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Cette page sert surtout à situer Egon Schiele dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Mort à vingt-huit ans de la grippe espagnole, Egon Schiele (1890-1918) a laissé en une décennie une œuvre qui a fait basculer la peinture autrichienne hors du décoratif de la Sécession.
Egon Schiele naît en 1890 à Tulln an der Donau, où son père est chef de gare: le musée qui lui est consacré occupe aujourd’hui la maison natale, installée dans le bâtiment de la gare de Tulln.
Cette page sert surtout à situer Egon Schiele dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Egon Schiele naît en 1890 à Tulln an der Donau, où son père est chef de gare: le musée qui lui est consacré occupe aujourd’hui la maison natale, installée dans le bâtiment de la gare de Tulln. La famille s’installe à Klosterneuburg à partir de 1904. Sa facilité précoce pour le dessin le conduit à l’Académie des beaux-arts de Vienne dès 1906, à seize ans, dans la classe de Christian Griepenkerl, dont le Leopold Museum souligne que les structures rigides ne répondaient en rien aux idées du jeune peintre. Le musée Guggenheim de Bilbao, présentant le fonds graphique de l’Albertina, situe ces premières feuilles académiques au point de départ d’une évolution stylistique d’une rapidité exceptionnelle.
L’été 1909, Schiele quitte l’Académie et fonde la Neukunstgruppe, groupe de jeunes artistes dont il devient le porte-parole. Ses apparitions sur la scène viennoise sont, selon la formule du Leopold Museum, tour à tour célébrées et diabolisées: convaincu de la valeur de son art et doué d’un vrai sens du réseau, il s’impose en quelques saisons comme la voix d’une génération. Le Guggenheim de Bilbao décrit la sortie hors du naturalisme qui s’opère alors, avec un usage radical de la couleur et des motifs neufs et inquiétants — nus explicitement érotiques, portraits d’enfants — que Vienne reçoit comme une provocation autant que comme une révélation.
Walburga « Wally » Neuzil (1894-1917) devient son modèle au début de 1911, puis sa compagne jusqu’au début de 1915; elle est aussi vendeuse, caissière et mannequin dans un magasin de confection. Ils partent ensemble pour Krumau au printemps 1911. En 1912, à Neulengbach, Schiele passe vingt et un jours dans une cellule de cave du tribunal de district, poursuivi pour enlèvement, abus et présentation de dessins indécents; il n’est finalement condamné que pour avoir exposé chez lui un nu visible des visiteurs. Wally lui fait passer par la fenêtre de la prison l’orange que fixe l’aquarelle « L’orange était l’unique lumière ». En 1963, l’historienne de l’art Alessandra Comini identifie la cellule exacte grâce aux dessins minutieux que Schiele y avait faits de la porte.
Schiele a cherché tôt la consécration muséale: le 21 juin 1916, il écrit à son ami et mécène Arthur Roessler qu’il serait peut-être temps qu’au moins un tableau soit accroché à la Staatsgalerie. Le vœu a été exaucé bien au-delà: le Belvedere conserve aujourd’hui vingt œuvres de l’artiste, dont deux dépôts permanents, parmi lesquelles « Tod und Mädchen », « Die Umarmung », le portrait d’Eduard Kosmack et celui de Wally Neuzil. L’Albertina détient de son côté l’ensemble d’œuvres sur papier le plus important qui lui soit consacré, et le Leopold Museum quarante-quatre peintures ainsi que plus de deux cents aquarelles, dessins et estampes.
En 1918, Schiele signe l’affiche lithographiée de la 49e exposition de la Sécession viennoise, dont le MoMA conserve un exemplaire et la Bibliothèque nationale de France un tirage au département des Estampes et de la photographie. C’est le moment où il commence à être tenu pour un artiste majeur. La suite tient en trois jours: sa femme Edith, enceinte de six mois, meurt de la grippe espagnole, puis Schiele lui-même le 31 octobre 1918, dans l’appartement de ses beaux-parents à Vienne, au 114 de la Hietzinger Hauptstraße. La photographe Martha Fein, alors âgée de vingt-quatre ans, le photographie sur son lit de mort, amaigri et les cheveux coupés court.
