Exposition Paris

Exposition Djamel Tatah

Peintre né en 1959 à Saint-Chamond, Djamel Tatah aligne depuis le milieu des années 1980 des figures humaines grandeur nature sur de vastes aplats monochromes, peintes à l’huile et à la cire d’après des photographies retravaillées sur ordinateur puis projetées sur la toile.

Qui est Djamel Tatah ?

Djamel Tatah étudie à l’École des beaux-arts de Saint-Étienne entre 1981 et 1986.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Djamel Tatah dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Saint-Étienne, les années de formation

Djamel Tatah étudie à l’École des beaux-arts de Saint-Étienne entre 1981 et 1986. Il y confronte les classiques de l’histoire de l’art à la peinture figurative et admire particulièrement Jean-Michel Basquiat, pour son travail graphique autant que pour son militantisme antiraciste. Après plusieurs voyages en Algérie, menés en quête de culture comme de racines familiales, il choisit de peindre sur de grandes toiles posées sur d’imposantes planches de bois qui lui rappellent les palissades de rue: un dispositif qu’il conservera une dizaine d’années.

Une méthode invariable depuis 1986

Le Centre Pompidou date de 1986, alors que Tatah est encore étudiant, l’apparition du motif qui ne le quittera plus: des figures isolées sur des fonds monochromes dont le dépouillement emprunte aux procédures modulaires abstraites. Le protocole est toujours le même: l’artiste photographie ses proches, constitue une banque d’images qu’il retravaille sur ordinateur, vide les corps de leur chair et de leur volumétrie, puis projette les silhouettes sur la toile avant de les peindre à l’huile et à la cire. Depuis 1993, il produit régulièrement de grands polyptyques peuplés de marcheurs.

La reconnaissance institutionnelle et les grandes monographies

Après une première série d’expositions personnelles dans les années 1990, notamment à la galerie Liliane et Michel Durand-Dessert en 1999 puis en 2001, Djamel Tatah est invité par des institutions successives: Villa Médicis à Rome en 2010, château de Chambord en 2011, musée public d’art moderne et contemporain d’Alger en 2013, musée d’Art moderne et contemporain de Saint-Étienne et Fondation Maeght en 2014, Collection Lambert en Avignon en 2017-2018, Museum Berggruen à Berlin en 2021. Ses œuvres figurent au British Museum, à la Barjeel Art Foundation de Sharjah et au Macaal de Marrakech.

Montpellier, le musée Fabre et la consécration monographique

Installé à Montpellier en 2019, Djamel Tatah devient un familier des collections du musée Fabre, qui lui consacre en 2022-2023 l’exposition monographique «  Le Théâtre du silence ». Une quarantaine de toiles y traversent plus de trente-cinq années de peinture, hors de toute logique chronologique. Le musée y accueille aussi une résidence du chorégraphe Thierry Thieû Niang au cœur de l’accrochage, en février 2023, prolongeant en corps réels la chorégraphie que les tableaux dessinent. L’artiste vit et travaille aujourd’hui à Montpellier.

Face à Matisse, puis Répéter – Muter à Dijon

Au printemps 2024, le musée Matisse de Nice confie à Djamel Tatah et au commissaire Éric de Chassey, directeur de l’Institut national d’histoire de l’art, un parcours renouvelé de ses collections, du 16 mars au 27 mai: une centaine d’œuvres graphiques et de sculptures d’Henri Matisse, augmentées de prêts de l’INHA, alternent avec une trentaine de grands formats de Tatah. En 2026, les musées de Dijon reprennent le fil de la répétition avec «  Djamel Tatah. Répéter – Muter », du 22 mai au 20 septembre, déployée sur le musée des Beaux-Arts et le musée national Magnin.

La pratique en bref

Médiums: huile et cire sur toile, peinture sur toile marouflée sur bois, gravure sur bois imprimée sur toile de coton.

Techniques: prise de vue photographique de proches constituant une banque d’images, retouche informatique des images, corps vidés de leur chair et de leur volumétrie, projection des silhouettes sur la toile puis report du dessin, aplats monochromes ou bicolores sans décor ni ornement, polyptyques et peintures en éléments jouxtés, figures à l’échelle 1, xylographie imprimée sur toile transparente, avec l’imprimeur Michael Woolworth.

Motifs récurrents: la guerre, l’exil et la migration, la solitude, le silence, la condition humaine face à la violence du monde, la répétition et la variation des formes.

Quinze ans d’enseignement aux Beaux-Arts de Paris

Le lien le plus continu de Djamel Tatah avec Paris n’est ni un atelier ni une galerie, mais une chaire: il a enseigné à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris de 2008 à 2023, soit quinze années. Le musée des Arts et Métiers le présentait d’ailleurs, lors de son exposition de 2019, comme enseignant en poste dans cette école. C’est aussi à Paris qu’il s’entretient publiquement de son travail, notamment avec Éric de Chassey lors de la Nuit des idées organisée à l’Institut national d’histoire de l’art en 2018.

Deux toiles au Centre Pompidou, une œuvre au musée d’Art moderne de Paris

Le Musée national d’art moderne conserve deux peintures de l’artiste. La première, Sans titre (1998), est un immense format de 220 x 760 cm acquis en 2001 puis déposé par le Centre national des arts plastiques en 2002; sept personnages en pied s’y croisent sans échanger un regard, dans un format allongé que le musée rapproche du cinémascope. La seconde, Sans titre (1999), est entrée en 2023 par donation de Liliane et Michel Durand-Dessert. L’artiste indique par ailleurs être représenté dans les collections du musée d’Art moderne de Paris.

