Exposition Paris

Exposition Francis Alÿs

Architecte de formation, installé à Mexico depuis 1986, Francis Alÿs (né à Anvers en 1959) a fait de la marche un instrument de travail: pousser un bloc de glace jusqu’à sa disparition, tracer une ligne de peinture verte sur une frontière, filmer des enfants qui jouent d’un continent à l’autre.

Qui est Francis Alÿs ?

Né à Anvers le 22 août 1959, Francis Alÿs est d’abord formé à l’architecture. Il s’installe à Mexico en 1986 et y vit et travaille depuis.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Francis Alÿs dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

D’Anvers à Mexico: un architecte devenu artiste

Né à Anvers le 22 août 1959, Francis Alÿs est d’abord formé à l’architecture. Il s’installe à Mexico en 1986 et y vit et travaille depuis. Sa galerie indique que c’est précisément la confrontation aux questions d’urbanisation et d’agitation sociale dans son pays d’adoption qui a déclenché sa décision de devenir artiste visuel. Le Centre Pompidou le décrit d’ailleurs comme peintre et dessinateur de nationalité belge, résidant à Mexico: la peinture de petit format n’a jamais quitté sa pratique, même quand la vidéo est devenue son support le plus visible.

Marcher dans Mexico: les premières actions urbaines

Ses premiers projets naissent de l’arpentage du centre historique de Mexico. Entre 1990 et 1992, il traîne dans les rues un chien-jouet magnétique qui agrège les débris métalliques du sol: c’est Colector, aussi appelé The Collector. En 1997, il pousse un bloc de glace à travers la ville jusqu’à ce qu’il fonde entièrement, sous le titre Paradox of Praxis 1 (Sometimes making something leads to nothing). La même année, Cuentos Patrioticos, entré dans la collection du Musée national d’art moderne, prend la forme d’une installation mixte articulée autour d’une bande vidéo tournée sur le Zócalo.

Frontières, détroits et lignes de partage

À partir des années 2000, Alÿs déplace son protocole vers des lignes politiques. En 2004, à Jérusalem, il longe à pied le tracé de 1948 séparant zones israélienne et palestinienne en laissant s’écouler derrière lui un filet de peinture verte: The Green Line, aujourd’hui conservée au Centre Pompidou comme fichier vidéo. Le 12 août 2008, il organise une action simultanée sur les deux rives du détroit de Gibraltar, à Tanger et à Tarifa, qui donnera Don’t Cross the Bridge Before You Get to the River. Suivront des tournages à Kaboul (Reel-Unreel, 2011), en Irak (Sandlines, the Story of History, 2018-2020) et en Ukraine (Siren, 2023).

Le collectif comme matériau: croyance et effort partagé

En 2002 à Lima, Alÿs réalise avec le critique Cuauhtémoc Medina et le cinéaste Rafael Ortega Cuando la fe mueve montañas (When Faith Moves Mountains), film de quinze minutes documentant le déplacement d’une dune par une file de volontaires armés de pelles. L’œuvre engage un vocabulaire qui traverse tout son travail: l’effort démesuré pour un résultat minuscule, la rumeur comme véhicule de l’œuvre, et la fabrication d’un mythe local plutôt que d’un objet. C’est aussi l’un des rares projets où l’artiste s’efface derrière une action menée par des centaines d’autres.

Children’s Games: une série ouverte depuis 1999

Depuis 1999, Alÿs filme des enfants en train de jouer aux quatre coins du monde, dans une série numérotée qui reste ouverte. Le Barbican, qui lui a consacré l’exposition Ricochets en 2024, en résume l’amplitude: chaises musicales au Mexique, saute-mouton en Irak, corde à sauter à Hong Kong, loup et agneau en Afghanistan. Deux de ces films, tournés à Bamiyan en 2010 et à Balkh en 2011, sont entrés dans la collection du Centre Pompidou. L’exposition londonienne y a ajouté un ensemble inédit de films d’animation consacrés aux jeux de mains.