Médiums: huile sur toile, aquarelle et gouache sur papier, crayon et craie noire, lithographie (affiche).
Techniques: primat du trait cerné, contour anguleux tracé d’un seul geste et laissé apparent, aquarelle posée en aplats à l’intérieur d’un dessin déjà autonome — la plupart de ses « aquarelles » sont techniquement des dessins colorés, cadrage en plongée et fonds neutres qui isolent la figure sans décor, pose extrême du modèle: torsions, mains écartées, membres tronqués par le bord de la feuille.
Motifs récurrents: l’examen de sa propre existence, décliné dans d’innombrables autoportraits, le corps sexué comme lieu d’une question existentielle, non comme motif décoratif, l’artiste en voyant et en clairvoyant, posture qu’il construit dans ses œuvres comme dans ses lettres, la mort et le couple enlacé, villes et paysages: maisons serrées de Krumau, arbres isolés, façades sans ciel.
Paris conserve une pièce datée de la dernière année de l’artiste: l’affiche lithographiée réalisée en 1918 pour la 49e exposition de la Sécession viennoise est entrée à la Bibliothèque nationale de France, au département des Estampes et de la photographie, sous la côté RESERVE FT 6-CA-467. La notice patrimoniale rappelle que Schiele, proche de la Sécession et de son fondateur Gustav Klimt, exécute cette affiche l’année même de sa mort. C’est un point d’accroche concret pour un visiteur parisien: la feuille est identifiée, localisée et consultable via l’identifiant pérenne ark:/12148/mm3202028667.
La première présentation parisienne d’ampleur associant Schiele à ses contemporains est l’exposition « Vienne 1900: Klimt, Schiele, Moser, Kokoschka », tenue aux Galeries nationales du Grand Palais du 3 octobre 2005 au 23 janvier 2006. La notice du catalogue général de la BnF précise qu’elle a été organisée par la Réunion des musées nationaux et le musée d’Orsay, et que le catalogue a été dirigé par Serge Lemoine et Marie-Amélie zu Salm-Salm. Schiele y était lu non comme un cas isolé mais comme l’un des quatre sommets d’une modernité viennoise abordée collectivement.
Du 3 octobre 2018 au 14 janvier 2019, la Fondation Louis Vuitton a consacré simultanément deux expositions à Egon Schiele et à Jean-Michel Basquiat, avec pour chacune plus d’une centaine de travaux. Le service de presse de la Fondation crédite Suzanne Pagé du commissariat général, Dieter Buchhart comme commissaire invité et Olivier Michelon comme commissaire associé pour la présentation parisienne, la scénographie revenant à Jean-François Bodin avec Hélène Roncerel. Le rapprochement assumé des deux artistes tenait à leur destin commun: une œuvre courte, portée par la jeunesse, à l’impact durable.
Leopold Museum (Vienne) — Conserve la plus grande et la plus importante collection Schiele au monde: 44 peintures, plus de 200 aquarelles, dessins et estampes, ainsi que des écrits.
Belvedere (Vienne) — Vingt œuvres dont deux dépôts permanents, parmi lesquelles « Tod und Mädchen » (inv. 3171) et « Die Umarmung ».
Albertina (Vienne) — Détient l’ensemble d’œuvres sur papier le plus important consacré à Schiele, prêté hors les murs jusqu’à Bilbao en 2012.
Egon Schiele Museum (Tulln an der Donau) — Musée de la ville natale; gère aussi le parcours Schiele, le jardin et la mise en visite du tribunal de district de Neulengbach.
Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie (Paris) — Conserve un tirage de l’affiche de 1918 pour la 49e exposition de la Sécession, côté RESERVE FT 6-CA-467.
