Exposition Paris

Exposition Gabriel Orozco

Né en 1962 à Jalapa, dans l’État mexicain de Veracruz, Gabriel Orozco s’impose dès le début des années 1990 comme l’une des figures majeures de sa génération.

Qui est Gabriel Orozco ?

Gabriel Orozco naît en 1962 à Jalapa, dans l’État de Veracruz, au sein d’une famille d’artistes de gauche qui s’installe à Mexico pendant son enfance.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Gabriel Orozco dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une formation entre Mexico et Madrid

Gabriel Orozco naît en 1962 à Jalapa, dans l’État de Veracruz, au sein d’une famille d’artistes de gauche qui s’installe à Mexico pendant son enfance. Il suit de 1981 à 1984 l’enseignement de l’Escuela Nacional de Artes Plásticas de l’Universidad Nacional Autónoma de México, puis passe en Europe: de 1986 à 1987, il étudie au Círculo de Bellas Artes de Madrid. Ce double ancrage, mexicain puis européen, précède de peu l’entrée en scène internationale du début des années 1990.

Le Taller de los viernes, laboratoire d’une génération

De 1987 à 1992, Orozco anime chez lui, dans le quartier mexicain de Tlalpan, le Taller de los viernes — l’«  atelier du vendredi ». Ce rendez-vous hebdomadaire devient un foyer de discussion et de production auquel participent Abraham Cruzvillegas, Gabriel Kuri, Dr. Lakra et Damián Ortega, c’est-à-dire une bonne part de ce que l’art mexicain comptera de plus visible la décennie suivante. L’épisode dit beaucoup de la méthode d’Orozco: plutôt qu’un atelier de production, un lieu de conversation où les objets circulent et où les règles du jeu se discutent.

1993: «  La DS », une entrée en histoire de l’art faite à Paris

C’est à Paris, à l’occasion de sa première exposition personnelle à la galerie Chantal Crousel en 1993, qu’Orozco produit l’œuvre qui le fait basculer dans l’histoire de l’art. Il récupère à l’état d’épave une Citroën DS 19 de 1970, la découpe dans le sens de la longueur en trois parties à peu près égales, la reconstitue en supprimant la partie médiane — le moteur compris — puis la restaure jusqu’à lui rendre une allure neuve. Le Centre Pompidou décrit le résultat comme un véhicule privé d’usage, littéralement décentré, et compte «  La DS » parmi les grandes sculptures de la fin du 20e siècle.

La consécration muséale, de New York à Londres

Entre décembre 2009 et avril 2011, une rétrospective itinérante circule dans quatre institutions de premier plan: le Museum of Modern Art de New York du 13 décembre 2009 au 1er mars 2010, le Kunstmuseum de Bâle du 18 avril au 8 août 2010, le Centre Pompidou du 15 septembre 2010 au 3 janvier 2011, puis la Tate Modern de Londres du 19 janvier au 25 avril 2011. Le MoMA y présente Orozco comme l’un des artistes les plus originaux de sa génération, refusant de se cantonner à un médium et brouillant délibérément la frontière entre l’objet d’art et l’environnement quotidien.

Une pratique nomade, sans atelier fixe

Orozco revendique l’absence d’atelier permanent et le refus des identifications nationales ou régionales: il puise sa matière dans les lieux où il vit et voyage, et partage aujourd’hui son activité entre Paris, Tokyo, Mexico et New York. L’historienne de l’art Briony Fer, citée par sa galerie parisienne, compare cette production à un carnet de voyage qui enregistrerait autant les conditions circonstancielles d’une vie que la vie elle-même. Le mouvement, l’expansion, la circularité et l’articulation entre géométrique et organique en constituent les constantes.

