Exposition Paris

Exposition Fabrice Hyber

Fabrice Hyber, né en 1961 à Luçon en Vendée, aborde la peinture comme un système de ramifications: ses tableaux deviennent des projets, ses projets deviennent des objets, des entreprises ou des forêts.

Qui est Fabrice Hyber ?

Élevé à Château-Guibert, en Vendée, Fabrice Hyber commence par étudier les mathématiques et la physique avant de rejoindre l’école des beaux-arts de Nantes, où il est formé de 1979 à 1985.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Fabrice Hyber dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Des mathématiques à l’école des beaux-arts de Nantes

Élevé à Château-Guibert, en Vendée, Fabrice Hyber commence par étudier les mathématiques et la physique avant de rejoindre l’école des beaux-arts de Nantes, où il est formé de 1979 à 1985. Cette bifurcation n’efface rien: l’Académie des beaux-arts souligne que ses études scientifiques préalables placent durablement l’articulation entre art et science au cœur de son travail. Dès 1981, il produit sa première peinture, le Mètre carré de rouge à lèvres, littéralement un mètre carré de matière cosmétique traité comme une surface picturale. Il expose dès 1984 à la Biennale internationale du dessin de Saint-Étienne, puis en 1986 dans le cadre des Ateliers internationaux des Pays de la Loire à l’abbaye royale de Fontevraud, et présente la même année sa première exposition personnelle, Mutation, à Nantes.

Les POF et l’entreprise comme matériau

À partir de la fin des années 1980, Hyber détourne la fonction d’objets familiers pour créer les POF, Prototypes d’Objets en Fonctionnement: selon l’Académie des beaux-arts, ces pièces modifient «  la conscience et la pratique » que nous avons des objets du quotidien, leurs formes nouvelles induisant de nouveaux comportements. Le mouvement va plus loin que l’atelier. En 1991, il fait produire avec la Compagnie des Détergents et du Savon de Marseille un savon moulé de vingt-deux tonnes, homologué par le Guinness des records et promené sur les parkings de supermarchés en France puis en Europe. En 1994, il fonde la SARL UR, Unlimited Responsibility, structure ouverte à d’autres créateurs, destinée à produire et financer des projets artistiques en reprenant les codes du commerce.

Venise 1997: le Lion d’or

En 1997, Fabrice Hyber est choisi pour représenter la France à la 47e Biennale de Venise. Il y transforme le pavillon français en studio de télévision avec Eau d’or, eau dort, odor, dispositif dans lequel l’exposition se produit et se diffuse en direct. L’Académie des beaux-arts rappelle qu’il devient à cette occasion l’un des plus jeunes lauréats du Lion d’or, à trente-cinq ans. Le Centre national des arts plastiques le présente encore aujourd’hui d’abord par cette distinction, en décrivant une œuvre construite «  à l’image d’un gigantesque rhizome », où la pensée, l’activité protéiforme et l’expérimentation plastique fonctionnent en réseau selon un principe de transformation et de prolifération perpétuels.

La vallée vendéenne, œuvre de toute une vie

Depuis le début des années 1990, l’artiste sème des arbres dans la vallée de son enfance, en Vendée, à proximité de son atelier. Le Centre national des arts plastiques indiquait en 2020 qu’il avait entrepris depuis vingt ans d’y semer soixante-dix hectares de forêt, biotope devenu chez lui «  sujet, paradigme, utopie et projet de vie ». Ce chantier vivant nourrit directement la peinture: l’exposition Habiter la forêt, à la galerie Nathalie Obadia fin 2020, réunissait peintures et céramiques consacrées aux rapports entre forêt et ville, nature et civilisation. En 2021, Fabrice Hyber devient ambassadeur du fonds ONF-Agir pour la forêt, prolongeant hors de l’atelier une pratique qui se mesure en décennies plutôt qu’en expositions.