Une reconnaissance institutionnelle continue

Représenté par David Zwirner depuis 2004, Alÿs a été choisi pour représenter la Belgique à la Biennale de Venise en 2022, puis a reçu le prix Wolfgang Hahn du Museum Ludwig de Cologne en 2023. Les années suivantes enchaînent les rétrospectives: Ricochets au Barbican à Londres puis à la Fondation Serralves à Porto, Two Decades Later au Museo de Arte de Lima et à Proa21 à Buenos Aires, Kids Take Over au Museum Ludwig en 2025, et Juegos de niñxs au Museo de Arte Miguel Urrutia de Bogota en 2026.

La pratique en bref

Médiums: Vidéo et film documentaire, Performance et action dans l’espace public, Peinture à l’huile de petit format, Dessin, Animation deux dimensions, Installation multi-écrans, Photographie.

Techniques: Action réalisée dans la rue puis montée en film court, Marche employée comme protocole de création, Collaboration régulière avec le cinéaste Rafael Ortega et le critique Cuauhtémoc Medina, Tournage sur le terrain, en zone de frontière ou de conflit, Séries ouvertes reprises et complétées pendant des décennies.

Motifs récurrents: Frontières politiques et lignes de partage, Vie quotidienne et informalité urbaine à Mexico, Effort disproportionné et paradoxe de l’action, Jeu enfantin comme survivance culturelle, Rumeur, croyance et mythe collectif, Migration, détroits et passages impossibles.

Sa première exposition personnelle à Paris, en 2021

Du 27 mai au 17 juillet 2021, la galerie David Zwirner a présenté dans son espace parisien, au 108 rue Vieille du Temple, l’exposition Don’t Cross the Bridge Before You Get to the River. Elle réunissait des œuvres réalisées à partir de 2006 autour de l’action menée simultanément sur les deux rives du détroit de Gibraltar, à Tanger et à Tarifa, le 12 août 2008. Le communiqué de la galerie précise explicitement qu’il s’agissait de la première présentation personnelle de l’artiste à Paris, alors qu’il exposait depuis plus de vingt ans dans les grandes institutions internationales.

Une dizaine d’œuvres dans la collection du Centre Pompidou

Le Musée national d’art moderne conserve un ensemble significatif d’œuvres d’Alÿs, couvrant vingt ans de pratique: Efimeras Zocalo (1997), El soplon (suite) (1995-1997), Cuentos Patrioticos (1997), Aerial Map Centro Historico (1997-1999), Pinhole Hand (1997-1999), Centro Photograph (1997-1999), Feet (Drawing) (1999), The Green Line, Jerusalem (2004), Children’s Game #7 Stick and Wheels. Bamiyan, Afghanistan (2010), Children’s Game #10 Papalote. Balkh, Afghanistan (2011) et Lada Kopeika Project, St Petersbourg, 2014. Le 21 janvier 2007, le Centre lui avait consacré une séance du cycle «  Un dimanche, une œuvre ».

Le voir à Paris aujourd’hui: une fenêtre refermée

Le Centre Pompidou, principal détenteur public parisien de son travail, est fermé pour chantier: l’établissement annonce la période 2025-2030 et redéploie sa programmation hors les murs, en France comme à l’étranger. Ses vidéos ne sont donc pas visibles dans les salles permanentes de la rue Beaubourg pendant les travaux. En parallèle, la galerie qui représente l’artiste n’annonce aucune date parisienne en 2026: son actualité se joue à Bogota, à Shanghai et à Santiago du Chili. Voir Alÿs à Paris relève aujourd’hui de l’exposition collective ponctuelle plutôt que du parcours permanent.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve une dizaine d’œuvres de l’artiste; établissement fermé pour travaux sur la période 2025-2030, programmation redéployée hors les murs

David Zwirner Paris (Paris) — A présenté du 27 mai au 17 juillet 2021 la première exposition personnelle de l’artiste à Paris, Don’t Cross the Bridge Before You Get to the River

Barbican Centre (Londres) — Exposition Ricochets du 27 juin au 1er septembre 2024, la plus vaste présentation institutionnelle de l’artiste au Royaume-Uni depuis près de quinze ans

