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Cette page sert surtout à situer Francis Bacon dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Dublin le 28 octobre 1909 et mort à Madrid le 28 avril 1992, Francis Bacon est le peintre britannique qui a fait du triptyque un instrument de tragédie.
Francis Bacon naît le 28 octobre 1909 dans une maison de santé du 63 Lower Baggot Street, à Dublin, deuxième de cinq enfants de parents anglais.
Cette page sert surtout à situer Francis Bacon dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Francis Bacon naît le 28 octobre 1909 dans une maison de santé du 63 Lower Baggot Street, à Dublin, deuxième de cinq enfants de parents anglais. Son père, Anthony Edward Mortimer Bacon, ancien capitaine de la Durham Light Infantry, se lance dans l’élevage et l’entraînement de chevaux; la famille vit à Cannycourt, près de Kilcullen, dans le comté de Kildare, à proximité de l’hippodrome du Curragh. Sa mère, Christina Winifred Loxley Firth, a hérité de la fortune sidérurgique familiale. À partir de 1911, la nurse Jessie Lightfoot vit avec la famille et restera auprès de Francis jusqu’à sa mort, en 1951. L’asthme dont il souffre depuis l’enfance sera plus tard l’argument décisif de son acquittement, en juin 1971, dans une affaire de possession de cannabis.
En 1926, à seize ans, Bacon fuit le domicile familial pour Paris, mais ses parents le ramènent aussitôt. Il revient au printemps 1927 et rencontre Yvonne Bocquentin, qui l’héberge dans sa maison près de Chantilly, lui enseigne le français et l’introduit dans le milieu artistique parisien. La visite d’une exposition à la galerie Paul Rosenberg lui fait découvrir Picasso: la fondation monégasque consacrée au peintre désigne ce choc comme le catalyseur de sa vocation. À l’automne 1927, il s’installe dans la capitale, à l’hôtel Delambre, à Montparnasse, fréquente Pigalle, achète les revues « Documents » dirigée par Georges Bataille, « Cahiers d’art » et « Minotaure », ainsi que l’« Atlas-Manuel des maladies de la bouche » de Ludwig Grünwald, publié en 1903, dont les planches peintes à la main nourriront ses versions du cri. Il rentre à Londres à la fin du printemps 1929.
Bacon achève en 1944 son premier triptyque, « Three Studies for Figures at the Base of a Crucifixion », qu’il tiendra pour l’une de ses œuvres majeures; l’ensemble est montré en avril 1945 dans une exposition collective de la Lefevre Gallery, à Londres, aux côtés de « Figure in a Landscape ». Le 13 juin 1946, Erica Brausen lui achète « Painting 1946 » pour deux cents livres. Avec cet argent, le peintre, alors âgé de trente-six ans, part pour Monaco, dont il devient résident le 5 juillet 1946 et qui restera sa résidence principale jusqu’au début des années 1950. C’est là qu’il entame ses premiers papes, inspirés du « Portrait du pape Innocent X » de Velázquez. Le 1er novembre 1946, il vient à Paris pour l’Exposition internationale d’art moderne organisée par l’Unesco, où « Painting 1946 » figure aux côtés d’œuvres de Henry Moore et de Graham Sutherland.
Le 8 novembre 1961, Bacon s’installe au 7 Reece Mews, à South Kensington, qui restera son atelier et son domicile londoniens jusqu’à sa mort. Du 24 mai au 1er juillet 1962, à cinquante-deux ans, il reçoit sa première rétrospective à la Tate Gallery, pour laquelle il peint « Three Studies for a Crucifixion », acquis en 1964 par le Solomon R. Guggenheim Museum; l’exposition circule ensuite à Mannheim, Turin, Zurich et Amsterdam. Le jour du vernissage, un télégramme lui apprend la mort de Peter Lacy à Tanger. À l’automne 1963, il rencontre George Dyer, qui devient son compagnon et son modèle. Du 15 novembre au 31 décembre 1966, la galerie Maeght l’expose à Paris et publie un numéro de « Derrière le miroir » préfacé par Michel Leiris.
La mort de George Dyer, retrouvé sans vie le 24 octobre 1971 dans la salle de bains de sa chambre de l’hôtel des Saints-Pères, deux jours avant le vernissage du Grand Palais, ouvre le cycle des trois grands triptyques dits noirs, dont le premier est peint dès novembre 1971. Bacon travaille ensuite jusqu’à la fin, alternant Londres, Paris et l’Espagne. En 1985, dans son atelier, il désigne à l’historien de l’art David Sylvester une toile intitulée « Eau coulant d’un robinet », peinte deux ans plus tôt, qu’il juge parmi ses plus belles. Le 18 avril 1992, contre l’avis de son médecin, il part pour Madrid rejoindre José Capelo; admis à la Clínica Ruber le 21 avril après une pneumonie aggravée par l’asthme, il y meurt d’une crise cardiaque le 28 avril 1992, à quatre-vingt-deux ans.
Médiums: huile sur toile, huile et pastel sur isorel, huile et pastel sur lin, peinture aérosol, lettres-transfert à sec, œuvres sur papier.
