Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Diane Arbus dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Diane Arbus (New York, 1923-1971) a fait du portrait photographique une confrontation frontale: couples, enfants, forains, nudistes, travestis, excentriques ou célébrités, saisis dans le New York des années 1950 et 1960 avec une netteté qui rend étrange le plus familier.
Née à New York en 1923 dans une famille juive de Manhattan, Diane Nemerov travaille dans les années 1950, avec son mari Allan Arbus, comme photographe de mode et de publicité; le couple décroche des commandes de Vogue et de Glamour.
Cette page sert surtout à situer Diane Arbus dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à New York en 1923 dans une famille juive de Manhattan, Diane Nemerov travaille dans les années 1950, avec son mari Allan Arbus, comme photographe de mode et de publicité; le couple décroche des commandes de Vogue et de Glamour. C’est l’enseignement de Lisette Model, suivi à la fin de cette décennie, qui la détache du cadre commercial et l’oriente vers un travail personnel de portrait. Le tournant se lit dans la manière: sortir du studio, aborder des inconnus dans la rue, et faire de la rencontre elle-même la matière de l’image.
New-Yorkaise de toujours, Arbus trouve dans sa ville un sujet inépuisable. Les sept premières années de sa carrière, de 1956 à 1962, la voient travailler à Times Square, dans le Lower East Side et à Coney Island, photographiant passants et artistes de foire; près de la moitié des tirages qu’elle a réalisés de son vivant proviennent de cette période longtemps restée peu connue. C’est là que se forment les sujets qui la définiront, et c’est de cette période que datent « Lady on a bus, N.Y.C. 1957 », « The Backwards Man in his hotel room, N.Y.C. 1961 » ou « Jack Dracula at a bar, New London, Conn. 1961 ».
Du 28 février au 7 mai 1967, le Museum of Modern Art réunit dans une exposition de format modeste trois photographes alors jeunes et peu connus: Diane Arbus, Lee Friedlander et Garry Winogrand. John Szarkowski, qui la conçoit, écrit qu’ils ont « réorienté la technique et l’esthétique de la photographie documentaire vers des fins plus personnelles », leur but n’étant pas de réformer la vie mais de la connaître. « New Documents » installe durablement les trois noms dans l’art américain et fait entrer le travail d’Arbus dans la discussion critique.
Fin 1969, Arbus entreprend un portfolio. À sa mort en 1971, elle avait achevé le tirage de huit exemplaires connus de « A box of ten photographs », sur une édition prévue de cinquante, et n’en avait vendu que quatre de son vivant: deux au photographe Richard Avedon, un à l’artiste Jasper Johns, un quatrième à Bea Feitler, directrice artistique de Harper’s Bazaar, pour qui elle ajouta une onzième photographie. C’est cet ensemble, acquis en 1986 par le Smithsonian American Art Museum, qui a servi de socle à sa carrière posthume et à l’entrée de la photographie dans le champ de l’art « sérieux ».
En 1972, Diane Arbus devient la première photographe exposée à la Biennale de Venise, dans le pavillon américain organisé par Walter Hopps, directeur de la Corcoran Gallery, pour le compte de la National Collection of Fine Arts — devenue depuis le Smithsonian American Art Museum. Le New York Times releva alors que l’audace de cette sélection tenait précisément à l’inclusion d’une photographe, ce dont personne ne gardait le souvenir à Venise. La même année paraît la monographie Aperture qui accompagne l’exposition du MoMA et fixe durablement son image publique.
L’essentiel du fonds photographique d’Arbus a rejoint le Metropolitan Museum of Art en 2007, par don et promesse de don de ses filles Doon Arbus et Amy Arbus. C’est l’arrivée de cette archive au Met qui a permis d’explorer réellement le travail des débuts et de révéler des images jusque-là inconnues, comme « Taxicab driver at the wheel with two passengers, N.Y.C. 1956 » ou « Man in hat, trunks, socks and shoes, Coney Island, N.Y. 1960 », montrées dans l’exposition « diane arbus: in the beginning » organisée par le Met puis présentée au SFMOMA en 2017.