Museo de Arte Miguel Urrutia (MAMU) (Bogota) — Exposition Juegos de niñxs, 1999-2025, du 23 avril au 26 août 2026

Tate (Londres) — Conserve plusieurs œuvres de l’artiste, dont The Last Clown (1995-2000), Railings (2004) et Knots (2005)

Repères chronologiques

1959-08-22 — Naissance de Francis Alÿs à Anvers, en Belgique

1986 — Installation à Mexico, où il vit et travaille depuis, après une formation d’architecte

1990-1992 — Colector (The Collector): un chien-jouet magnétique traîné dans les rues de Mexico

1997 — Paradox of Praxis 1 à Mexico et Cuentos Patrioticos, aujourd’hui au Centre Pompidou

1999 — Début de la série Children’s Games, toujours en cours aujourd’hui

2002 — Cuando la fe mueve montañas à Lima, avec Cuauhtémoc Medina et Rafael Ortega

2004 — The Green Line à Jérusalem; l’artiste est représenté par David Zwirner à partir de cette année

2008-08-12 — Action simultanée entre Tanger et Tarifa, sur les deux rives du détroit de Gibraltar

2021-05-27 — Ouverture de sa première exposition personnelle à Paris, chez David Zwirner

2022 — Il représente la Belgique à la Biennale de Venise, selon l’annonce de sa galerie

2023 — Prix Wolfgang Hahn du Museum Ludwig de Cologne, et exposition The Nature of the Game au WIELS

2024-06-27 — Ouverture de Ricochets au Barbican Centre de Londres, jusqu’au 1er septembre 2024

2026-04-23 — Ouverture de Juegos de niñxs, 1999-2025 au Museo de Arte Miguel Urrutia de Bogota

Francis Alÿs & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Francis Alÿs à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qui est Francis Alÿs ?

Francis Alÿs est un artiste belge né à Anvers le 22 août 1959, installé à Mexico depuis 1986. Formé à l'architecture, il est devenu artiste visuel au contact des questions d'urbanisation et d'agitation sociale de son pays d'adoption, et travaille aujourd'hui la vidéo, la performance, la peinture et le dessin.

Pourquoi pousse-t-il un bloc de glace dans une de ses œuvres ?

Paradox of Praxis 1 (Sometimes making something leads to nothing), réalisée à Mexico en 1997, montre l'artiste poussant un bloc de glace dans les rues jusqu'à sa fonte complète. Le titre énonce le principe : un effort considérable pour un résultat nul, l'action valant plus que l'objet produit.

Qu'est-ce que « The Green Line » ?

Réalisée à Jérusalem en 2004, cette vidéo suit l'artiste marchant le long du tracé de 1948 séparant les zones israélienne et palestinienne, en laissant s'écouler derrière lui un filet de peinture verte. L'œuvre est conservée au Centre Pompidou, dans le secteur des nouveaux médias.

En quoi consiste la série « Children's Games » ?

Depuis 1999, Francis Alÿs filme des enfants en train de jouer partout dans le monde, dans une série numérotée toujours ouverte : chaises musicales au Mexique, saute-mouton en Irak, corde à sauter à Hong Kong, loup et agneau en Afghanistan. Le Barbican en a tiré l'exposition Ricochets en 2024.

Peut-on voir des œuvres de Francis Alÿs à Paris ?

Le Centre Pompidou conserve une dizaine de ses œuvres, dont Cuentos Patrioticos (1997), The Green Line, Jerusalem (2004) et deux films de la série Children's Games. L'établissement est toutefois fermé pour chantier sur la période 2025-2030 et redéploie sa programmation hors les murs.

Francis Alÿs a-t-il déjà exposé seul à Paris ?

Oui, une fois : du 27 mai au 17 juillet 2021, la galerie David Zwirner a montré au 108 rue Vieille du Temple l'exposition Don't Cross the Bridge Before You Get to the River. Le communiqué précise qu'il s'agissait de sa première présentation personnelle dans la capitale française.