Exposition Paris

Exposition Georges Braque

Fils d’une famille de peintres en bâtiment, formé au Havre comme apprenti peintre-décorateur avant de gagner Paris en 1900, Georges Braque (Argenteuil, 1882 - Paris, 1963) passe du fauvisme aux paysages géométrisés de L’Estaque, invente le papier collé en septembre 1912, puis consacre l’après-guerre aux guéridons, aux natures mortes et à la série des Ateliers.

Qui est Georges Braque ?

Né à Argenteuil le 13 mai 1882, Braque grandit au Havre dans une famille de peintres en bâtiment et fait d’abord son éducation artistique seul: sa première formation est celle d’apprenti chez un peintre-décorateur, métier auquel il entre en 1899.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Georges Braque dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Du Havre à Paris: une formation d’artisan

Né à Argenteuil le 13 mai 1882, Braque grandit au Havre dans une famille de peintres en bâtiment et fait d’abord son éducation artistique seul: sa première formation est celle d’apprenti chez un peintre-décorateur, métier auquel il entre en 1899. Venu à Paris en 1900, il suit des cours du soir à l’école des Batignolles, entre à l’académie Humbert en 1902 après son service militaire, passe brièvement en 1903 par l’atelier de Bonnat à l’École des beaux-arts, puis s’installe en 1904 dans son premier atelier de la rue d’Orsel. Ce détour par le métier du bâtiment explique son goût durable pour la matière, le faux bois et l’imitation des textures.

1906-1908: du fauvisme aux premiers cubes de L’Estaque

Braque se convertit au fauvisme en 1905 et expose en 1906 au Salon des indépendants; c’est avec Raoul Dufy et Othon Friesz, ses amis de jeunesse du Havre, qu’il invente en 1906 ce nouveau langage plastique. En 1907, après avoir vu l’exposition Cézanne à Paris, il peint à L’Estaque un ensemble de paysages dont une première version du viaduc. De mémoire, à Paris au début de 1908, il en réalise une autre version centrée sur les formes géométriques des éléments architecturaux: cette recomposition radicalement réduite du paysage compte parmi les premiers jalons de la naissance du cubisme.

Le cubisme avec Picasso et l’invention du papier collé

Abandonnant le paysage pour la nature morte, Braque travaille en étroite relation avec Pablo Picasso et élabore avec lui les doctrines du cubisme dit «  analytique » puis «  hermétique ». La Nature morte au violon de novembre 1911 en donne la formule: des objets réduits à de simples signes, la volute d’un violon, l’enroulement d’une partition, disposés sur une grille orthogonale et recouverts de petites touches horizontales qui font papillonner la lumière. En septembre 1912 intervient l’innovation capitale des papiers collés, qui permet à Braque de réintroduire la couleur et de constater son indépendance à l’égard de la forme.

La guerre, puis les guéridons de l’après-guerre

Mobilisé en 1914, grièvement blessé sur le front d’Artois en 1915, Braque ne se remet au travail qu’en 1917. Au lendemain de la guerre, il fonde son œuvre sur la nature morte, sans les hardiesses de la période précédente. Le thème du guéridon, qui l’obsède depuis la période cubiste, domine l’ensemble qu’il expose chez Léonce Rosenberg en mars 1919, revient soutenir sa réflexion picturale dans les années 1928-1930 et aboutit en 1936 puis en 1939 à deux variantes finales et synthétiques, inscrites dans le même format rectangulaire étiré.

Varengeville, les Ateliers et le plafond du Louvre

À partir de 1929, Braque passe ses étés à Varengeville, sur la côte normande, où l’architecte américain Paul Nelson lui construit une maison-atelier; cette installation s’accompagne d’un regain d’intérêt pour le paysage, la mer et la grève, qui prend une place centrale dans ses dernières années. En parallèle, il entreprend en 1949 la suite des Ateliers, huit toiles achevées en 1956 avec l’Atelier IX, exposé au printemps 1956 chez Aimé Maeght. En 1953, le plafond des Oiseaux, commandé le 22 juin, est mis en place au Louvre vers le 15 juillet.

La pratique en bref

Médiums: huile sur toile, papier collé, gouache et dessin préparatoire, décor et costume de ballet.

