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Cette page sert surtout à situer Dan Flavin dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Dan Flavin (1933-1996) est l’artiste qui a fait du tube fluorescent de quincaillerie un matériau d’art à part entière.
Né en 1933 dans le Queens, à New York, Dan Flavin consacre une part croissante de son temps à regarder et à fabriquer de l’art pendant son service dans l’US Air Force, au milieu des années 1950.
Cette page sert surtout à situer Dan Flavin dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né en 1933 dans le Queens, à New York, Dan Flavin consacre une part croissante de son temps à regarder et à fabriquer de l’art pendant son service dans l’US Air Force, au milieu des années 1950. Stationné non loin de New York, il s’inscrit brièvement en 1956 à la Hans Hofmann School of Fine Arts puis à la New School for Social Research, avant de suivre trois semestres d’histoire de l’art à l’université Columbia. Il travaille ensuite au courrier du Solomon R. Guggenheim Museum et comme gardien au Museum of Modern Art, avant de se consacrer à sa propre pratique.
Après avoir beaucoup dessiné et réalisé des collages ainsi que de petites sculptures d’objets trouvés, Flavin ouvre en 1961 la série des icons: des volumes peints surmontés ou barrés d’un petit tube fluorescent, ou bordés d’ampoules. L’une des dernières, icon IV (the pure land) (to David John Flavin [1933-1962]), est dédiée à son frère jumeau David, mort prématurément. En 1963 vient la bascule: the diagonal of May 25, 1963 (to Constantin Brancusi), d’abord nommée the diagonal of personal ecstasy, est la première pièce constituée du seul tube fluorescent, une lampe dorée posée en diagonale sur le mur.
Flavin prend l’habitude de dédier ses pièces à des artistes, des marchands, des collectionneurs ou des proches, si bien que le titre devient un geste d’adresse autant qu’une désignation: gold, pink and red, red côtoie ainsi alternate diagonals of March 2, 1964 (to Don Judd) ou greens crossing greens (to Piet Mondrian who lacked green). La série des « monuments » pour Vladimir Tatline, entamée en 1964, applique ce principe à une figure de l’avant-garde russe; la version conservée à Paris, réalisée en 1974-1975, portait auparavant le titre Untitled (Monument for Vladimir Tatlin) et mesure 304,5 × 62,5 × 12,5 cm en tubes fluorescents et métal.
Ses premières expositions personnelles ont lieu à la Judson Gallery en 1961 puis à la Green Gallery en 1964, toutes deux à New York. Sa première exposition européenne se tient en 1966 à la Galerie Rudolf Zwirner de Cologne, et le Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa, organise en 1969 sa première grande rétrospective muséale. Son travail figure dans les expositions fondatrices de l’art minimal: Black, White, and Gray au Wadsworth Atheneum en 1964, Primary Structures au Jewish Museum en 1966, Minimal Art au Gemeentemuseum de La Haye en 1968. Suivront le Kunsthalle Basel et le Museum Boymans-van Beuningen en 1975, le Stedelijk Museum en 1986, le Solomon R. Guggenheim Museum en 1992.
Le vaste dispositif conçu pour six bâtiments de la Chinati Foundation à Marfa, untitled (Marfa project), est engagé au début des années 1980 mais ses plans définitifs ne sont arrêtés qu’en 1996, l’année de la mort de l’artiste; il est inauguré en octobre 2000. Deux corridors inclinés y sont coupés de barrières lumineuses en rose, vert, jaune et bleu. En 2004, la Dia Art Foundation et la National Gallery of Art de Washington réunissent 44 installations lumineuses et 96 dessins, esquisses et collages: cette première rétrospective d’ensemble accompagne la publication du catalogue raisonné Dan Flavin: The Complete Lights.
Médiums: tubes fluorescents du commerce, lumière colorée, métal (montures et rampes), ampoules à incandescence (séries anciennes), dessin et diagramme d’installation, eau-forte.
Techniques: installation conçue pour un mur, un angle ou un couloir précis, barrière de lumière occupant toute la hauteur et la largeur d’un corridor, diagonale simple posée à même le mur, sérialité et modularité à partir de quatre longueurs standard et neuf couleurs, juxtaposition de modules produisant des irradiations croisées.
