Exposition Paris

Exposition Gaëlle Choisne

Née en 1985 à Cherbourg d’une mère haïtienne et d’un père breton, Gaëlle Choisne assemble liège, matières récupérées, glaise peinte, photographies et vidéos en installations habitables où se croisent traditions ésotériques créoles, mémoire coloniale et surexploitation des ressources.

Qui est Gaëlle Choisne ?

Gaëlle Choisne naît en 1985 à Cherbourg, dans le nord de la France, d’une mère haïtienne et d’un père breton.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Gaëlle Choisne dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Cherbourg, Lyon, Amsterdam: une formation en déplacement

Gaëlle Choisne naît en 1985 à Cherbourg, dans le nord de la France, d’une mère haïtienne et d’un père breton. Elle obtient son diplôme national supérieur d’expression plastique à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, puis poursuit sa formation aux Pays-Bas: à partir de janvier 2017 elle rejoint l’académie royale des beaux-arts d’Amsterdam, après une année de résidence à la Cité internationale des arts à Paris. Ses open studios de 2017 et 2018 à la Rijksakademie, dont «  The Sea Says Nothing », marquent cette séquence néerlandaise. Elle vit et travaille aujourd’hui entre Paris et Fougères.

«  Temple of Love », un projet qui se déplace de lieu en lieu

Depuis 2018, Gaëlle Choisne déploie «  Temple of Love », chantier au long cours nourri des «  Fragments d’un discours amoureux » de Roland Barthes (1977). L’artiste ajoute à l’essai une dimension politique en rendant hommage aux corps invisibilisés, aux âmes minoritaires et fragiles, aux cœurs dépossédés. Le projet ne se rejoue jamais à l’identique: il se redéfinit à chaque invitation et à chaque lieu, sous des sous-titres successifs — «  Absence » à la Biennale de Lyon, «  Love To Love » au New Museum, «  Atopos » au MAC VAL, «  To Hide » à Berlin puis Francfort, «  Tutti Sistemati » à la Biennale de Toronto, «  Cœur » à la Scuola Piccola Zattere.

Le MAC VAL, une année entière d’hospitalité

Du 9 janvier au 15 décembre 2022, le MAC VAL invite Gaëlle Choisne comme artiste invitée de sa collection: «  Temple of Love — Atopos » s’installe au cœur de l’accrochage «  À mains nues » et introduit du vivant dans les salles du musée. L’artiste y conçoit des dispositifs mobiliers et sculpturaux qui servent d’accueil au public et rendent le corps des visiteurs sujet du projet. Une vingtaine d’interventions programmées par elle — philosophe, artiste, musicien, anthropologue, masseur — activent ces installations sur toute la durée de l’exposition.

Prix Marcel Duchamp 2024: «  L’Ère du Verseau » au Centre Pompidou

Nommée pour la 24e édition du prix Marcel Duchamp aux côtés d’Abdelkader Benchamma, de Noémie Goudal et du duo Angela Detanico et Rafael Lain, Gaëlle Choisne présente du 2 octobre 2024 au 6 janvier 2025, dans la Galerie 4 du niveau 1 du Centre Pompidou, l’installation «  L’Ère du Verseau », sous le commissariat de Thomas Conchou. Elle en tire son argument de la précession des équinoxes: le passage de l’ère des Poissons à celle du Verseau, ses vertus d’abondance, de transformation et d’espoir. Au sol, des concrétions de liège teintes en noir évoquent une plage volcanique; aux murs, de grands panneaux peints agrègent des éléments collectés; au centre, des «  ruches » de liège projettent des images vidéo. Elle est désignée lauréate du prix, décerné par l’ADIAF, la même année.