Vers l’espace public: Chapultepec, ponts et jardins

En 2019, Orozco est choisi pour concevoir et coordonner le projet culturel du parc de Chapultepec, à Mexico, avec l’ambition d’en faire un carrefour d’art, de culture et de nature; il y inaugure en février 2023 la Calzada Flotante, une passerelle piétonne de grande dimension ouverte au public. Cette dimension architecturale et paysagère — projets de jardins, de parcs et de ponts — a été montrée en 2025 au Museo Jumex de Mexico, qui a également installé sur sa place une version en pierre taillée de «  Ping Pond Table », deux tables de ping-pong découpées et disposées autour d’un bassin artificiel.

La pratique en bref

Médiums: sculpture, photographie, peinture, dessin, installation, vidéo, projets d’architecture, de jardins et de ponts.

Techniques: prélèvement, découpe et remontage d’objets manufacturés (automobile, bicyclettes, tables de ping-pong), dessin au graphite appliqué directement sur un support organique (crâne, squelette de baleine), table de travail comme dispositif d’accumulation et de monstration, taille de la pierre pour l’espace public, terre cuite et matériaux artisanaux locaux, photographie d’actions et d’observations menées dans la rue et sur les marchés.

Motifs récurrents: poésie du hasard et du paradoxe dans l’incident quotidien, mouvement, expansion, circularité, jeu, règles et coups joués, corps humain, paysage urbain, rapport entre nature et environnement construit, effacement de la frontière entre objet d’art et objet ordinaire.

Paris, lieu de la révélation en 1993

Le rapport d’Orozco à Paris n’est pas une étape de tournée: c’est le lieu de sa première exposition personnelle et de la pièce qui l’a fait connaître. En 1993, à la galerie Chantal Crousel, il montre «  La DS », réalisée sur place à partir d’une épave de Citroën DS 19 de 1970. Le Centre Pompidou, dans sa propre publication, formule la chose sans détour: Orozco a signé son entrée dans l’histoire de l’art par une œuvre réalisée en 1993 à Paris, à l’occasion de sa première exposition personnelle à cette galerie du Marais.

Deux œuvres dans les collections publiques parisiennes

Le Musée national d’art moderne a fait entrer Orozco dans ses collections à deux reprises au moins. «  Mesas de trabajo (Tables de travail) », installation de 1990-2000 dont chaque table mesure 90 × 300 × 300 cm, a été acquise par achat en 2001 sous le numéro d’inventaire AM 2001-91. La toile «  Éclaircie » (2008-2019) est entrée plus récemment en collection: en mai 2021, le Centre Pompidou signalait sa présentation au niveau 4 du Musée et lui consacrait un article de son magazine, signé Jean-Pierre Criqui.

Une présence continue dans les institutions et la vie artistique parisiennes

Orozco a été exposé au Musée d’art moderne de Paris en 1998, puis a fait l’objet d’une rétrospective au Centre Pompidou du 15 septembre 2010 au 3 janvier 2011 — l’étape parisienne d’une tournée passée par New York, Bâle et Londres. Il compte Paris parmi les quatre villes où il vit et travaille, aux côtés de Tokyo, Mexico et New York, et y est représenté par la galerie Chantal Crousel, 10 rue Charlot, dans le 3e arrondissement. La France l’a distingué deux fois: Officier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2012, puis Commandeur en 2025.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou — Musée national d’art moderne (Paris) — Rétrospective du 15 septembre 2010 au 3 janvier 2011; conserve «  Mesas de trabajo » (achat 2001) et «  Éclaircie ».

Galerie Chantal Crousel (Paris) — Galerie qui le représente, 10 rue Charlot (3e); lieu de sa première exposition personnelle en 1993, où fut montrée «  La DS ».

Musée d’art moderne de Paris (Paris) — Exposition personnelle en 1998, selon la notice biographique de sa galerie parisienne.

Museum of Modern Art (New York) — Rétrospective du 13 décembre 2009 au 1er mars 2010, première étape de la tournée internationale.

Tate Modern (Londres) — Étape finale de la rétrospective, du 19 janvier au 25 avril 2011.

Museo Jumex (Mexico) — «  Gabriel Orozco: Politécnico Nacional », du 1er février au 3 août 2025, sa première exposition muséale au Mexique depuis 2006.

