Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Gustav Klimt dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Peintre autrichien né en 1862 à Baumgarten, près de Vienne, et mort à Vienne le 6 février 1918, Gustav Klimt commence comme décorateur de monuments de la Ringstrasse avant de devenir le président fondateur de la Sécession viennoise.
En octobre 1876, Gustav et son frère cadet Ernst passent l’examen d’entrée de l’école des arts appliqués rattachée au musée impérial et royal d’art et d’industrie de Vienne, avec l’intention de devenir professeurs de dessin.
Cette page sert surtout à situer Gustav Klimt dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
En octobre 1876, Gustav et son frère cadet Ernst passent l’examen d’entrée de l’école des arts appliqués rattachée au musée impérial et royal d’art et d’industrie de Vienne, avec l’intention de devenir professeurs de dessin. Ils y rencontrent Franz Matsch et forment avec lui la « Künstler-Compagnie », qui décroche dès 1880 des commandes de plafonds décoratifs, puis les peintures de l’escalier d’honneur du musée impérial d’histoire de l’art. Klimt reçoit le prix de l’Empereur pour son « Auditorium de l’ancien Burgtheater », et une médaille d’État d’argent en 1893. La mort de son père puis de son frère Ernst en 1892 le plonge dans une crise dont sortira sa réorientation.
Commandées en 1894 par le ministère impérial et royal de la Culture et de l’Instruction pour le plafond de la salle des fêtes de l’université de Vienne, les allégories de la Philosophie, de la Médecine et de la Jurisprudence tournent au conflit public. Présentée en 1900 à la Sécession, « Philosophie » provoque la protestation de professeurs qui refusent qu’elle rejoigne le plafond prévu; les sécessionnistes déposent une couronne de laurier devant l’œuvre le 27 mars 1900 pour défendre leur président fondateur. En 1905, Klimt met fin à l’affaire en renonçant à la commande d’État et en remboursant, avec l’aide des Lederer, les honoraires déjà perçus.
Pour la XIVe exposition de la Sécession, du 15 avril au 27 juin 1902, conçue en hommage à Beethoven autour de la statue de Max Klinger et dirigée par Josef Hoffmann, Klimt réalise la frise Beethoven, aujourd’hui l’un des sommets du Jugendstil viennois. Les années 1907 à 1909 marquent l’apogée de sa période dorée: « Portrait d’Adele Bloch-Bauer I », « Le Baiser », mais aussi la frise du palais Stoclet à Bruxelles et l’organisation par le groupe Klimt de deux manifestations décisives, la Kunstschau Wien 1908 et l’Internationale Kunstschau 1909.
À partir de 1911 et jusqu’à sa mort, Klimt travaille dans une maison Biedermeier de la Feldmühlgasse, à Vienne-Hietzing, non loin du parc de Schönbrunn; il y achève plus de cinquante peintures et des centaines de dessins, et en fait un lieu de rendez-vous privé pour collectionneurs et confrères. Ses trois dernières années sont dominées par le portrait féminin et par des allégories tournées vers l’Éros et Thanatos. En septembre 1917 il présente treize peintures à l’exposition d’art autrichien de Stockholm. Victime d’une attaque cérébrale, il meurt à cinquante-cinq ans le 6 février 1918 et est inhumé trois jours plus tard au cimetière de Hietzing.
Le Belvédère conserve le noyau public de l’œuvre, du « Baiser » à « Judith » (1901), « Amies (Serpents d’eau I) », « Adam et Ève » restée inachevée, « Fritza Riedler » (1906), « Sonja Knips » ou « Amalie Zuckerkandl ». Le Leopold Museum détient d’autres pièces charnières, dont « Mort et Vie » (1915/16). Hors d’Autriche, les portraits de commande ont essaimé: le Metropolitan Museum of Art de New York expose « Mäda Primavesi » (1912-1913), entré par donation en 1964. Trois œuvres majeures manquent définitivement à cet ensemble, les peintures de faculté ayant brûlé au château d’Immendorf en 1945.
Médiums: peinture à l’huile sur toile, peinture à l’huile et résine avec feuilles de métal, dessin (crayon, craie, mine de plomb), cartons pour mosaïque murale, peinture décorative monumentale.
Techniques: application de feuilles d’or, d’argent et de platine sur toile préparée, fonds de métal battu (laiton) glacé puis rehaussé de paillettes de feuille métallique, aplats ornementaux et surfaces géométrisées empruntées aux arts appliqués, cartons transposés en mosaïque par les Wiener Werkstätte pour le palais Stoclet, esquisses de composition en carnets, puis modelli peints à l’huile avant l’œuvre définitive.
Motifs récurrents: allégories du savoir et de la condition humaine (peintures de faculté), Éros et Thanatos, cycles de la vie et de la mort, portrait féminin de la bourgeoisie viennoise, femme fatale et figures bibliques réinterprétées, paysages et jardins peints lors des séjours d’été sur l’Attersee.
Avant même la fin de son exposition à la Sécession, « Philosophie » quitte Vienne le 2 avril 1900 pour Paris, où se tient l’Exposition universelle. La Sécession viennoise s’est vu confier l’aménagement d’une salle du pavillon autrichien, et l’œuvre y est présentée au public à partir du 12 mai 1900. Le jury lui décerne l’une des vingt médailles d’or, le « Grand Prix » de la section peinture. Le contraste est frappant: la toile que des professeurs viennois refusaient au plafond de leur université est consacrée à Paris quelques semaines plus tard.
