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Cette page sert surtout à situer Do Ho Suh dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Séoul en 1962 et installé à Londres, Do Ho Suh reconstruit en tissu translucide, à l’échelle 1, les logements et les ateliers qu’il a successivement habités en Corée, aux États-Unis et en Grande-Bretagne.
Do Ho Suh naît à Séoul en 1962. Il y obtient un diplôme de premier cycle puis un diplôme supérieur de peinture orientale à l’université nationale de Séoul, avant d’accomplir son service militaire obligatoire en Corée du Sud.
Cette page sert surtout à situer Do Ho Suh dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Do Ho Suh naît à Séoul en 1962. Il y obtient un diplôme de premier cycle puis un diplôme supérieur de peinture orientale à l’université nationale de Séoul, avant d’accomplir son service militaire obligatoire en Corée du Sud. Il gagne ensuite les États-Unis, où il reprend des études d’art: un B.F.A. de peinture à la Rhode Island School of Design en 1994, puis un M.F.A. de sculpture à l’université Yale en 1997. Ce double apprentissage — un savoir pictural asiatique d’abord, une discipline sculpturale américaine ensuite — reste lisible dans un travail qui traite le tissu comme une surface dessinée autant que comme un volume.
En 2001, l’artiste présente Some/One, une structure d’environ neuf pieds de haut évoquant une armure ou une robe de cérémonie, dont l’ourlet se déploie au sol de la salle qui l’accueille. Elle est composée de cent mille plaques d’identité militaire en acier inoxydable, matériau que le musée relie à son service militaire sud-coréen. Les plaques, censées consigner l’essentiel d’une identité, sont estampées de signes dépourvus de sens: leurs porteurs supposés restent anonymes, et la carapace n’abrite aucun corps. La pièce appartient à la collection du Whitney Museum of American Art. La même année, Do Ho Suh représente la Corée à la Biennale de Venise.
Enfant, Do Ho Suh entend les charpentiers qui bâtissent sa maison familiale de Séoul — un hanok, maison coréenne traditionnelle — employer une expression qui signifie littéralement « marcher la maison »: ces constructions peuvent être démontées puis remontées ailleurs. La Tate Modern en a fait le titre de sa rétrospective de 2025. Pour l’artiste, la formule décrit la manière dont chacun transporte plusieurs lieux à travers l’espace et le temps; il décrit ses espaces comme « transportables, respirables et changeants », jamais figés. La mémoire n’y est pas un dépôt mais une matière mobile, que l’architecture retient et restitue.
L’artiste fabrique des répliques proportionnellement exactes de logements, d’éléments d’architecture ou d’appareils domestiques, assemblées à partir de plans cousus de polyester translucide et coloré. 348 West 22nd Street, réalisé entre 2011 et 2015, rejoue ainsi son appartement de rez-de-chaussée à New York: des pièces et des couloirs de polyester lumineux portés par de l’acier inoxydable, entrés dans les collections du LACMA par donation. Il évoque l’ouverture particulière des maisons coréennes sur leur environnement, et ses œuvres travaillent moins la nostalgie que la frontière incertaine entre intérieur psychique et extérieur objectif.
Do Ho Suh reçoit en 2017 le prix Ho-Am pour les arts, distinction coréenne créée en 1990. Le Smithsonian’s National Museum of Asian Art lui commande Public Figures pour le centenaire de l’institution: le socle monumental est dévoilé le 27 avril 2024 et installé cinq ans sur la Freer Plaza, face au National Mall à Washington. La même année, le centre d’art Art Sonje présente à Séoul l’exposition Speculations, du 17 août au 17 novembre 2024. En 2025, la Tate Modern lui consacre une exposition de synthèse couvrant trois décennies de pratique.
Médiums: sculpture textile (polyester translucide cousu), installation à l’échelle 1, dessin et œuvres sur papier, vidéo, papier peint photographique, sculpture en résine et aluminium.
Techniques: couture de plans de polyester coloré tendus sur des tubes d’acier inoxydable, relevé et réplique proportionnellement exacte d’un espace habité, assemblage de milliers d’éléments identiques (plaques militaires, figurines), réduction et démultiplication d’images photographiques en motif mural.
Motifs récurrents: le foyer comme structure physique et comme expérience vécue, migration, transience et identités mouvantes, mémoire, architecture et corps, individu et collectif, espaces de transition: couloirs, escaliers, seuils, monument et anti-monument.
