Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Ernest Pignon-Ernest dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Nice le 23 février 1942, Ernest Pignon-Ernest colle depuis 1966 des dessins sérigraphiés à même les murs des villes, la nuit, dans des lieux choisis pour leur charge de mémoire.
En 1966, à vingt-quatre ans, Ernest Pignon-Ernest quitte Nice pour le Vaucluse et y réalise sa première intervention in situ.
Cette page sert surtout à situer Ernest Pignon-Ernest dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
En 1966, à vingt-quatre ans, Ernest Pignon-Ernest quitte Nice pour le Vaucluse et y réalise sa première intervention in situ. Pour alerter sur l’installation de la force de frappe nucléaire, il trace au pochoir, sur les murs, les rochers et les routes menant au plateau d’Albion, une silhouette tirée d’une photographie d’Hiroshima — la trace laissée par un corps irradié. L’Inguimbertine rappelle que c’est là que naît sa méthode, résumée par l’artiste: « je cherche à réactiver le potentiel de mémoire des lieux ».
En 1971, pour le centième anniversaire de la Commune, il investit les lieux des dernières barricades parisiennes avec des centaines de sérigraphies de gisants grandeur nature, notamment sur les marches du Sacré-Cœur. En 1978, son portrait d’Arthur Rimbaud est collé de Paris à Charleville-Mézières et devient l’une de ses images les plus reprises. Dès 1979, à l’initiative de Suzanne Pagé, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente un ensemble de ses travaux, qui font apparaître un travail de dessin indissociable d’une réflexion sur l’espace urbain et son histoire.
À partir de 1988 et jusqu’à la fin des années 1990, Ernest Pignon-Ernest engage à Naples un cycle d’interventions qui l’amène à interroger les mythologies grecques, romaines et chrétiennes, et à nouer un dialogue avec la peinture caravagesque. De cette veine naissent aussi les installations inspirées des textes des grandes mystiques chrétiennes, réunies sous le titre « Extases » entre 2008 et 2022. L’Inguimbertine, qui consacre en 2026 une exposition à cet ensemble, indique que la série napolitaine a été créée entre 1988 et 2015 et compte plus de deux cents œuvres — dessins, photographies et sérigraphies.
La liste des interventions publiée par l’artiste couvre soixante ans et déborde largement la France: Nice et Le Cap en 1974, le Chili de Pablo Neruda en 1981, Anvers et la maison de Rubens en 1982, Durban et Soweto en 2002, Alger pour Maurice Audin en 2003, la Palestine de Mahmoud Darwich en 2009, Haïti en 2019, Cuba en 2024. À chaque fois le motif est un visage ou un corps dessiné, imprimé, puis collé dans un lieu qui en porte déjà l’histoire.
Les institutions ont reconnu tardivement une œuvre conçue pour la rue. Le MAMAC de Nice lui consacre une rétrospective du 25 juin 2016 au 8 janvier 2017; le Fonds Hélène et Édouard Leclerc, à Landerneau, présente en 2022 une vaste rétrospective conçue par Jean de Loisy autour du cycle Pasolini. Le 24 novembre 2021, Ernest Pignon-Ernest est élu à l’Académie des beaux-arts, section de peinture, au fauteuil VII, en succession de Vladimir Veličković; sa séance d’installation a lieu le 8 novembre 2023.
Médiums: dessin à la pierre noire, dessin à l’encre, sérigraphie, estampe, photographie, sculpture.
Techniques: pochoir peint directement sur murs, rochers et routes (1966), dessin préparatoire puis tirage sérigraphié à l’échelle du corps humain, collage nocturne in situ dans un lieu choisi pour sa charge historique, photographie de l’image collée, seule trace pérenne d’une œuvre vouée à l’effacement.
Motifs récurrents: mémoire des lieux, révoltes et répressions politiques, poètes et écrivains (Rimbaud, Desnos, Nerval, Maïakovski, Pasolini, Genet, Darwich, Neruda), mystique chrétienne et iconographie caravagesque, exclusions sociales: expulsions, immigration, prisons, avortement, dissuasion nucléaire et guerre.
L’Académie des beaux-arts indique qu’Ernest Pignon-Ernest vit et travaille à Paris et à Ivry. La capitale est aussi l’un de ses terrains les plus anciens: la liste d’interventions qu’il publie associe à Paris les cycles « La Commune de Paris » (1971), « Sur l’avortement » (1975), « Expulsions » (1978), « Arthur Rimbaud » (1978), « Arbrorigènes » (1983), « Antonin Artaud » (1997), « Cabines » (1997-1999), « Robert Desnos et Louise Lame » (2001 et 2013) et « Extases » (2008-2022).
