Pourquoi cette page est utile
Cette page sert surtout à situer Gustave Moreau dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Gustave Moreau (Paris, 6 avril 1826 – Paris, 18 avril 1898) a passé presque toute sa vie dans la même maison du 14 rue de La Rochefoucauld, où il entassait des centaines de peintures et des milliers de dessins qu’il ne montrait presque jamais.
Né à Paris le 6 avril 1826, Gustave Moreau grandit auprès d’un père architecte, Louis Moreau, qui lui donne une solide culture classique, et d’une mère, Pauline, attentive à la santé fragile de l’enfant. Il dessine depuis l’âge de huit ans.
Cette page sert surtout à situer Gustave Moreau dans le catalogue, même quand peu d’expositions lui sont encore directement reliées.
Né à Paris le 6 avril 1826, Gustave Moreau grandit auprès d’un père architecte, Louis Moreau, qui lui donne une solide culture classique, et d’une mère, Pauline, attentive à la santé fragile de l’enfant. Il dessine depuis l’âge de huit ans. Ses études secondaires au collège Rollin sont interrompues après la mort de sa sœur Camille, à treize ans; son père le prépare alors lui-même au baccalauréat. En 1841, un premier voyage en Italie du Nord lui vaut un album de dessins. De 1844 à 1846, il fréquente l’atelier privé du peintre néoclassique François-Édouard Picot pour préparer le concours d’entrée à l’École royale des beaux-arts, où il est admis en 1846. Il la quitte en 1849 après un second échec au prix de Rome, et vit alors de copies au Louvre et de quelques commandes de l’administration des Beaux-Arts.
La rencontre décisive a lieu en 1851: Moreau se lie avec Théodore Chassériau, ancien élève d’Ingres, et loue un atelier voisin du sien avenue Frochot, près de la place Pigalle. Le musée qualifie cette influence de capitale; c’est Chassériau qui l’initie notamment à la technique du portrait dessiné. Admis pour la première fois au Salon officiel en 1852, Moreau fréquente le théâtre et l’opéra. Après la mort de Chassériau en 1856, il repart en Italie d’octobre 1857 à 1859: il copie Michel-Ange, Véronèse, Raphaël et le Corrège, découvre Carpaccio à Venise et se lie avec le jeune Edgar Degas. De retour à Paris, il rencontre Alexandrine Dureux, qu’il initie au dessin et qui restera jusqu’à sa mort en 1890 sa « meilleure et unique amie ». En 1864, Œdipe et le Sphinx marque son retour au Salon et est acquis par le prince Napoléon.
Invité à Compiègne par Napoléon III en 1865, Moreau connaît un revers en 1869: Prométhée et L’Enlèvement d’Europe lui valent une médaille mais un traitement sévère de la critique, et il cesse d’exposer jusqu’en 1876. Cette année-là, il revient au Salon avec Salomé dansant, Hercule et l’Hydre de Lerne, Saint Sébastien et l’aquarelle L’Apparition; il est chevalier de la Légion d’honneur depuis 1875, officier en 1883. Il présente six peintures à l’Exposition universelle de 1878, puis participe pour la dernière fois au Salon en 1880 avec Hélène et Galatée. Écarté de l’Académie des beaux-arts en 1882, il y est élu en 1888. Sa seule exposition personnelle du vivant a lieu en 1886, à la galerie Goupil, l’année où il achève le polyptyque La Vie de l’Humanité. La mort de sa mère en 1884, puis celle d’Alexandrine Dureux en 1890, à la mémoire de laquelle il peint Orphée sur la tombe d’Eurydice, le laissent durablement éprouvé.
Moreau succède à Élie Delaunay comme professeur à l’École des beaux-arts et enseigne de 1892 à 1898 — il n’est élu professeur qu’à soixante-six ans. Passent dans son atelier Georges Rouault, Henri Matisse, Albert Marquet, Henri Charles Manguin ou Edgar Maxence. Le dimanche, il reçoit ses élèves chez lui, ainsi que de jeunes artistes comme George Desvallières et Ary Renan, son premier biographe. Le musée souligne qu’il restera dans l’esprit des Fauves comme un maître ouvert à la nouveauté, à la liberté et à la couleur. Sa réputation, de son vivant, se joue moins auprès du grand public que dans les milieux lettrés: reçu chez la princesse Mathilde et dans le salon de la comtesse Greffulhe, ami du comte Robert de Montesquiou, il compte parmi les peintres préférés d’Oscar Wilde et de Marcel Proust, et fascine Claude Debussy comme, plus tard, André Breton.