Académicien, puis président du Cnap

Fabrice Hyber est élu à l’Académie des beaux-arts le 25 avril 2018, au fauteuil IX de la section de peinture, où il succède à Chu Teh-Chun; il est reçu sous la Coupole le 7 juillet 2021 par le compositeur Régis Campo. Cette reconnaissance institutionnelle s’accompagne de responsabilités publiques: le 7 mars 2022, il est nommé président du conseil d’administration du Centre national des arts plastiques par arrêté ministériel. Il est par ailleurs officier de l’ordre des Arts et des Lettres depuis janvier 2012 et chevalier de l’ordre national du Mérite depuis 2014. Sa notice académique renvoie explicitement à son site personnel hyber.tv, prolongement en ligne de ce réseau d’activités.

La pratique en bref

Médiums: peinture, dessin au fusain, collage, sculpture en bronze, céramique, vidéo, installation.

Techniques: peinture à la résine et matières non picturales (rouge à lèvres, savon), bronze peint et bronze polychrome, carrelage de céramique peint à la main, détournement fonctionnel d’objets manufacturés, semis et plantation d’arbres comme geste artistique de long terme.

Motifs récurrents: mutation et hybridation du vivant, art et science, commerce et entreprise comme terrain artistique, forêt et biotope, mémoire collective et santé publique.

L’Artère, au parc de la Villette

En 2001, le Sidaction commande à Fabrice Hyber une œuvre monumentale dédiée à la mémoire des victimes du sida et à ceux qui combattent l’épidémie. L’artiste y travaille de 2002 à 2006 et installe dans le parc de la Villette, dans le 19e arrondissement, une promenade de carrelage céramique peint à la main couvrant 1 001 mètrès carrés, réalisée à Monterrey au Mexique. Cent-neuf dessins y sont dispersés sous les pas des promeneurs, avec l’idée que l’œuvre libère la parole sur une maladie longtemps tue. L’ensemble est inauguré le 1er décembre 2006, jour de la Journée mondiale de lutte contre le sida; l’artiste a cédé ses droits au Sidaction. Le titre joue sur les homophonies, de l’artère anatomique à l’«  art se tait ».

Le Cri, l’Écrit, au jardin du Luxembourg

En 2007, l’artiste se voit confier ce que l’Académie des beaux-arts décrit comme la première sculpture contemporaine pérenne installée au jardin du Luxembourg: Le Cri, l’Écrit, bronze polychrome de 3,70 mètrès de haut, commande publique commémorant l’abolition de l’esclavage. L’œuvre se dresse dans un jardin dont la statuaire est presque entièrement héritée du XIXe siècle, ce qui explique la portée du geste. À noter pour la visite: la page de présentation du jardin publiée par le Sénat, qui en est le gestionnaire, ne mentionne pas cette sculpture parmi les points d’intérêt qu’elle met en avant — l’œuvre est donc à chercher sur place plutôt que dans les parcours officiels.

Musées, galeries et commandes parisiennes

Le lien avec Paris ne se limite pas aux œuvres en plein air. Le Centre Pompidou conserve vingt-sept œuvres de Fabrice Hyber dans ses collections, dont plusieurs POF et un Homme de Bessines. En 1995, le musée d’Art moderne de la Ville de Paris accueille L’Hybertmarché, transformation des salles en surface de vente d’objets issus de son œuvre. En 2012, quatre institutions françaises mettent son travail à l’honneur la même année, dont le Palais de Tokyo, le MAC VAL et l’Institut Pasteur. Il est représenté par la Galerie Nathalie Obadia, qui lui a consacré à Paris hyberDUBUFFET en 2017 puis Habiter la forêt en 2020, et la Fondation Cartier pour l’art contemporain lui a consacré en 2022 l’exposition La Vallée.

Où voir ses œuvres

Parc de la Villette (Paris) — Accueille L’Artère, le jardin des dessins, œuvre pérenne inaugurée le 1er décembre 2006; accès libre.

Jardin du Luxembourg (Paris) — Accueille Le Cri, l’Écrit (2007), bronze polychrome commémorant l’abolition de l’esclavage; accès libre.

Centre Pompidou (Paris) — Conserve vingt-sept œuvres de l’artiste dans les collections du Musée national d’art moderne.

Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris) — A consacré à l’artiste l’exposition monographique La Vallée en 2022.

Galerie Nathalie Obadia (Paris) — Galerie qui représente Fabrice Hyber et a présenté hyberDUBUFFET (2017) et Habiter la forêt (2020).