L’intervention parisienne la plus documentée reste celle de 1971: pour le centenaire de la Commune, l’artiste couvre les lieux des dernières barricades de centaines de sérigraphies de gisants grandeur nature, notamment sur les marches du Sacré-Cœur. Huit ans plus tard, en 1979, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente un ensemble de ses travaux à l’initiative de Suzanne Pagé. Paris est enfin sa ville de galerie: la Galerie Lelong y a montré « Napoli, lavori in corso » en 1990, puis « De traces en empreintes » plus récemment.
L’Inguimbertine à l’hôtel-Dieu (Carpentras) — Présente « Ombres de Naples », plus de 200 œuvres autour des interventions napolitaines, du 23 mai au 1er novembre 2026.
Musée Ziem (Martigues) — Carte blanche à Ernest Pignon-Ernest du 23 mai au 15 novembre 2026, annoncée par l’artiste.
Galerie Lelong & Co. (Paris) — Galerie parisienne qui représente l’artiste et diffuse ses estampes et dessins; y ont été montrés « Napoli, lavori in corso » (1990) puis « De traces en empreintes ».
Musée d’Art moderne et d’Art contemporain (MAMAC) (Nice) — Rétrospective « Ernest Pignon-Ernest » du 25 juin 2016 au 8 janvier 2017 dans sa ville natale.
Académie des beaux-arts (Paris) — Institution dont il est membre depuis son élection au fauteuil VII de la section de peinture, le 24 novembre 2021.
1942-02-23 — Naissance à Nice, selon la notice de l’Académie des beaux-arts.
1966 — Quitte Nice pour le Vaucluse et réalise au pochoir sa première intervention in situ sur les routes du plateau d’Albion.
1971 — Centenaire de la Commune: sérigraphies de gisants sur les lieux des dernières barricades parisiennes, notamment les marches du Sacré-Cœur.
1978 — Portrait d’Arthur Rimbaud collé de Paris à Charleville-Mézières; la même année, cycle « Expulsions » à Paris.
1979 — Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente un ensemble de ses travaux à l’initiative de Suzanne Pagé.
1988-1995 — Cycle napolitain: interventions à Naples autour des mythologies antiques, chrétiennes et de la peinture caravagesque.
2015 — Crée à Rome, Naples et Matera les œuvres du cycle consacré à la mort de Pier Paolo Pasolini.
2016-06-25 — Ouverture de la rétrospective « Ernest Pignon-Ernest » au MAMAC de Nice, présentée jusqu’au 8 janvier 2017.
2021-11-24 — Élu à l’Académie des beaux-arts, section de peinture, fauteuil VII, en succession de Vladimir Veličković.
2023-11-08 — Séance d’installation d’Ernest Pignon-Ernest à l’Académie des beaux-arts.
2026-05-23 — Ouverture de « Ombres de Naples » à l’Inguimbertine, à Carpentras, jusqu’au 1er novembre 2026.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Ernest Pignon-Ernest à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Ses images sont conçues pour un lieu précis et doivent y apparaître comme une effraction : l'Académie des beaux-arts décrit des dessins « inscrits de nuit dans des contextes précisément choisis », qui bouleversent au réveil la perception et les habitudes des passants.
En 1966, dans le Vaucluse, il trace au pochoir sur les murs, les rochers et les routes menant au plateau d'Albion une silhouette tirée d'une photographie d'Hiroshima, pour alerter sur l'implantation de la force de frappe nucléaire. Il a alors vingt-quatre ans.
La photographie. La notice d'autorité de la BnF précise qu'il appose ses images dans la ville, dans des endroits choisis, puis les photographie : l'effacement fait partie de l'œuvre, et l'exposition « Ombres de Naples » repose sur des dessins, photographies et sérigraphies issus de ces interventions.
Il y intervient à partir de 1988 et jusqu'à la fin des années 1990, en interrogeant les mythologies grecques, romaines et chrétiennes et en dialoguant avec la peinture caravagesque. L'Inguimbertine situe la série napolitaine entre 1988 et 2015 et en montre plus de deux cents pièces en 2026.
Oui. Il a été élu le 24 novembre 2021 au fauteuil VII de la section de peinture, succédant à Vladimir Veličković, et sa séance d'installation s'est tenue le 8 novembre 2023, comme l'annonce son site officiel.
Deux expositions sont annoncées par l'artiste pour 2026, toutes deux hors de Paris : « Ombres de Naples » à l'Inguimbertine, à Carpentras, du 23 mai au 1er novembre, et une carte blanche au Musée Ziem, à Martigues, du 23 mai au 15 novembre.