Médiums: photographie argentique noir et blanc, tirage gélatino-argentique, portfolio de tirages.
Techniques: prise de vue au format 35 mm jusqu’en 1962, passage au format carré adopté en 1962, portrait posé obtenu par l’abord direct d’inconnus, tirage et annotation personnelle des pochettes de négatifs.
Motifs récurrents: apparence et identité, illusion et croyance, théâtre et réalité, rituels américains, marges et excentricités de la vie urbaine, enfance et gémellité.
Paris a montré Diane Arbus moins de dix ans après sa mort: du 23 janvier au 17 mars 1980, le Centre Georges Pompidou lui consacre une exposition. Le texte de présentation du musée situe déjà l’artiste par sa « prédilection pour les exclus » et refuse d’y lire un simple goût morbide, citant cette phrase d’elle: « Une chose qui m’a frappée est que vous ne mettez pas dans une photographie ce qui va en sortir. » Cette exposition inscrit son nom dans l’histoire des expositions parisiennes de photographie bien avant sa consécration muséale française.
Le Centre Pompidou conserve un ensemble de tirages d’Arbus dans les collections du Musée national d’art moderne, où elle est répertoriée comme photographe de nationalité américaine, née et morte à New York. Y figurent notamment « The Junior Interstate Ballroom Dance Champions, Yonkers, N.Y. » (1962), « Russian Midget Friends in a Living Room on 100th Street, N.Y.C. » (1963), « Burlesque Comedienne in her Dressing Room, Atlantic City, N.J. » (1963), « A Flower Girl at a Wedding, Connecticut » (1964) et des épreuves de la série « Untitled ». C’est donc à Paris même que son travail est consultable en collection publique.
Du 18 octobre 2011 au 5 février 2012, le Jeu de Paume, place de la Concorde, présente la première rétrospective consacrée à Diane Arbus en France. Plus de deux cents clichés y font découvrir « la source, l’étendue, mais aussi les aspirations d’une force parfaitement originale dans l’univers de la photographie »: toutes les images emblématiques y côtoient un grand nombre de photographies jusqu’alors jamais montrées. Le service éducatif du musée a produit à cette occasion un dossier documentaire destiné aux enseignants, toujours accessible dans sa médiathèque.
Le lien avec le Jeu de Paume ne s’est pas arrêté à la Concorde: l’institution a repris la rétrospective hors les murs au Martin-Gropius-Bau de Berlin, du 22 juin au 23 septembre 2012, avec pour image de campagne « Jeune homme en bigoudis chez lui, 20e Rue, N.Y.C. » (1966). C’est aussi au Jeu de Paume qu’en 2026 des tirages d’Arbus sont de nouveau visibles à Paris, dans l’exposition « Fragile beauté » consacrée à la collection photographique de Sir Elton John et David Furnish.
Jeu de Paume (Paris) — A produit la première rétrospective française de Diane Arbus (18 octobre 2011 – 5 février 2012), en conserve le dossier documentaire, et présente en 2026 des tirages de l’artiste dans « Fragile beauté ».
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — A consacré une exposition à Diane Arbus du 23 janvier au 17 mars 1980 et conserve plusieurs de ses tirages en collection.
Museum of Modern Art (New York) — A révélé son travail dans « New Documents » (28 février – 7 mai 1967) aux côtés de Lee Friedlander et Garry Winogrand.
Smithsonian American Art Museum (Washington) — Conserve l’exemplaire de « A box of ten photographs » constitué pour Bea Feitler, acquis en 1986, et a organisé l’exposition qui en retrace l’histoire.
The Metropolitan Museum of Art (New York) — Détient l’archive Diane Arbus, entrée en 2007 par don et promesse de don de Doon et Amy Arbus, et a organisé « diane arbus: in the beginning ».
San Francisco Museum of Modern Art (San Francisco) — Seul lieu américain hors du Metropolitan Museum à avoir présenté « diane arbus: in the beginning », du 21 janvier au 30 avril 2017.
