Exposition Paris

Exposition Gustave Caillebotte

Peintre français (1848-1894), Gustave Caillebotte rejoint les impressionnistes à leur deuxième exposition en avril 1876 et organise celle de 1877, où il montre «  Rue de Paris; temps de pluie ».

Qui est Gustave Caillebotte ?

Caillebotte se forme auprès du peintre Léon Bonnat, dont le Getty Research Institute enregistre le lien de maître à élève.

Pourquoi cette page est utile

Cette page sert surtout à situer Gustave Caillebotte dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.

Une formation académique retournée contre l’académisme

Caillebotte se forme auprès du peintre Léon Bonnat, dont le Getty Research Institute enregistre le lien de maître à élève. Le musée d’Orsay souligne que cette discipline reste visible dans les «  Raboteurs de parquets »: perspective accentuée par l’effet de plongée, alignement rigoureux des lames de parquet, dessin préparatoire de chaque partie du tableau avant report au carreau sur la toile. L’étude documentaire des gestes, des outils et des accessoires le place, selon la même notice, parmi les réalistes les plus chevronnés — mais il exploite cette rigueur pour explorer, non pour se conformer.

Entrer chez les impressionnistes, puis les organiser

L’Art Institute of Chicago situe précisément son entrée dans le groupe: Caillebotte, issu de la haute bourgeoisie parisienne, rejoint officiellement les impressionnistes pour leur deuxième exposition, en avril 1876, puis organise celle de 1877. C’est là, au 6 rue Le Peletier, qu’il présente «  Rue de Paris; temps de pluie » sous le numéro 1 du catalogue de la troisième exposition de peinture. L’accueil est immédiatement massif: l’historique de publication de l’œuvre recense une quinzaine de comptes rendus de presse parisienne parus entre le 6 et le 10 avril 1877.

Le réalisme appliqué au travail et à la chair

Les «  Raboteurs de parquets » constituent, selon le musée d’Orsay, une des premières représentations du prolétariat urbain: les paysans et les ouvriers des campagnes avaient été peints par Millet ou Courbet, les ouvriers de la ville presque jamais. Caillebotte, bourgeois aisé, n’y introduit aucun discours social ou moralisateur, et donne aux torses nus des raboteurs l’allure de héros antiques. Cette froideur d’observateur se retrouve dans ses natures mortes: l’Art Institute décrit «  Calf’s Head and Ox Tongue » comme une scène d’abats rendue en coloris pastel, à rebours des natures mortes commercialement séduisantes de Monet ou Renoir.

L’Yerres, le canotage et la peinture de plein air

La famille Caillebotte possède une propriété de villégiature au sud-est de Paris, traversée par la rivière l’Yerres. C’est là que se situe «  Partie de bateau »: le musée d’Orsay décrit un homme non identifié ramant, saisi selon un cadrage «  immersif » qui place le spectateur dans la barque même. La notice relève une touche esquissée et une gamme bleutée qui signalent l’attrait croissant de l’artiste pour la peinture de plein air, et un sentiment mêlé d’assurance et de solitude jugé caractéristique de son œuvre.

Peindre les hommes: une relecture contemporaine

L’exposition du musée d’Orsay de l’automne 2024 a pris pour objet la prédilection de Caillebotte pour les figures masculines. Le musée y voit un artiste qui prend pour sujet son environnement immédiat — le Paris d’Haussmann, les villégiatures des environs de la capitale — et les hommes de son entourage: ses frères, les ouvriers travaillant pour sa famille, ses amis régatiers. Il fait entrer dans la peinture l’ouvrier urbain, l’homme au balcon, le sportif, l’homme nu à sa toilette. Le Getty ajoute que cet intérêt pour les sujets masculins le distingue nettement de ses pairs impressionnistes.

La pratique en bref

Médiums: huile sur toile, graphite sur papier, carnet de croquis.

Techniques: dessin préparatoire partie par partie puis report au carreau sur la toile, perspective plongeante accentuée, cadrage photographique et recadrage brutal des figures, touche esquissée et gamme bleutée dans les scènes de plein air.

Motifs récurrents: le travail manuel urbain, la masculinité moderne et le célibataire bourgeois, le Paris haussmannien et ses carrefours, le canotage et les loisirs de la bourgeoisie, la nature morte de boucherie.

Un peintre de son propre quartier

L’Art Institute of Chicago précise que le carrefour parisien saisi dans «  Rue de Paris; temps de pluie » se trouvait à quelques minutes de marche du domicile de l’artiste, et que ses vues de Paris s’aventurent rarement hors de ses quartiers familiers. Le musée note aussi que le cadrage abrupt de la scène, qui projette deux passants vers le spectateur, doit sans doute quelque chose à la photographie alors en plein essor, et que la pluie n’est jamais peinte comme telle: elle se déduit des parapluies rétractables récemment commercialisés et des reflets sur les pavés mouillés.

Le 6 rue Le Peletier, avril 1877

L’historique d’exposition tenu par l’Art Institute situe la première présentation publique de «  Rue de Paris; temps de pluie » au 6 rue Le Peletier, lors de la troisième exposition de peinture des impressionnistes, en avril 1877, sous le numéro 1 du catalogue et le titre «  Rue de Paris; Temps de pluie ». Le même dossier recense la rétrospective posthume tenue chez Durand-Ruel à Paris du 4 au 16 juin 1894, puis la rétrospective de la Galerie Beaux-Arts, à Paris également, du 25 mai au 25 juillet 1951: trois rendez-vous parisiens qui jalonnent la réception de l’artiste.