Motifs récurrents: la lumière comme matériau et non comme sujet représenté, la dépendance de l’œuvre à son environnement architectural, la dédicace et l’hommage (Brancusi, Tatline, Judd, Mondrian, Newman, Ryman), l’objet industriel banal élevé au rang d’œuvre, l’art factuel: l’œuvre existe dans la perception du spectateur.
Le Musée national d’art moderne conserve deux pièces de l’artiste. « monument » for V. Tatlin, daté de 1974-1975, est une installation lumineuse en tubes fluorescents et métal de 304,5 × 62,5 × 12,5 cm, inventoriée AM 1992-16 et anciennement titrée Untitled (Monument for Vladimir Tatlin). untitled (to Donna) 5a, de 1971, est une sculpture d’angle que la notice du musée rapproche des peintures de Kasimir Malévitch, que Flavin tenait pour des « icônes ». Le bâtiment de Beaubourg a fermé ses portes à l’automne 2025 pour une rénovation dont la réouverture est annoncée en 2030: ces deux œuvres ne sont donc pas accessibles sur place dans l’immédiat.
En 1974, le marchand Yvon Lambert monte dans sa galerie de la rue de l’Échaudé, à Paris, une exposition consacrée à Dan Flavin et réalisée en collaboration avec lui. Elle s’inscrit dans un cycle défendant les avant-gardes américaines et européennes, aux côtés de Lawrence Weiner, Sol LeWitt, Carl Andre, On Kawara ou Robert Ryman. Une abondante correspondance conservée dans les archives de la galerie en témoigne. La même année, Flavin offre au galeriste trois diagrammes pour une œuvre qu’il souhaitait lui dédier, (for Yvon Lambert), 1974; ces dessins ont été perdus par un ami du marchand chargé de les rapporter à New York.
Du 9 juin au 8 octobre 2006, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente pour la première fois en France une rétrospective de Dan Flavin, réunissant une cinquantaine d’œuvres et une soixantaine de dessins. Le parcours, quasi chronologique, est déployé dans des salles blanches de luminosité variable et joue délibérément de la juxtaposition des modules plutôt que de leur isolement, de sorte que les irradiations se répondent. Cette étape parisienne appartient à la tournée 2005-2007 de la rétrospective conçue par la Dia Art Foundation avec la National Gallery of Art, passée aussi par Fort Worth, Chicago, Londres, Munich et Los Angeles.
La galerie David Zwirner, qui représente la succession de l’artiste, a montré Dan Flavin dans son espace parisien du 30 novembre 2019 au 1er février 2020. Du 8 octobre 2025 au 19 janvier 2026, la Bourse de Commerce — Pinault Collection l’a intégré à l’exposition « Minimal », construite en sept sections thématiques dont une consacrée à la lumière, aux côtés d’Agnes Martin et de Robert Ryman. Une exposition annoncée du 8 septembre au 10 octobre 2026, « Au 108 rue Vieille du Temple: A Shared Legacy with Galerie Yvon Lambert », doit prolonger à Paris le fil noué avec le marchand dès 1974.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve deux œuvres de Dan Flavin, dont « monument » for V. Tatlin (1974-1975, AM 1992-16); bâtiment fermé pour rénovation depuis l’automne 2025.
Musée d’Art moderne de Paris (Paris) — A présenté du 9 juin au 8 octobre 2006 la première rétrospective de Dan Flavin organisée en France.
David Zwirner Paris (Paris) — Galerie représentant la succession de l’artiste; exposition personnelle du 30 novembre 2019 au 1er février 2020, puis exposition annoncée du 8 septembre au 10 octobre 2026.
Bourse de Commerce — Pinault Collection (Paris) — A inclus Dan Flavin dans l’exposition collective « Minimal », du 8 octobre 2025 au 19 janvier 2026.
The Chinati Foundation (Marfa (Texas, États-Unis)) — Abrite untitled (Marfa project), dispositif permanent déployé dans six bâtiments et inauguré en octobre 2000.
National Gallery of Art (Washington (États-Unis)) — Coorganisatrice avec la Dia Art Foundation de la rétrospective d’ensemble présentée du 3 octobre 2004 au 9 janvier 2005.
