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Cette page sert surtout à situer Francisco de Goya dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Peintre et graveur espagnol né à Fuendetodos le 30 mars 1746 et mort à Bordeaux le 16 avril 1828, Francisco de Goya a servi trois souverains — Charles III, Charles IV et Ferdinand VII — tout en gravant, à l’eau-forte et à l’aquatinte, l’envers de leur monde: superstition, guerre, folie.
Goya naît le 30 mars 1746 à Fuendetodos et grandit à Saragosse, où il se forme entre 1759 et 1763 dans l’atelier de peinture de José Luzán, avant de travailler à Madrid auprès de Francisco Bayeu.
Cette page sert surtout à situer Francisco de Goya dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Goya naît le 30 mars 1746 à Fuendetodos et grandit à Saragosse, où il se forme entre 1759 et 1763 dans l’atelier de peinture de José Luzán, avant de travailler à Madrid auprès de Francisco Bayeu. Il concourt sans succès à l’Académie royale des beaux-arts de San Fernando en 1763-1764 puis en 1766, séjourne en Italie de l’été 1769 à l’été 1771, et envoie en mars 1771 son « Hannibal vainqueur » au concours de l’Académie de Parme, qui lui décerne une mention d’honneur en juin. De retour en Aragon, il peint entre 1772 et 1774 les murales de la chartreuse d’Aula Dei, et épouse Josefa Bayeu à Madrid le 25 juillet 1773.
Installé à Madrid, Goya fournit à la manufacture royale des cartons de tapisserie: cinq puis quatre cartons facturés pour l’Escurial en 1775, vingt-neuf cartons pour le palais du Pardo entre 1776 et 1779. Il met en vente en juillet 1778 neuf gravures d’après Velázquez, est élu académicien de San Fernando le 7 mai 1780, reçoit en juillet 1781 la commande d’un tableau pour San Francisco el Grande et réside auprès de l’infant Louis de Bourbon à Arenas de San Pedro à l’été 1783. Nommé peintre du roi le 25 juin 1786, puis peintre de chambre le 25 avril 1789, il devient le portraitiste attitré de l’aristocratie madrilène, des Osuna aux Alba.
En décembre 1792, un voyage en Andalousie tourne à la catastrophe: Goya tombe gravement malade et convalesce de janvier à mai 1793 chez le négociant gaditan Sebastián Martínez. Il en sort sourd. Le 1er avril 1797, il demande à être relevé de ses fonctions de directeur de la peinture à l’Académie de San Fernando, obtenues en septembre 1795, en invoquant précisément cette surdité. C’est dans ces années qu’il bascule vers l’invention libre: le 4 janvier 1794 il soumet à l’Académie un jeu de tableaux de cabinet peints « de son caprice », et le 6 février 1799 il met en vente Los Caprichos. Le 31 octobre de la même année, il est nommé premier peintre de chambre.
L’invasion française fait de Goya un témoin. En octobre 1808 il se rend à Saragosse pour peindre les suites du premier siège; le 25 octobre 1810 il dresse, avec Maella et Napoli, la liste des tableaux espagnols destinés au musée Napoléon de Paris; la même année il grave les premières planches des Désastres de la guerre. Le 24 février 1814, il propose au Conseil de Régence de peindre les toiles commémoratives de l’insurrection des 2 et 3 mai. Il grave les Disparates entre 1815 et 1820, met la Tauromaquia en vente le 28 octobre 1816, achète la Quinta del Sordo le 27 février 1819 et y exécute les Peintures noires entre 1820 et 1823.
Le 2 mai 1824, Goya sollicite un congé pour prendre les eaux de Plombières, en Lorraine. Il arrive à Paris le 30 juin 1824 et s’installe à Bordeaux le 20 septembre suivant, officiellement pour raisons de santé, en réalité pour échapper au régime répressif de Ferdinand VII. Il y vit avec Leocadia Zorilla (1788-1856) et les deux plus jeunes enfants de celle-ci, travaille en 1825 aux lithographies des Taureaux de Bordeaux, se retire de sa charge de premier peintre de chambre le 22 juin 1826 et retourne voir sa famille à Madrid à l’été 1827 pour négocier sa pension. Une lettre autographe à Leocadia, antérieure au 30 juillet 1827, acquise par la Fondation Custodia dans une vente parisienne, garde la trace de ce dernier voyage. Il meurt à Bordeaux le 16 avril 1828.