Ses œuvres dans les collections publiques parisiennes

Le musée d’Orsay conserve deux jalons de l’œuvre. Les «  Raboteurs de parquets », huile sur toile de 1875 mesurant 102 sur 147 centimètrès, y sont entrés par don en 1894, l’année de la mort du peintre. «  Partie de bateau », vers 1877-1878, a rejoint le musée par achat en 2022 grâce au mécénat exclusif de LVMH; le Getty rappelle que cette toile a été classée trésor national par la République française avant son acquisition. Ces deux œuvres restent le socle parisien permanent d’une carrière dont beaucoup de chefs-d’œuvre sont partis à l’étranger.

Où voir ses œuvres

Musée d’Orsay (Paris) — Conserve «  Raboteurs de parquets » (don, 1894) et «  Partie de bateau » (achat 2022, mécénat exclusif LVMH); co-organisateur et première étape de la rétrospective «  Caillebotte. Peindre les hommes », 8 octobre 2024 - 19 janvier 2025.

J. Paul Getty Museum (Los Angeles) — Propriétaire de «  Jeune homme à sa fenêtre » (1876) et deuxième étape de l’exposition, sous le titre «  Gustave Caillebotte: Painting Men », du 25 février au 25 mai 2025 au Getty Center.

Art Institute of Chicago (Chicago) — Conserve «  Rue de Paris; temps de pluie » (inv. 1964.336); troisième étape de la rétrospective sous le titre «  Gustave Caillebotte: Painting His World », du 29 juin au 5 octobre 2025, avec plus de 120 pièces.

Repères chronologiques

1848 — Naissance de Gustave Caillebotte, peintre français, selon les notices d’autorité du Getty et de la BnF.

1875 — Peint les «  Raboteurs de parquets », huile sur toile de 102 sur 147 centimètrès, aujourd’hui au musée d’Orsay.

1876-04 — Rejoint officiellement les impressionnistes à l’occasion de leur deuxième exposition.

1877-04 — Organise la troisième exposition de peinture, 6 rue Le Peletier, et y montre «  Rue de Paris; temps de pluie » sous le numéro 1.

1894 — Mort de l’artiste; la même année, les «  Raboteurs de parquets » entrent dans les collections nationales par don.

1894-06 — Rétrospective posthume «  Exposition rétrospective d’œuvres de G. Caillebotte » chez Durand-Ruel, à Paris, du 4 au 16 juin.

1951 — Rétrospective Gustave Caillebotte à la Galerie Beaux-Arts, à Paris, du 25 mai au 25 juillet.

1964 — L’Art Institute of Chicago acquiert «  Rue de Paris; temps de pluie », inv. 1964.336.

2022 — Le musée d’Orsay acquiert «  Partie de bateau » grâce au mécénat exclusif de LVMH; l’œuvre avait été classée trésor national.

2024-10-08 — Ouverture au musée d’Orsay de l’exposition «  Caillebotte. Peindre les hommes », jusqu’au 19 janvier 2025.

2025-02-25 — Étape américaine au Getty Center sous le titre «  Gustave Caillebotte: Painting Men », jusqu’au 25 mai 2025.

2025-06-29 — Troisième étape à l’Art Institute of Chicago, «  Gustave Caillebotte: Painting His World », plus de 120 pièces, jusqu’au 5 octobre.

Galerie

Gustave Caillebotte & Paris

Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Gustave Caillebotte à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.

Questions fréquentes

tout ce qu’il faut savoir

Quand Gustave Caillebotte a-t-il rejoint les impressionnistes ?

L'Art Institute of Chicago indique qu'il rejoint officiellement le groupe pour sa deuxième exposition, en avril 1876, puis qu'il organise lui-même l'exposition de 1877, où il présente « Rue de Paris ; temps de pluie ».

Où voir des œuvres de Caillebotte à Paris ?

Au musée d'Orsay, qui conserve les « Raboteurs de parquets », huile sur toile de 1875 entrée par don en 1894, et « Partie de bateau », vers 1877-1878, achetée en 2022 grâce au mécénat exclusif de LVMH.

Pourquoi « Rue de Paris ; temps de pluie » n'est-il pas conservé en France ?

Le tableau appartient à l'Art Institute of Chicago sous le numéro d'inventaire 1964.336, au titre de la Charles H. and Mary F. S. Worcester Collection ; il y est entré en 1964, bien avant que la place de Caillebotte dans l'impressionnisme ne soit largement reconnue.

Qu'a-t-il appris auprès de Léon Bonnat ?

Le Getty Research Institute enregistre Caillebotte comme élève de Léon Bonnat. Le musée d'Orsay en relève l'effet concret : dessin préalable de chaque partie du tableau, report au carreau sur la toile, et perspective plongeante conforme à la tradition académique.

Qu'est-ce que l'exposition « Caillebotte. Peindre les hommes » ?

Une rétrospective présentée au musée d'Orsay du 8 octobre 2024 au 19 janvier 2025, consacrée à la prédilection de l'artiste pour les figures et les portraits d'hommes, puis reprise au Getty Center du 25 février au 25 mai 2025 et à l'Art Institute of Chicago du 29 juin au 5 octobre 2025.

Que représente « Partie de bateau » ?

Un homme non identifié ramant sur l'Yerres, la rivière qui coule près de la propriété de villégiature de la famille Caillebotte au sud-est de Paris. Le musée d'Orsay décrit un cadrage « immersif » qui installe le spectateur dans la barque elle-même.