Exposition Paris

Exposition Daniel Arsham

Daniel Arsham, né en 1980 à Cleveland et élevé à Miami, fabrique des ruines du présent: ballons de basket, appareils photo ou statues antiques rejoués en cristal, en cendre volcanique ou en bronze érodé, comme exhumés par un archéologue du futur.

Qui est Daniel Arsham ?

Daniel Arsham naît en 1980 à Cleveland, dans l’Ohio, et grandit à Miami, en Floride.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Daniel Arsham dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De Cleveland à Miami, une formation marquée par la catastrophe

Daniel Arsham naît en 1980 à Cleveland, dans l’Ohio, et grandit à Miami, en Floride. Il avait douze ans lorsque l’ouragan Andrew détruisit la maison familiale, épisode que sa notice encyclopédique décrit comme un motif récurrent de son travail; scolarisé à la Design and Architecture High School, il obtient ensuite une bourse complète pour la Cooper Union à New York. L’architecture blessée, effondrée ou incomplète restera l’un de ses sujets constants.

La Cooper Union, la bourse Gelman et les débuts new-yorkais

Arsham obtient son BFA à la Cooper Union en 2003 et y reçoit la même année le Gelman Trust Fellowship Award. Son propre site le présente comme un artiste qui «  se tient sur la ligne » entre art, architecture et performance: murs érodés, escaliers qui ne mènent nulle part, façades qui semblent gonfler sous le vent, silhouettes prises dans l’épaisseur d’une cloison. Il fait, selon sa formule, faire à l’architecture ce qu’elle n’est pas censée faire.

Scénographies: Merce Cunningham, Jonah Bokaer, Robert Wilson

En 2004, le chorégraphe Merce Cunningham lui commande la scénographie d’eyeSpace; Arsham part ensuite en tournée avec la Merce Cunningham Dance Company en Australie, en France et aux États-Unis. Cette première scénographie est entrée dans une collection publique américaine, celle du Walker Art Center de Minneapolis, qui répertorie l’artiste dans sa collection. Sans formation de scénographe, il a poursuivi cette pratique avec Robert Wilson et, durablement, avec le chorégraphe Jonah Bokaer, ancien danseur de la compagnie Cunningham.

L’archéologie fictionnelle, un présent traité comme un vestige

Le High Museum of Art d’Atlanta, qui lui consacre l’exposition Hourglass en 2017, décrit son projet continu Fictional Archaeologies: l’artiste réalise des répliques d’objets ordinaires — ballons, appareils photo — en pierres précieuses et semi-précieuses, si bien que ces objets deviennent des fossiles, restes de notre présent vus par un chercheur du futur. Hourglass réunissait trois installations in situ, dont un jardin zen japonais complet rendu en bleu vif et une caverne d’améthyste composée d’équipements sportifs.

Snarkitecture, films et objets: une pratique élargie

Arsham est cofondateur de Snarkitecture, studio de design new-yorkais qui revendique une éthique du «  ni art, ni architecture » et travaille pour des commanditaires culturels, commerciaux et privés. Le Cranbrook Art Museum, qui présente en 2019 l’exposition The Source: A Catalog of Late-20th-Century American Relics, rappelle que Snarkitecture installait au même moment The Beach Detroit, océan de plus d’un million de balles de plastique recyclable où le public est invité à nager. Il a par ailleurs fondé en 2014 une société de production, Films of the Future, à l’origine de la série de courts métrages Future Relic.

Une reconnaissance muséale et un vocabulaire de l’érosion

Ses expositions personnelles ont circulé du High Museum of Art d’Atlanta au Cranbrook Art Museum, du Yorkshire Sculpture Park au musée Guimet, jusqu’aux séries urbaines datées de mille ans dans le futur — Paris, 3020 en 2020, puis Miami 3023, Venice 3024, Tokyo 3024 et Seoul 3024. En 2026, la galerie Perrotin présente à Londres Time Fold, ensemble d’œuvres nouvelles et historiques couvrant près de vingt ans de pratique, présenté comme le fil continu de son intérêt pour la géologie, l’archéologie et les résidus culturels du passé récent.

