Exposition Paris

Exposition Georges Seurat

Né à Paris en 1859 et mort dans la même ville en 1891, à trente et un ans, Georges Seurat a bâti en une décennie une œuvre entièrement fondée sur une idée: au lieu de mélanger les couleurs sur la palette, les juxtaposer en petites touches pour que l’œil les recompose.

Qui est Georges Seurat ?

Seurat naît à Paris le 2 décembre 1859 et suit l’enseignement de l’École des beaux-arts de Paris, dans l’atelier d’Henri Lehmann.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Georges Seurat dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une formation académique très vite mise à distance

Seurat naît à Paris le 2 décembre 1859 et suit l’enseignement de l’École des beaux-arts de Paris, dans l’atelier d’Henri Lehmann. Dès 1879, il loue un atelier avec ses camarades Edmond Aman-Jean et Ernest Laurent et suspend ses cours; il part en novembre de la même année faire son service militaire à Brest, où il remplit ses carnets de bateaux, de plages et de mer. Rentré à Paris, il consacre 1882 à la maîtrise du noir et blanc avant de se remettre véritablement à peindre. Soutenu par sa famille, libre de tout souci d’argent, il peut mener une recherche à contre-courant du marché.

L’invention du chromoluminarisme

Le procédé que Seurat baptise chromoluminarisme, et que l’on appellera pointillisme, consiste à poser côte à côte de minuscules touches de couleurs pures pour obtenir, par mélange optique, des teintes qu’il juge plus intenses et plus lumineuses que celles obtenues sur la palette. Il s’appuie sur les écrits de Charles Blanc, sur la loi du contraste simultané des couleurs de Michel-Eugène Chevreul et sur la théorie des couleurs d’Ogden Rood. Contrairement aux impressionnistes, dont il partage pourtant les sujets, il reproche à ces derniers un manque de structure et cherche une méthode raisonnée, appliquée en atelier plutôt que sur le motif.

Six grands tableaux en dix ans

«  Une baignade à Asnières », achevée en 1884, est la première des six grandes machines que Seurat mènera à terme. Vient ensuite «  Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte », commencée en 1884, reprise deux ans plus tard puis dotée d’une bordure peinte en 1888-1889: 207,5 × 308,1 cm, une échelle inhabituelle pour un peintre de sa génération, dont l’ambition avouée était d’égaler une frise grecque en peignant la vie moderne. Suivront «  Les Poseuses », «  Parade de cirque » (1887-1888), «  Le Chahut » (1889-1890) et enfin le «  Cirque », resté inachevé à sa mort.

Les marines, contrepoint des grandes compositions

Chaque été, Seurat quitte Paris pour la côte: Grandcamp en 1885, Honfleur en 1886, Port-en-Bessin en 1888, Gravelines en 1890. Ces campagnes donnent des toiles de format modeste, d’une clarté presque abstraite, que le Museum of Modern Art conserve en nombre — «  Grandcamp, un soir », «  Un soir, Honfleur », «  Port-en-Bessin, l’entrée du port », «  Le Chenal de Gravelines, un soir ». C’est à Gravelines, durant l’été 1890, qu’il exécute quatre marines et une série de croquetons, ces petits panneaux de bois peints qu’il avait lui-même nommés ainsi. Il rentre à Paris peu avant d’entamer sa dernière toile.

Une mort brutale et une postérité organisée par ses proches

Seurat meurt à Paris le 29 mars 1891, à trente et un ans; il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Le critique Félix Fénéon, qui avait forgé le mot «  néo-impressionnisme » dans L’Art moderne du 1er mai 1887, devient son exécuteur testamentaire aux côtés de Paul Signac et de Maximilien Luce, acquiert «  Une baignade à Asnières » et lance le catalogue raisonné, achevé par César Mange de Hauke en 1961. Dès 1892, la Société des artistes indépendants lui consacre une salle au Pavillon de la Ville de Paris, puis une rétrospective en 1905.

La pratique en bref

Médiums: huile sur toile, dessin au crayon Conté sur papier, petits panneaux de bois peints («  croquetons »).