1933 — Naissance de Dan Flavin dans le Queens, à New York.
1956 — Passage par la Hans Hofmann School of Fine Arts et la New School for Social Research, puis trois semestres d’histoire de l’art à Columbia.
1961 — Première exposition personnelle à la Judson Gallery, à New York, et apparition de la série des icons.
1963-05-25 — Réalisation de the diagonal of May 25, 1963 (to Constantin Brancusi), première œuvre faite d’un seul tube fluorescent doré.
1964 — Exposition personnelle à la Green Gallery de New York et premier « monument » 1 for V. Tatlin.
1966 — Première exposition européenne, à la Galerie Rudolf Zwirner de Cologne; participation à Primary Structures au Jewish Museum.
1969 — Première grande rétrospective muséale, organisée par le Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa.
1974 — Exposition à la galerie parisienne d’Yvon Lambert, rue de l’Échaudé, réalisée en collaboration avec l’artiste.
1992 — Exposition au Solomon R. Guggenheim Museum de New York, musée où il avait débuté au service du courrier.
1996 — Mort de l’artiste, année où sont arrêtés les plans définitifs de untitled (Marfa project) pour la Chinati Foundation.
2000 — Inauguration du dispositif permanent de Marfa lors de l’Open House annuelle de la Chinati Foundation, en octobre.
2004 — Ouverture le 3 octobre à la National Gallery of Art de Dan Flavin: A Retrospective, 44 installations et 96 œuvres graphiques, jusqu’au 9 janvier 2005.
2006 — Première rétrospective française au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, du 9 juin au 8 octobre.
2022 — Exposition Dan Flavin. Épiphanies à la Collection Lambert d’Avignon, du 2 juillet au 9 octobre, autour des archives de la galerie Yvon Lambert.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Dan Flavin à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce que ses pièces n'existent pas indépendamment du lieu qui les reçoit : posées sur un mur, dans un angle ou en travers d'un couloir, elles colorent et redécoupent l'espace environnant. La galerie qui représente sa succession rappelle qu'il préférait ce terme de « situations » et que son travail, du module mural aux dispositifs occupant des salles entières, témoigne d'une préoccupation constante pour l'architecture.
C'est the diagonal of May 25, 1963 (to Constantin Brancusi), une lampe fluorescente dorée installée en diagonale sur le mur. Elle porta d'abord le titre the diagonal of personal ecstasy. Cette pièce marque l'abandon des volumes peints des icons au profit d'un matériau unique acheté dans le commerce, principe auquel Flavin s'est tenu jusqu'à sa mort en 1996.
Non, aucune exposition ne lui est consacrée à Paris à ce jour. Les deux œuvres de la collection publique parisienne sont au Centre Pompidou, dont le bâtiment est fermé pour rénovation depuis l'automne 2025 et doit rouvrir en 2030. L'exposition « Minimal » de la Bourse de Commerce, qui en montrait, s'est achevée le 19 janvier 2026 ; la prochaine échéance annoncée est une exposition de galerie du 8 septembre au 10 octobre 2026.
Dédier faisait partie de sa manière de travailler : il adressait ses pièces à des artistes, des galeristes, des collectionneurs, des personnalités ou des amis. D'où des titres comme untitled (to Barnett Newman to commemorate his simple problem, red, yellow and blue) ou greens crossing greens (to Piet Mondrian who lacked green), où l'hommage se double souvent d'une remarque sur la couleur.
Ce sont des constructions verticales en tubes fluorescents dédiées à Vladimir Tatline, figure de l'avant-garde russe. La série s'ouvre en 1964 et se poursuit pendant des années : l'Art Institute of Chicago conserve une version de 1964 en lumière blanche froide, le Centre Pompidou une version de 1974-1975 de 304,5 centimètrès de haut, en tubes fluorescents et métal.
Il s'est imposé un vocabulaire volontairement pauvre : des tubes fluorescents du commerce, disponibles en quatre longueurs standard et neuf couleurs. C'est à partir de ce répertoire fermé qu'il décline ses configurations, au sol, au mur, au plafond, dans un angle, en barrière ou en corridor, la contrainte matérielle devenant le moteur des variations.