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Cette page sert surtout à situer Gillian Wearing dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Née à Birmingham en 1963 et formée à Goldsmiths, Gillian Wearing a bâti une œuvre entière sur une négociation: celle qui consiste à demander à des inconnus d’écrire, de parler ou de se taire devant son objectif.
Gillian Wearing naît à Birmingham en 1963. Elle rejoint Londres pour se former, obtient un diplôme d’art et design au Chelsea School of Art en 1987, puis sort de Goldsmiths, University of London, en 1990.
Cette page sert surtout à situer Gillian Wearing dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Gillian Wearing naît à Birmingham en 1963. Elle rejoint Londres pour se former, obtient un diplôme d’art et design au Chelsea School of Art en 1987, puis sort de Goldsmiths, University of London, en 1990. Cette dernière école la place au cœur de la génération que la critique baptisera Young British Artists, mais son terrain d’observation ne sera ni l’atelier ni le marché: ce sont les trottoirs, les petites annonces et les appartements de gens qu’elle ne connaît pas.
Après un premier essai raté auprès de proches, qui écrivaient selon elle ce qu’ils croyaient qu’elle attendait, Wearing change de méthode au printemps 1992: elle aborde des inconnus à Regent’s Park, leur tend une feuille et un feutre, et les photographie tenant leur propre phrase. Environ quatre passants sur cinq acceptent. Le titre complet, « Signs that Say What You Want Them To Say and Not Signs that Say What Someone Else Wants You To Say », énonce la règle du jeu. Elle travaille au Pentax 35 mm et ne prend qu’une ou deux vues par personne.
La reconnaissance vient de la vidéo. Dans « 60 Minutes Silence » (1996), une prétendue photographie de groupe de policiers se révèle être un film d’une heure où des figurants costumés tentent de tenir l’immobilité, et échouent: ils toussent, se grattent, se déplacent. Ce basculement du portrait figé vers la durée vaut à Wearing le Turner Prize en 1997, année d’une liste de finalistes exclusivement féminine. La même décennie, elle revendique l’influence des documentaires britanniques en immersion, du « 7 Up » de Michael Apted à la série « The Family ».
À partir de « Confess all on vidéo. Don’t Worry You Will Be in Disguise » (1994), Wearing recrute par petite annonce des inconnus prêts à livrer un secret, visage dissimulé. « Trauma » (2000) reprend le procédé en attribuant à chaque participant un masque correspondant à l’âge où le traumatisme a eu lieu. Entre 2003 et 2006, elle retourne l’outil contre elle-même: elle rejoue des clichés de son propre album de famille sous des masques de silicone de sa mère, de son père, de sa sœur, de son oncle et d’elle-même, fabriqués avec des spécialistes formés chez Madame Tussauds, à raison de quatre mois de travail par masque.
Wearing porte aussi son protocole d’invitation dans l’espace urbain. « A Real Birmingham Family », projet mené quatre ans avec l’Ikon Gallery, appelle les habitants à proposer leur propre famille: plus de trois cent cinquante candidatures, une présélection de quatre foyers par un jury de figures associatives, cultuelles et culturelles, et un groupe coulé en bronze dévoilé le 30 octobre 2014 sur Centenary Square, devant la Library of Birmingham. En 2007, l’artiste avait été élue membre à vie de la Royal Academy of Arts; sa statue de la suffragiste Millicent Fawcett se dresse à Parliament Square, à Londres.
Médiums: vidéo, photographie argentique, installation vidéo, sculpture en bronze, son.
Techniques: sollicitation d’inconnus dans la rue avec support écrit, recrutement de participants par petite annonce, masques de silicone moulés à partir de photographies, playback et synchronisation labiale d’une voix enregistrée, plan fixe de longue durée, dispositif de projection en « boîte de confession ».
Motifs récurrents: écart entre vie publique et vie privée, confession et anonymat, identité et représentation sociale, famille et filiation, contrôle, surveillance et immobilité imposée, parole des anonymes.
Le lien parisien le mieux établi est une exposition personnelle au musée Rodin, « Confessions / Portraits, vidéos », du 10 avril au 23 août 2009, avec un vernissage annoncé le 9 avril. Elle prolongeait l’exposition temporaire « La fabrique du portrait. Rodin face à ses modèles » en confrontant le portrait sculpté du XIXe siècle à une vision contemporaine. Le musée y présentait « Trauma » (2000) et « Confess all on vidéo » (1994), cette dernière étant ensuite remplacée par « Secrets and Lies », version inédite réalisée pour l’occasion.