1890 — Naissance à Tulln an der Donau, en Basse-Autriche; la maison natale, dans le bâtiment de la gare, abrite aujourd’hui le musée qui lui est consacré.
1904 — La famille Schiele s’installe à Klosterneuburg, aux portes de Vienne.
1906 — Entrée à l’Académie des beaux-arts de Vienne, dans la classe de Christian Griepenkerl.
1909 — Fondation de la Neukunstgruppe pendant l’été; Schiele devient le porte-parole d’une génération de jeunes artistes viennois.
1911 — Wally Neuzil devient son modèle au début de l’année, puis sa compagne; ils s’installent ensemble à Krumau au printemps.
1912-04 — Affaire de Neulengbach: vingt et un jours d’incarcération dans une cellule de cave du tribunal de district.
1915 — Séparation d’avec Wally Neuzil au début de l’année; il peint « Tod und Mädchen », huile de 150 × 180 cm aujourd’hui au Belvedere.
1916 — Le 21 juin, il écrit à son mécène Arthur Roessler qu’il serait temps qu’un de ses tableaux entre à la Staatsgalerie.
1918 — Réalisation de l’affiche lithographiée de la 49e exposition de la Sécession viennoise, année de sa mort.
1918-10-31 — Mort de la grippe espagnole à Vienne, trois jours après son épouse Edith, enceinte de six mois.
1963 — Alessandra Comini identifie, le 27 août, la cellule exacte de Neulengbach grâce aux dessins que Schiele y avait faits.
2005-10-03 — Ouverture de « Vienne 1900: Klimt, Schiele, Moser, Kokoschka » aux Galeries nationales du Grand Palais, à Paris.
2018-10-03 — Ouverture de la monographie Egon Schiele à la Fondation Louis Vuitton, à Paris, jusqu’au 14 janvier 2019.




Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Egon Schiele à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
En 1912, à Neulengbach, il passe vingt et un jours dans une cellule de cave du tribunal de district, poursuivi pour enlèvement, abus et présentation de dessins indécents. Il n'est finalement condamné que pour avoir accroché chez lui un nu visible des visiteurs. L'épisode est resté sous le nom d'« affaire de Neulengbach ».
Au Leopold Museum de Vienne, qui conserve 44 peintures, plus de 200 aquarelles, dessins et estampes ainsi que de nombreux écrits, soit selon l'institution la collection Schiele la plus vaste et la plus importante au monde. Le Belvedere en détient vingt œuvres et l'Albertina le principal fonds d'œuvres sur papier.
Walburga « Wally » Neuzil (1894-1917) est son modèle à partir du début de 1911, puis sa compagne jusqu'au début de 1915. Vendeuse et mannequin dans un magasin de confection, elle part avec lui à Krumau et le soutient durant son incarcération d'avril 1912. Elle meurt infirmière de guerre en Dalmatie.
De la grippe espagnole, le 31 octobre 1918, trois jours seulement après son épouse Edith, enceinte de six mois. Il meurt dans l'appartement de ses beaux-parents, au 114 de la Hietzinger Hauptstraße à Vienne, où la photographe Martha Fein réalise deux clichés de lui sur son lit de mort.
Oui : la Bibliothèque nationale de France conserve, à son département des Estampes et de la photographie, un tirage de l'affiche lithographiée que Schiele a réalisée en 1918 pour la 49e exposition de la Sécession viennoise, sous la cote RESERVE FT 6-CA-467, avec l'identifiant pérenne ark:/12148/mm3202028667.
Deux jalons documentés : « Vienne 1900 : Klimt, Schiele, Moser, Kokoschka » aux Galeries nationales du Grand Palais, du 3 octobre 2005 au 23 janvier 2006, organisée par la RMN et le musée d'Orsay ; puis la monographie de la Fondation Louis Vuitton, du 3 octobre 2018 au 14 janvier 2019.