Prix, mentorats et circulation internationale

Avant le prix Marcel Duchamp, Gaëlle Choisne reçoit le prix AWARE en 2021, dont l’édition est arbitrée par un jury présidé par Emma Lavigne; elle avait été nommée en 2019 pour le prix de la Fondation d’entreprise Ricard et le Sam Art Project. En 2023, la fondation Reiffers Art Initiatives lui attribue son programme de mentorat, avec Lorna Simpson pour marraine, conclu par une exposition parisienne pendant la semaine d’Art Basel Paris. Son travail circule par ailleurs dans les biennales: Sharjah 13 en 2017, la Triennale du New Museum en 2021, Gwangju et Toronto en 2024, Taipei en 2025-2026. Elle est représentée par les galeries Nicoletti Contemporary et kaufmann repetto, après avoir été suivie en France par la galerie Untilthen.

La pratique en bref

Médiums: installation immersive, sculpture, photographie, vidéo, peinture sur panneaux, performance et programmation vivante.

Techniques: assemblage de matériaux de récupération et de matières organiques, liège teinté et concrétionné en volumes au sol, glaise peinte, projection vidéo intégrée à des volumes sculptés, panneaux peints agrégeant des éléments collectés, activation des installations par des invités (philosophe, musicien, anthropologue, masseur).

Motifs récurrents: amour comme geste politique, d’après Roland Barthes, héritages coloniaux et créolité, traditions ésotériques créoles, mythes et cultures populaires, surexploitation de la nature et de ses ressources, écoféminisme, hospitalité, soin et corps invisibilisés.

Un atelier à POUSH, aux portes de Paris

En septembre 2024, le magazine du Centre Pompidou rend visite à Gaëlle Choisne dans son atelier d’Aubervilliers: elle est alors installée depuis deux ans à POUSH, résidence d’artistes logée dans ce qui fut une parfumerie industrielle des années 1920. L’espace, à larges baies vitrées, accumule matériaux de récupération, imposantes caisses en bois et sculptures en glaise peinte — c’est là qu’elle achève les œuvres destinées à l’exposition du prix Marcel Duchamp. Ce point d’ancrage francilien reste actif en 2026, POUSH produisant l’exposition collective à laquelle elle participe.

De Bétonsalon au Centre Pompidou: un parcours parisien continu

Le lien avec Paris commence par une année de résidence à la Cité internationale des arts avant son départ pour Amsterdam. En septembre 2018, elle y présente sa première exposition personnelle, «  Temple of Love », à Bétonsalon — centre d’art et de recherche installé sur le campus des Grands Moulins, dans le 13e arrondissement — la même année qu’une présentation au Musée d’art moderne de Paris. Suivent «  Mondes Subtiles » chez Air de Paris en 2021, l’exposition du mentorat Reiffers Art Initiatives au Reiffers Art Center, rue des Acacias dans le 17e arrondissement, en octobre 2023, puis le Centre Pompidou en 2024-2025, où elle intervient également dans le cycle de conférences Planétarium.

2026: une œuvre dans un cimetière parisien

Du 30 mai au 15 novembre 2026, Gaëlle Choisne figure parmi les vingt-et-un artistes de «  Demeure », parcours conçu par POUSH au cimetière parisien de Pantin, sous le commissariat de Patrice Chazottes et Inès Massonie, avec une scénographie horticole de Matthieu Prat et Aude Anquetil dans l’allée des Sophoras. Les œuvres, créées in situ ou choisies pour leur résonance avec le lieu, mettent en regard demeures éternelles et vivants qui restent. L’exposition s’inscrit dans le Festival Art & Environnement porté par Art of Change 21, dont les autres temps forts se tiennent au Palais de Tokyo et à Lafayette Anticipations.

Où voir ses œuvres

Centre Pompidou (Paris) — Exposition «  Prix Marcel Duchamp 2024 — Les nommé·es », Galerie 4 niveau 1, du 2 octobre 2024 au 6 janvier 2025; conférence Planétarium #30 le 21 novembre 2024.

Bétonsalon — centre d’art et de recherche (Paris) — Première exposition personnelle «  Temple of Love » en septembre 2018.

MAC VAL (Vitry-sur-Seine) — Artiste invitée de la collection avec «  Temple of Love — Atopos », du 9 janvier au 15 décembre 2022.

Reiffers Art Center (Paris) — Exposition du mentorat 2023 avec Lorna Simpson, présentée pendant Art Basel Paris.

