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Cette page sert surtout à situer Edvard Munch dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Edvard Munch (1863-1944) a bâti en soixante ans de création une œuvre où la maladie, le désir et la mort deviennent des motifs que le peintre reprend, décline et réimprime sans fin.
Edvard Munch naît le 12 décembre 1863 à Kristiania, l’actuelle Oslo. Sa mère meurt de la tuberculose en 1868 et c’est sa tante Karen qui prend alors la direction du foyer.
Cette page sert surtout à situer Edvard Munch dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Edvard Munch naît le 12 décembre 1863 à Kristiania, l’actuelle Oslo. Sa mère meurt de la tuberculose en 1868 et c’est sa tante Karen qui prend alors la direction du foyer. Le musée MUNCH souligne que l’enfant, souvent malade, restait à la maison pendant les hivers, ce qui l’a privé d’une scolarité régulière mais a nourri sa vocation. En 1880, il s’inscrit à l’École royale de dessin d’Oslo et consigne sa décision dans une formule restée célèbre: « It is my decision now to become a painter. » Cette matière intime — le deuil, la chambre de malade, la sœur alitée — ne quittera plus son œuvre.
Munch fait un premier voyage à Paris en 1885 grâce à une bourse, puis s’y installe en 1889, l’année de sa première exposition personnelle à Kristiania et de la mort de son père en novembre. Le Nasjonalmuseet précise qu’il vit en France de 1889 à 1891 grâce à une bourse d’artiste de l’État norvégien, et qu’il gagne Saint-Cloud, à l’extérieur de la capitale, après l’apparition du choléra à Paris en décembre 1889. Il y loue une chambre au-dessus d’un café, avec vue sur la Seine: c’est le décor de Nuit à Saint-Cloud (1890). Il y formule aussi son manifeste, qui réclame des tableaux montrant des êtrès « vivants, qui respirent, qui sentent, qui aiment et qui souffrent ».
En 1892, l’exposition que Munch présente à Berlin fait scandale et ferme au bout d’une semaine; il fréquente alors le cabaret du Cochon noir aux côtés d’August Strindberg. C’est dans cette décennie que se constituent les motifs qui feront sa réputation: une version au pastel du Cri en 1893, Madonna en 1894, Puberté et Vampire en 1894-1895, tandis qu’il développe une pratique intensive de l’estampe. En 1902, il présente l’ensemble sous le titre de Frise de la vie. Le musée MUNCH date de 1889 le manifeste de Saint-Cloud comme point de départ conceptuel de cette frise, dont l’édition numérique eMunch retrace la genèse.
En 1908, Munch est admis à la clinique du docteur Jacobson à Copenhague pour épuisement nerveux; l’épisode marque une césure dans sa vie et dans son travail. Entre 1909 et 1916, il décore l’aula de l’université d’Oslo et rentre définitivement en Norvège. En 1916, il achète le domaine d’Ekely, aux abords d’Oslo, où il vivra jusqu’à sa mort et qui lui offre, selon le musée MUNCH, des conditions de travail favorables dont témoigne l’abondance de sa production tardive. Il continue d’y peindre, de graver, de photographier et de se prendre lui-même pour sujet.
En 1940, année de l’invasion allemande de la Norvège, Munch modifie son testament et lègue ses œuvres à la municipalité d’Oslo. Il survit en décembre 1943 à une explosion survenue dans la ville, puis meurt le 23 janvier 1944 à Ekely. Ce legs constitue le fonds fondateur de l’actuel musée MUNCH, qui conserve ses œuvres et met en ligne son catalogue raisonné ainsi que ses archives de correspondance. C’est cette institution qui a coproduit avec le musée d’Orsay la rétrospective parisienne de 2022, en prêtant des pièces comme Vampire (1895).
Médiums: peinture à l’huile, tempera, craie grasse sur carton, lithographie, gravure sur bois, eau-forte, dessin, sculpture, photographie, film.
Techniques: reprise d’un même motif en plusieurs versions peintes et gravées, lithographie en couleur imprimée à Paris par Auguste Clot, formes simplifiées et couleurs non réalistes, autoportraits photographiques pris à courte distance.
Motifs rcurrents: la maladie et la mort, langoisse et lalination, le dsir et la jalousie, les ges de la vie, le paysage nordique dsgrdstrand, lautoportrait.
Le rapport de Munch à Paris commence par un premier voyage en 1885, effectué grâce à une bourse, puis par une installation en 1889. Le Nasjonalmuseet documente précisément cet épisode: entre 1889 et 1891, l’artiste vit en France grâce à une bourse d’artiste de l’État norvégien. L’apparition du choléra à Paris en décembre 1889 le pousse à s’installer à Saint-Cloud, aux portes de la capitale, dans une chambre louée au-dessus d’un café d’où l’on voit la Seine. Ce logement devient le sujet de Nuit à Saint-Cloud (1890), où un homme songeur assis près de la fenêtre — peut-être le poète danois Emanuel Goldstein — se détache d’une ombre de croisée projetée au sol.
C’est de ce séjour francilien que date le texte fondateur de Munch, connu sous le nom de manifeste de Saint-Cloud. Le musée MUNCH, éditeur de l’édition numérique des écrits de l’artiste, place ce texte de 1889 au point de départ de la Frise de la vie et le range dans une sélection d’environ 1 100 pages manuscrites couvrant surtout la période 1889-1906. Le Nasjonalmuseet en cite le cœur: un tableau doit montrer des êtrès vivants, qui respirent, qui sentent, qui aiment et qui souffrent. Autrement dit, la doctrine qui éloigne Munch du réalisme se formule à quelques kilomètrès de Paris, dans une chambre au-dessus d’un café.
