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Cette page sert surtout à situer Fischli & Weiss dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Peter Fischli, né en 1952, et David Weiss, né en 1946, tous deux à Zurich, forment à partir de 1979 l’un des duos les plus déroutants de l’art contemporain.
Peter Fischli et David Weiss travaillent ensemble depuis 1979 et signent désormais d’un seul nom.
Cette page sert surtout à situer Fischli & Weiss dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Peter Fischli et David Weiss travaillent ensemble depuis 1979 et signent désormais d’un seul nom. Le Centre Pompidou, qui les présente en 1992, résume ainsi leur territoire: « L’esthétique populaire, les merveilles de l’univers, le jeu, les objets des supermarchés, l’architecture, la morale, rien de ce qui est humain ne leur est étranger. » Né en 1952 pour l’un, en 1946 pour l’autre, tous deux à Zurich, ils construisent une œuvre à quatre mains où l’attribution individuelle n’a plus de sens. Cette collaboration se referme en 2012 avec la disparition de David Weiss, date que la Collection Pinault retient comme borne finale de leur épopée sculpturale.
Le premier grand chantier commun s’ouvre en 1981 avec « Plötzlich diese Übersicht », suite de saynètes modelées à la main dans une argile crue, matière habituellement réservée à l’artisanat amateur. La Kunsthalle Zürich, qui invite le duo en 1993, rappelle que cette exposition du début des années 1980 fut « le fulminant coup d’envoi » d’une présence pourtant assez rare dans leur ville natale, et que la première grande monographie suisse remontait alors à la Kunsthalle de Bâle en 1985. Les titres attachés à chaque vignette fonctionnent comme des punchlines: sans eux, les modelages restent illisibles.
En 1986-1987, Fischli et Weiss filment « Der Lauf der Dinge », enchaînement de bascules, de combustions et d’écoulements où des objets ordinaires se transmettent un mouvement pendant vingt-huit minutes. Le Centre Pompidou acquiert la pièce dès 1990, sous le numéro d’inventaire AM 1990-23, dans une version U-matic PAL couleur sonore; le SFMOMA la fait entrer dans sa collection sous le numéro 88.35, grâce au Evelyn and Walter Haas, Jr. Fund. Le film succède au « Droit chemin » (« Der Rechte Weg », 1983), autre pièce entrée au Centre Pompidou, achetée en 2003 sous le numéro AM 2003-359.
En 1986-1987, le duo réalise un ensemble de sept objets moulés en élastomère noir: une armoire de bureau, un pouf, une gamelle, une bougie, une racine artificielle, un range-couverts et un bout de mur. Le Centre Pompidou, qui a acheté « Hocker » (AM 2001-11) et « Mauer » (AM 2001-13) en 2001, souligne dans sa notice que, contrairement aux ready-made classiques, « les fournitures de Fischli et Weiss n’ont jamais eu de fonction »: ce sont des répliques sans qualités ni défauts, tour à tour matériel archéologique d’un passé tout récent et prototypes venus d’un futur proche.
Le 15 juin 2003, la 50e Biennale de Venise, intitulée « Rêves et conflits: la dictature du spectateur », décerne au duo zurichois le Lion d’or de la meilleure œuvre. Les Rencontres d’Arles rattachent cette distinction à « Questions », installation de diapositives de questions manuscrites. L’Art Institute of Chicago, qui conserve l’œuvre sous le numéro 2008.208 en acquisition conjointe avec le musée d’art contemporain de Los Angeles, en donne la matérialité exacte: 1 215 diapositives, quinze projecteurs, quinze objectifs et huit fondus enchaînés, en boucle continue. En parallèle, « Visible World » accumule des images du monde entier; la Tate en conserve une version datée 1986-2000.
La mort de David Weiss en 2012 clôt le duo mais pas sa circulation. Le MoMA conserve huit œuvres consultables en ligne, de « Fashion Show (Modenschau) » de 1979 à « Snowman » daté 1987/2016, en passant par « How to Work Better » (1991) et « Things from the Room in the Back » (1999-2000); il confie même à Peter Fischli seul une carte blanche sur ses collections, « Artist’s Choice: Peter Fischli », du 12 juin 2018 au 10 mai 2019. En 2024, la Collection Pinault expose à Paris une part de « Suddenly this Overview ».
