Exposition Paris

Exposition Grayson Perry

Né à Chelmsford, dans l’Essex, en 1960, Grayson Perry a fait du vase de terre cuite un instrument de satire sociale.

Qui est Grayson Perry ?

Grayson Perry naît à Chelmsford en 1960 et grandit dans la campagne de l’Essex, un décor qui nourrira ensuite ses motifs. Il étudie au Braintree College of Further Education, puis au Portsmouth Polytechnic.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Grayson Perry dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

De Chelmsford aux Neo-Naturists

Grayson Perry naît à Chelmsford en 1960 et grandit dans la campagne de l’Essex, un décor qui nourrira ensuite ses motifs. Il étudie au Braintree College of Further Education, puis au Portsmouth Polytechnic. Au début des années 1980, il appartient au groupe Neo-Naturist et participe à des performances et à des films, avant de se tourner vers un travail d’atelier. Cette trajectoire par les marges — école d’art de province, scène performative londonienne — explique en partie son goût pour les formes que le monde de l’art considérait alors comme secondaires.

Le vase comme cheval de Troie

Perry commence à travailler la céramique dans les années 1980, à un moment où ce matériau est très peu considéré par le monde de l’art contemporain. Il adopte des silhouettes de vases classiques, séduisantes et décoratives, qu’il recouvre de dessins exécutés au sgraffite, de textes manuscrits, de pochoirs, de transferts photographiques et d’émaux. Le sujet représenté est souvent sombre, révélateur, et se trouve d’abord dissimulé par l’apparence colorée de l’objet. En lui décernant le Turner Prize en 2003, le jury a salué cet usage des traditions de la céramique et du dessin au service d’un engagement sans concession sur des questions personnelles et sociales.

Claire, Alan Measles et la mise en scène de soi

L’artiste joue de sa propre identité, qui devient partie intégrante de l’œuvre. Claire, son alter ego travesti, apparaît dès les premières céramiques et prend corps en 2000 avec la Coming Out Dress, robe richement brodée que Perry porte lors d’une performance fusionnant sa persona féminine privée et son travail d’artiste. Alan Measles, l’ours en peluche de son enfance, joue le rôle inverse: dépositaire des valeurs masculines de l’artiste, il devient reliquaire portatif, divinité de pacotille et compagnon de pèlerinage. Les références autobiographiques y vont de pair avec des questions sur l’être et le paraître, la classe sociale et le statut de l’artiste face à celui de l’artisan.

Du British Museum aux caméras de Channel 4

En 2011, le British Museum lui confie une exposition dont la pièce centrale est The Tomb of the Unknown Craftsman, navire-cercueil en fonte richement décoré, conçu comme un mémorial de tous les artisans anonymes de l’histoire et comme le sanctuaire d’un musée envisagé en lieu de pèlerinage. La même décennie, Perry travaille pour la télévision: la série All in the Best Possible Taste, diffusée sur Channel 4 en juin 2012, le montre parcourant Sunderland, Tunbridge Wells et les Cotswolds. En 2014, la série Who Are You donne naissance à quatorze portraits accrochés au milieu des collections de la National Portrait Gallery.

Tapisserie, fonte, architecture: un élargissement continu

Perry ne s’est jamais tenu à la seule terre cuite. Il travaille des médias traditionnels — céramique, fonte de fer, bronze, estampe et tapisserie — en s’intéressant à la charge intellectuelle et affective que chaque catégorie d’objet accumule avec le temps. En 2015, il pousse la logique jusqu’au bâtiment avec A House for Essex, maison de vacances élevée à Wrabness avec l’agence FAT pour le programme Living Architecture d’Alain de Botton, dédiée à un personnage de fiction, Julie Cope, et habillée de carreaux céramiques. En 2013, il avait été le premier artiste visuel à donner les Reith Lectures sur BBC Radio 4.

La pratique en bref

Médiums: céramique émaillée (vases, plats), tapisserie tissée, fonte de fer, bronze, estampe et gravure en couleurs, broderie et textile porté, photographie, architecture (en collaboration).

Techniques: sgraffite, textes manuscrits et pochoirs sur émail, transferts photographiques sur céramique, émaillage, tissage sur métier numérique (Flanders Tapestries, Belgique) à partir de dessins traduits informatiquement, carreaux céramiques moulés sur originaux de l’artiste.

Motifs récurrents: identité et genre, classe sociale et goût, masculinité et sa remise en cause, religion, sanctuaire et pèlerinage, autobiographie et famille, statut de l’artiste face à celui de l’artisan.

La Monnaie de Paris, première monographie française

Le lien de Grayson Perry avec Paris tient à une exposition précise: «  Vanité, Identité, Sexualité », présentée au musée du 11 Conti — Monnaie de Paris du 19 octobre 2018 au 3 février 2019, après une étape au Kiasma d’Helsinki du 13 avril au 2 septembre 2018. L’institution la présentait comme la première grande monographie en France de l’artiste. Le commissariat était assuré par Lucia Pesapane, qui a également dirigé le catalogue. Le parcours occupait les deux étages des salons de la Monnaie et se déployait en dix chapitres thématiques réunissant céramiques, œuvres en métal, tapisseries et gravures.