Techniques: triptyque de trois panneaux de grand format, chacun de 198 x 147 cm environ, association de l’huile et du pastel sur un support non tissé, recours à l’aérosol et aux lettres-transfert dans les toiles tardives, travail exclusif à la lumière du jour, usage de photographies et de planches médicales comme documents de travail.
Motifs récurrents: le cri et la bouche pathologique, la crucifixion détournée en scène tragique, le portrait des proches: George Dyer, Isabel Rawsthorne, Michel Leiris, le corps nu déformé dans un espace clos, les papes d’après Velázquez, la corrida, le deuil et l’hommage funèbre, la littérature comme réservoir d’images.
Le lien de Bacon avec Paris ne commence pas par une exposition de lui, mais par une exposition qu’il visite. Au printemps 1927, hébergé près de Chantilly par Yvonne Bocquentin, il découvre à la galerie Paul Rosenberg le travail de Picasso, désigné comme le catalyseur de sa vocation de peintre. Il s’établit ensuite dans la capitale à l’automne, à l’hôtel Delambre, à Montparnasse, et y achète les revues et les ouvrages illustrés qui alimenteront durablement son imagerie. Bacon dira plus tard de la France qu’elle est le pays qu’il préfère de tous ceux qu’il connaît, et il tiendra le jugement des Français sur son travail pour celui qui prévaut sur tous les autres.
En septembre 1974, Bacon prend un atelier et un logement au 14 rue de Birague, à deux pas de la place des Vosges, dans le Marais; il y emménage en 1975 et conserve ce pied-à-terre parisien jusqu’en 1987, tout en continuant de venir régulièrement dans la ville jusqu’à sa mort. Il y peint notamment des séries de portraits et d’autoportraits, et résume ainsi son attachement: il peint toujours à la lumière du jour, et il adore la lumière de Paris. Ces années resserrent aussi ses liens avec l’écrivain Michel Leiris et avec le poète et galeriste Jacques Dupin. Une photographie d’Eddy Batache le montre dans cet atelier en 1978.
Du 27 octobre 1971 au 10 janvier 1972, le Grand Palais consacre à Bacon, alors âgé de soixante-deux ans, une rétrospective de cent huit œuvres: avec Picasso, il est l’un des rares artistes à recevoir de son vivant un tel honneur en France, et il tiendra cette exposition pour la plus importante de sa carrière. Le triomphe est endeuillé: le 24 octobre, deux jours avant le vernissage, George Dyer est retrouvé mort dans la salle de bains de sa chambre de l’hôtel des Saints-Pères. Michel Leiris et Sonia Orwell organisent le dîner inaugural au Train Bleu, en présence du ministre des Affaires culturelles Jacques Duhamel, de Marguerite Duras, de Jacques Dupin et de David Hockney. L’exposition est ensuite reprise à la Kunsthalle de Düsseldorf, du 7 mars au 7 mai 1972.
La première exposition personnelle de Bacon en France se tient à la galerie Rive Droite du 12 février au 10 mars 1957: vingt et un tableaux, un catalogue introduit par Roland Penrose et complété par un essai de David Sylvester. Suivent la galerie Maeght du 15 novembre au 31 décembre 1966, la galerie Claude Bernard du 19 janvier au 26 mars 1977 avec vingt et une peintures récentes préfacées par Michel Leiris, la galerie Maeght-Lelong en janvier 1984, puis la galerie Lelong en septembre 1987. Le Centre Pompidou lui consacre ensuite deux expositions majeures, la rétrospective du 27 juin au 14 octobre 1996 — quatre-vingt-six œuvres dont seize grands triptyques — et « Bacon en toutes lettres », du 11 septembre 2019 au 20 janvier 2020. Le Musée national Picasso-Paris avait confronté les deux peintres du 1er mars au 30 mai 2005.
Le Musée national d’art moderne, au Centre Pompidou, conserve dix œuvres de Bacon, parmi lesquelles « Trois personnages dans une pièce » (1964), « Autoportrait » (1971), « Étude d’Isabel Rawsthorne » (1966), « Portrait de Michel Leiris » (1976), « Étude pour un portrait (Michel Leiris) » (1978), « Étude du corps humain » (1981-1982), deux « Étude pour une corrida » (1972) et « Van Gogh dans un paysage » (1957). Le triptyque de 1964, huile sur toile de 198 sur 441 centimètrès montrée à la galerie Maeght en 1966, a été acheté par l’État en 1968 puis attribué au musée en 1976 sous le numéro d’inventaire AM 1976-925. Avertissement au visiteur: le bâtiment de Beaubourg a fermé à l’automne 2025 pour une rénovation courant jusqu’en 2030, et ce triptyque est présenté jusqu’au 25 janvier 2027 dans l’exposition « Dimanche sans fin », hors de Paris.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve dix œuvres de Bacon, dont le triptyque « Trois personnages dans une pièce » (1964) acheté par l’État en 1968; a organisé la rétrospective de 1996 et « Bacon en toutes lettres » en 2019-2020. Bâtiment fermé depuis l’automne 2025 pour rénovation, réouverture annoncée en 2030.