Médiums: film 16 mm et vidéo, sculpture en argile crue non cuite, moulage en élastomère noir, polyuréthane sculpté et peint, photographie couleur, installation de projection de diapositives, livre d’artiste.
Techniques: modelage à la main sans préparation, moulage de réplique d’objet usuel, réaction en chaîne filmée en plan-séquence apparent, accumulation et classement d’images, projection multiple synchronisée par fondus enchaînés, détournement du ready-made par la copie fabriquée.
Motifs récurrents: banalité du quotidien et distorsion du familier, humour et ironie comme outils critiques, effacement de la frontière entre art majeur et art mineur, objets de consommation et paysage domestique occidental, question sans réponse et doute existentiel, encyclopédie impossible du monde visible.
Du 25 novembre 1992 au 24 janvier 1993, le Centre Georges Pompidou consacre au duo une exposition dans les Galeries contemporaines, sous le commissariat de Jean de Loisy et Catherine Grenier. Le musée en décrit le principe: non pas un parcours chronologique, mais « une sorte de travelling » qui conduit le visiteur du monde anodin de la banlieue de Zurich et des objets quotidiens vers l’univers plus ambigu des ressorts psychologiques à l’œuvre en chacun de nous. Cinq installations dialoguent pour former une réflexion sur les ambiguïtés du visible. C’est à Paris, deux ans après l’achat du « Cours des choses », que le duo reçoit ainsi sa première consécration muséale française.
Le Musée national d’art moderne conserve plusieurs pièces du duo, entrées par des voies différentes: « Der Lauf Der Dinge » acheté en 1990 (AM 1990-23), « Le Droit Chemin » acheté en 2003 (AM 2003-359), la photographie « Die Gesetzlosen » de 1985 donnée par la Caisse des dépôts et consignations en 2006 (AM 2006-322), et deux des sept moulages en élastomère noir, « Hocker » et « Mauer », achetés en 2001 (AM 2001-11 et AM 2001-13). Ces acquisitions étalées sur seize ans couvrent film, photographie et objet, soit les trois versants de leur pratique.
Du 22 février au 13 mai 2007, le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente « Fischli & Weiss — Fleurs et questions, une rétrospective », conçue en collaboration avec les artistes. Le Centre national des arts plastiques, qui documente la manifestation, souligne que le duo traite avec humour la banalité absolue du quotidien à travers la photographie, le film, la vidéo, le livre d’artiste, l’installation et la sculpture, et qu’il conteste la distinction traditionnelle entre art mineur et art majeur. L’exposition circule ensuite à la Tate Modern de Londres, au Kunsthaus de Zurich et aux Deichtorhallen de Hambourg.
À partir du 14 février 2024, la Collection Pinault installe au premier étage de la Bourse de Commerce, en Galerie 3, une part de « Suddenly this Overview » (1981-2012) — un ensemble jamais montré jusque-là par la collection. Les saynètes d’argile crue y forment une histoire à la fois partielle et partiale de l’humanité, du vide-poche aux croquettes pour chien en passant par les personnalités médiatiques. À l’entrée de l’installation, le film « The Least Resistance » (1981) met en scène un rat et un panda déambulant dans Los Angeles pour commenter les dernières évolutions du monde de l’art. Le catalogue publié à cette occasion donne l’accrochage comme courant jusqu’au 20 août 2024.
Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve cinq œuvres du duo (film, vidéo, photographie, deux moulages) et a organisé leur exposition parisienne de 1992-1993 dans les Galeries contemporaines. Le site du musée annonce une programmation hors les murs de 2025 à 2030 pendant le chantier du bâtiment.
Musée d’Art moderne de Paris (Paris) — A présenté du 22 février au 13 mai 2007 la rétrospective « Fischli & Weiss — Fleurs et questions », coproduite avec la Tate Modern, le Kunsthaus de Zurich et les Deichtorhallen de Hambourg.
Bourse de Commerce — Pinault Collection (Paris) — A exposé à partir du 14 février 2024, en Galerie 3, une part de « Suddenly this Overview » ainsi que le film « The Least Resistance »; l’accrochage courant, « Clair-obscur », ne comporte pas le duo.