Techniques: chromoluminarisme (pointillisme): touches juxtaposées de couleurs pures, mélange optique des couleurs dans l’œil du spectateur, bordures peintes directement sur la toile, ajoutées vers 1888-1889, composition élaborée en atelier à partir d’études peintes et dessinées, reprise et amplification des silhouettes plusieurs années après la première campagne.

Motifs récurrents: les loisirs sur les berges de la Seine en aval de Paris, la banlieue industrielle (usines et cheminées de Clichy, ponts d’Asnières et de Courbevoie), les spectacles parisiens: parade foraine, cirque, chahut, café-concert, les ports et les chenaux de la Manche et de la mer du Nord, les figures d’atelier, avec les poseuses.

Un Parisien de bout en bout

Seurat naît à Paris en 1859 et y meurt en 1891: les deux bornes de sa vie tiennent dans la même ville. Il s’y forme à l’École des beaux-arts, dans l’atelier d’Henri Lehmann, puis loue dès 1879 un atelier avec Edmond Aman-Jean et Ernest Laurent, quittant de fait l’enseignement officiel. Sa tombe se trouve au cimetière du Père-Lachaise. Les seuls véritables éloignements de sa carrière sont son service militaire à Brest, à partir de novembre 1879, et les campagnes d’été sur la côte.

La Seine en aval de Paris comme atelier à ciel ouvert

Les motifs majeurs de Seurat se trouvent à quelques kilomètrès du centre de Paris, dans la boucle de la Seine au nord-ouest. «  Une baignade à Asnières » montre des hommes et des garçons sur la berge entre les ponts d’Asnières et de Courbevoie, avec au fond un pont ferroviaire et les cheminées de l’usine à gaz et des fabriques de Clichy où certains d’entre eux travaillent peut-être. L’île de la Grande Jatte, en face, fournit la scène de son tableau le plus célèbre et de plusieurs études, dont un «  Temps gris » conservé à New York.

Les adresses parisiennes où son œuvre s’est imposée

L’historique d’exposition de la «  Grande Jatte » dresse une carte précise du Paris artistique de la fin du siècle: la VIIIe exposition de peinture, du 15 mai au 15 juin 1886 à la Maison Dorée, 1 rue Laffitte; la IIe exposition de la Société des artistes indépendants, rue des Tuileries, du 21 août au 21 septembre 1886; la VIIIe exposition des Indépendants au Pavillon de la Ville de Paris en 1892; l’exposition de La Revue blanche, 23 boulevard des Italiens, au printemps 1900; la rétrospective de 1905 dans les grandes serres de la Ville de Paris; enfin les galeries Bernheim-Jeune en 1908-1909 puis en 1920.

Voir Seurat à Paris aujourd’hui

Le musée d’Orsay conserve «  Le Cirque », dernière toile de Seurat, laissée inachevée à sa mort en 1891 et inscrite sous le numéro d’inventaire RF 2511: elle représente le numéro de l’écuyère au cirque Fernando, devenu le cirque Medrano. C’est le seul des six grands tableaux de l’artiste resté en France. Le reste de la série est dispersé entre Londres, Chicago, New York, Otterlo et Merion, ce qui fait de la salle d’Orsay le point de passage obligé pour qui veut voir un Seurat de grand format à Paris.

Où voir ses œuvres

Musée d’Orsay (Paris) — Conserve «  Le Cirque » (1890-1891, RF 2511), dernière toile de Seurat, ainsi qu’un ensemble d’études et de poseuses.

Art Institute of Chicago (Chicago) — Conserve «  Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte — 1884 », présenté en galerie 240.

National Gallery (Londres) — Conserve «  Une baignade à Asnières » (NG3908), présentée salle 44.

The Metropolitan Museum of Art (New York) — Conserve «  Parade de cirque » (galerie 825) et «  Temps gris, la Grande Jatte ».

The Museum of Modern Art (New York) — Conserve neuf œuvres de Seurat en ligne, dont «  Un soir, Honfleur » et «  Grandcamp, un soir », présentées en galerie 501.

Kröller-Müller Museum (Otterlo) — Conserve «  Le Chahut » (1889-1890), grande composition de music-hall.

Repères chronologiques

1859-12-02 — Naissance de Georges Seurat à Paris; il y mourra trente et un ans plus tard.