Le passage parisien le mieux établi de Do Ho Suh remonte à la FIAC 2016, du 20 au 23 octobre. Son œuvre Hub, London Apartment (2015) est montrée dans On Site, secteur alors nouveau de la foire consacré aux sculptures et aux installations et déployé dans la Galerie Sud, le Pavillon Sud et le jardin du Petit Palais. La présentation est assurée conjointement par les galeries Victoria Miro et Lehmann Maupin. La pièce, un point d’intersection entre plusieurs pièces de son logement londonien, avait été exposée pour la première fois la même année dans son exposition personnelle du Contemporary Arts Center de Cincinnati.
La liste des expositions personnelles récentes tenue par sa galerie recense la Tate Modern à Londres, l’Art Sonje Center à Séoul, le Moody Center for the Arts à Houston, la Scottish National Gallery of Modern Art à Édimbourg, le Museum of Contemporary Art Australia à Sydney, le LACMA, le Victoria & Albert Museum, le musée Voorlinden ou encore le Mori Art Museum de Tokyo: aucune institution française n’y figure. Le rapport de l’artiste à Paris relève donc à ce stade de la foire et du marché, non d’une exposition monographique ni d’une collection publique parisienne identifiée.
Petit Palais (Paris) — a accueilli en octobre 2016 le secteur On Site de la FIAC, où Hub, London Apartment était présentée
Tate Modern (Londres) — exposition de synthèse The Genesis Exhibition: Do Ho Suh: Walk the House, du 1er mai au 26 octobre 2025
Smithsonian’s National Museum of Asian Art (Washington) — Public Figures installée sur la Freer Plaza pour cinq ans à partir du 27 avril 2024
Whitney Museum of American Art (New York) — conserve Some/One (2001) dans sa collection
Los Angeles County Museum of Art (Los Angeles) — a reçu en donation 348 West 22nd Street (2011-2015)
1962 — Naissance de Do Ho Suh à Séoul, en Corée du Sud
1994 — Obtient un B.F.A. de peinture à la Rhode Island School of Design
1997 — Obtient un M.F.A. de sculpture à l’université Yale
2001 — Représente la Corée à la Biennale de Venise; Some/One entre dans l’histoire de son œuvre
2011-2015 — Réalisation de 348 West 22nd Street, réplique de son appartement new-yorkais
2016-10 — Hub, London Apartment présentée au Petit Palais dans le secteur On Site de la FIAC
2017 — Reçoit le prix Ho-Am pour les arts, distinction coréenne créée en 1990
2024-04-27 — Dévoilement de Public Figures sur la Freer Plaza du National Museum of Asian Art
2024-08-17 — Ouverture de l’exposition Speculations à l’Art Sonje Center de Séoul
2025-05-01 — Ouverture de Walk the House, exposition de synthèse à la Tate Modern de Londres
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Do Ho Suh à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
C'est une expression coréenne que l'artiste, enfant, entendait des charpentiers construisant sa maison familiale de Séoul, un hanok : ces bâtiments traditionnels peuvent être démontés puis remontés ailleurs, autrement dit « marchés ». La Tate Modern en a fait le titre de sa rétrospective de 2025.
De plans cousus de polyester translucide et coloré, tendus sur des tubes d'acier inoxydable, qui reproduisent avec des proportions exactes un logement, un élément d'architecture ou un appareil domestique. 348 West 22nd Street, réalisé entre 2011 et 2015, applique ce procédé à son ancien appartement new-yorkais.
Une structure d'environ neuf pieds de haut, entre l'armure et la robe de cérémonie, formée de cent mille plaques d'identité militaire en acier inoxydable dont l'ourlet recouvre le sol. Les plaques sont estampées de signes sans signification : l'identité qu'elles devraient enregistrer reste vide.
Oui, mais dans le cadre d'une foire : Hub, London Apartment (2015) a été montrée du 20 au 23 octobre 2016 au Petit Palais, dans le secteur On Site de la FIAC, coprésentée par Victoria Miro et Lehmann Maupin. Aucune institution française ne figure en revanche dans la liste de ses expositions personnelles.
Public Figures (1998-2023), en jesmonite, aluminium et résine de polyester : un socle monumental commandé pour le centenaire du National Museum of Asian Art du Smithsonian, dévoilé le 27 avril 2024 et installé cinq ans sur la Freer Plaza, face au National Mall.
Le Museum of Modern Art de New York en présente cinq en ligne, dont Doormat: Welcome (1998) et Who Am We ? (1999) ; le Whitney Museum détient Some/One (2001) ; la Tate possède Who Am We ? (Multicoloured) (2000) et Staircase-III (2010) ; le LACMA a reçu 348 West 22nd Street en donation.