Musée d’Art moderne de Paris (Paris) — A accueilli en 1995 le projet L’Hybertmarché et conserve l’artiste dans ses collections publiques.

Repères chronologiques

1981 — Première peinture, le Mètre carré de rouge à lèvres, réalisée pendant ses études à Nantes.

1986 — Première exposition personnelle, Mutation, présentée à Nantes après sa sortie des beaux-arts.

1991 — Le Plus Gros Savon du monde, vingt-deux tonnes, homologué par le Guinness des records.

1995 — L’Hybertmarché transforme les salles du musée d’Art moderne de la Ville de Paris en surface de vente.

1997 — Représente la France à la 47e Biennale de Venise et obtient le Lion d’or.

2006-12-01 — Inauguration de L’Artère, le jardin des dessins, au parc de la Villette, commande du Sidaction.

2007 — Installation du Cri, l’Écrit au jardin du Luxembourg, en mémoire de l’abolition de l’esclavage.

2012 — Quatre institutions françaises mettent son travail à l’honneur, dont le Palais de Tokyo et le MAC VAL.

2018-04-25 — Élu à l’Académie des beaux-arts au fauteuil IX, succédant à Chu Teh-Chun.

2021-07-07 — Reçu sous la Coupole de l’Institut de France par le compositeur Régis Campo.

2022-03-07 — Nommé président du conseil d’administration du Centre national des arts plastiques.

2022 — La Fondation Cartier pour l’art contemporain lui consacre l’exposition La Vallée.

Fabrice Hyber & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Fabrice Hyber à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Fabrice Hyber a-t-il supprimé le « t » de son nom ?

En 2004, l'artiste annonce publiquement : « À partir du 1er mai 2004, j'ai décidé, en pleine possession de mes moyens, c'est-à-dire en pleine santé, de supprimer le “t” de Hybert. » Il signe depuis Fabrice Hyber, tandis que les notices d'autorité comme celle de la BnF conservent encore la forme Hybert.

Que sont les POF de Fabrice Hyber ?

POF signifie Prototypes d'Objets en Fonctionnement. L'artiste y déplace la fonction d'objets familiers : selon l'Académie des beaux-arts, il modifie ainsi la conscience et la pratique que nous en avons, leurs formes nouvelles induisant de nouveaux comportements. Le Centre Pompidou en conserve plusieurs, du Tapis à toucher au Dessous de table.

Où voir une œuvre de Fabrice Hyber à Paris sans payer d'entrée ?

Deux œuvres pérennes sont accessibles librement : L'Artère, le jardin des dessins, promenade de céramique peinte de 1 001 mètrès carrés au parc de la Villette, et Le Cri, l'Écrit, bronze polychrome de 3,70 mètrès installé en 2007 au jardin du Luxembourg en mémoire de l'abolition de l'esclavage.

Qu'a remporté Fabrice Hyber à la Biennale de Venise ?

Choisi en 1997 pour représenter la France à la 47e Biennale de Venise avec Eau d'or, eau dort, odor, il y obtient le Lion d'or. L'Académie des beaux-arts précise qu'il devient alors l'un des plus jeunes lauréats de cette récompense, à trente-cinq ans, ce qui installe durablement sa notoriété internationale.

Qui sont les hommes de Bessines ?

Nés d'une commande publique pour la commune de Bessines, ce sont de petits personnages de bronze peints en vert, hauts d'environ quatre-vingt-cinq centimètrès, percés d'orifices d'où jaillissent des filets d'eau : branchés sur le réseau d'eau communal, ils font office de fontaines, puis se sont diffusés dans d'autres villes en France et à l'étranger.

Quel est le rapport de Fabrice Hyber à la forêt ?

Depuis les années 1990, il sème des arbres dans la vallée vendéenne de son enfance : le Centre national des arts plastiques indiquait en 2020 soixante-dix hectares semés en vingt ans, près de son atelier. Cette forêt nourrit ses peintures et ses céramiques, et lui a valu en 2021 le rôle d'ambassadeur du fonds ONF-Agir pour la forêt.