Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Glenn Ligon dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Glenn Ligon, né en 1960 dans le Bronx, peint des phrases plutôt que des figures.
Glenn Ligon naît en 1960 dans le Bronx, où il grandit. Il obtient en 1982 un B.
Cette page sert surtout à situer Glenn Ligon dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Glenn Ligon naît en 1960 dans le Bronx, où il grandit. Il obtient en 1982 un B.A. à la Wesleyan University. Ses premières recherches picturales sont abstraites: c’est le passage par l’Independent Study Program du Whitney Museum, en 1985, qui l’amène à introduire le langage dans ses toiles, faute de trouver dans l’abstraction stricte le moyen de raconter ce qu’il voulait raconter.
Sa méthode se fixe à la fin des années 1980: une phrase empruntée est reportée au pochoir, ligne après ligne, au bâton d’huile. Les bavures s’accumulent, les lettres s’empâtent, et le texte finit par se refermer sur lui-même. Les voix convoquées sont celles de Jean Genet, Zora Neale Hurston, Jesse Jackson, Walt Whitman ou Richard Pryor. La lisibilité devient elle-même le sujet du tableau.
Commencée en 1996, la série « Stranger » reprend l’essai de James Baldwin « Stranger in the Village », publié en 1953. Dans Stranger #56 (2012), conservé au Musée national d’art moderne, les extraits sont recouverts de poussière de charbon — matériau que la notice du Centre Pompidou relie à l’insulte « coal black » rappelée par le texte de Baldwin. À Chicago, Stranger in the Village #13 (1998) associe émail, encre sérigraphique, gesso et charbon.
Le vocabulaire de Ligon déborde vite la toile. Le néon entre dans son travail au milieu des années 2000 et donne Rückenfigur (2009), acquis par le Whitney Museum. Les techniques d’impression tiennent une place égale: Backlash, Backlash... (1991) est un bâton d’huile sur carton réglé au graphite conservé au cabinet des estampes de l’Art Institute of Chicago, tandis que le portfolio Narratives (1993) est entré dans la collection du SFMOMA.
Du 10 mars au 5 juin 2011, le Whitney Museum of American Art présente « Glenn Ligon: AMERICA », présentée par le musée comme la première rétrospective complète de mi-carrière consacrée à l’artiste. Une centaine d’œuvres y couvrent un champ allant de la Marche d’un million d’hommes aux albums de coloriage des années 1970 et aux photographies de Robert Mapplethorpe. Ligon avait déjà reçu une bourse de la fondation Guggenheim en 2003.
Médiums: peinture à l’huile et acrylique sur toile, bâton d’huile, sérigraphie, lithographie, néon, photographie, film.
Techniques: report de texte au pochoir, lettre à lettre, jusqu’à l’empâtement, incorporation de poussière de charbon dans la couche picturale, néon blanc peint en noir sur la face avant, agrandissement d’écritures manuscrites reportées sur supports d’aluminium.
Motifs récurrents: race et représentation dans l’histoire de l’art, lisibilité et effacement du langage, sexualité et identité gay, appropriation de textes littéraires afro-américains, archives et noms perdus.
Du 26 mars au 21 juillet 2019, le musée d’Orsay a présenté « Des Parisiens noirs »: douze néons de grande taille portant les noms de modèles, performers et écrivains présents dans la peinture française du XIXe et du début du XXe siècle. On y lisait Joséphine Baker, Alexandre Dumas père, ou encore Laure, qui posa pour la servante de l’Olympia de Manet. Les noms, écrits à la main par des amis et des artistes puis agrandis sur supports d’aluminium, étaient installés sur les tours au fond de la nef centrale; un treizième signe portait la mention « nom inconnu ».
Paris conserve une peinture de l’artiste: Stranger #56, datée de 2012, bâton d’huile, acrylique et poussière de charbon sur toile de 182,9 sur 182,9 centimètrès, entrée par don de M. Alain Jathière en 2012 sous le numéro d’inventaire AM 2013-249. Elle relève du secteur Arts plastiques contemporains. Attention toutefois à la programmation: le Centre Pompidou annonce sur sa page d’accueil une présence hors les murs de 2025 à 2030, la présentation de la collection à Beaubourg étant suspendue pendant ces travaux.
Musée d’Orsay (Paris) — A présenté l’installation « Des Parisiens noirs » du 26 mars au 21 juillet 2019, dans la nef centrale.
Centre Pompidou, Musée national d’art moderne (Paris) — Conserve Stranger #56 (2012), inv. AM 2013-249; établissement en travaux avec une programmation hors les murs annoncée de 2025 à 2030.
Whitney Museum of American Art (New York) — A organisé la rétrospective « Glenn Ligon: AMERICA » (2011) et conserve Rückenfigur (2009).
1960 — Naissance dans le Bronx, à New York, où il grandit.
1982 — Obtention d’un B.A. à la Wesleyan University.
1985 — Independent Study Program du Whitney Museum: le langage entre dans ses toiles.
1991 — Backlash, Backlash..., bâton d’huile sur carton, aujourd’hui à l’Art Institute of Chicago.
1996 — Début de la série « Stranger », d’après l’essai de James Baldwin publié en 1953.
2003 — Bourse de la John Simon Guggenheim Memorial Foundation, section Fine Arts.
2011 — Rétrospective « Glenn Ligon: AMERICA » au Whitney Museum, du 10 mars au 5 juin.
2012 — Stranger #56 est peint puis donné au Musée national d’art moderne (inv. AM 2013-249).
2019 — « Des Parisiens noirs » au musée d’Orsay, du 26 mars au 21 juillet.
Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Glenn Ligon à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce que l’abstraction ne suffisait pas aux récits qu’il voulait porter. Passé par l’Independent Study Program du Whitney en 1985, il introduit alors des citations littéraires dans ses toiles et laisse les bavures du pochoir brouiller progressivement les lettres, faisant de la lisibilité elle-même le sujet.
Elle emprunte à « Stranger in the Village », essai que James Baldwin publie en 1953 sur le statut de l’homme noir américain. Ligon en recopie des extraits depuis 1996, dans des toiles où le texte disparaît peu à peu sous la matière : Stranger #56 et Stranger in the Village #13 en sont deux états.
Une installation lumineuse présentée du 26 mars au 21 juillet 2019 : douze grands néons inscrivaient dans la nef les noms de figures noires des tableaux français, de Joséphine Baker à Laure, modèle de la servante de l’Olympia. Un signe supplémentaire portait la mention « nom inconnu ».
Oui : le Musée national d’art moderne détient Stranger #56 (2012), un carré de 182,9 centimètrès de côté donné par M. Alain Jathière et inventorié AM 2013-249. Sa présentation dépend toutefois du chantier du Centre Pompidou, dont la programmation est annoncée hors les murs de 2025 à 2030.
Le Centre Pompidou relie ce matériau à l’insulte « coal black » que rappelle le texte de Baldwin : le charbon recouvre les mots, les noircit et les rend illisibles. L’artiste emploie charbon et peinture noire pour ses extraits littéraires depuis le début des années 2000.
Non. Le néon occupe une place centrale depuis le milieu des années 2000, avec Rückenfigur (2009) acquis par le Whitney, et l’estampe compte tout autant : le portfolio Narratives (1993) est à San Francisco, Backlash, Backlash... (1991) au cabinet des estampes de Chicago.