1879 — Il loue un atelier avec Edmond Aman-Jean et Ernest Laurent et suspend ses cours à l’École des beaux-arts de Paris.

1879-11 — Départ pour un an de service militaire à Brest, où il remplit ses carnets de bateaux et de marines.

1884 — «  Une baignade à Asnières » est refusée au Salon officiel, puis montrée au premier Salon des indépendants.

1886-05 — La «  Grande Jatte » est exposée à la VIIIe exposition de peinture, Maison Dorée, 1 rue Laffitte, du 15 mai au 15 juin.

1886-08 — Nouvelle présentation à la IIe exposition de la Société des artistes indépendants, rue des Tuileries, du 21 août au 21 septembre.

1887-1888 — Exécution de «  Parade de cirque », aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art de New York.

1889-1890 — Exécution du «  Chahut », grande scène de music-hall conservée au Kröller-Müller Museum d’Otterlo.

1890 — Séjour d’été à Gravelines: quatre marines et une série de «  croquetons » sur panneaux de bois.

1891-03-29 — Mort de Seurat à Paris, à trente et un ans, laissant «  Le Cirque » inachevé.

1892 — Hommage posthume à la VIIIe exposition de la Société des artistes indépendants, Pavillon de la Ville de Paris.

1905 — Exposition rétrospective Georges Seurat au 21e Salon des indépendants, dans les grandes serres de la Ville de Paris.

1924 — «  Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte » entre dans les collections de l’Art Institute of Chicago.

Galerie

Georges Seurat & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Georges Seurat à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Qu'est-ce que le chromoluminarisme inventé par Seurat ?

C'est le nom que Seurat donne à sa méthode, plus connue sous le terme de pointillisme : juxtaposer de minuscules touches de couleurs pures pour que l'œil du spectateur en opère lui-même le mélange, produisant des teintes jugées plus intenses et plus lumineuses que celles préparées sur la palette. Il s'appuie sur Charles Blanc, sur la loi du contraste simultané de Chevreul et sur la théorie des couleurs d'Ogden Rood.

Où voir « Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte » ?

Le tableau est conservé à l'Art Institute of Chicago, qui le présente en galerie 240. Il mesure 207,5 × 308,1 cm, a été peint entre 1884 et 1886, complété d'une bordure peinte en 1888-1889, et fait partie de la Helen Birch Bartlett Memorial Collection ; il est arrivé au musée en 1924.

Quel tableau de Seurat peut-on voir à Paris ?

« Le Cirque », sa dernière toile, laissée inachevée à sa mort en 1891, est conservée au musée d'Orsay sous le numéro d'inventaire RF 2511. Elle montre le numéro de l'écuyère au cirque Fernando, futur cirque Medrano. C'est la seule des six grandes compositions de l'artiste restée en France, les autres se trouvant à Londres, Chicago, New York et Otterlo.

Qu'est devenue « Une baignade à Asnières » après le Salon de 1884 ?

Cette première grande composition, peinte avant que Seurat n'ait vingt-cinq ans, devait le faire remarquer au Salon officiel du printemps 1884 : elle y fut refusée. Il l'exposa alors au premier Salon des indépendants, aux côtés de Paul Signac, Henri-Edmond Cross, Charles Angrand, Maximilien Luce et Camille Pissarro. Elle est aujourd'hui à la National Gallery de Londres, salle 44.

Pourquoi certaines toiles de Seurat ont-elles une bordure peinte ?

À partir de 1888-1889, Seurat revient sur des toiles déjà achevées pour leur ajouter une bordure peinte à même la surface : c'est le cas de la « Grande Jatte », dont la bordure est datée de 1888-1889 par l'Art Institute of Chicago, et de « Grandcamp, un soir » (1885), dont le Museum of Modern Art date la bordure peinte des environs de 1888-1889.

Quels lieux Seurat a-t-il peints en dehors de Paris ?

Ses campagnes d'été le mènent sur les côtes de la Manche et de la mer du Nord : Grandcamp en 1885, Honfleur en 1886, Port-en-Bessin en 1888, Gravelines à l'été 1890, où il exécute quatre marines et des « croquetons », petits panneaux de bois peints. Le Museum of Modern Art conserve plusieurs de ces marines, dont « Le Chenal de Gravelines, un soir ».