Avant le musée Rodin, Paris avait déjà accueilli le travail de Wearing: une exposition personnelle à la Galerie Anne de Villepoix en 1999, puis la manifestation collective « Sous Influence » à l’ARC, du 10 mars au 6 mai 2001. Le fil parisien se poursuit ensuite hors du champ strictement artistique, avec sa participation à l’exposition « VIVRE!! » au Musée national de l’histoire de l’immigration, du 18 octobre 2016 au 8 janvier 2017.
Musée Rodin (Paris) — Exposition personnelle « Confessions / Portraits, vidéos », 10 avril - 23 août 2009.
Musée national de l’histoire de l’immigration (Paris) — Participation à l’exposition collective « VIVRE!! », 18 octobre 2016 - 8 janvier 2017.
Tate Britain (Londres) — Conserve plusieurs tirages de la série des pancartes ainsi que « The Garden » (1997).
Whitechapel Gallery (Londres) — Rétrospective « Gillian Wearing », 28 mars - 17 juin 2012.
Ikon Gallery (Birmingham) — Commanditaire du projet « A Real Birmingham Family », sculpture dévoilée le 30 octobre 2014.
1963-12-10 — Naissance de Gillian Wearing à Birmingham, en Angleterre.
1987 — Diplôme d’art et design obtenu au Chelsea School of Art, à Londres.
1990 — Sortie diplômée de Goldsmiths, University of London, en beaux-arts.
1992-1993 — Réalisation de la série des pancartes tenues par des passants londoniens.
1996 — Tournage de « 60 Minutes Silence », projection vidéo d’une heure.
1997 — Turner Prize décerné à Gillian Wearing, dans une sélection entièrement féminine.
2007 — Élection comme membre à vie de la Royal Academy of Arts, à Londres.
2009-04-10 — Ouverture de « Confessions / Portraits, vidéos » au musée Rodin, à Paris.
2012-03-28 — Début de la rétrospective que lui consacre la Whitechapel Gallery, à Londres.
2014-10-30 — Dévoilement de « A Real Birmingham Family » sur Centenary Square, à Birmingham.
2021-11-05 — Ouverture de « Wearing Masks » au Solomon R. Guggenheim Museum de New York.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Gillian Wearing à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Le prix récompense « 60 Minutes Silence » (1996), une projection vidéo d'une heure montrant des figurants en uniforme de police sommés de rester immobiles pour un portrait de groupe, et qui finissent par bouger, tousser et se déplacer. L'édition 1997 est aussi la première dont la liste de finalistes est entièrement féminine.
Wearing abordait des passants, à Regent's Park puis dans d'autres rues de Londres, leur demandait d'écrire ce qu'ils voulaient sur une feuille, et les photographiait au Pentax 35 mm en train de la brandir. Elle ne faisait qu'une ou deux prises par personne, et environ quatre personnes sur cinq acceptaient de jouer le jeu.
Le masque sert de condition à la parole : recrutés par petite annonce pour « Confess all on video » puis pour « Trauma », les volontaires acceptent de livrer un secret parce que leur visage reste caché. Dans « Trauma », le masque attribué correspond à l'âge auquel le traumatisme raconté a eu lieu.
C'est une sculpture en bronze issue d'un projet de quatre ans mené avec l'Ikon Gallery : plus de trois cent cinquante familles de Birmingham se sont portées candidates, un jury en a retenu quatre, et le groupe choisi a été dévoilé le 30 octobre 2014 sur Centenary Square, devant la Library of Birmingham.
Oui. Le musée Rodin lui a consacré « Confessions / Portraits, vidéos » du 10 avril au 23 août 2009, en écho à son exposition sur le portrait chez Rodin. Auparavant, la Galerie Anne de Villepoix l'avait montrée en 1999 et l'ARC l'avait intégrée à « Sous Influence » en 2001.
Entre 2003 et 2006, Wearing a rejoué des photographies de son propre album de famille en portant des masques hyperréalistes de sa mère, son père, sa sœur, son oncle et elle-même. Réalisés avec des spécialistes formés chez Madame Tussauds, ils demandaient environ quatre mois de fabrication chacun.