Cimetière parisien de Pantin (Pantin) — Participation à l’exposition «  Demeure » produite par POUSH, du 30 mai au 15 novembre 2026.

Repères chronologiques

1985 — Naissance à Cherbourg, d’une mère haïtienne et d’un père breton.

2015 — Exposition personnelle «  C R I C C R A C » à la Centrale Galerie Powerhouse, Montréal.

2017 — Entrée à l’académie royale des beaux-arts d’Amsterdam, après une résidence à la Cité internationale des arts à Paris.

2018 — Première exposition personnelle «  Temple of Love » à Bétonsalon, Paris, lancement du projet au long cours.

2021 — Lauréate du prix AWARE, consacré aux artistes femmes.

2022-01-09 — Ouverture de «  Temple of Love — Atopos » au MAC VAL, invitation d’un an au cœur de la collection.

2023 — Mentorat Reiffers Art Initiatives avec Lorna Simpson, conclu par une exposition parisienne.

2024-10-02 — Ouverture de l’exposition «  Prix Marcel Duchamp 2024 — Les nommé·es » au Centre Pompidou, Galerie 4.

2024 — Désignée lauréate du prix Marcel Duchamp, décerné par l’ADIAF, avec «  L’Ère du Verseau ».

2024-11-21 — Conférence Planétarium #30 sur l’écoféminisme au Centre Pompidou avec Émilie Hache.

2026-05-30 — Ouverture de «  Demeure » au cimetière parisien de Pantin, exposition produite par POUSH.

Gaëlle Choisne & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Gaëlle Choisne à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Gaëlle Choisne a-t-elle reçu le prix Marcel Duchamp 2024 ?

Nommée pour la 24e édition aux côtés d'Abdelkader Benchamma, de Noémie Goudal et du duo Angela Detanico et Rafael Lain, elle a présenté au Centre Pompidou « L'Ère du Verseau », installation immersive mêlant sculptures de liège, panneaux peints et projections vidéo. Le prix, décerné par l'ADIAF, lui a été attribué en 2024.

Qu'est-ce que le projet « Temple of Love » ?

C'est un chantier évolutif lancé en 2018 à partir des « Fragments d'un discours amoureux » de Roland Barthes. Gaëlle Choisne y donne à l'amour une portée politique en rendant hommage aux corps invisibilisés et aux cœurs dépossédés. Chaque occurrence — Bétonsalon, MAC VAL, New Museum, Toronto, Venise — se reformule selon le lieu qui l'accueille.

Quels matériaux Gaëlle Choisne emploie-t-elle ?

Elle travaille avec des matériaux de récupération, des matières organiques et des objets collectés au fil de ses voyages : liège teinté en noir déposé au sol en concrétions, glaise peinte, grands panneaux peints où s'agrègent des éléments trouvés, et volumes en forme de ruches depuis lesquels sont projetées des vidéos.

Quel rôle jouent Haïti et la Bretagne dans son travail ?

De mère haïtienne et de père breton, l'artiste puise dans cette double filiation les traditions ésotériques créoles, les mythes et les cultures populaires qui irriguent ses installations, en les articulant aux vestiges du colonialisme et à la question de l'exploitation des ressources. Le Centre Pompidou décrit un travail « irrigué par son héritage de femme afrodescendante ».

Où se trouve l'atelier de Gaëlle Choisne ?

Elle vit et travaille entre Paris et Fougères, et son atelier est installé à POUSH, à Aubervilliers, dans les locaux d'une ancienne parfumerie industrielle des années 1920 reconvertie en résidence d'artistes. Le Centre Pompidou l'y a rencontrée en septembre 2024, alors qu'elle y était installée depuis deux ans.

Peut-on voir une œuvre de Gaëlle Choisne en Île-de-France en 2026 ?

Oui : elle fait partie des vingt-et-un artistes de « Demeure », parcours présenté par POUSH au cimetière parisien de Pantin du 30 mai au 15 novembre 2026, sous le commissariat de Patrice Chazottes et Inès Massonie, dans le cadre du Festival Art & Environnement d'Art of Change 21.