La pratique en bref

Médiums: sculpture, installation in situ, architecture et design (Snarkitecture), dessin, film, photographie, scénographie de danse.

Techniques: moulage et tirage d’objets contemporains, cristal, améthyste et quartz, hydrostone et plâtre, cendre volcanique, bronze patiné, surfaces érodées et fracturées simulant l’usure archéologique, moulages réalisés avec l’atelier de moulage de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.

Motifs récurrents: archéologie fictionnelle, le présent regardé comme un vestige futur, obsolescence des objets et des techniques, érosion, ruine et architecture blessée, antique revisité (Vénus, muses grecques), uchronie et dilatation du temps.

Vingt ans de Paris avec la galerie Perrotin

Le lien parisien commence tôt: en 2004, Arsham figure dans l’exposition collective Miami Nice à la Galerie Emmanuel Perrotin, à Paris, et la galerie le représente à partir de 2005. Suivent une longue série de personnelles parisiennes — Homesick à l’automne 2005, Playground fin 2007, Animal Architecture au printemps 2010, The Angel of Repose en 2017, puis 20 Ans, du 2 septembre au 7 octobre 2023 rue de Turenne, exposition anniversaire célébrant vingt années de collaboration avec Emmanuel Perrotin et présentée en miroir à New York.

Paris, 3020: la capitale vue depuis l’an 3020

Du 11 janvier au 13 mars 2020, la galerie Perrotin présente à Paris l’exposition personnelle Paris, 3020, qui inaugure la série d’expositions urbaines datées de mille ans dans le futur, déclinée ensuite à Miami, Venise, Tokyo et Séoul. Le principe est celui d’une ville contemporaine consultée comme un site de fouilles: ses objets familiers y sont livrés au public sous forme de vestiges minéralisés, dans le prolongement direct du projet d’archéologie fictionnelle.

Carte blanche au musée Guimet, à l’automne 2020

Invité par le musée national des arts asiatiques – Guimet pour une carte blanche, Arsham y présente Moonraker du 21 octobre 2020 au 25 janvier 2021: une série de sculptures inspirées de l’Antiquité, réalisées en étroite collaboration avec l’atelier de moulage de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, disséminées le long du parcours des collections permanentes. Le parcours était complété par un jardin zen installé dans la rotonde, au quatrième étage du musée, l’ensemble confrontant sculptures orientales et occidentales.

Le Louvre comme modèle, Paris comme collection

Paris nourrit aussi directement les œuvres: pour Bronze Eroded Venus of Arles, Arsham s’est inspiré d’une statue de la galerie des antiques du musée du Louvre, la Vénus d’Arles, sculptée au Ier siècle avant notre ère et restaurée par François Girardon, qu’il rejoue en bronze patiné de verts et de bleus. Côté collections, la liste publiée par sa galerie place ses œuvres au musée Guimet, au Centre Pompidou et dans la collection Dior, toutes trois à Paris.

Où voir ses œuvres

Musée national des arts asiatiques – Guimet (Paris) — carte blanche Moonraker du 21 octobre 2020 au 25 janvier 2021; l’artiste figure dans la liste de collections publiques publiée par sa galerie

Galerie Perrotin, Paris (Marais) (Paris) — galerie qui le représente depuis 2005; expositions personnelles Paris, 3020 (2020) et 20 Ans (2023)

Perrotin London (Londres) — exposition personnelle Time Fold du 4 juin au 8 août 2026, hors de Paris

High Museum of Art (Atlanta) — exposition personnelle Hourglass du 4 mars au 21 mai 2017

Cranbrook Art Museum (Bloomfield Hills (Michigan)) — exposition The Source: A Catalog of Late-20th-Century American Relics, du 1er mars au 23 juin 2019

Repères chronologiques

1980 — Naissance à Cleveland, dans l’Ohio; l’artiste grandit ensuite à Miami, en Floride.