Techniques: huile sur toile de très grand format vertical (Le Guéridon rouge, 180 x 73 cm), papier collé: collage de papiers imitant le bois dans une nature morte dessinée, reprise différée d’une même toile sur plusieurs années (Le Guéridon rouge, 1939 puis 1952; Atelier IX, 1952-1953 puis 1956), petites touches horizontales unifiant la lumière sur toute la surface, peinture de plafond sur toile marouflée, de format ovale.

Motifs récurrents: nature morte, guéridon, atelier de l’artiste, instruments de musique, paysage de L’Estaque, oiseau, marine et grève normande.

Les galeries parisiennes, laboratoire du cubisme

C’est à Paris que Braque bascule: le Viaduc à L’Estaque de 1908, peint de mémoire dans la capitale, est exposé à l’automne de la même année à la galerie Kahnweiler, accompagné d’un catalogue préfacé par Guillaume Apollinaire, qui écrit du peintre qu’il a «  provoqué volontairement le crépuscule de la réalité ». Onze ans plus tard, en mars 1919, c’est chez Léonce Rosenberg que le thème du guéridon domine l’ensemble qu’il présente, marquant le tournant de l’après-guerre.

Un atelier dans le 14e arrondissement

L’atelier parisien de Braque se trouvait 6 rue du Douanier, dans le 14e arrondissement: le musée Carnavalet - Histoire de Paris conserve une photographie de Willy Maywald prise en 1948, qui montre le peintre au travail dans ce lieu. Cette adresse ancre durablement Braque dans le sud de Paris, à distance des ateliers de Montmartre de ses débuts cubistes, et c’est cet espace-là que la reconstitution du Louvre viendra citer en 1961.

Le Louvre, du plafond des Oiseaux aux funérailles

Le lien le plus spectaculaire est celui du Louvre. Le plafond en trois parties des Oiseaux, commandé pour dix millions de francs le 22 juin 1953, est mis en place dans la salle Henri II vers le 15 juillet 1953, en remplacement du plafond de Blondel déposé en 1938; il est aujourd’hui visible salle 662, aile Sully, niveau 1. Le 6 décembre 1961, Braque inaugure au Louvre, aux côtés d’André Malraux, l’exposition «  L’Atelier de Georges Braque », devenant le premier peintre à y entrer vivant. Mort le 31 août 1963, il reçoit le 3 septembre un hommage officiel dans le décor des colonnades du Louvre, où Malraux prononce son éloge.

Un fonds public parisien constitué par la famille et par l’État

Le Musée national d’art moderne, au Centre Pompidou, conserve le principal ensemble public parisien: la Nature morte au violon de novembre 1911 et Le Guéridon rouge y sont entrés par la donation de Mme Georges Braque en 1965, tandis que l’Atelier IX est acquis par dation en 1982 et Le Viaduc à L’Estaque par dation en 1984. Y figurent aussi des travaux moins attendus, comme les études de décor et de costume pour les ballets Salade (1924) et Zéphyr et Flore (1925).

Où voir ses œuvres

Musée du Louvre (Paris) — Conserve et présente le plafond des Oiseaux (1953, INV 20378), signalé comme actuellement visible salle 662, aile Sully, niveau 1. C’est aussi le lieu de l’exposition «  L’Atelier de Georges Braque » inaugurée le 6 décembre 1961 et de l’hommage officiel du 3 septembre 1963.

Centre Pompidou - Musée national d’art moderne (Paris) — Principal fonds public parisien de peintures et d’arts graphiques de Braque, constitué par la donation de Mme Georges Braque en 1965 puis par les dations de 1982 et 1984. Attention: la Nature morte au violon est prêtée au Centre Pompidou Hanwha de Séoul pour l’exposition «  The Cubists: Inventing Modern Vision » du 28 mai au 4 octobre 2026.

MuMa - musée d’art moderne André Malraux (Le Havre) — Ville de jeunesse de Braque: le musée a reçu en 2019, par legs de Florence Malraux, Barque sur la grève (1956), destinée aux cimaises permanentes non loin de Raoul Dufy et d’Othon Friesz.

Repères chronologiques

1882-05-13 — Naissance de Georges Braque à Argenteuil, dans le Val-d’Oise.