Acquis par la France en 1980 auprès de la galerie Peter Nathan à Zurich, « Rosiers sous les arbres » a longtemps été le seul tableau de Klimt conservé dans les collections nationales françaises, au musée d’Orsay. Le 15 mars 2021, le ministère de la Culture annonce la proposition de restitution de l’œuvre aux ayants droit de Nora Stiasny, spoliée sous l’Occupation nazie et assassinée en 1942. La loi permettant cette sortie des collections publiques a ensuite été votée. Depuis, aucune peinture de Klimt n’est visible en permanence dans un musée parisien.
Conçue par le musée d’Orsay sous la direction de Serge Lemoine, l’exposition « Vienne 1900. Klimt, Schiele, Moser, Kokoschka » s’est tenue du 5 octobre 2005 au 23 janvier 2006 dans les galeries 3 et 4 du Grand Palais: elle réunissait pour la première fois ces quatre artistes autour du basculement du symbolisme vers l’expressionnisme. Plus récemment, l’Atelier des Lumières a ouvert ses portes le 13 avril 2018 avec « Gustav Klimt, d’or et de couleurs », parcours immersif présenté jusqu’au 6 janvier 2019 pour le centenaire de la mort du peintre, avec des œuvres de Schiele et de Hundertwasser.
Belvédère (Österreichische Galerie Belvedere) (Vienne) — Conserve le noyau public de l’œuvre, dont « Le Baiser », « Judith » (1901), « Fritza Riedler » (1906) et « Adam et Ève » inachevé.
Sécession viennoise (Vienne) — Présente en permanence la frise Beethoven réalisée pour la XIVe exposition de 1902.
Leopold Museum (Vienne) — Conserve plusieurs œuvres charnières de Klimt, dont « Mort et Vie » (1915/16).
The Metropolitan Museum of Art (New York) — Expose « Mäda Primavesi » (1912-1913), entré par don en 1964.
Atelier des Lumières (Paris) — A inauguré son activité en 2018 avec un parcours immersif consacré à Klimt et à la scène viennoise.
1862-07-14 — Naissance de Gustav Klimt à Baumgarten, près de Vienne, deuxième des sept enfants d’Ernest et Anna Klimt.
1876 — Admission à l’école des arts appliqués du musée impérial et royal d’art et d’industrie, avec son frère Ernst.
1894 — Commande par le ministère impérial et royal des allégories de faculté pour le plafond de l’université de Vienne.
1900-05-12 — « Philosophie » est présentée au public dans la salle autrichienne de l’Exposition universelle de Paris.
1902-04-15 — Ouverture de la XIVe exposition de la Sécession, pour laquelle Klimt réalise la frise Beethoven.
1905 — Klimt renonce à la commande d’État des peintures de faculté et rembourse ses honoraires avec l’aide des Lederer.
1908 — Le groupe Klimt organise la Kunstschau Wien 1908, l’une des grandes manifestations de la modernité viennoise.
1911 — Installation dans l’atelier de la Feldmühlgasse à Vienne-Hietzing, utilisé jusqu’à sa mort.
1917-09 — Klimt présente treize peintures à l’exposition d’art autrichien de Stockholm, dont ses dernières allégories.
1918-02-06 — Mort de Klimt à l’hôpital général de Vienne, à cinquante-cinq ans, après une attaque cérébrale.
1945 — Les trois peintures de faculté sont détruites dans l’incendie du château d’Immendorf.
2005-10-05 — Ouverture au Grand Palais de « Vienne 1900. Klimt, Schiele, Moser, Kokoschka », conçue par le musée d’Orsay.
2021-03-15 — Le ministère de la Culture annonce la restitution de « Rosiers sous les arbres » aux ayants droit de Nora Stiasny.




Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Gustav Klimt à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce que Klimt y emploie littéralement du métal : selon la notice du Belvédère, la zone figurative associe feuilles d'or, d'argent et de platine à des couleurs à l'huile et résine sur toile préparée, tandis que le fond est en laiton battu glacé puis parsemé de paillettes de feuille métallique. Le tableau, daté vers 1907-1909, mesure 180 sur 180 centimètrès.
Pas en permanence. « Rosiers sous les arbres », acquis par la France en 1980 et présenté au musée d'Orsay, était le seul Klimt des collections nationales françaises ; sa restitution aux ayants droit de Nora Stiasny a été annoncée le 15 mars 2021. Klimt n'est donc visible à Paris que lors d'expositions temporaires ou de parcours immersifs.
La commande de 1894 pour le plafond de la salle des fêtes de l'université de Vienne a tourné au conflit public : « Philosophie » a suscité en 1900 la protestation de professeurs, tandis que les sécessionnistes déposaient une couronne de laurier devant l'œuvre le 27 mars. En 1905, Klimt renonce à la commande d'État et rembourse ses honoraires avec l'aide des Lederer.
Oui. « Philosophie » est expédiée à Paris le 2 avril 1900 et présentée à partir du 12 mai dans la salle du pavillon autrichien aménagée par la Sécession viennoise. Le jury lui attribue l'une des vingt médailles d'or, le « Grand Prix » de la section peinture, quelques semaines après le rejet dont la toile faisait l'objet à Vienne.
Elles n'existent plus. « Philosophie », « Médecine » et « Jurisprudence », remaniées jusqu'en 1907, ont été détruites en 1945 dans l'incendie du château d'Immendorf. Il n'en subsiste que des esquisses, des études, des dessins de composition et des reproductions publiées du vivant de l'artiste ou peu après sa mort.
À la Sécession, à Vienne. Klimt l'a conçue pour la XIVe exposition de l'association, tenue du 15 avril au 27 juin 1902 en hommage à Beethoven, sous la direction de Josef Hoffmann et autour de la statue de Max Klinger ; vingt et un artistes y ont participé. Le cycle mural occupait la salle latérale gauche, la première traversée par les visiteurs.