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Cette page sert surtout à situer El Anatsui dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Sculpteur ghanéen né en 1944 à Anyako, installé depuis 1975 dans la ville universitaire de Nsukka au Nigeria, El Anatsui aplatit et coud au fil de cuivre des milliers de capsules de bouteilles d’alcool pour en tirer des tentures métalliques souples, sans châssis ni forme fixe, qui se réinventent à chaque accrochage.
El Anatsui naît en 1944 à Anyako, sur le littoral de l’actuel Ghana, alors colonie britannique de la Gold Coast.
Cette page sert surtout à situer El Anatsui dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
El Anatsui naît en 1944 à Anyako, sur le littoral de l’actuel Ghana, alors colonie britannique de la Gold Coast. Son site officiel le présente comme citoyen de la nation ewe et fils d’un maître tisserand de kente — filiation textile qui éclaire, des décennies plus tard, le vocabulaire de tenture de ses grandes pièces métalliques. Il se forme à la sculpture au College of Art de la Kwame Nkrumah University of Science and Technology de Kumasi. Le jury du Lion d’or de Venise souligne que sa trajectoire s’est jouée moins dans le programme encore néocolonial des années 1960 que dans son adhésion aux politiques culturelles portées par les nationalistes ghanéens et africains de l’époque des indépendances.
Diplômé en 1975, El Anatsui quitte le Ghana pour le Nigeria et rejoint le département des beaux-arts de l’université du Nigeria à Nsukka, où il enseignera plus de quatre décennies comme professeur de sculpture. Il s’y agrège au Nsukka Group, cercle attaché à faire revivre le dessin uli du sud-est nigérian et à l’introduire dans la création contemporaine; il en croise les signes avec le nsibidi et avec les symboles adinkra de son Ghana natal. La Biennale de Venise a explicitement récompensé, au-delà des succès d’expositions, ce travail d’artiste, de mentor et d’enseignant, et l’influence exercée sur deux générations de plasticiens d’Afrique de l’Ouest.
Ses premières pièces, rappelle le texte du Lion d’or, sont des reliefs de bois circulaires inspirés des plateaux sur lesquels les marchands de Kumasi présentent leurs marchandises, et sur lesquels il grave des motifs adinkra chargés de sens idiomatique. Le tournant survient à la fin des années 1990: Anatsui se saisit des capsules et des opercules de bouteilles d’alcool, rebut d’une industrie mondiale héritée des routes commerciales coloniales, qu’il récupère auprès de stations de recyclage locales. Selon la Tate, il fait ainsi dialoguer traditions esthétiques africaines et histoire globale de l’abstraction, en explorant décolonisation, migrations et trajectoires existentielles.
El Anatsui reçoit en 2015 le Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière de la 56e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise, décision du conseil d’administration présidé par Paolo Baratta sur recommandation du commissaire Okwui Enwezor. Deux ans plus tard, la fondation japonaise du Praemium Imperiale le distingue dans la catégorie sculpture, lors de la 29e édition: il en est le premier lauréat ghanéen, après une rétrospective itinérante au Japon en 2010-2011. Le Centre des monuments nationaux rappelle par ailleurs qu’il est membre de la Royal Academy of Arts de Londres.
Le 9 octobre 2023, la Tate Modern dévoile « Behind the Red Moon », huitième Hyundai Commission installée dans le Turbine Hall. Des milliers de capsules et de fragments métalliques y composent trois ensembles abstraits, présentés comme la plus grande œuvre jamais réalisée par l’artiste. Le premier volet, « The Red Moon », évoque la voile gonflée d’un navire et dessine une lune rouge d’éclipse; « The World » superpose des sceaux fins tissés en filet où des silhouettes humaines se rassemblent, vues d’un certain point, en un globe; « The Wall » dresse une nappe métallique noire du sol au plafond, ses capsules s’amoncelant en vagues et en pitons. Chacun renvoie au déplacement des biens et des personnes pendant la traite transatlantique.
Médiums: capsules et opercules de bouteilles d’alcool en aluminium, fil de cuivre, bois, râpes à manioc, plaques d’impression de journaux, céramique et objets trouvés.
Techniques: aplatissage, pliage, froissage et perforation des capsules, assemblage cousu au fil de cuivre en nappes souples, accrochage mural drapé, sans forme fixe, reconfiguré à chaque installation, gravure de motifs adinkra sur reliefs de bois, travail d’atelier collectif avec une équipe d’assistants.
Motifs récurrents: commerce colonial de l’alcool et routes atlantiques, consommation, déchet et environnement, migration et déplacement des personnes, signes graphiques africains (uli, nsibidi, adinkra), textile et héritage du kente, impermanence et reconfiguration de la forme.
Du 25 mai au 8 août 2005, le Centre Pompidou accueille « Africa Remix. L’art contemporain d’un continent », après Düsseldorf et Londres: 84 artistes africains ou d’origine africaine, plus de 200 œuvres. El Anatsui y figure avec Sasa (Manteau), tenture murale de 2004 faite de capsules de bouteilles de rhum aplaties et assemblées au fil de cuivre, d’environ 700 × 640 × 140 cm en dimensions variables. La même année, le musée national d’Art moderne acquiert la pièce par achat: Paris détient ainsi l’un des jalons de la série qui a fait la notoriété de l’artiste, dans sa collection d’arts plastiques contemporains.