2003 — Diplôme (BFA) de la Cooper Union à New York et Gelman Trust Fellowship Award.

2004-11-13 — Première apparition parisienne dans l’exposition collective Miami Nice, Galerie Emmanuel Perrotin.

2004 — Merce Cunningham lui commande la scénographie d’eyeSpace, début de sa pratique scénographique.

2005-09-10 — Homesick, première exposition personnelle chez Perrotin à Paris, la galerie le représentant depuis 2005.

2017-03-04 — Ouverture de Hourglass au High Museum of Art d’Atlanta, jusqu’au 21 mai 2017.

2019-03-01 — The Source: A Catalog of Late-20th-Century American Relics au Cranbrook Art Museum, jusqu’au 23 juin.

2020-01-11 — Ouverture de Paris, 3020 à la galerie Perrotin de Paris, jusqu’au 13 mars 2020.

2020-10-21 — Carte blanche Moonraker au musée Guimet, à Paris, jusqu’au 25 janvier 2021.

2023-09-02 — 20 Ans chez Perrotin à Paris, vingt années de collaboration avec Emmanuel Perrotin.

2026-06-04 — Time Fold, exposition personnelle chez Perrotin à Londres, jusqu’au 8 août 2026.

Daniel Arsham & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Daniel Arsham à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qu'appelle-t-on l'« archéologie fictionnelle » de Daniel Arsham ?

C'est son projet continu Fictional Archaeologies, décrit par le High Museum of Art : l'artiste réalise des répliques d'objets du quotidien, ballons ou appareils photo, en pierres précieuses et semi-précieuses. Ces objets deviennent des fossiles, les restes de notre présent tels que les verrait un chercheur du futur.

Quels matériaux Daniel Arsham utilise-t-il pour ses sculptures érodées ?

Selon les pièces : cristal d'améthyste, quartz et hydrostone pour Amethyst Sports Ball Cavern en 2016, cendre volcanique pour des objets contemporains coulés comme s'ils avaient été trouvés sur un site de fouilles futur, bronze patiné de verts et de bleus pour ses relectures de statues antiques.

Quel est le lien de Daniel Arsham avec Paris ?

Il est représenté depuis 2005 par la galerie Perrotin, dont le siège parisien a accueilli plusieurs de ses personnelles, de Homesick en 2005 à 20 Ans en 2023, en passant par Paris, 3020 au début de l'année 2020. Le musée Guimet lui a par ailleurs confié une carte blanche en 2020-2021.

Qu'a présenté Daniel Arsham au musée Guimet en 2020 ?

Une carte blanche intitulée Moonraker, du 21 octobre 2020 au 25 janvier 2021 : de nouvelles sculptures inspirées de l'Antiquité, réalisées avec l'atelier de moulage de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, disposées le long des collections permanentes, plus un jardin zen dans la rotonde du quatrième étage.

Qu'est-ce que Snarkitecture, le studio cofondé par Daniel Arsham ?

Snarkitecture est une pratique de design basée à New York, dont Arsham est cofondateur, qui revendique une éthique du « ni art, ni architecture » et travaille avec des commanditaires culturels, commerciaux et privés. Elle est notamment à l'origine de The Beach Detroit, bassin d'un million de balles de plastique ouvert en 2019.

Daniel Arsham a-t-il travaillé pour la danse et la scène ?

Oui : Merce Cunningham lui commande en 2004 la scénographie d'eyeSpace, puis il tourne avec la Merce Cunningham Dance Company en Australie, en France et aux États-Unis. Il a ensuite collaboré avec Robert Wilson et durablement avec le chorégraphe Jonah Bokaer, ancien danseur de la compagnie.