Grand Palais (Paris) — A accueilli du 27 octobre 1971 au 10 janvier 1972 la rétrospective de cent huit œuvres que Bacon considérait comme la plus importante de sa carrière.
Musée national Picasso-Paris (Paris) — A présenté du 1er mars au 30 mai 2005 l’exposition « Bacon Picasso, la vie des images », sous le commissariat d’Anne Baldassari.
Gagosian, rue de Castiglione (Paris) — A réuni du 11 avril au 30 mai 2026 trois grandes toiles tardives, dont « Man at a Washbasin » (1989-1990); exposition terminée.
Centre Pompidou-Metz (Metz) — Présente « Trois personnages dans une pièce » (1964) dans l’exposition « Dimanche sans fin », du 8 mai 2025 au 25 janvier 2027, pendant la fermeture de Beaubourg.
1909-10-28 — Naissance à Dublin, dans une maison de santé du 63 Lower Baggot Street
1927 — Séjour près de Chantilly puis à Paris: la découverte de Picasso chez Paul Rosenberg déclenche sa vocation
1944 — Achèvement de son premier triptyque, « Three Studies for Figures at the Base of a Crucifixion »
1945-04 — Le triptyque de 1944 est montré dans une exposition collective de la Lefevre Gallery, à Londres
1946-06-13 — Erica Brausen achète « Painting 1946 » pour deux cents livres, ce qui permet à Bacon de partir pour Monaco
1957-02 — Première exposition personnelle en France, à la galerie Rive Droite à Paris: vingt et un tableaux
1962-05-24 — Première rétrospective à la Tate Gallery de Londres, à cinquante-deux ans
1966-11-15 — Exposition à la galerie Maeght, à Paris, où est présenté le triptyque « Trois personnages dans une pièce »
1968 — L’État français achète « Trois personnages dans une pièce » (1964), attribué au musée en 1976
1971-10-24 — George Dyer est retrouvé mort à l’hôtel des Saints-Pères, deux jours avant le vernissage parisien
1971-10-27 — Ouverture de la rétrospective du Grand Palais, cent huit œuvres, jusqu’au 10 janvier 1972
1974-09 — Bacon prend un atelier au 14 rue de Birague, dans le Marais, et y emménage en 1975
1977-01-19 — Exposition de vingt et une peintures récentes à la galerie Claude Bernard, préfacée par Michel Leiris
1987 — Bacon quitte son pied-à-terre parisien du Marais mais continue de venir à Paris
1992-04-28 — Mort à Madrid d’une crise cardiaque, à la Clínica Ruber, à quatre-vingt-deux ans
1996-06-27 — Rétrospective au Centre Pompidou, quatre-vingt-six œuvres, jusqu’au 14 octobre 1996
2019-09-11 — Ouverture de « Bacon en toutes lettres » au Centre Pompidou, jusqu’au 20 janvier 2020
2026-04-11 — Trois grandes toiles tardives réunies chez Gagosian, rue de Castiglione, jusqu’au 30 mai 2026
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Francis Bacon à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Du 27 octobre 1971 au 10 janvier 1972, le Grand Palais lui consacre cent huit œuvres : à soixante-deux ans, il est avec Picasso l'un des rares artistes honorés de son vivant à ce niveau en France, et il tenait cette exposition parisienne pour la plus importante de sa carrière.
Oui. En septembre 1974, il prend un atelier et un logement au 14 rue de Birague, près de la place des Vosges, dans le Marais ; il y emménage en 1975 et garde ce pied-à-terre jusqu'en 1987, y peignant notamment des portraits et des autoportraits, parce qu'il travaillait à la lumière du jour et aimait celle de Paris.
Rencontré à l'automne 1963, il devient le compagnon et le modèle de Bacon. Le 24 octobre 1971, deux jours avant le vernissage du Grand Palais, il est retrouvé mort dans la salle de bains de sa chambre de l'hôtel des Saints-Pères ; Bacon lui dédie, dès novembre 1971, trois grands triptyques dits noirs.
Le Musée national d'art moderne en conserve dix, dont le triptyque « Trois personnages dans une pièce » de 1964. Mais le bâtiment de Beaubourg a fermé à l'automne 2025 pour une rénovation courant jusqu'en 2030, et ce triptyque est présenté jusqu'au 25 janvier 2027 dans « Dimanche sans fin », au Centre Pompidou-Metz.
Au printemps 1927, en visitant une exposition à la galerie Paul Rosenberg à Paris, Bacon découvre le travail de Picasso, décrit comme le catalyseur de sa décision de peindre. Le Musée national Picasso-Paris a confronté les deux œuvres du 1er mars au 30 mai 2005 dans « Bacon Picasso, la vie des images ».
L'écrivain préface le numéro de « Derrière le miroir » publié par la galerie Maeght en 1966, puis le catalogue de la galerie Claude Bernard en 1977, et organise avec Sonia Orwell le dîner du Grand Palais en 1971. Le Centre Pompidou conserve un « Portrait de Michel Leiris » de 1976 et une « Étude pour un portrait » de 1978.