Le Centre des monuments nationaux invite El Anatsui à investir la salle des Gens d’armes de la Conciergerie pour « En quête de liberté », première exposition monographique de l’artiste en France et exposition inaugurale de la Saison Africa2020 dont N’Goné Fall est commissaire générale. Prévue pour décembre 2020, elle est reportée en raison de la pandémie et se tient en 2021, en collaboration avec la Galerie RX qui représente l’artiste à Paris. L’installation convoque cinq éléments — eau, vent, bois, métal, pierre: deux rivières mêlant textile et projection vidéo courent sur de vieilles traverses de chemin de fer, en écho aux deux bras de la Seine enserrant l’île de la Cité, tandis qu’une cinquantaine de pierres forment une haie d’honneur où s’asseoir et méditer.
Centre Pompidou (Paris) — Conserve Sasa (Manteau), 2004, acquise par achat en 2005; a présenté l’artiste dans Africa Remix en 2005.
Conciergerie (Paris) — A accueilli en 2021 « En quête de liberté », première exposition monographique d’El Anatsui en France, dans la salle des Gens d’armes.
Galerie RX (Paris) — Galerie qui représente l’artiste à Paris et a collaboré à l’exposition de la Conciergerie.
Grand Palais (Paris) — Œuvres présentées lors d’Art Basel Paris 2025, du 24 au 26 octobre 2025.
Tate Modern (Londres) — Hyundai Commission « Behind the Red Moon » dévoilée le 9 octobre 2023 dans le Turbine Hall.
The Metropolitan Museum of Art (New York) — Conserve Dusasa II, 2007, acquise en 2008 sous le numéro d’inventaire 2008.121.
1944 — Naissance à Anyako, sur la côte de la Gold Coast, actuel Ghana.
1975 — Installation au Nigeria et début de l’enseignement au département des beaux-arts de l’université de Nsukka.
1989 — Réalisation de Solemn Crowd at Dawn, aujourd’hui conservée dans la collection de la Tate.
2004 — Réalisation de Sasa (Manteau), tenture d’aluminium et de fil de cuivre aux dimensions variables.
2005 — Africa Remix au Centre Pompidou, du 25 mai au 8 août; achat de Sasa (Manteau) par le musée national d’Art moderne.
2007 — Réalisation de Dusasa II, acquise l’année suivante par le Metropolitan Museum of Art de New York.
2015 — Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière à la 56e Exposition internationale d’art de la Biennale de Venise.
2017 — Praemium Imperiale de sculpture, 29e édition: premier lauréat ghanéen de la récompense japonaise.
2021 — « En quête de liberté » à la Conciergerie, première exposition monographique de l’artiste en France.
2023-10-09 — Dévoilement de Behind the Red Moon, huitième Hyundai Commission du Turbine Hall de la Tate Modern.
2025 — Présence d’œuvres à Art Basel Paris, au Grand Palais, du 24 au 26 octobre.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier El Anatsui à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Avec des capsules et des opercules de bouteilles d'alcool en aluminium, récupérés notamment auprès de stations de recyclage locales, qu'il aplatit, plie, froisse et perfore avant de les lier au fil de cuivre. Il emploie aussi des râpes à manioc et des plaques d'impression de journaux.
Le Centre Pompidou conserve Sasa (Manteau), installation murale de 2004 en aluminium et fil de cuivre d'environ 700 × 640 × 140 cm, achetée en 2005 et rattachée au secteur Arts plastiques contemporain. Sa présentation dépend toutefois des accrochages du musée, comme pour toute pièce de collection.
« En quête de liberté », conçue pour la salle des Gens d'armes de la Conciergerie à l'invitation du Centre des monuments nationaux. Il s'agissait aussi de l'exposition inaugurale de la Saison Africa2020, placée sous le commissariat général de N'Goné Fall ; prévue en décembre 2020, elle a été reportée en 2021 à cause de la pandémie.
Parce que l'artiste laisse ses installations ouvertes : les nappes de capsules cousues au fil de cuivre sont malléables et il encourage à leur donner un pli nouveau à chaque montage. La forme définitive appartient donc autant au lieu et à l'équipe d'installation qu'à l'auteur.
Trois ensembles successifs dévoilés le 9 octobre 2023 : « The Red Moon », voile de navire où des capsules rouges dessinent une lune d'éclipse ; « The World », filet de sceaux fins où des silhouettes se recomposent en globe ; « The Wall », nappe noire du sol au plafond bordée de vagues de capsules. Le tout renvoie à la traite transatlantique.
Le Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière à la 56e Biennale de Venise en 2015, sur recommandation du commissaire Okwui Enwezor, puis le Praemium Imperiale de sculpture en 2017, dont il est le premier lauréat ghanéen. Il est également membre de la Royal Academy of Arts de Londres.