Repères chronologiques

1962 — Naissance à Jalapa, dans l’État de Veracruz, au Mexique, dans une famille d’artistes.

1981-1984 — Études à l’Escuela Nacional de Artes Plásticas de l’UNAM, à Mexico.

1986-1987 — Poursuit sa formation au Círculo de Bellas Artes de Madrid.

1987-1992 — Anime le Taller de los viernes chez lui, à Tlalpan (Mexico), avec Cruzvillegas, Kuri, Dr. Lakra et Ortega.

1993 — Première exposition personnelle à la galerie Chantal Crousel, à Paris, où il présente «  La DS ».

1998 — Exposition personnelle au Musée d’art moderne de Paris.

2001 — Le Centre Pompidou acquiert «  Mesas de trabajo » (inventaire AM 2001-91).

2009-12-13 — Ouverture de sa rétrospective au Museum of Modern Art de New York, jusqu’au 1er mars 2010.

2010-09-15 — Ouverture de la rétrospective au Centre Pompidou, à Paris, jusqu’au 3 janvier 2011.

2011-01-19 — Dernière étape de la rétrospective à la Tate Modern de Londres, jusqu’au 25 avril.

2012 — Nommé Officier de l’ordre des Arts et des Lettres par le ministère français de la Culture.

2019 — Chargé de concevoir et coordonner le projet culturel du parc de Chapultepec, à Mexico.

2023-02 — Inauguration de la Calzada Flotante, passerelle piétonne publique à Chapultepec.

2025-02-01 — Ouverture de «  Politécnico Nacional » au Museo Jumex de Mexico, jusqu’au 3 août 2025.

2025 — Élevé au grade de Commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres.

Gabriel Orozco & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Gabriel Orozco à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qui est Gabriel Orozco ?

Artiste mexicain né en 1962 à Jalapa (Veracruz), il travaille indifféremment la sculpture, la photographie, la peinture, le dessin, l'installation et la vidéo. Le MoMA le décrit comme l'un des artistes les plus originaux de sa génération, apparu au début des années 1990 et refusant de se limiter à un seul médium.

Pourquoi « La DS » est-elle une œuvre parisienne ?

Parce qu'elle a été fabriquée à Paris en 1993 pour la première exposition personnelle de l'artiste, à la galerie Chantal Crousel. Orozco y a découpé une Citroën DS 19 de 1970 récupérée à l'état d'épave en trois bandes longitudinales, avant de la remonter sans sa partie centrale et de la restaurer intégralement.

Peut-on voir des œuvres de Gabriel Orozco à Paris ?

Deux œuvres au moins figurent dans les collections du Centre Pompidou : l'installation « Mesas de trabajo » (1990-2000), acquise en 2001 sous l'inventaire AM 2001-91, et la toile « Éclaircie » (2008-2019), que le musée signalait au niveau 4 en mai 2021. Leur présentation en salle dépend toutefois de l'accrochage du moment.

Qu'est-ce que « Black Kites » ?

Réalisée en 1997, c'est l'une des pièces les plus commentées de l'artiste : un crâne humain entièrement recouvert d'une grille dessinée au graphite. Le Centre Pompidou la cite, aux côtés de « La DS », parmi les œuvres d'Orozco devenues des classiques de l'art des années 1990.

Qu'était le Taller de los viernes ?

Un atelier de discussion que Gabriel Orozco a animé chez lui, à Tlalpan (Mexico), de 1987 à 1992. Abraham Cruzvillegas, Gabriel Kuri, Dr. Lakra et Damián Ortega y ont participé ; il est considéré comme un foyer déterminant pour la scène artistique mexicaine des années suivantes.

Gabriel Orozco a-t-il un atelier ?

Non, pas d'atelier fixe : c'est un choix revendiqué. Il vit et travaille entre Paris, Tokyo, Mexico et New York, refuse les identifications nationales ou régionales, et tire sa matière des lieux qu'il habite et traverse, ce qui explique la diversité des matériaux employés d'un projet à l'autre.