Le 24 décembre 1862, encore inconnu, Moreau note au bas d’un croquis qu’il pense à sa mort et au sort de ses travaux: « Séparées, elles périssent; prises ensemble, elles donnent un peu l’idée de ce que j’étais comme artiste. » Il conservera ainsi la plupart de ses peintures dans la maison du 14 rue de La Rochefoucauld, acquise par ses parents en 1852, où son atelier occupait d’abord le troisième étage. En avril 1895, il demande à l’architecte Albert Lafon de transformer la demeure familiale: le premier étage devient un petit musée sentimental réunissant portraits de famille et œuvres offertes par Chassériau, Fromentin ou Degas, tandis que les deuxième et troisième étages sont convertis en vastes ateliers vitrés au nord, reliés par un escalier à vis. Son testament du 10 septembre 1897 confie l’achèvement du projet à son vieil ami Henri Rupp. Le legs est accepté par l’État en 1902, le musée ouvre en 1903, et sa muséographie n’a pas changé depuis.
Médiums: peinture à l’huile, aquarelle, dessin (graphite, crayon noir, fusain, sanguine, plume et encre), carton préparatoire, polyptyque.
Techniques: élaboration par étapes: premier jet, calques, mise au carreau, carton final aux dimensions du tableau, dessin d’inspiration néoclassique, recherche de l’arabesque, proche de la méthode de David, Ingres et Chassériau, usage systématique du papier calque pour reporter les compositions, matière grattée et frottée donnant à l’huile un aspect d’émail, aquarelle traitée comme un espace d’audace intime, plus libre que les peintures achevées, documentation par l’estampe: recueils de miniatures indiennes et persanes, gravures de la Renaissance, estampes japonaises, Magasin pittoresque, Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale.
Motifs récurrents: mythologie grecque (Œdipe, Orphée, Prométhée, Galatée, Hésiode, Arion), sujets bibliques et figures de Salomé, la femme fatale et l’apparition, la mort, le poète et la survie de l’art, l’allégorie du destin humain, l’Orient rêvé et l’ornement.
La géographie parisienne de Moreau tient en quelques rues. En 1851, il loue un atelier avenue Frochot, près de la place Pigalle, pour être voisin de Théodore Chassériau. En 1852, ses parents achètent à son nom la maison du 14 rue de La Rochefoucauld, où il installe son atelier au troisième étage et où il vivra avec eux, puis seul, jusqu’à sa mort. Paul Leprieur, dans sa monographie de 1889, décrit une demeure d’apparence modeste dans un quartier alors neuf, et un atelier où le peintre travaille « loin du bruit ». Après son décès le 18 avril 1898, ses funérailles sont célébrées à l’église de la Trinité et il est inhumé au cimetière de Montmartre. Le musée propose aujourd’hui une visite-promenade consacrée au quartier de la Nouvelle Athènes qui prolonge ce parcours.
Outre le musée qui porte son nom, plusieurs institutions parisiennes conservent des œuvres de Moreau: le musée d’Orsay, le département des Arts graphiques du musée du Louvre pour le fonds du musée d’Orsay, le Petit Palais, le musée des Arts décoratifs et la Bibliothèque polonaise. Orsay détient notamment Orphée (1865), l’aquarelle L’Apparition (1876), Galatée (vers 1880), Le Jeune Homme et la Mort (vers 1881) et Hésiode et la Muse (1891). Le Petit Palais expose Arion, huile sur bois de 1891 inventoriée PPP754. Cette dispersion parisienne permet de confronter les grands formats de Salon aux aquarelles intimes, deux registres que Moreau lui-même n’accordait pas au même public.
La carrière publique de Moreau se joue presque entièrement à Paris. Admis au Salon officiel en 1852, il y revient en 1864 avec Œdipe et le Sphinx, s’en éloigne après l’accueil critique de 1869, y reparaît en 1876 puis en 1880 pour la dernière fois avec Hélène et Galatée. Il présente six peintures à l’Exposition universelle de Paris en 1878. Sa seule exposition personnelle du vivant se tient à la galerie Goupil en 1886. Un siècle plus tard, la rétrospective Gustave Moreau 1826-1898 s’ouvre aux Galeries nationales du Grand Palais le 29 septembre 1998 avant de voyager vers l’Art Institute of Chicago puis le Metropolitan Museum of Art, où elle s’achève le 22 août 1999.
Musée national Gustave Moreau (Paris) — Maison, atelier et musée voulus par l’artiste: environ 1 300 peintures, aquarelles et cartons et près de 5 000 dessins présentés sur quatre niveaux, dans une muséographie inchangée depuis l’ouverture en 1903. Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10 h à 18 h, dernière entrée à 17 h 30; gratuit le premier dimanche du mois; le billet donne accès aux ateliers des deuxième et troisième étages.