Médiums: huile sur toile, carton de tapisserie, fresque, estampe (eau-forte et aquatinte), dessin, lithographie.
Techniques: eau-forte, aquatinte, pointe sèche, burin, lithographie, peinture murale à l’huile.
Motifs récurrents: portrait de cour et de l’aristocratie, guerre et violence politique, superstition, sorcellerie et Inquisition, folie, maladie et raison, tauromachie, satire des mœurs, nature morte (bodegón).
Le premier Goya parisien est un tableau d’ambassade. Le « Portrait de Ferdinand Guillemardet » a été peint à Madrid entre l’arrivée du diplomate en juillet 1798 et l’exposition du tableau à l’Académie royale de San Fernando en juillet 1799. Guillemardet le rapporte à Paris en 1800; après sa mort en 1809, la toile reste dans sa famille, chez son fils Louis Guillemardet, secrétaire général du ministère des Finances. Le legs prévu n’ayant pu être régularisé à temps, le tableau est remis au Louvre en 1865 par Philibert Fouët de Conflans, neveu du légataire, en même temps que le portrait de la marquise de Santa Cruz.
Au musée du Louvre, la salle 719 de l’aile Denon, niveau 1, est identifiée comme salle Goya: y sont accrochés le portrait de Guillemardet et la « Nature morte à la tête de mouton », toile de 0,45 sur 0,62 mètre issue d’une série de douze bodegones inventoriés en 1812 au décès de l’épouse du peintre. La base de collections du Louvre recense quarante-six notices sous le nom de Goya y Lucientes. La bibliographie du portrait de Guillemardet renvoie à la rénovation récente des salles de peinture espagnole, documentée dans « Grande Galerie. Le Journal du Louvre », numéro 73, hiver 2025.
La réception parisienne de Goya passe d’abord par la gravure. Vers 1820-1825, Eugène Delacroix exécute une série de dessins et de croquis d’après les planches des « Caprices »: le musée du Louvre en conserve seize feuilles, provenant de la collection d’Étienne Moreau-Nélaton, dont la copie d’après la planche 6 inventoriée RF 10176 au département des Arts graphiques. Delacroix était par ailleurs lié à Félix Guillemardet, fils du diplomate portraituré par Goya, dont il a dessiné le portrait vers 1820-1824: la transmission de Goya à Paris est aussi une affaire de familles.
Goya n’a pas seulement été collectionné à Paris, il y est venu. Après avoir sollicité le 2 mai 1824 un congé pour les eaux de Plombières, il arrive à Paris le 30 juin 1824 et n’en repart que pour s’installer à Bordeaux le 20 septembre de la même année. Quatorze ans plus tôt, le 25 octobre 1810, il avait été associé à une autre opération parisienne d’une tout autre nature: dresser, avec Mariano Salvador Maella et Manuel Napoli, la liste des tableaux espagnols destinés au musée Napoléon de Paris, sous l’occupation française.
Hors du Louvre, la présence parisienne de Goya est surtout graphique et documentaire. Dans la base des collections de Paris Musées, la recherche « Goya y Lucientes » renvoie cent quinze notices dont il est l’auteur, rattachées pour l’essentiel au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (cent dix-huit notices), et quatre au musée Carnavalet. La Fondation Custodia, rue de Lille, a de son côté acquis dans une vente parisienne une lettre autographe signée, inédite, adressée à sa compagne Leocadia Zorilla et datée d’avant le 30 juillet 1827.
Musée du Louvre (Paris) — Conserve le « Portrait de Ferdinand Guillemardet » (MI 697) et la « Nature morte à la tête de mouton » (RF 1937 120), présentés salle 719 de l’aile Denon, niveau 1, ainsi que le « Portrait de Mariana Waldstein » (MI 698); quarante-six notices au nom de Goya y Lucientes.
Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (Paris) — Institution parisienne la plus richement dotée en notices Goya au sein de Paris Musées: cent dix-huit notices rattachées à la recherche « Goya y Lucientes ».