1899 — Entre dans l’entreprise familiale de peinture au Havre et se forme comme apprenti peintre-décorateur.

1900 — Arrive à Paris et suit les cours du soir de l’école des Batignolles.

1902 — Entre à l’académie Humbert après son service militaire; passe en 1903 par l’atelier de Bonnat.

1904 — S’installe dans son premier atelier, rue d’Orsel, et commence véritablement à peindre.

1906 — Expose au Salon des indépendants et invente le fauvisme avec Raoul Dufy et Othon Friesz.

1908 — Peint à Paris Le Viaduc à L’Estaque, exposé à l’automne à la galerie Kahnweiler avec une préface d’Apollinaire.

1911-11 — Peint la Nature morte au violon, sommet du cubisme analytique, aujourd’hui au Centre Pompidou.

1912-09 — Réalise l’innovation capitale des papiers collés, qui réintroduit la couleur dans le tableau cubiste.

1914-1917 — Mobilisé en 1914, grièvement blessé sur le front d’Artois en 1915, il ne se remet au travail qu’en 1917.

1919-03 — Expose chez Léonce Rosenberg un ensemble dominé par le thème du guéridon.

1929 — Commence à passer ses étés à Varengeville, où Paul Nelson lui construit une maison-atelier.

1949-1956 — Réalise la série des Ateliers, huit toiles closes par l’Atelier IX exposé chez Aimé Maeght.

1953 — Plafond des Oiseaux commandé le 22 juin et mis en place au Louvre, salle Henri II, vers le 15 juillet.

1961-12-06 — Inaugure au Louvre avec André Malraux l’exposition «  L’Atelier de Georges Braque ».

1963-08-31 — Meurt à Paris; hommage officiel le 3 septembre au Louvre, discours d’André Malraux.

Georges Braque & Paris

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Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Où voir une œuvre de Georges Braque à Paris aujourd'hui ?

Au musée du Louvre : le plafond des Oiseaux, peint en 1953 pour la salle Henri II, est signalé par la notice des collections comme actuellement visible salle 662, aile Sully, niveau 1. Il s'agit d'une toile de format ovale de 2,70 m sur 2,12 m, inventoriée INV 20378 au département des Peintures.

Pourquoi dit-on que Braque est « entré vivant au Louvre » ?

Parce que le 6 décembre 1961, à Paris, il inaugure lui-même au Louvre, aux côtés d'André Malraux alors ministre des Affaires culturelles, l'exposition « L'Atelier de Georges Braque », qui reconstituait son atelier avec ses tableaux aux murs et une toile inachevée sur le chevalet. Aucun peintre n'y était entré de son vivant auparavant.

Qu'est-ce que le papier collé inventé par Braque ?

C'est l'innovation capitale de septembre 1912 : Braque introduit dans la nature morte dessinée des papiers collés qui lui permettent de réintroduire la couleur dans le tableau cubiste et de constater son indépendance à l'égard de la forme. Le procédé s'écarte du cubisme hermétique élaboré l'année précédente avec Picasso.

Braque a-t-il été fauve avant d'être cubiste ?

Oui. Il se convertit au fauvisme en 1905, expose au Salon des indépendants en 1906, et c'est avec Raoul Dufy et Othon Friesz, ses amis de jeunesse rencontrés au Havre, qu'il invente en 1906 ce nouveau langage plastique. Le tournant cubiste ne vient qu'après l'exposition Cézanne de 1907 et le séjour à L'Estaque.

Que sont les « Ateliers » de Georges Braque ?

Une suite de huit toiles entreprise en 1949 et close en 1956 par l'Atelier IX, d'abord numéroté VII, travaillé en 1952-1953 puis repris et achevé juste avant son exposition chez Aimé Maeght au printemps 1956. Ces tableaux recomposent en un paysage secret l'espace le plus intime, celui de l'atelier où naissent les œuvres.

Comment le Centre Pompidou a-t-il constitué son fonds Braque ?

Par deux voies successives : la donation de Mme Georges Braque en 1965, qui apporte notamment la Nature morte au violon de novembre 1911 et Le Guéridon rouge, puis les dations d'œuvres à l'État, qui font entrer l'Atelier IX en 1982 et Le Viaduc à L'Estaque en 1984.