1923 — Naissance de Diane Nemerov à New York, dans une famille juive de Manhattan.
1956 — Début des sept premières années de sa carrière personnelle, travaillées au format 35 mm.
1962 — Adoption du format carré, qui donnera son allure reconnaissable à son œuvre.
1963 — Première bourse Guggenheim: voyages aux États-Unis sur le thème des rituels américains.
1966 — Seconde bourse Guggenheim, qui prolonge son enquête photographique à travers le pays.
1967-02-28 — Ouverture de « New Documents » au MoMA, avec Lee Friedlander et Garry Winogrand.
1969 — Elle entreprend le portfolio « A box of ten photographs », prévu à cinquante exemplaires.
1970 — Conférence à la Rhode Island School of Design, où elle est photographiée devant « Identical twins, Roselle, N.J. ».
1971-07-26 — Mort de Diane Arbus à New York, alors que sa réputation est à son apogée.
1972 — Première photographe exposée à la Biennale de Venise, dans le pavillon américain.
1980-01-23 — Ouverture de l’exposition Diane Arbus au Centre Georges Pompidou, jusqu’au 17 mars 1980.
1986 — Le Smithsonian American Art Museum acquiert le « box of ten » constitué pour Bea Feitler.
2007 — L’archive Diane Arbus entre au Metropolitan Museum of Art, don de Doon et Amy Arbus.
2011-10-18 — Ouverture au Jeu de Paume de la première rétrospective française, jusqu’au 5 février 2012.
2012-06-22 — Reprise hors les murs de la rétrospective au Martin-Gropius-Bau de Berlin, jusqu’au 23 septembre.
2017-01-21 — « diane arbus: in the beginning » au SFMOMA, jusqu’au 30 avril, après le Metropolitan Museum.
2026-06-12 — Ses tirages sont montrés à Paris dans « Fragile beauté » au Jeu de Paume, jusqu’au 24 septembre.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Diane Arbus à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Le Jeu de Paume présente du 12 juin au 24 septembre 2026 « Fragile beauté », choix de photographies de la collection de Sir Elton John et David Furnish, où Diane Arbus figure parmi les photographes exposés. Il s'agit d'un accrochage collectif adapté de l'exposition du Victoria and Albert Museum, et non d'une rétrospective monographique.
La première rétrospective française s'est tenue au Jeu de Paume du 18 octobre 2011 au 5 février 2012, avec plus de deux cents clichés réunissant les images emblématiques et de nombreuses photographies jamais montrées auparavant. Le Centre Pompidou l'avait toutefois déjà exposée bien plus tôt, du 23 janvier au 17 mars 1980.
Oui : le Musée national d'art moderne du Centre Pompidou conserve plusieurs de ses tirages, parmi lesquels « Russian Midget Friends in a Living Room on 100th Street, N.Y.C. » (1963), « A Flower Girl at a Wedding, Connecticut » (1964) et des épreuves de la série « Untitled » réalisée en 1970-1971.
Présentée au Museum of Modern Art du 28 février au 7 mai 1967, elle réunissait Arbus, Lee Friedlander et Garry Winogrand, alors peu connus. Son commissaire John Szarkowski y voyait une génération ayant réorienté la photographie documentaire vers des fins personnelles, avec pour ambition non de réformer la vie mais de la connaître.
C'est le portfolio auquel Arbus travaille à partir de fin 1969. À sa mort en 1971, huit exemplaires connus étaient tirés sur une édition prévue de cinquante, et quatre seulement avaient été vendus, à Richard Avedon, à Jasper Johns et à Bea Feitler. Le Smithsonian American Art Museum a acquis en 1986 l'exemplaire constitué pour cette dernière.
Oui, en 1972 : elle devient la première photographe présentée à la Biennale, dans le pavillon américain organisé par Walter Hopps, directeur de la Corcoran Gallery, pour la National Collection of Fine Arts, aujourd'hui Smithsonian American Art Museum. Cette inclusion fut jugée à l'époque l'audace la plus marquante de la sélection.