Un lieu de frappe détourné en tribune

Le choix du site n’était pas neutre et la critique universitaire l’a relevé: dans un hôtel où l’on bat monnaie, c’est-à-dire où l’on imprime d’un côté la valeur faciale d’un État et de l’autre le visage de son souverain, Perry a installé ses propres émissions de valeurs. La moto customisée rose et bleu électrique, portant sur son porte-bagage un reliquaire pour Alan Measles, ouvrait un parcours consacré à la souveraineté britannique, à ses non-dits et à un Brexit raconté par le bas. La Monnaie de Paris inscrivait par ailleurs cette invitation dans une démarche engagée depuis 2017 sur la parité et sur la réflexion autour du genre.

Où voir ses œuvres

Monnaie de Paris — musée du 11 Conti (Paris) — Lieu de la première grande monographie française de l’artiste, «  Vanité, Identité, Sexualité », du 19 octobre 2018 au 3 février 2019.

British Museum (Londres) — Exposition «  The Tomb of the Unknown Craftsman » en 2011, dont l’œuvre-titre a été redéployée auprès du monument des Néréides.

National Portrait Gallery (Londres) — Accrochage «  Who Are You », quatorze portraits insérés dans les salles de la collection, du 25 octobre 2014 au 15 mars 2015.

Tate (Londres) — Conserve des œuvres de l’artiste, dont My Gods (1994) et Aspects of Myself (2001); a décerné le Turner Prize 2003.

Repères chronologiques

1960 — Naissance à Chelmsford, dans l’Essex; études au Braintree College of Further Education puis au Portsmouth Polytechnic.

1980-1989 — Membre du groupe Neo-Naturist au début des années 1980: performances et films, avant le tournant vers la céramique.

2003 — Turner Prize: le jury salue son usage des traditions de la céramique et du dessin dans un propos personnel et social sans concession.

2011 — Exposition «  The Tomb of the Unknown Craftsman » au British Museum, autour d’un navire-cercueil en fonte dédié aux artisans anonymes.

2012 — Achèvement des six tapisseries de The Vanity of Small Differences, prolongeant la série télévisée All in the Best Possible Taste.

2013 — Premier artiste visuel à donner les Reith Lectures de BBC Radio 4, sous le titre «  Playing to the Gallery ».

2014-10-25 — Ouverture de l’accrochage «  Who Are You » à la National Portrait Gallery de Londres, jusqu’au 15 mars 2015.

2015 — Achèvement de A House for Essex à Wrabness, avec l’agence FAT, pour le programme Living Architecture.

2018-10-19 — Ouverture de «  Vanité, Identité, Sexualité » à la Monnaie de Paris, sa première grande monographie en France, jusqu’au 3 février 2019.

2023 — Fait Knight Bachelor pour services rendus aux arts dans la liste des honneurs du Nouvel An du roi Charles III.

Grayson Perry & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Grayson Perry à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Pourquoi Grayson Perry travaille-t-il la céramique ?

Il commence la céramique dans les années 1980, quand ce matériau était très peu considéré par le monde de l'art contemporain. La forme classique et décorative du vase lui sert de leurre : elle attire l'œil avant que le spectateur ne découvre un sujet souvent sombre, gravé au sgraffite et mêlé de textes manuscrits.

Qui est Claire, l'alter ego de Grayson Perry ?

Claire est la persona travestie de l'artiste, présente dans ses images autobiographiques aux côtés de lui-même et de sa famille. Elle prend une forme matérielle avec la Coming Out Dress de 2000, robe richement brodée que Perry a portée lors d'une performance fusionnant sa persona féminine privée et son œuvre.

Que représente Alan Measles dans son travail ?

Alan Measles est l'ours en peluche de l'enfance de l'artiste, devenu dépositaire de ses valeurs masculines. À la Monnaie de Paris, il voyageait dans un reliquaire portatif fixé au porte-bagage d'une moto customisée rose et bleu électrique, transformant le doudou en divinité de pacotille et en objet de pèlerinage.

Que raconte The Vanity of Small Differences ?

Ce cycle de six tapisseries de 2012 suit le parcours social d'un personnage de fiction, Tim Rakewell, sur le modèle de A Rake's Progress de William Hogarth. Les personnages et les objets viennent des séjours de l'artiste à Sunderland, Tunbridge Wells et dans les Cotswolds pour une série diffusée sur Channel 4.

Grayson Perry a-t-il déjà été exposé à Paris ?

Oui, une seule fois en monographie : « Vanité, Identité, Sexualité » à la Monnaie de Paris, du 19 octobre 2018 au 3 février 2019, présentée par l'institution comme la première grande monographie française de l'artiste, sous le commissariat de Lucia Pesapane, après une étape au Kiasma d'Helsinki.

Pourquoi parle-t-on de « Sir » Grayson Perry ?

L'artiste a été fait Knight Bachelor pour services rendus aux arts dans la liste des honneurs du Nouvel An 2023 du roi Charles III. La Tate le désigne depuis sous le nom de Sir Grayson Perry CBE RA, qui signale aussi sa distinction antérieure de Commander of the Order of the British Empire et son élection à la Royal Academy.