Centre Pompidou-Metz (Metz) — Présente actuellement « Le Droit Chemin » (AM 2003-359), prêté par le Musée national d’art moderne — donc hors de Paris.
1979 — Peter Fischli et David Weiss commencent à travailler ensemble à Zurich; « Fashion Show (Modenschau) » date de cette même année.
1981 — Début de « Plötzlich diese Übersicht » et réalisation du film « The Least Resistance », où un rat et un panda arpentent Los Angeles.
1983 — Réalisation de « Der Rechte Weg » (Le Droit Chemin), film de 55 minutes acheté par le Centre Pompidou en 2003.
1985 — Exposition personnelle à la Kunsthalle de Bâle; réalisation de la photographie « Die Gesetzlosen », aujourd’hui au Centre Pompidou.
1986-1987 — Réalisation de « Der Lauf der Dinge » et des sept objets moulés en élastomère noir, dont « Hocker » et « Mauer ».
1990 — Le Musée national d’art moderne achète « Der Lauf Der Dinge », inscrit à l’inventaire sous le numéro AM 1990-23.
1992 — Ouverture le 25 novembre de leur exposition aux Galeries contemporaines du Centre Georges Pompidou, sous le commissariat de Jean de Loisy et Catherine Grenier.
1993 — Exposition à la Kunsthalle Zürich du 27 mars au 23 mai, premier grand accrochage suisse depuis Bâle en 1985.
2003 — Lion d’or de la meilleure œuvre à la 50e Biennale de Venise, remis le 15 juin lors de « Rêves et conflits: la dictature du spectateur ».
2007 — Rétrospective « Fleurs et questions » au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, du 22 février au 13 mai.
2010 — Exposition « Fischli/Weiss » aux Rencontres d’Arles, à l’Atelier de la mécanique, fermée le 19 septembre.
2012 — Mort de David Weiss; la Collection Pinault retient cette date comme borne finale de « Suddenly this Overview ».
2024 — La Bourse de Commerce expose à partir du 14 février une part de « Suddenly this Overview » en Galerie 3.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Fischli & Weiss à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Peter Fischli et David Weiss travaillent ensemble depuis 1979 et présentent leur production comme indivise : les notices du Centre Pompidou et de l'Art Institute of Chicago attribuent chaque pièce aux deux noms, sans distinguer de part individuelle. Le duo s'arrête avec la mort de David Weiss en 2012.
Le Centre Pompidou conserve cinq pièces : le film « Der Lauf Der Dinge » (AM 1990-23), la vidéo « Le Droit Chemin » (AM 2003-359), la photographie « Die Gesetzlosen » de 1985 (AM 2006-322) et deux moulages en élastomère noir de 1987, « Hocker » et « Mauer » (AM 2001-11 et AM 2001-13).
Réalisé en 1986-1987, le film déroule vingt-huit minutes d'enchaînement d'objets ordinaires qui se transmettent un mouvement. Le Centre Pompidou l'a acquis en 1990 dans une version U-matic PAL couleur sonore, et le SFMOMA le conserve sous le numéro 88.35, entré grâce au Evelyn and Walter Haas, Jr. Fund.
Le 15 juin 2003, la 50e Biennale de Venise, intitulée « Rêves et conflits : la dictature du spectateur », leur décerne le Lion d'or de la meilleure œuvre. Les Rencontres d'Arles rattachent la récompense à « Questions », installation de projection de questions manuscrites conservée depuis à l'Art Institute of Chicago.
C'est la première épopée sculpturale du duo, commencée en 1981 et close en 2012 : des centaines de saynètes modelées à la main dans une argile crue, dont les titres fonctionnent comme des punchlines. La Collection Pinault en a montré une part à partir du 14 février 2024, en Galerie 3, au premier étage de la Bourse de Commerce.
Une armoire de bureau, un pouf, une gamelle, une bougie, une racine artificielle, un range-couverts et un bout de mur, moulés en élastomère noir. Le Centre Pompidou note que, contrairement aux ready-made classiques, ces objets n'ont jamais eu de fonction : ce sont des répliques fabriquées, non des choses trouvées.