Fondation Custodia — Collection Frits Lugt (Paris) — A acquis dans une vente parisienne une lettre autographe signée de Goya à Leocadia Zorilla, antérieure au 30 juillet 1827.
Musée Carnavalet — Histoire de Paris (Paris) — Quatre notices ressortent au musée Carnavalet dans la recherche « Goya y Lucientes » des collections de Paris Musées.
1746-03-30 — Naissance de Francisco de Goya à Fuendetodos, dans la province de Saragosse.
1769-1771 — Séjour italien, conclu par une mention d’honneur au concours de l’Académie de Parme en juin 1771.
1776-1779 — Exécution de vingt-neuf cartons de tapisserie pour le palais royal du Pardo, près de Madrid.
1786-06-25 — Goya est nommé peintre du roi; il deviendra peintre de chambre le 25 avril 1789.
1792-12 — Maladie grave pendant un voyage en Andalousie, à l’origine de sa surdité définitive.
1799-02-06 — Mise en vente de la série gravée Los Caprichos, huit mois avant sa nomination comme premier peintre de chambre.
1799 — Portrait de l’ambassadeur Ferdinand Guillemardet, exposé à l’Académie de San Fernando en juillet puis rapporté à Paris en 1800.
1810-10-25 — Goya dresse avec Maella et Napoli la liste des tableaux espagnols destinés au musée Napoléon de Paris.
1819-02-27 — Achat de la Quinta del Sordo, maison de campagne où seront exécutées les Peintures noires entre 1820 et 1823.
1824-06-30 — Arrivée de Goya à Paris; il s’installera à Bordeaux le 20 septembre de la même année.
1827 — Lettre autographe à Leocadia Zorilla, antérieure au 30 juillet, acquise par la Fondation Custodia à Paris.
1828-04-16 — Mort de Francisco de Goya à Bordeaux, à l’âge de quatre-vingt-deux ans.
1865 — Entrée au Louvre, par legs, des portraits de Guillemardet et de la marquise de Santa Cruz.




Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Francisco de Goya à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Goya naît le 30 mars 1746 à Fuendetodos, dans la province de Saragosse. Il reçoit sa confirmation à la paroisse Saint-Gilles de Saragosse le 26 juillet 1751 et se forme de 1759 à 1763 dans l'atelier du peintre José Luzán, avant de poursuivre à Madrid auprès de Francisco Bayeu.
Oui. Le musée du Louvre présente salle 719, aile Denon niveau 1, le « Portrait de Ferdinand Guillemardet » et la « Nature morte à la tête de mouton », et conserve le portrait de la marquise de Santa Cruz. Du côté de la Ville de Paris, la recherche « Goya y Lucientes » dans les collections de Paris Musées renvoie cent quinze notices dont il est l'auteur.
Oui, une fois documentée par sa chronologie : après avoir demandé le 2 mai 1824 un congé pour prendre les eaux de Plombières, il arrive à Paris le 30 juin 1824. Il quitte la capitale française pour Bordeaux, où il s'installe le 20 septembre 1824 et où il vivra jusqu'à sa mort.
Une maladie grave le frappe en décembre 1792 lors d'un voyage en Andalousie ; il convalesce de janvier à mai 1793 chez le négociant gaditan Sebastián Martínez et en sort sourd. Le 1er avril 1797, il demande à être relevé de ses fonctions de directeur de la peinture à l'Académie de San Fernando en raison de cette surdité.
Los Caprichos sont la première grande série gravée de Goya, mise en vente le 6 février 1799. La planche 1 est un autoportrait intitulé « Francisco Goya y Lucientes, Pintor », daté 1797/99 par l'Art Institute of Chicago, réalisé à l'eau-forte et à l'aquatinte, certains tirages combinant en outre pointe sèche et burin.
Il s'y installe le 20 septembre 1824 avec Leocadia Zorilla et les deux plus jeunes enfants de celle-ci, officiellement pour raisons de santé mais en réalité, selon la Fondation Custodia, pour échapper au régime répressif de Ferdinand VII. Il s'y retire de sa charge le 22 juin 1826 et y meurt le 16 avril 1828.