Paris est aussi la ville où Munch fait imprimer. Le Nasjonalmuseet attribue à l’imprimeur parisien Auguste Clot le tirage de L’Enfant malade I, lithographie de 1896 éditée à cinquante épreuves, et recense chez lui une trentaine de pièces publiées. Un siècle plus tard, la capitale lui a consacré deux grandes relectures: le Centre Pompidou avec Edvard Munch. L’œil moderne, en 2011-2012, qui réunissait environ quatre-vingts peintures, trente œuvres sur papier, cinquante photographies et un film; puis le musée d’Orsay avec Edvard Munch. Un poème de vie, d’amour et de mort, du 20 septembre 2022 au 22 janvier 2023, en collaboration avec le musée Munch d’Oslo.
Musée d’Orsay (Paris) — A présenté la rétrospective « Edvard Munch. Un poème de vie, d’amour et de mort » du 20 septembre 2022 au 22 janvier 2023, en collaboration avec le musée Munch d’Oslo.
Centre Pompidou (Paris) — A présenté « Edvard Munch. L’œil moderne » en 2011-2012, dans la Galerie 2, autour de la photographie, du cinéma et de la reprise des motifs.
Musée MUNCH (Munchmuseet) (Oslo) — Institution née du legs de l’artiste à la municipalité d’Oslo; conserve son fonds, son catalogue raisonné et ses archives.
Nasjonalmuseet (Oslo) — Conserve Le Cri (1893), Nuit à Saint-Cloud (1890), Madonna (1894), Mère et fille (1897) et des estampes imprimées par Auguste Clot.
1863-12-12 — Naissance d’Edvard Munch à Kristiania, l’actuelle Oslo.
1868 — Mort de sa mère, emportée par la tuberculose; sa tante Karen prend en charge le foyer.
1880 — Inscription à l’École royale de dessin d’Oslo et décision assumée de devenir peintre.
1885 — Premier voyage à Paris grâce à une bourse; liaison avec Milly Thaulow.
1889-1891 — Séjour en France grâce à une bourse d’artiste de l’État norvégien, puis installation à Saint-Cloud après l’arrivée du choléra à Paris.
1890 — Peinture de Nuit à Saint-Cloud, présentée la même année à l’exposition nationale d’automne de Kristiania.
1892 — Son exposition à Berlin fait scandale et ferme au bout d’une semaine; rencontre d’August Strindberg.
1893 — Réalisation du Cri, conservé aujourd’hui au Nasjonalmuseet d’Oslo.
1896 — Lithographie de L’Enfant malade I imprimée à Paris par Auguste Clot, à cinquante épreuves.
1902 — Présentation de l’ensemble de motifs sous le titre de Frise de la vie.
1908 — Admission à la clinique du docteur Jacobson à Copenhague pour épuisement nerveux.
1916 — Achat du domaine d’Ekely, près d’Oslo, où il vivra jusqu’à sa mort.
1940 — Il modifie son testament et lègue ses œuvres à la municipalité d’Oslo.
1944-01-23 — Mort d’Edvard Munch à Ekely; son legs fonde le futur musée MUNCH.
2022 — Rétrospective « Un poème de vie, d’amour et de mort » au musée d’Orsay, jusqu’au 22 janvier 2023.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Edvard Munch à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
La version de 1893, en tempera et craie grasse sur carton (73,5 × 91 cm, inv. NG.M.00939), est conservée au Nasjonalmuseet d'Oslo, qui l'a reçue en don d'Olaf Schou en 1910. Le musée précise qu'elle dérive d'une composition antérieure de 1892, Humeur maladive au couchant. Désespoir.
C'est le texte que Munch écrit en 1889 pendant son séjour à Saint-Cloud, près de Paris. Il y réclame des tableaux montrant des êtrès vivants, qui respirent, qui sentent, qui aiment et qui souffrent, contre le réalisme pur. Le musée MUNCH en fait le point de départ conceptuel de la Frise de la vie.
Le Nasjonalmuseet indique qu'il vivait en France de 1889 à 1891 grâce à une bourse d'artiste de l'État norvégien et qu'il a quitté Paris pour Saint-Cloud après l'apparition du choléra dans la capitale en décembre 1889. Il y a loué une chambre au-dessus d'un café, avec vue sur la Seine.
Oui. Le Nasjonalmuseet crédite l'imprimeur parisien Auguste Clot pour L'Enfant malade I, lithographie de 1896 tirée à cinquante épreuves et signée au crayon par l'artiste (inv. NG.K&H.A.19028). La base du musée recense une trentaine d'œuvres publiées avec cet imprimeur.
Le Nasjonalmuseet indique que Munch a peint cinq versions de ce motif entre 1894 et 1897. La toile d'Oslo (huile sur toile, 90,5 × 70,5 cm, inv. NG.M.00841, don d'Olaf Schou en 1909) est aujourd'hui identifiée comme la première de la série ; la figure y porte une auréole rouge et non dorée.
Il repose sur le legs de l'artiste. En 1940, année de l'invasion allemande, Munch modifie son testament en faveur de la municipalité d'Oslo ; à sa mort, le 23 janvier 1944, sa collection revient à la ville et forme le fonds fondateur du musée, qui diffuse aussi son catalogue raisonné et ses archives.