Musée d’Orsay (Paris) — Conserve plusieurs pièces majeures, dont Orphée (1865), Galatée (vers 1880) et Hésiode et la Muse (1891); l’aquarelle L’Apparition (1876) relève du musée d’Orsay mais est conservée au département des Arts graphiques du musée du Louvre.
Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (Paris) — Présente Arion, huile sur bois de 1891 (inventaire PPP754), signalée exposée au rez-de-chaussée, salle 19.
1826-04-06 — Naissance de Gustave Moreau à Paris, fils de l’architecte Louis Moreau
1846 — Admission à l’École royale des beaux-arts, après l’atelier privé de François-Édouard Picot
1849 — Quitte l’École des beaux-arts après un second échec au prix de Rome
1851 — Se lie avec Théodore Chassériau et loue un atelier voisin avenue Frochot
1852 — Premier Salon officiel; ses parents achètent la maison du 14 rue de La Rochefoucauld
1857-1859 — Second séjour en Italie: copies d’après les maîtrès, amitié avec Edgar Degas
1864 — Retour au Salon avec Œdipe et le Sphinx, acquis par le prince Napoléon
1876 — Salon de Salomé dansant, Saint Sébastien et de l’aquarelle L’Apparition
1880 — Dernière participation au Salon officiel, avec Hélène et Galatée
1886 — Achève La Vie de l’Humanité et tient sa seule exposition personnelle, galerie Goupil
1888 — Élection de Gustave Moreau à l’Académie des beaux-arts
1892-1898 — Professeur à l’École des beaux-arts: Matisse, Rouault, Marquet et Manguin sont ses élèves
1895 — Achève Jupiter et Sémélé et charge Albert Lafon de transformer sa maison en musée
1898-04-18 — Mort du peintre; funérailles à la Trinité, inhumation au cimetière de Montmartre
1903 — Ouverture du musée Gustave Moreau, le legs ayant été accepté par l’État en 1902




Paris reste ici le meilleur angle de lecture pour relier Gustave Moreau à des lieux concrets, des expositions visibles et une géographie culturelle facile à parcourir.
Parce que Moreau l'a voulu ainsi. Dès 1862, il redoutait la dispersion de ses travaux. En avril 1895, il charge l'architecte Albert Lafon de transformer la maison familiale du 14 rue de La Rochefoucauld en musée, et son testament du 10 septembre 1897 confie l'achèvement du projet à Henri Rupp. Le legs est accepté par l'État en 1902 et le musée ouvre en 1903.
Les grands ateliers vitrés au nord que Moreau a fait aménager pour exposer le plus d'œuvres possible, reliés par un majestueux escalier à vis. Le premier étage, lui, conserve l'appartement transformé en petit musée sentimental, avec les portraits de famille et des œuvres offertes par Chassériau, Fromentin ou Degas. Le billet d'entrée inclut l'accès à ces ateliers.
Le musée présente sur quatre niveaux environ 1 300 peintures, aquarelles et cartons, et près de 5 000 dessins. Cette cohésion est presque unique dans l'histoire de l'art : grâce aux dessins conservés, on peut suivre la genèse de chaque tableau et retracer pas à pas la démarche créatrice du peintre.
Oui. Il succède à Élie Delaunay comme professeur à l'École des beaux-arts et enseigne de 1892 à 1898. Georges Rouault, Henri Matisse, Albert Marquet, Henri Charles Manguin et Edgar Maxence comptent parmi ses élèves. Le dimanche, il les recevait chez lui, rue de La Rochefoucauld, avec de jeunes artistes comme George Desvallières et Ary Renan.
Une seule fois : en 1886, à la galerie Goupil, l'année où il achève le polyptyque La Vie de l'Humanité. Le reste de sa carrière publique passe par le Salon officiel, où il débute en 1852 et qu'il quitte définitivement en 1880 avec Hélène et Galatée, et par l'Exposition universelle de 1878, où il présente six peintures.
Orsay conserve notamment Orphée (1865), Galatée (huile sur bois, vers 1880, acquise en 1997), Le Jeune Homme et la Mort (aquarelle rehaussée de gouache, vers 1881, don Alfred Baillehache-Lamotte en 1899) et Hésiode et la Muse (1891). L'aquarelle L'Apparition (1876, RF 2130) relève d'Orsay mais est conservée au département des Arts graphiques du Louvre.