Des galeries de la rue Louise-Weiss à la chapelle des Arts et Métiers

Paris a été le théâtre des premières expositions personnelles marquantes de Djamel Tatah, chez Liliane et Michel Durand-Dessert en 1999 puis en 2001, avant la galerie Kamel Mennour en 2006 et 2008, l’atelier Michael Woolworth en 2014 et la galerie Poggi en 2019 et 2023. Le moment parisien le plus singulier reste l’intervention de 2019 dans l’ancienne église Saint-Martin-des-Champs, au musée des Arts et Métiers: une œuvre monumentale gravée sur bois et imprimée sur toile transparente, tendue dans l’abside et traversée par la lumière du chevet, visible des deux côtés.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve deux peintures de l’artiste, Sans titre (1998) et Sans titre (1999); la seconde est actuellement prêtée au musée des Beaux-Arts de Dijon.

Musée d’Art moderne de Paris (Paris) — Cité par l’artiste parmi les collections publiques détenant ses œuvres; aucune notice correspondante n’a pu être ouverte sur le moteur de recherche du musée.

Musée des Arts et Métiers, église Saint-Martin-des-Champs (Paris) — A présenté du 17 mai 2019 au 3 mai 2020 une œuvre monumentale imprimée sur toile transparente, installée dans l’abside.

Musée des Beaux-Arts de Dijon et musée national Magnin (Dijon) — Accueillent du 22 mai au 20 septembre 2026 l’exposition «  Djamel Tatah. Répéter – Muter », en deux volets et en dialogue avec les collections permanentes.

Musée Fabre (Montpellier) — A consacré à l’artiste la monographie «  Le Théâtre du silence » en 2022-2023 et conserve une peinture de 2022 en deux panneaux.

Repères chronologiques

1959 — Naissance de Djamel Tatah à Saint-Chamond, dans la Loire.

1981-1986 — Études à l’École des beaux-arts de Saint-Étienne.

1986 — Apparition du motif de la figure isolée sur fond monochrome, alors qu’il est encore étudiant.

1993 — Début de la production régulière de grands polyptyques peuplés de marcheurs.

1996 — Réalisation du triptyque Les Femmes d’Alger, 350 x 450 cm, aujourd’hui aux Abattoirs – Frac Occitanie Toulouse.

1999 — Première exposition personnelle chez Liliane et Michel Durand-Dessert à Paris, suivie d’une seconde en 2001.

2001 — Achat par le Centre national des arts plastiques de Sans titre (1998), déposé au Centre Pompidou en 2002.

2008 — Début de son enseignement à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, qu’il poursuivra jusqu’en 2023.

2019 — Installation à Montpellier et exposition d’une œuvre imprimée sur toile transparente au musée des Arts et Métiers, à Paris.

2022-2023 — Monographie «  Le Théâtre du silence » au musée Fabre de Montpellier, une quarantaine de toiles.

2024 — Accrochage «  Tatah-Matisse. Sans titre » au musée Matisse de Nice, du 16 mars au 27 mai, avec Éric de Chassey.

2026 — Exposition «  Djamel Tatah. Répéter – Muter » à Dijon, du 22 mai au 20 septembre, sur deux musées.

Djamel Tatah & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Djamel Tatah à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Comment Djamel Tatah peint-il ses figures ?

Il photographie ses proches et constitue une banque d'images qu'il retravaille sur ordinateur : les corps y sont vidés de leur chair et de leur volumétrie. Les silhouettes obtenues sont ensuite projetées sur la toile, puis peintes à l'huile et à la cire sur des fonds d'un seul ton. Le procédé est resté identique depuis 1986.

Où voir des œuvres de Djamel Tatah à Paris ?

Deux peintures appartiennent au Musée national d'art moderne, au Centre Pompidou : Sans titre (1998), format de 220 x 760 cm acquis en 2001, et Sans titre (1999), donné en 2023 par Liliane et Michel Durand-Dessert. L'artiste cite également le musée d'Art moderne de Paris parmi les collections qui le conservent. La présentation en salle dépend des accrochages et des prêts en cours.

Quelle exposition de Djamel Tatah est visible en 2026 ?

« Djamel Tatah. Répéter – Muter » se tient du 22 mai au 20 septembre 2026 à Dijon, sur deux sites : le musée des Beaux-Arts et le musée national Magnin. Plus de quarante œuvres y dialoguent avec les collections permanentes, dont deux inédites inspirées du panneau de Konrad Witz L'Empereur Auguste et la sibylle de Tibur, vers 1435, et trois pièces installées dans la salle des tombeaux des ducs de Bourgogne.

Pourquoi ses tableaux sont-ils dits « silencieux » ?

Les personnages, peints à hauteur d'homme et à leur taille réelle, occupent des espaces indéfinis sans ornement ni décor, se croisent sans échanger de regard et paraissent saisis dans un état de désœuvrement. C'est de ce dispositif que vient le titre de la monographie du musée Fabre, « Le Théâtre du silence », et l'expression de « peintre du silence » reprise par la critique.

Djamel Tatah a-t-il enseigné la peinture ?

Oui : il a été enseignant à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris de 2008 à 2023, soit quinze années, après avoir lui-même étudié à l'École des beaux-arts de Saint-Étienne entre 1981 et 1986. Le musée des Arts et Métiers le présentait encore comme enseignant de cette école lors de son exposition de 2019.

Quel rapport Djamel Tatah entretient-il avec Henri Matisse ?

Au printemps 2024, le musée Matisse de Nice l'a invité avec le commissaire Éric de Chassey à réagencer une partie de ses collections : une centaine d'œuvres graphiques et de sculptures de Matisse, complétées de prêts de l'Institut national d'histoire de l'art, y alternaient avec une trentaine de grands formats de Tatah. Le parti pris privilégiait le Matisse du noir et blanc, du trait et de la répétition des motifs.