2021 un accrochage en plein air de vingt-deux photographies, Paris/Tokyo, sur les quais des Célestins, dans le cadre de l’Hyper Festival.
Du 20 mai au 4 octobre 2026, la Fondation Henri Cartier-Bresson, au 79 rue des Archives dans le 3e arrondissement, présente Daido Moriyama – Lettres d’amour à la photographie. Le commissaire, Clément Chéroux, directeur de la Fondation, écarte explicitement la rétrospective chronologique au profit d’un parti pris unique: l’obsession de Moriyama pour la photographie elle-même, à travers ses images, ses livres et ses écrits, jusqu’à ses pèlerinages répétés sur les lieux liés à Nicéphore Niépce. L’exposition s’accompagne d’une publication chez delpire & co.
Fondation Henri Cartier-Bresson (Paris) — Organise l’exposition Lettres d’amour à la photographie du 20 mai au 4 octobre 2026, sous le commissariat de Clément Chéroux.
Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris) — Première grande exposition française de l’œuvre en noir et blanc en 2003-2004, puis Daido Tokyo en 2016; tirages de l’artiste dans sa collection.
Maison européenne de la photographie (Paris) — Coproduit Moriyama – Tomatsu: Tokyo en 2021 et l’accrochage en plein air Paris/Tokyo sur les quais des Célestins.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve des tirages de la série Paris, 1988-1989 et A Tale of Two Cities, III (1989).
Tate Modern (Londres) — Exposition William Klein + Daido Moriyama, 10 octobre 2012 - 20 janvier 2013; œuvres de l’artiste dans la collection Tate.
1938-10-10 — Naissance de Daido (Hiromichi) Moriyama à Ikeda-cho, préfecture d’Osaka.
1961 — Installation à Tokyo; le groupe VIVO se dissout et Eikoh Hosoe le prend comme assistant.
1964 — Débuts en photographe indépendant, prises de vue autour de la base américaine de Yokosuka.
1968 — Il rejoint la revue Provoke et publie Japan: A Photo Theater, avec un texte de Shuji Terayama.
1972 — Parution de Shashin yo sayonara (Adieu la photographie) et de Hunter, deux ruptures majeures.
1974 — Participation à New Japanese Photography au Museum of Modern Art de New York, puis en tournée.
1988-1989 — Séjour d’un an à Paris, à l’origine de la série Paris, 1988-1989.
1999 — Exposition Daido Moriyama: Stray Dog au San Francisco Museum of Modern Art, puis en tournée.
2003-2004 — Première grande exposition française, à la Fondation Cartier, du 31 octobre 2003 au 11 janvier 2004.
2012-10-10 — Ouverture de William Klein + Daido Moriyama à la Tate Modern, environ 300 œuvres, jusqu’au 20 janvier 2013.
2016-02-06 — Ouverture de Daido Tokyo à la Fondation Cartier, consacrée à son œuvre en couleur, jusqu’au 5 juin.
2019-10-13 — Remise du prix international de la Fondation Hasselblad à Göteborg, doté d’un million de couronnes.
2021-05-19 — Ouverture de Moriyama – Tomatsu: Tokyo à la Maison européenne de la photographie, jusqu’au 24 octobre.
2026-05-20 — Ouverture de Lettres d’amour à la photographie à la Fondation Henri Cartier-Bresson, jusqu’au 4 octobre 2026.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Daido Moriyama à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
La Fondation Henri Cartier-Bresson, 79 rue des Archives dans le 3e arrondissement, présente Daido Moriyama – Lettres d'amour à la photographie du 20 mai au 4 octobre 2026, sous le commissariat de Clément Chéroux, directeur de la Fondation.
Provoke est une revue d'avant-garde japonaise de la fin des années 1960 que Moriyama rejoint en 1968. La Fondation Hasselblad le décrit comme l'artiste le plus marquant issu de ce mouvement bref mais décisif, qui a contribué à libérer la photographie de la tradition et à interroger la nature même du médium.
Oui : la Maison européenne de la photographie indique qu'il a vécu un an à Paris en 1988-1989. De ce séjour est issue la série Paris, 1988-1989, dont plusieurs tirages sont conservés par le Centre Pompidou, et une exposition Paris présentée à Tokyo dès 1989.
Ce parti pris vient de ses influences et de Provoke. La Fondation Cartier explique qu'il emprunte à William Klein et Robert Frank la manière de saisir les sujets en mouvement, en se servant de l'appareil comme d'un prolongement du corps, pour inventer un langage visuel frénétique et tourmenté, transgressif et instinctif.
Oui. La Fondation Cartier a consacré à cette part de son œuvre l'exposition Daido Tokyo, du 6 février au 5 juin 2016, en la présentant comme une dimension méconnue et pourtant essentielle de son travail depuis deux décennies, accompagnée du diaporama noir et blanc Dog and Mesh Tights.
Japan: A Photo Theater paraît en 1968 avec un texte de Shuji Terayama, puis Shashin yo sayonara (Adieu la photographie) et Hunter en 1972. La Fondation Henri Cartier-Bresson souligne que le livre de 1972 rompt avec les règles de la « bonne » photographie.